Déjà normalement je me casse la gueule tout le temps. Mais vraiment hein, genre au moins deux fois par mois, vautrage dans les grandes largeurs, finissage à plat ventre par terre (ou les quatre fers en l’air juste le jour où je suis en robe, élégance et classe toujours), léger choc qui fait que je bouge pas tout de suite, gens inquiets venant me relever, tout le toutim.
Parce que je suis astigmate et évalue mal les distances et les reliefs (et plutôt crever que porter mes lunettes, ces prothèses immondes), et parce que j’ai les chevilles mal foutues donc si je me les tords je n’arrive pas à me récupérer, et je tombe (ma grande terreur ce sont les escaliers du métro, avec le bord des marches bien aigu en ferraille ; je suis sûre que si on tombe là-dedans, on se tue). C’est pour ça que je porte quasi pas de talons, ou alors pas hauts et choisis avec soin. Parce qu’avoir peur de tomber en permanence c’est pas une vie ma bonne dame.
Alors autant vous dire que toutes ces feuilles mouillées et glissantes sur les trottoirs, pour moi c’est L’EPOUVANTE. Je suis terrifiée à l’idée de me gameller douloureusement une fois de plus. Me voilà donc partie pour au moins deux mois à marcher les yeux rivés au sol, slalomant entre les tas de feuilles à pas mesurés, telle une pauvre petite mamie apeurée. Et après si j’ai du bol, il neigera et ça sera pire (la plaque de verglas planquée sous la neige fraîche, ça existe même à Paris ; et quand vous vivez à Montmartre où pas UNE rue n’est plate, vous dégustez sauvage).
Notez que j’arrive à me tordre les chevilles même en tongs, mais je néanmoins je tombe beaucoup moins l’été.
Donc à bas l’automne pluvieux, c’es tout ce que j’ai à dire. Ou alors faut qu’on nous nettoie les rues trois fois par jour (ah ah, elle est bien bonne).






« D’aussi loin que je me souvienne j’ai toujours été une fille gentille, douce malgré un tempérament un peu nerveux, réfléchie, sociable, joyeuse et plutôt diplomate dans mes relations.


