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eve lom

Une femme (im)parfaite, par Hécube

14 janvier 2009

« Avertissement : ce texte est à prendre au moins au vingtième degré de l’humour, l’auteure étant malheureusement consciente de son imperfection chronique.





LA FEMME (IM)PARFAITE

JE SUIS UNE FEMME PARFAITE.
Je suis mariée,
Je suis mère de famille,
J’ai des ami(e)s,
Je gagne ma vie,
Je consacre du temps à des activités de bénévolat,
Je participe à la vie politique locale,
Je me cultive (livres, expos, cinéma, théâtre, concerts…),
Je surveille les devoirs des enfants,
Je vais aux réunions de parents d’élève,
Je fais le taxi pour les activités extra-scolaires,
Je cuisine,
J’ai une maison impeccable,
Je fais les courses,
J’organise les vacances,
Je tiens les comptes,
Je fais du sport quatre fois par semaine,
Je suis toujours tirée à quatre épingles,
Ma manucure est toujours impeccable,
Je ne vous parle pas de ma pédicure,
En bref je suis une Bree puissance 10, mâtinée d’une pointe de dévouement à
la Lynette, arrosée d’un coulis de charme piquant façon Gabrielle, avec la pointe de naïveté de Susan et bien sûr un soupçon d’Eddie (je suis sexy aussi !!! qu’est-ce que vous croyez).
Je suis entourée professionnellement d’autres femmes parfaites,qui me renvoient l’image réconfortante, avouons-le sans prétention, de ma propre perfection.

La franchise me force à avouer un défaut (désolée de casser le mythe) : mon ego certainement surdimensionné se plaît dans cette image idéale, dans ce contrôle permanent de ma vie, de mon image, de mon entourage.

ET PUIS UN JOUR…

Je me retrouve dans ma voiture, accompagnée de ma grande copine « migraine » (celle qui me suit depuis des années à cause du manque de sommeil et du stress), avec l’oreillette du téléphone greffée à l’oreille (deux conversations en simultané, sinon c’est pas drôle !), un œil sur la montre (pourvu que je ne sois pas en retard à mon rendez-vous), l’autre dans le sac à main (où est ce foutu rouge à lèvres), je note mentalement que je ne dois pas oublier de passer chercher des fleurs pour ce soir, prendre le costume de Monsieur chez le teinturier, déposer les chèques à la banque etc…etc…etc…, rappeler la comptable, avant d’appeler la baby-sitter…

Bref, depuis 20 ans, je fais rentrer un agenda de 48heures dans 24 heures.
C’est simple, David Copperfield, à côté de moi, est un petit rigolo.

ET LÀ, DANS MA VOITURE, JE PETE UN PLOMB !
(pardon pour la vulgarité, franchement pas parfaite, je l’avoue.)

Pourquoi là, pas trois jours avant, pas trois ans après ? Mystère de la psychologie féminine…

Toujours est-il que mon mari, ce saint homme qui me supporte depuis 20 ans, se retrouve avec une épouse hystérique au téléphone, qui le prévient que pour le dîner de ce soir, il ira en jeans, sans fleurs et sans épouse. Et que je vais partiiiiiiiiiiiiiiiiiir m’exiler au fond de la Patagonie. Pourquoi la Patagonie, re-mystère ??????????

Ma mère, qui appelle à ce moment-là pour une idée de menu pour son dîner du lendemain, en prend aussi pour son grade, avant que je lui raccroche au nez (pour la première fois de ma vie en quarante ans) ! Elle n’a qu’à faire comme tout le monde : Picard !!!! Crotte à la fin !

Quand je me suis enfin calmée, je réfléchis. Oui, je suis une blonde qui réfléchit.

QUI M’A DEMANDÉ D’ETRE PARFAITE ?

Certainement pas mon mari, qui me demande depuis des années de m’accorder une grasse mat’ avec lui (Peux pas voyons ! Il faut que je file faire les courses, mon footing… J’ai rendez-vous chez la manucure, le coiffeur, le médecin, le comptable, l’avocat… (aucune mention inutile à rayer))

Certainement pas ma fille qui en a marre de sa mère parfaite qui lui donne des complexes (dixit la psy !) et qui l’assomme de recommandations (chambre rangée, devoirs faits, dents lavées…).

Certainement pas ma mère, qui se retrouve avec une tornade dans sa maison dès que je débarque, critiquant le désordre, la poussière, les chiens qui font ce qu’ils veulent, la femme de ménage qui ne sait pas faire le ménage… (pas de mention inutile là aussi).

Certainement pas mes ami(e)s, qui ont avoué, que même s’ils m’adorent, ils n’en peuvent plus de mon activité acharnée quand je suis en week-end ou en vacances avec eux, et aimeraient que j’arrête de passer mes vacances dans une frénésie de sport ou de visites culturelles, pour rester tranquillement avec eux au bord de la piscine.

Certainement pas mon professeur de golf, ce deuxième saint-homme qui supporte mes cris de désespoirs sur les parcours et mes colères homériques (d’où Hécube ah ! ah ! ah !), et qui me demande à longueur de parcours de LACHER PRISE !!!! Voilà, c’est dit :

JE DOIS M’AUTORISER À LACHER PRISE !

Et m’avouer que je ne suis pas parfaite, que je ne le serai jamais et que c’est ainsi que je vais m’affranchir de toute cette pression, de tout ce stress et devenir supportable.

Et depuis quelques semaines, j’ai une aide inattendue et très précieuse : c’est VOUS, les filles de Mon Blog de Fille. Vous êtes devenues mon oxygène, ma récréation. Grâce à vous, je m’autorise à prendre (j’aurais dit à perdre ! il y a encore quelques semaines) du temps pour venir vous rendre visite, discuter avec vous, comme ça, par plaisir, sans obligation aucune. A vos côtés, j’apprends à me donner du temps, c’est une sorte de jardin secret. Je suis sur le chemin de la guérison.

Merci à Hélène et à Vous !

Signé : Hécube »

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Je suis une grande fille, maintenant, par Marine

12 novembre 2008

tanjore_ecolieres.jpg« Ca y est, je l’ai fait.

Le 9 mai, je donnais naissance à mon premier bébé. Capucine. La plus belle chose qui me soit arrivée au monde. Ca sonne un peu creux ? Déjà vu ? Banal ? Tant pis, c’est vrai.

Du jour où j’ai appris la nouvelle de ma grossesse (après un an d’essais !) jusqu’au moment où l’on m’a posé ma fille sur le ventre, j’ai vécu la grossesse comme un voyage, une véritable aventure.

