11 janvier 2012

beaute Qui sème le vent, par Alix

« Voilà maintenant trois ans que j’habite seule à Paris. Il m’aura fallu trois ans, trois longues années pour hurler mon ras-le-bol à la face de la gente masculine en détresse émotionnelle, de celle qui nous demande si l’ »on suce » lorsque l’on porte une jupe, de celle qui nous appelle par des claquements de langue comme si nous étions des animaux.
De celle à qui on a envie de rétorquer un « ta gueule, connard » bien mérité, mais face à laquelle on se tait, parce qu’il fait nuit, parce que l’on est seule et qu’ils sont grands et nombreux.

De celle qui a si peu d’estime pour les femmes, si peu de considération pour celles qui les ont élevés, mis au monde, ou même celles avec qui ils vont vivre, passer d’agréables moments ou partager un fou rire, qu’il suffit qu’elles soient jeunes, belles et seules pour les humilier. Et l’on se dit alors « si cet homme me méprise au point d’imaginer que me faire du pied en me lançant des regards lubriques dans un métro bondé nous mènera à l’acte sexuel, où sont ses limites ? Et si je me refuse à lui trop catégoriquement, ne risque t’il pas de me gifler ?  » Alors je baisse les yeux et je regarde mes pieds quand mon âme me supplie de lui cracher à la figure.

Quoi de pire qu’une main aux fesses, qu’une caresse sur la cuisse ? Quelle pire intrusion physique rabaissante et pourtant si banale ? Je me désole de voir la quotidienneté de tels actes qui font partie de notre paysage urbain ; certains diront alors que je suis une pimbêche qui boude la flatterie masculine. A ceux là, je réponds que non seulement je suis assez bien dans ma peau pour me passer de leur supposée reconnaissance, mais que je suis de plus intimement convaincue que quelque soit notre physique, notre manière d’être et de nous vêtir, absolument RIEN ne permet à qui que ce soit de s’adresser à un individu de cette façon parce qu’elle est femme.

A force, je le vis comme une violence, une agression. Je ne tolère plus que l’on m’interpelle comme ça, parce que je suis née femme. Je ne tolère plus qu’on me considère comme un objet, comme un corps, comme quelque chose dont on dispose. Et la frustration de ne pouvoir rétorquer, de ne pouvoir me battre contre de telles attitudes me rend folle. Je refuse passer ma vie à marcher en regardant devant moi, à m’inventer des petits amis pour qu’on me laisse tranquille. Je refuse cette place que l’on m’assigne.

J’écris ces quelques lignes, bien insignifiantes mais pourtant libératrices, en espérant que cette société évolue enfin. Parce que l’on aura beau lutter pour l’égalité des sexes dans le travail, la politique et la famille, tant que les femmes se feront quotidiennement humilier et rabaisser par des abrutis forts de leur virilité crasse, aucune d’entre nous ne se sentira en mesure d’égaliser ceux qui nous maintiennent la tête dans l’eau.

Ou tout au moins, tant que nous verrons ce comportement comme une fatalité, ce qui n’est pas mon cas.

Signé : Alix »

Recherches utilisées :

  • le batchelor 2014 alix ne gagne pas faux bruit

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Commentaires

123 Réponses sur Qui sème le vent, par Alix
  1. #1 Pouloute29 le 11 janvier 2012 à 9 h 40 min

    Lectrice assidue de ce blog, j’y laisse aujourd’hui mon premier commentaire pour féliciter Alix pour son texte aux mots si justes dans lesquels,malheureusement, je me reconnais. Et pas besoin d’aller à Paris pour se retrouver confrontée à ces remarques désobligeantes et dégradantes. Même dans ma petite ville, certains « abrutis » se croient tout permis et adoptent le comportement machiste que tu décris si bien.

  2. #2 tatani51 le 11 janvier 2012 à 9 h 40 min

    Ce texte sera mon grand bonheur du matin

    Bonnes journées à toutes les filles belles (ou moins belles), jeunes (ou moin jeunes) mais toujours tête haute

  3. #3 dRine le 11 janvier 2012 à 9 h 45 min

    Bonjour Alix,
    Que dire ? Tu as tout à fait raison… Mais en lisant tes lignes, j’ai l’impression que tu es tombée « au mauvais endroit ». Je suis persuadee que ce n’est pas comme ça partout. Personnellement (je suis sans doute moins jolie et m’habille tres « jeans t-shirt »), je n’ai que très peu ce genre de problèmes, et de moins en moins j’ai l’impression. En particulier depuis que j’ai changé de ville. Et je pense que c’est fort lié à cela: le lieu dans lequel tu vis. Maintenant, libre à toi d’aimer vivre là ou d’avoir choisi un endroit pour des raisons de commodité et que tu n’aies pas envie/que ça ne soit pas possible pour toi d’en changer. Mais le monde est rempli de pays aux cultures différentes, et dans une même région (dans mon cas, à 15km d’écart) on peut déjà avoir l’impression de changer de monde…
    Je ne sais pas si c’est très constructif, mais mon avis est que tous les hommes ne sont pas comme ça, et qu’il y a des régions où ils sont plus concentrés que dans d’autres ;-)
    J’espère que tu surmonteras ça, peu importe le moyen que tu choisiras pour y arriver…
    Bien à toi,
    Amicalement.