J’étais heureuse, fière, mégalomane !

« Eh oui, pensais-je en croisant les passants dans la rue, vous ne le voyez pas, mais je suis en train de fabriquer un bébé, moi ! Mon corps fait un truc magique, et vous me devez respect et admiration ! »

Les hauts, les bas.

Les « vous avez une chance sur deux que le fœtus tienne » à un mois de grossesse. La peur de perdre ce petit être d’un centimètre, après tout le mal que j’ai eu à le faire venir !

Et puis, ce battement minuscule et pourtant déjà imposant à l’échographie. Il est toujours vivant !

Ma Capucine, heureusement que tu t’es accrochée, tu es tellement belle !

Les nausées, l’extrême fatigue, l’angoisse du premier trimestre.

La première échographie : je vais enfin m’investir, me projeter dans l’avenir. Mon bébé tient.

La sage-femme aigrie : « Vous êtes énorme, vous ne retrouverez jamais votre ligne d’avant, ce sera dur de vous regarder dans la glace » (15 kilos en tout, pourtant, et reperdus en quatre mois !)

La soi-disant très bonne amie, à l’annonce de ma grossesse : « c’est bon, moi aussi je peux faire un enfant, on ne va pas parler ovaires toute la soirée »

Le beau-père sans enfant : « et vous allez régulariser ça quand ? »

La collègue : « vu comme tu as l’air épanouie, ça ne peut être qu’un garçon ! » (sic)

Mais surtout, tous ces amis qui se sont confirmés, voire révélés !

Tous ces commentaires, ces encouragements, ces regards… font partie de ma grossesse !

Et les mouvements, grandissants, qui deviennent au fil des semaines des vagues sur mon ventre. Peut-être que je ne les revivrai plus. Profiter de la chance d’être une femme !

Me voilà, pour un temps devenue animale. Mon corps, mon ventre, mes seins, moi. 9 mois pour me recentrer.

Brocolis, épinard, lentilles, asperges. A midi, au goûter au dîner. Les fraises, très peu pour moi.

Je l’aime déjà si fort, ma fille !

Le ventre qui devient énorme. La fatigue. Les leggins. Le jus de tomate à l’apéro.

Sur mon ventre, enfin. Douleur et bonheur. Les angoisses de la grossesse disparues. Plus de questions, de tourments. Maintenant, on vit, on est deux. Mes seins qui saignent. Je m’accroche.

Le regard de ma fille sur moi. Et le papa.

J’ai pris une confiance en moi que je n’aurai pas imaginée. Je ne m’inquiète plus, je gère le quotidien, je n’éprouve pas de culpabilité. Je sens que je serai la meilleure des mères ! Louve. Animale, toujours.

Je viens de reprendre le travail. Je croyais que je n’y arriverai pas. Comment quitter mon bébé, avec qui j’ai fait corps pendant ces 9 mois, puis pendant tout le temps de mon congé maternité ? Comment accepter qu’une autre femme s’occupe d’elle ? Pourquoi tout ça ? Quelle logique à faire un enfant si c’est pour l’abandonner 10 heures par jour ?

Et finalement, j’y arrive. Comme toutes les femmes qui travaillent. Assumer.

Je viens de faire un bébé, chose à la fois banale et magique. Si vous saviez comme je suis fière !

Signé : Marine »

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Le châtain pas roux

11 septembre 2008

I found the graal les filles, après 87 ans de recherches acharnées (et périlleuses !) : une colo châtain pour cheveux qui fait pas roux.

C’est un truc qu’y z’appellent kit racines pour pouvoir le vendre à peine moins cher que les autres alors qu’il y a deux fois moins de produit, et qui est censé ne poser que 10 minutes. Evidement c’est des menteries, si vous avez des cheveux blancs faut laisser le biniou 20 sur votre tête sinon ça couvrira que pouic.

Et si vous avez beaucoup de cheveux faut prendre deux boites, moi j’en prends une et je couvre tout juste mes queues de rat (mes racines de rat, je devrais dire).

Enfin au final le châtain est vraiment joli, ultra naturel, et PAS ROUX DU TOUT.

Alleluiah, moi je dis.

J’en profite pour vous filer un tuyau donné par un très bon coiffeur : quand vous faites des colos chez vous, pour retoucher les racines, n’étirez pas la couleur sur les longueurs : ça les engorge et elles prennent peu à peu une teinte plombée (et en plus ça finit par abîmer les cheveux). Elles n’ont pas besoin d’être teintes et reteintes tous les mois.

Notez que si votre coiffeur est bien il devrait faire pareil, si vous allez le voir chaque mois pour les racines. C’est pas la peine d’étirer le produit, on peut le faire 2 ou 3 fois par an, ça suffit largement.

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Maquillage yeux bleus – Les yeux de Jeanne

19 juin 2008

« Je suis normande pur sucre, à savoir blonde à la peau claire. De ce fait, j’ai les cils et surtout les sourcils très clairs.

En ce qui concerne la couleur de mes yeux, elle est indéterminée : bleu vert, avec une touche de jaune dans un oeil et de orange dans l’autre.

jeanne-1.JPG

Jusqu’à il y a peu, je ne me maquillais pas. J’ai décidé de m’y mettre mais j’ai besoin de conseils. C’est la raison pour laquelle une de mes copines m’a donné l’adresse de ton blog.

Je suis déjà allée faire un tour chez Sephora pour commencer à m’équiper : fond de teint Idole ultra de Lancôme (teinte la plus claire), mascara Sephora waterproof noir, un crayon à sourcils Sephora pour sourcils blonds et du fard à paupières Sephora colorful palette avec plusieurs nuances « abricot pulp » et « mauve yet ! », celui que j’ai sur les photos où je suis maquillée.

jeanne-2.JPG

Voilà où j’en suis. J’espère que tu pourras m’aider.

Merci beaucoup. »

J’en dis :

Aha, moi aussi je suis normande, très bon cru ;-))

Bon je commence par les sourcils hein, je peux pas m’en empêcher ;-)
Ce que tu fais avec ton fard (couleur parfaite) est très bien ; éventuellement mets-en un tout petit peu plus vers le milieu (vers le nez), pour les allonger un tout petit peu. Essaye d’aller jusqu’ à l’aplomb du coin interne de ton œil, comme sur ce dessin (pourri, mais je l’espère compréhensible ;-)) ; ça encadrera plus harmonieusement ton regard.

Tu as super bien choisi ton fond de teint, Lancôme est top pour les fonds de tient ;-)
Tu n’as pas cité de blush, tu n’en portes pas ? (oui je sais, je suis obsédée par le blush, mais c’est parce que perso j’ai une tête de cadavre, ça fausse mon jugement ;-))

Alors, je suis pas super fan du maquillage qui est là en photo : en effet, je trouve que sur la photo sans maquillage tu n’as quasiment pas de cernes, alors que ce maquillage mauve en fait apparaître comme par magie, ce qui est dommage, vue que tu es épargnée au naturel ! ;-)
En plus ça éteint un peu la couleur naturelle de ton iris qui est hyper jolie, on doit pouvoir faire mieux ;-)

J’aimerais bien voir un vrai vert, pas trop foncé mais pas du tout kaki, ça doit t’aller très joliment (je reviens toujours au vert de funambuline, décidément très beau et qui convient à merveille pour illustrer l’idée de vert pas kaki ;-).
Application en haut : sur les deux tiers externes. Sur le tiers interne : un beige très clair à peine doré, ou autre truc clair de ce genre.
En bas : au ras des cils, sur le tiers externe.

D’une manière générale je me tiendrais éloignée des couleurs rosées ou mauves, qui font ressortir le rosé de ta peau et du coup ne tranchent pas assez (et fabriquent des cernes, les fourbes !).

J’aimerais bien voir des beiges soutenus un peu dorés, ce genre de couleurs chaudes qui illuminent doucement et joliment le regard, ça devrait bien t’aller !

Le gris aussi devrait être très joli sur toi, en pas trop foncé, satiné ou irisé. En smoky léger, avec une pointe de gris foncé sur les coins externes de l’œil (un peu plus marqué en haut qu’en bas), et du gris plus clair sur le reste : au ras des cils inférieurs, et sur la paupière supérieure mobile, jusqu’un peu au-dessus de pli.

Et quelle que soit la couleur choisie, essaie de toujours avoir une couleur plus claire (dans le même type de teinte que la couleur principale) sur le tiers interne de la paupière supérieure, pour ouvrir le regard.

Pour le mascara, peut-être qu’avec un brun ou un gris anthracite, tu pourrais en mettre deux couches, et du coup ça intensifierait sans charger.
Le tien est de quel type ? Il me semble qu’un épaississant et recourbant te conviendrait bien ,tes cils sont très longs et n’ont donc pas besoin d’être allongés ;-)

Qu’en penses-tu ? Les filles ?

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Avant je grandissais, maintenant je vieillis…, par sophie 202

14 mai 2008

tanjore_ecolieres.jpg« J’ai 26 ans et toutes mes dents – autant vous prévenir tout de suite je suis une grande amatrice de jeux de mots foireux et de ces expressions éculées qui de font rire (presque) que moi – donc je disais toutes mes dents…

Je ne saurais pas dire exactement quand cela à commencé, je sais qu’à 24 ans j’ai pris un coup de vieux « mince c’est adulte 24 ans !! », à 25 j’étais bien trop occupée à faire la fête et qu’aujourd’hui à 26 ans je réalise brusquement que je ne grandit plus, je vieillis.

Cette prise de conscience est-elle due au fait que la jeune diplômée / jeune travailleuse que je suis cherche à se construire un avenir ? Mystère.
Toujours est-il que j’associe cette prise de conscience à un moment très particulier : « Mon dieu, cet homme assis en face de moi dans le métro et que je trouve si séduisant porte une alliance !! »

Effectivement aujourd’hui les hommes que je trouve séduisants portent souvent des alliances et des chaussures de ville…
Mais ou ké sont passées, les bonnes vielles baskets hein??

Pourtant j’aurais dû m’en douter plus tôt, il y a eu des signes avant-coureurs mais je les ai ignorés.

Ce n’est plus la moitié du dîner, parce qu’on est tous fauchés, que m’apportent mes invités, mais des fleurs et du vin.
D’ailleurs du vin ça peut m’arriver d’en déboucher une bouteille juste pour moi, pour mon plaisir ; je porte moi aussi des chaussures et non plus des baskets, et collectionne les écharpes.
Je me surprend parfois à guetter dans le miroir ces petits sillons sous les yeux qui disparaissent de moins en moins vite quand le visage est au repos.
J’envisage d’investir mes salaires dans autre chose que l’épilation laser voire même peut être éventuellement à écouter mon père et penser à mettre de l’argent de côté pour mes vieux jours…
D’ailleurs rien que ça, j’écoute les conseils de mon père sans me braquer face à ce que j’aurais considéré avant comme une intrusion pure et simple. Pire encore, il arrive que ma mère m’écoute (mais je sais pas si ça compte, car elle n’écoute pas grand monde ;-)) !!
Et surtout, surtout, j’ose dire non à la terre entière s’il le faut, et accessoirement à ma belle mère…

Oui à 26 ans et toutes tes dents, tu ne grandis plus, tu vieillis ma fille et c’est pas plus mal…

Signé : sophie202»

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Très chiant mais indubitablement révolutionnaire

13 mars 2008

vernis-patch-1.jpgOr donc quand j’ai vu que Sephora sortait du vernis autocollant, ça m’a foutue en transe. Dans le genre truc original et bizarre à essayer, je pense qu’on trouve difficilement mieux.

Je me suis bien appliquée pour tester le truc et j’ai fait des tas de photos pour vous donner une idée des conditions réelles.

 

 

Lesquelles sont épouvantables, j’aime autant vous le dire.

vernis-patch-2.jpgPourquoi ? Ben parce qu’en fait c’est très chiant à poser, presque autant que du vernis liquide au pinceau : positionner au bon endroit la languette de vernis toute molle, avec une seule main, moi je trouve ça hyper dur.
Heureusement qu’elle est repositionnable comme un post-il, sinon je m’en sortais pas.

 

 

vernis-patch-9.jpgEn plus les languettes sont faites pour des gens qui ont des gros ongles ma parole, c’est limite y’avait pas de largeur suffisamment étroite pour mon petit doigt, j’ai des tous petits ongles.

 

 

 

 

vernis-patch-3.jpgUne fois que le bidule est bien positionné sur l’ongle, on lisse bien en appuyant pour le coller sans faire de plis. Là on se retrouve avec tout le reste de la languette qui pendouille au bout de l’ongle de façon aussi appétissante que du sang séché, je vous laisse constater ça vous-même (vous avez le droit de vomir, mais pas sur votre clavier si votre ordi est portable, ça va niquer les composants – oui sur un portable les circuits sont sous le clavier, aha, même moi je sais ça et vous aurez appris un truc de plus que le vernis adhésif !).