  4. #4 Fad le 11 janvier 2012 à 9 h 50 min

    Tellement vrai….j’ai toujours un sentiment de colère quand je vois ce genre de scène, tellement envie de frapper le mec alors que je déteste la violence! Cette gente masculine toujours à l’affût me donne la nausée et éveille en moi des pulsions de haine, car quand si on se fait belles c’est quand même pour nous en premier lieu… Bravo à toi ;-)

  5. #5 Hélène le 11 janvier 2012 à 10 h 00 min

    dRine: il ne manquerait plus que ça qu’Alix soit obligée de changer de ville parce qu’il y a des connards à Paris !!
    Quant à croire qu’on est moins embêtée parce qu’on s’habille en jean-tee shirt, il faut faire très attention avec ce genre d’idée dangereuse, qui conduit certains à dire d’une fille qui porte une mini-jupe « ben si elle se fait violer, elle l’aura bien cherché ».

  6. #6 Scandaleuse le 11 janvier 2012 à 10 h 05 min

    Merci Alix. Merci pour ce texte honnête et tellement vrai ! Que faire ? Personnellement, je vais prendre des cours de self défense… Et tu sais, ce dont je rêve, c’est de mettre une énorme branlée à l’un de ces connards. Je sais, ça craint car cela reste de la violence… Mais je ne vois que cela.

  7. #7 Anne de Bretagne le 11 janvier 2012 à 10 h 15 min

    Très beau texte, sur ce sujet un site très instructif (malheureusement tellement vrai)
    http://www.viedemeuf.blogspot.com/

  8. #8 Marie75anne le 11 janvier 2012 à 10 h 17 min

    En tant que femme, plutôt très nettement engagée comme « pour les droits des femmes » je suis pourtant à l’opposé de ta démarche. Déjà je me dis « féministe » plutôt auprès des autres femmes que j’interpelle car je trouve que souvent elles sont diablement misogynes, j’interpelle cette nouvelle génération qui se dit que rester à la maison pour élever des enfants et s’occuper de son homme est autant sinon plus chouette que d’aller jouer des coudes comme cadre sup, j’interpelle les toutes jeunes qui regardent la pilule avec suspicion, ces mamans qui conditionnent leurs petits par mimétisme. Depuis plusieurs générations dans ma famille les femmes sont libres, conquérantes, mon féminisme est vigilant mais pas comme le tien associé à leur hyper sexualité (?). Bien sûr que la sexualité est dominée par les hommes, comme le monde des affaires, de la politique, de l’artistique.. mais au lieu de geindre je vous invite à être des dignes héritières de celles qui se sont battues pour nous. La société n’est pas une personne a qui on soumet un voeu pieux, la société est un ensemble dans lequel tout le monde partage équitablement une responsabilité.
    Après pour rire et sans que tu ne prennes mal… je t’assure qu’en vieillissant tu seras vachement plus penarde, ça arrive vite ne t’inquiète pas.

  9. #9 Alicia le 11 janvier 2012 à 10 h 17 min

    J’aurais du mal à dire plus, parce que le témoignage d’Alix en dit long sur ce que je ressens. Voici donc simplement ce qui se retrouve sur mon Facebook, accompagné d’un partage de cet article, qui à mon avis, mérite d’être lu par le plus grand nombre :

    « Quand je lis ça non seulement je me sens moins seule, mais je suis rassurée car ça prouve que mes réactions sont légitimes et que lorsque je hurle contre un abruti dans un couloir de métro ou que je lui montre mon majeur dans les embouteillages, il n’a que ce qu’il mérite. Et que les témoins que mes réactions choquent sont petits, tout petits. Merci Alix pour ce témoignage, si ça pouvait faire réagir certain(e)s.. »

    Merci Alix, et merci Hélène de nous offrir régulièrement un moment et un lieu d’expression. Bonne journée à toutes, quelle soit douce et féminine !

  10. #10 Ysa le 11 janvier 2012 à 10 h 17 min

    Bonjour,
    Ces paroles sont très justes, et il est bon qu’elles soient dites. Mais elles me font penser à une chanson aussi: Who run the world: girls!! ;)
    Bises et belle journée à toutes.