 

 

vernis-patch-5.jpg

Et c’est là que ça se corse : la notice dit « replier le vernis adhésif sous l’ongle : il se découpe tout seul ».
Sauf que pas du tout, il se découpe absolument pas tout seul : en vrai il faut lui faire violence, pour qu’il se découpe.
D’où des ratés et des bords d’ongles pas satisfaisants, surtout pour la première main.

 

 

 

vernis-patch-7.jpgMalgré tout ça, je trouve ce truc totalement dément et révolutionnaire : ce que je déteste dans le vernis foncé c’est que je déborde toujours sur les côtés, et qu’il faut attendre que ça sèche trois plombes sans même pouvoir aller faire pipi sinon ça nique toute la manucure.

 

 

Et là, magie : zéro bavures, zéro temps d’attente vu que le truc est déjà sec. Et ça, c’est un peu le pied. En plus on ne peut pas avoir d’application mochetingue au niveau des couches, de paquets, de striures : l’uniformité est parfaite et identique sur tous les ongles.

 

vernis-patch-8.jpgCela dit il faut bien garder à l’esprit qu’à moins d’être riche, ça reste un truc ponctuel, parce qu’à 7,90 € l’étui de 16 ongles (donc une seule manucure) c’est pas un produit qu’on utilise deux fois par semaine.

 

Mais pour celles qui ont envied’avoir de beaux ongles de temps en temps et qui sont nulles en manucure (ou qui ont la flemme de tirer la langue au-dessus d’un pinceau baveur, ce qui est hautement respectable), c’est un peu l’invention du siècle.
Je rapprocherais ça d’une manucure faite par une pro (chez Mavala la pose de vernis simple coûte 6,50 €), sauf qu’on peut la faire chez soi à n’importe quelle heure.

Reste plus qu’à rajouter des petites tailles d’ongles et à faire en sorte que ça se coupe plus proprement au bord, et ça sera parfait.

Je le porte depuis samedi dernier, ça tient impec (OK, j’ai triché, j’ai mis des gants pour faire la vaisselle ;-)

Edit du 14 mars à 13h14 : je viens de le retirer, ça tient hyper bien ce truc ! J’ai eu du mal à en venir à bout, je me suis même pris une giclée de dissolvant dans l’oeil. Terreur (« je vais devenir aveugle » !!), sérum phy à grande eau, pas de séquelles, ouf.

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Facebook, m’auras-tu ?

21 janvier 2008

Je me suis inscrite sur Facebook, je suis très énervée.
Je comprends strictement rien, pourquoi y’a pas de version française ??
Evidemment que je lis l’anglais, bande de mauvaises langues.
Mais je déteste ça, j’ai l’impression de déchiffrer un spam pour du viagra (même le 7ème tome de Harry Potter j’ai attendu patiemment le 27 octobre pour le lire en français, alors que toutes mes bébé-copines élevées en langage d’ordinateur l’avaient lu en VO depuis des siècles).
Sa race quoi, c’est quand même pas la mer à boire de faire une version française.
En plus c’est limite les français se parlent anglais entre eux pour se la raconter et montrer qu’ils sont pas has been, je voudrais pas dire mais je le dis quand même, c’est un peu saugrenu.

Du coup je n’ai bien sûr pas lu une seule ligne des instructions et ai tout fait au pif, moyennant quoi des amis charitables m’ont expliqué comment faire pour que le monde entier ne soit pas au courant de ma vie seconde par seconde.
Becôz c’est visiblement le but du jeu Facebook, ma pauvre Lucette. Perso je vois pas du tout l’intérêt, je tiens à mon intimité. J’ai donc désactivé tout ce que je pouvais et croise les doigts pour que les autres ne voient pas de moi ce que moi je vois d’eux.
Parce que quand je lis le résumé de ce qu’ont fait mes « amis facebookiens » depuis ma dernière connexion (oui ça s’affiche automatiquement, j’ai essayé de virer ça aussi mais ça veut pas), ça me fout mal à l’aise : en quoi ça me regarde que machine soit désormais amie avec machin, qu’unetelle ai flirté vendredi dernier, ou que bidule ait quitté le groupe truc ?? Je trouve ça limite grossier, cette intrusion acceptée dans leur vie par les gens. J’ai l’impression d’avoir 12 ans et d’être dans un village de 200 habitants, ça me fait pas du tout marrer.
Mais visiblement je suis la seule à réagir comme ça, où est le bug ?

Je subodore que je ne suis pas dans l’optique de base du truc, et que je vais y passer du temps pour que pouic.
Ah ben oui je me suis inscrite pour avoir des résultats valables et intéressants (lesquels ? aucune idée, si on se met à s’interroger sur tout on reste au lit avec un sandwich au camembert un bon bouquin d’horreur), pas pour savoir si unetelle a flirté vendredi dernier.
Il paraît que tout se passe là en ce moment, limite si on cherche un plombier le 15 août à 23h00 c’est sur Facebook qu’on va le trouver.
C’est pourquoi je me suis dit, ma fille, foin donc de tes réticences médiévales, inscris-toi.

Après quoi des tas de gens m’ont sauté dessus pour que je sois leur amie, sauf que des fois je les connais pas donc je suis très embarrassée : si je dis oui, je prends le risque de m’acoquiner avec de douteux inconnus, si je dis non ils vont se vexer et me détester ce que j’aimerais mieux éviter si c’est possible merci.
Quand des amis m’envoient des invitations à faire partie du groupe de ceux qui haïssent les escalators ou ce genre de concepts bouleversants, je réponds oui à tout le monde pour être aimable, ou non à tout le monde si j’ai faim (quand j’ai faim je suis de très mauvaise humeur et peu encline à la patience).
Quand des amis me proposent de me jeter des moutons ou de m’offrir un œuf, je fais genre j’ai rien compris (ce qui par ailleurs est vrai) et je fais la morte, espérant qu’ils vont oublier et ne me prendront pas pour un grossier personnage.
Grâce à un ami charitable j’ai désactivé mon « wall », qui est donc une sorte de mur sur lequel n’importe quel ami peut écrire n’importe quoi, et que tous les autres peuvent voir. Ca va pas non ? Complètement traumatisant ce truc ! Mes échanges sont privés, nom de nom !
Pour le moment Facebook me sert donc de répertoire avec photos, grosso modo. Je reconnais que l’intérêt est mince ;-))

PS : je me dois quand même de souligner certains points positifs : j’ai repris contact avec des gens perdus de vue dont je n’avais ni l’adresse mail ni le numéro de téléphone donc aucune chance de les retrouver, et développé beaucoup plus facilement des relations nouvelles que par les voies traditionnelles, ce qui m’enchante parce que les gens c’est un peu la seule chose qui m’intéresse. ll y a peut-être de l’espoir ;-)

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Mon diamant est bien un diamant !

17 janvier 2008

Nous sommes sauvés Milou !
Je l’ai fait examiner par au moins quatre bijoutiers différents, tous ont dit que cette histoire de stylet et de moissannite était complètement farfelue, qu’il fallait au minimum des tests de labo pour détecter ça, et que si le Printemps me l’avait vendu pour un diamant il n’y avait aucune inquiétude à avoir.
Non mais.
J’irai plus jamais dans la bijouterie à coté de chez moi, sont pas fiables ces gens-là.

D’allégresse, je l’ai fait remonter différemment (le diamant, pas la bijouterie à côté de
chez moi), j’en avais marre du serti clos.
Là au moins on voit la bête.
J’aime bien l’idée de faire retoucher un bijou comme on fait retoucher une fringue, ça lui donne une nouvelle vie et j’ai l’impression d’en avoir un nouveau pour pas (trop) cher.
C’est grâce à teatree que j’ai trouvé une bonne adresse, à saint Germain des Près en plus, que demande le peuple ?

Alors le truc c’est que le monsieur vend des clous d’oreilles en diamants ravissants, ça va être l’enfer de résister.
C’est affreux je sens que je suis capable de complètement péter les plombs et d’acheter des diamants à oreilles, j’ai failli le faire dans toutes les joailleries où je suis passée (mais avec une force morale exemplaire, j’ai résisté), un jour je finirai par lâcher la rampe et m’endetter sur 20 ans pour deux petits cailloux ;-)

PS : à l’heure où je poste ces lignes j’ai croisé au moins six bijouteries qui font 50% sur les diamants. Vous avez bien lu. 50%. Sur les diamants. Je vais devenir folle.

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Comment j’ai rencontré le Dr Jekyll et quitté My Hyde, par joyeuseluronne

18 octobre 2007

Quand j’ai vu le texte de Jyoyeuseluronne, je me suis dit « c’est dix fois trop long, je n’ai jamais rien publié d’aussi long, ça va être galère à lire à l’écran ».

Et puis je l’ai lu, d’une traite et sans m’ennuyer une seconde, d’abord parce qu’elle écrit parfaitement et sobrement, et ensuite parce que son histoire, terrible, pourrait en effet arriver à n’importe laquelle d’entre nous. J’en suis maintenannt convaincue.

D’intérêt public, elle est de celles qui doivent absolument être partagées.

« Tout a commencé avec cette conversation, au sujet d’un individu, visiblement pas très clair dans sa tête, qui s’amusait à infliger la douche écossaise à Princesse Strudel. Les commentaires affluant, j’ai constaté avec horreur à quel point ce genre sinistre de caractère, qui relève dans le pire du pervers narcissique manipulateur, était fréquent. Plusieurs d’entre nous en avaient fait les frais.

Alors, j’ai eu envie de raconter mon histoire avec N. Envie, façon de parler : le fait de repenser à tout cela m’envahit de colère et de rancune. Mais sans doute ai-je besoin de le dire une bonne fois, de bout en bout, de l’exorciser, car ne n’ai jamais raconté cette histoire que par morceaux.

Et puis, je me dis que peut-être que certaines se reconnaîtront dans mon récit, sait-on jamais, s’il
pouvait servir ne serait-ce qu’à une seule de se sortir des griffes d’un tel personnage, j’en serais comblée.

Pour commencer, je vais répéter ce que disait très justement Hélène dans l’un de ses commentaires : ça peut arriver à tout le monde, personne n’est à l’abri. Ceux qui me connaissent
diraient plutôt de moi que j’ai du caractère, ou du moins, que je suis suffisamment affirmée, indépendante et capable d’assez de discernement pour éviter d’être prise au piège d’une quelconque manipulation. Eh bien non. Ce n’est pas le cas, puisque je m’y suis vautrée, dans le piège. Personne, vraiment personne n’est à l’abri. Et surtout pas les femmes saines et gaies,
proies privilégiées de ces « vampires affectifs » (expression fort appropriée trouvée dans le site cité en fin de cet article).

Quand j’ai rencontré N, je me disais que c’était vraiment le super-mec-qui-a-pas-de-problème. Oui, c’était exactement l’expression qui me venait à l’esprit. Beau, la quarantaine resplendissante et sensuelle, la maturité sans les poignés d’amour. Moi, j’avais 20 et quelques années. Il avait plein de potes et de copines, dont une brochette de super nanas. Un job qui en
jette. Il était cultivé, drôle. Pas frimeur pour autant, hein, oh que non, c’est justement ce qui me séduisait tant. Moi les cadres dynamiques qui se la pètent, ça a jamais été mon truc. Mais lui, il était bien au dessus de ça. Il ne se faisait pas mousser avec son job, je n’ai appris qu’indirectement et tardivement ce qu’il faisait. Il avait une petite voiture toute simple et non
un substitut phallique rutilant. Il connaissait des gens de tous milieux, il n’était pas de ceux qui tournent toujours dans le même bocal. Il ne courait pas la bombasse, alors qu’il pouvait largement se le permettre. Il savait parler des choses essentielles. Bref, ce que j’essaye de dire là, c’est qu’il n’était pas un séducteur de pacotille tout juste bon à tromper les oies blanches. Il était
éminemment sympathique, attachant, intéressant.

Quand il m’a draguée – une drague tout à la fois directe et respectueuse, sensible et flatteuse, bref, irrésistible – c’était trop beau pour être vrai. Je sortais d’une série d’amourettes décevantes, je cherchais autre chose. Le courant passait si bien entre nous, physiquement comme intellectuellement, qu’on a immédiatement engagé une relation fusionnelle. Les premiers mois, l’idylle était sans failles. Que dire de ces débuts parfaits, si ce n’est des banalités. On s’amusait, on se câlinait, on parlait. On passait notre temps libre ensemble sans jamais s’en lasser. C’était le prince charmant, c’était l’histoire d’amour tendre et intense dont je rêvais. Très vite, comme je désertais mon appartement, j’ai résilié mon bail et je me suis installée avec lui.

Difficile de décrire comment les choses se sont envenimées par la suite. Subtilement, c’est sûr. Ce qui est étrange, c’est que je revois les débuts parfaits, je revois la fin cauchemardesque, mais la transition, insidieuse, se dérobe à mon souvenir.

Des mois après, donc, la face obscure de la force, si je puis dire, avait envahi la scène. Le beau N, quand on grattait sa carapace, était un aigri. Négatif, pessimiste, détestant le monde entier, obsédé par l‘idée que chaque être humain cherchait à « lui baiser la gueule ». Ne supportant pas mon insouciance, mon amour de la vie, s’ingéniant à les anéantir. Ne supportant pas de vieillir : je découvris par hasard qu’il mentait sur son âge d’une bonne dizaine d’années (son physique le lui permettait aisément), et qu’il me cachait l’existence d’un grand fils qu’il avait eu d’une première femme (je ne connaissait que son enfant le plus jeune, de sa deuxième femme). Maniaque. Jaloux. Effroyablement pingre (y compris avec mon propre budget, même si je n’ai jamais dépendu de lui financièrement), bien que clamant le contraire. Exception curieuse mais logique à sa radinerie : sa fréquentation assidue des restaurants, élément indispensable de sa façade de super-mec sociable et bon vivant.

Quand Mr Hyde a pris le pas sur le Dr Jekyll, j’étais en permanence sur le qui vive, m’attendant à chaque moment à le voir exploser de l’une de ses colères cataclysmiques.

Ses colères, elles tombaient pour rien. Parce que j’avais laissé quelque chose traîner qui dérangeait son goût obsessionnel de l’ordre et de la propreté. Pourtant, je faisais attention.
Mais rien à faire, je passais forcément à côté d’un détail.

Elles tombaient parce que ma naïveté lui était insupportable. « La gentillesse et la connerie, c’est
très proche, hurlait-il, et toi tu es plus souvent dans la deuxième que la première ». Un jour par exemple, un inconnu dans la rue m’avait collé un bouquet dans les mains puis avait déguerpi sans me laisser le temps de dire ouf : non pas parce qu’il avait été subjugué par ma beauté, mais plutôt, visiblement, parce que son rendez-vous galant ne s’était pas pointée et qu’il avait donc décidé de refiler les fleurs à la première fille croisée – moi en l’occurrence. Hilare, je suis revenue à la maison, mon bouquet à la main, et j’ai raconté l’anecdote. Mal m’en a pris. Explosion. « Tu es vraiment trop conne, un inconnu vient le filer des fleurs, et toi, tu les prends, comme une dinde. Ça aurait été Lise (son ex, qu‘il pourrissait ou encensait selon les besoins), elle lui aurait foutu le bouquet dans la gueule, au gazier ».

Sa phrase favorite : « Avec toi, tout le monde il est beau tout le monde il est gentil. Mais un
jour, tu vas te faire baiser la gueule, tu vas rien comprendre, tu vas déguster, ma petite ».

Il ne m’a jamais frappée, mais ses mots seuls savaient me détruire à l’intérieur. Je me souviens de nuits où je suis restée recroquevillée par terre dans le salon, à étouffer dans mes sanglots. Il finissait par venir me chercher pour me ramener au lit, avec les mots virils de celui qui a justement châtié mais qui sait pardonner : « Tu comprends, des fois ma puce, tu es vraiment pas possible, tu me rends dingue, alors je me met en colère. Allez, viens ». Et moi, je revenais, et je
goûtais ces quelques instants où, pour me consoler, il était à nouveau aimant.

Quand il n’explosait pas il était distant, froid, ne m’accordait plus la moindre marque d’affection – lui si câlin avant ! – il était un bloc glacial et hargneux ; moi je m’étiolais, m’épuisais dans mon effort vain de lui plaire. Je m’accrochais par le bout des ongles aux rares moments où il
retrouvait des gestes et des mots affectueux. C’était le cas quand on faisait l’amour. Aussi, même si tout plaisir sensuel m’avait désertée, je simulais, et je chérissais sa libido vigoureuse, opportunité unique de recevoir quelques instants de tendresse.

Parfois, n’en pouvant plus, je sortais de l‘appartement. Dans le froid, dans le noir, dans la pluie
parfois, juste pour échapper à cette ambiance mortifère. Sur le coup, j’étais très remontée. Je marchais dehors, ruminant ma révolte, et je revenais à l‘appartement, bien décidée, le seuil franchi, à adopter un silence glacé à son endroit, à lui en faire baver, moi aussi. Mais j’étais déjà perdante, puisque de toute façon je revenais, rongée par l’idée qu’il s’inquiète excessivement de
mon absence. Perdante parce que malgré toute ma détermination, j’étais incapable, moi, de le faire souffrir, je ne savais que faire semblant de bouder, une pauvre bouderie qui me faisait plus de mal qu’à lui. Perdante puisque la moindre tendresse de sa part suffisait à me faire fondre à nouveau. Il savait même s’excuser, dans les cas extrêmes où il me sentait trop proche de la rupture. Comment résister à un homme qui s’excuse, qui vous prend dans ses bras, vous fait tout oublier, vous fait croire à ce que vous espérez si fort : ce n’était qu’un terrible malentendu, mais ça y est c’est fini, tout va aller bien à nouveau, maintenant.

Pourtant, quand on faisait la fête avez ses amis ou sa famille, on devait donner l’image du couple idéal – en société, il ne laissait rien paraître. Quand même, une fois de temps en temps, un sarcasme lui échappait. C’était le cas si, sur un sujet de discussion, mon opinion différait légèrement de la sienne : même pour les sujets les plus insignifiants et quelles que soient mes précautions pour exprimer humblement ma divergence, il ne le supportait pas. Au point de faire
craquer le vernis – « n’importe quoi, ça ce sont les conneries qu’on t’a appris à l‘école ! », crachait-il. L’éclat jetait un froid, on lui adressait quelques regards étonnés, mais c’était vite oublié.

A propos de ses amis, tant que j’y suis : je réalisais plus tard qu’il sélectionnait surtout de parfaits
faire valoir. Le choix des amis masculins était particulièrement subtil, il fallait éviter les mâles trop performants susceptibles de lui faire de l’ombre.
Côté face, il appréciait ses amis tels qu’ils étaient, évoquait avec humour leurs petits défauts. Côté pile, cette affection indulgente était le déguisement idéal de sa condescendance.

Je suis tombée dans cette culpabilité qui rend consentante la victime de violences, ingrédient nécessaire de l’asservissement : c’est de ma faute si ce super-mec-qui-a-pas-de-problème
pète les plombs. C’est à cause de moi qu’il est devenu si acariâtre, comment expliquer les choses autrement. Cet homme tant apprécié de ses amis, désiré par tant de femmes, je devrais profiter de ma chance et savoir le satisfaire. Je suis insupportable. Je suis nulle. Je le mets en colère par ma bêtise.

En plus, la vie l’a déjà tellement blessé. Le coup de l’écorché vif, celui qui en a bavé dans la vie, ça marche (rectification : ça marchait) du tonnerre chez une nature de Saint-Bernard comme la mienne – et c’est un grand classique du pervers manipulateur. Le pauvre chéri, me disais-je il a tellement souffert, survécu à tant de d’épreuves, c’est bien normal qu’il soit un peu tendu, et moi qui non seulement ne sait pas panser ses plaies, mais l’agace par ma stupidité.

Évidemment, ma relation avec lui m’a considérablement isolée. Je rencontrais pourtant plein de gens super via la formation que je suivais à cette époque, ils se retrouvaient fréquemment
pour s’amuser mais je n’en ai que très peu profité. J’étais trop obnubilée par cette relation, trop soucieuse d’être irréprochable, constamment disponible pour lui. J’ai quand même réussi à garder des liens privilégiés avec quelques amis que je voyais sans lui, c’était ma bouffée d’oxygène. Mes copines ne lui posaient aucun souci, il voyait d’un bon œil les innocentes activités entre filles ; par contre si je revenais de chez un copain il devenait inexplicablement sombre et méprisant. Il trouvait cependant un autre prétexte à cela, puisque son prétendu attachement à la cause des femmes, et son ego de mâle supérieur, l’empêchaient d’avouer une quelconque jalousie, pourtant bien réelle. Du coup, lâchement, je parlais sans cesse de mes « copines » mais restait coite sur les « copains ». Mes amis ont bien dû voir que je m’étais éteinte, mais personne n’en a jamais soupçonné la cause, personne n’a jamais identifié la nature réelle de notre relation (comment auraient ils pu ? J’étais moi-même aveuglée, et lui qui maintenait si parfaitement les apparences !) – et cela contribuait inévitablement à mon isolement.

J’avais mal au ventre en entendant ses clés dans la serrure alors qu’il rentrait du boulot (il revenait en général après moi), terrifiée à l’idée qu’il soit dans une mauvaise phase, et il l’était généralement. Moi qui suis d’une nature joyeuse (je n’ai pas choisi ce pseudonyme pour rien !), moi qui aimais me promener dans les rues le nez au vent et l’air béat, je marchais désormais en
regardant mes pieds et si je levais les yeux, le reflet que me renvoyaient les vitrines était celui d’une fille triste, terne, apeurée.

Je crois d’ailleurs que c’est mon reflet dans une vitrine qui un jour a provoqué le déclic. Cette
vision d’horreur a réveillé mon amour propre, mon instinct de préservation, et mon bon sens endormis. Inconsciemment d’abord, la délivrance a commencé.

Première étape, j’ai trouvé un boulot dans une autre ville. Assez loin pour que cela m’oblige à prendre un logement dans ladite ville. Notre histoire aurait très bien pu continuer malgré cela : je cherchais du travail dans une branche où il y en a peu, c’était donc; probable que je doive bouger, on en avait parlé, évoquant la possibilité qu’il me suive… Avec le recul, je sais que sans me l’avouer, j’ai sabordé les opportunités d’emploi qui m’auraient permis de rester dans la même ville que lui. Bref, je me suis retrouvée toute seule dans mon nouvel appart – chez moi,
enfin – avec pour tout ameublement mon poste à musique et mon futon. Je ne connaissais personne dans cette ville. Pourtant je me suis sentie étonnamment bien dans ce dénuement : plus de mal de ventre en entendant les clés dans la serrure, plus de terreur à l’idée d’avoir commis le moindre manquement à ses règles impossibles d’ordre, d’hygiène ou d’économie – eh ben tiens, puisque c’est comme ça je vais laisser mes chaussettes traîner : quel luxe de liberté !
Pathétique, hein ? Ce que j’étais peinarde, dans mon petit appartement, toute seule avec moi-même ! Je n’avais aucune envie qu’il me rejoigne dans ce havre de paix !

Deuxième étape, forte de cette prise de conscience, je lui ai téléphoné, et j’ai explosé, comme je ne l’avais jamais fait. Je lui ai annoncé que j’étais en train de « sérieusement questionner notre relation » – euphémisme ! Il a été surpris, déboussolé, ne sachant comment calmer cette tornade de colère et de reproches – ben quoi, les explosions, c’était lui d’habitude.

Troisième étape, je suis allée le voir le week-end suivant. Ma décision était prise. Mais je voulais
faire les choses proprement. Lui dire en face que c’était fini, pas le lui dire à distance.

Il l’a étonnamment bien pris. Avec un espèce de respect très chevaleresque qui, si mon estime pour lui n’avait pas été définitivement ruinée, aurait pu me donner l’illusion que le N. des mauvais jours n’avait jamais existé. Il m’a même aidée à transbahuter les quelques affaires restées chez lui dans ma voiture.

Pendant les six mois qui ont suivi, il a pleuré comme un enfant. Il m’appelait au milieu de la nuit.
Menaçait de se suicider. M’annonçait soudain qu’il avait décidé de venir me voir, qu’il serait là dans quelques minutes – je lui rétorquais qu’il ne me trouverait pas chez moi, et sortais en catastrophe. Après, j’ai changé de logement pour qu’il ne connaisse pas mon adresse. Le super-mec-qui-a-pas-de-problème geignait lamentablement, reniflait, suppliait, criait sa douleur, son remords aussi : « Ma petite puce je t’ai fait du mal, comment ai-je pu te faire du mal ». C’était ambivalent : il reconnaissait ses torts, globalement, mais s’appesantissait sur la souffrance que notre rupture lui infligeait, comme si la peine était plus lourde que la faute. J’ai flippé, j’ai cru qu’il allait réellement se fiche en l’air, j’ai appelé sa famille pour leur confier mon inquiétude et les supplier d‘aller vérifier qu‘il allait bien. Évidemment, j’ai culpabilisé. Mais je n’ai pas cédé.

Et puis, j’ai rencontré mon Breton. Avec qui a commencé une autre idylle, honnête et bien réelle cette fois. Elle dure toujours. Mais c’est un autre chapitre.

Ça y est, j’en ai écrit des kilomètres, moi qui étais partie sur un petit article en passant… et je n’ai même pas tout dit… mais je crois avoir donné un aperçu fidèle de ce que j’ai vécu.

J’en suis resté à la description de mon vécu, sans trop pousser vers l’analyse. Je préfère indiquer ce site, réalisé par une femme victime d’un pervers manipulateur : l’essentiel y est pour débusquer et analyser ce genre de personnages. La lecture de certains passages, comme la « leçon 16 », m’a fait l’effet d’un coup dans l’estomac, tellement était puissante l‘impression d‘y trouver une description du couple que je formais avec N., et de notre histoire. D’autres s’y reconnaîtront peut-être, malheureusement :

http://pervertus.skynetblogs.be/

Signé : Joyeuseluronne ».

Edit de Joyeuseluronne : « Ça me fend le cœur de voir ces commentaires, dont certains sont vraiment pleins d’émotions, et de ne pouvoir répondre… Je suis au boulot, je jette un coup d’œil de temps en temps mais je ne peux pas répondre au fur et à mesure. Mais le cœur y est, je suis très émue par ces réactions et par la bienveillance dont elles sont empreintes. Très émue aussi de voir qu’autant de personnes ont connu une histoire similaire ».

 

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Bécassine chez Céline

5 octobre 2007

Hier j’étais invitée au défilé Céline. Vue que je suis une brêle en mode et en Fashion Week, ça mérite d’être raconté en entier (ça va être un peu long, allez vous chercher un café).

Mardi ma copine qui bosse chez Céline m’appelle, hystérique (la pauvre n’a pas dormi depuis trois semaines, elle prépare le défilé) pour m’annoncer qu’elle m’a mise sur la liste. C’est un honneur insigne, seules deux autres bloggeuses sont invitées (des copines, coup de blol).
Je suis à l’épicerie du coin avec des packs de flotte plein les bras, je lui demande de me rappeler quand je pourrai filer mes coordonnées au service de presse sans me démettre un coude.
Ceci fait, je me jette sur ma boite mail pour hululer dans les Outlook de mes consoeurs bloggeuses, Géraldine et Garance, qui savent, elles : « haaaaan, les filles, qu’est-ce que je vais mettre ??? Je vais avoir l’air super plouc, je veux pas y aller ! »
Elles calment très gentiment la cinglée que je suis en me disant de me pointer tranquillou en jean : « n’essaye pas de faire différent de tous les jours, less is more » me rassure Géraldine. En effet, vue la tronche de ma garde robe,
less is vachement more.

Le jour J j’arrive aux Tuileries avec ¾ d’heures d’avance, et me mets en quête de l’Espace Ephémère, lieu des festivités.
J’avise une enfilade de tentes blanches, sauf que c’est pas du tout ça et que je m’en rends compte une fois arrivée à l’autre bout, à des kilomètres de là.
Je décide que ça va bien comme ça, et j’appelle Géraldine à qui je confesse que, plouc jusqu’au bout, j’ai réussi à me perdre dans le jardin des Tuileries.
Elle m’explique gentiment que la tente est juste à l’entrée, que j’ai largement le temps et que tout va bien se passer. e
m’enquille donc ce foutu jardin dans l’autre sens, et manque m’évanouir de fatigue à l’arrivée : j’ai dû faire au moins 8 bornes aller-retour !

J’avise une foule qui fait la queue d’une air dégagé et vêtu de noir, je subodore que suis arrivée. Quelques créatures filiformes juchées sur des low boots Louboutin prennent complaisamment la pose pour les photographes.
Je suis la seule en jean, je me demande si on ne va pas me jeter dehors.
Sauf que j’ai mon invit’ rose, et que je passe comme une lettre à la poste pendant que des tas de gens bien plus chics que moi attendent dans la file pour être debout alors qu’une place assise étiquetée à mon nom m’attend. Je ne peux réfréner un petit sourire intérieur d’orgueil.
Sourire qui ne dure pas car je manque me foutre par terre une fois dans le saint des saints tellement il y fait noir !

Des jeunes gens très courtois placent les invités, je me retrouve assise dans l’immense salle presque vide (je vous rappelle que je suis à l’heure, donc méga en avance selon les timings du milieu). Je découvre, au bout du podium, la forêt de téléobjectifs que constitue le carré des photographes. Curieusement, je trouve ça magnifique dans cette lumière particulière.

Les gens arrivent peu à peu, je suis toujours la seule en jean. Avec des bottes pas du tout à la mode, un tee shirt Monop et un trench Camaïeu. Tant qu’à faire less, autant y aller carrément.
Toutes les femmes ont de super beaux cheveux et des habits de dames. D’ailleurs la journaliste de Gala qui prend place à côté de moi me regarde un peu comme si j’étais un clodo (en même temps si je bossais pour un canard pareil je la ramènerais pas, mais revenons à nos poneys croates – bé oui la créatrice de Céline, Ivana Omazic, est croate ; même moi je sais ça, voyez que ça sert de lire Elle toutes les semaines).
J’observe, fascinée. Quelques stars attirent un crépitement ininterrompu de flashes.
Garance et Géraldine arrivent enfin, je finissais par me sentir seule (et plouc, ça s’arrange moyen de ce côté).

Le show commence, et c’est magique ! La musique est splendide, les vêtements délicieux et aériens, les couleurs sublimes (taupe, gris fumé, blanc perle, rouge ébouriffant, j’en pousse presque des cris de joie).
Garance et moi décidons de braquer une banque pour nous offrir un petit ensemble gris tout simple, les jupes en mousseline sont divines et j’en veux une (ou douze).
Et puis ça y est ! C’est fini ! « déjà ?? Mais ça a duré un quart d’heure ! » Garance rigole « ben oui, c’est ça un défilé ! ».

Assises au bord du bassin central des Tuileries, nous papotons blogs et potins toutes les trois, quand arrive Scott (Mr Sartorialist en personne), délicieux américain plus vrai que nature. Nous évoquons l’avenir de la blogosphère ; c’est passionnant mais déjà les filles doivent repartir vers un autre défilé.

Merci ma copine de chez Céline, c’était tellement beau !

PS : les photos des vêtements viennent de Style.com, où vous pouvez voir tous les modèles.

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