  11. #11 Lu- Divine le 11 janvier 2012 à 10 h 21 min

    Très bon texte , très vrai! et c’est universel je pense, parmi toutes les villes que j’ai faite j’ai toujours rencontré ce type de comportement, et habillé en jogging ou en jupe, maquillé ou non, cela change peu de choses face à la bêtise humaine…
    Parfois on arrive à en rire tellement c’est pathétique, mais la plupart du temps je pense qu’on a toute le même raisonnement qu’alix!
    sur ce, bonne journée hélène et les filles =)

  12. #12 anne-gaëlle le 11 janvier 2012 à 10 h 21 min

    Alix,
    Tellement vrai ! Cela touche toutes les femmes au moins une fois dans leur vie, et tous les niveaux sociaux (regarde, les femmes de l’Assemblée Nationale ne portent plus de jupes car elles se prenaient ce genre de réflexion que tu décris)…
    Moi, perso, quand ça m’arrive, je ne me laisse pas faire, quelles que soient les circonstances, car si je ne réagis pas, j’ai le sentiment de lui donner le droit de recommencer avec n’importe quelle autre fille…
    Mon ex, mes copines me demandent si je n’ai pas peur de me prendre une baffe un jour ? Et alors ? Même si je m’en prends une, j’aurais défendu mon honneur et ma condition de femme, et ensuite, c’est pas dans l’intérêt du « goujat » en question, parce que je file illico presto porter plainte !!!
    La pire « annecdote » qui me soit arrivée est la suivante : il y a quelques années, après un déj avec ma meilleure amie, je rentre chez moi en métro. Assise sur un strapontin, vient me rejoindre un type (qui semblait correct au premier regard), sauf qu’à un moment, en tournant la tête vers lui, je me rend compte qu’il a sa braguette ouverte, et son « instrument » sorti… Là, c’est moi qui ai eu honte ! Et pourquoi ?? Je ne sais pas… Je crois que c’est à partir de ce moment que je me suis dis que je ne pouvais plus rester sans rien faire. Du coup, je me dis que si un tel évènement devait se reproduire (oh mon dieu non !!!), je lui ficherais la honte de sa vie en criant à qui veut m’entendre « espèce de gros cochon ! T’as rien de mieux à faire que de sortir ton kiki devant les filles pour t’exciter ?!!! »… On verra qui de nous 2 sera le plus gêné…

  13. #13 Elda le 11 janvier 2012 à 10 h 24 min

    J’en connais des comme ça et je peux dire qu’ils respectent (énormément) leur mère et les filles de leur famille. Malheureusement c’est comme ça partout, mais j’ai la « chance » de pas avoir d’ennuis parce que j’ai pas un physique super avantageux. Je connais des filles comme ça qui ne se pomponnent plus pour plus avoir de problèmes dans la rue. Mais bon généralement c’est tout des grandes gueules et quand tu les prend à part ils font moins les malins. C’est surtout en bande qu’ils sont dangereux.

    Enfin, ce qui me fait le plus mal c’est que les actes d’attouchement (voir de viol) sont devenus limites normaux et que plus personne n’ose lever le petit doigt (que ce soit à l’école, dans un commissariat, dans la famille ou même les passagers du RER qui te regardent te faire violer).

  14. #14 Mimine le 11 janvier 2012 à 10 h 33 min

    Malheureusement d’accord avec ce témoignage d’Alix, j’étais moi-même assez souvent importunée de cette manière plus jeune.
    C’est très rarement le cas aujourd’hui, parce que j’ai remarqué qu’il y a une certaine attitude à adopter qui décourage 90 % de ces messieurs.
    Le non-verbal est super important, c’est triste à dire, mais être souriante et avenante, c’est le meilleur moyen de se faire aborder. Ne jamais croiser un regard, ou le faire avec la tête de quelqu’un qui a reçu son avis d’imposition, marcher d’un pas décidé, se plonger dans un bouquin, en gros avoir l’air de dire « quoi que vous vouliez, vous me dérangez », ça marche bien, même si on est en jupe et en talons.

    Il y a toutefois un point qui m’embête un peu. L’autre jour j’ai vu une petite nénette se faire aborder de la manière la plus lourdingue qui soit, et elle a paru absolument ravie d’avoir attiré l’attention du monsieur, au point d’accepter de se faire dragouiller et d’y répondre positivement.
    Intérieurement, je l’ai détestée de se conduire comme ça, parce que ça conforte certains homme dans l’idée que se comporter comme un goujat peut marcher. Et en même temps, je m’en suis voulue de penser ça, parce que si elle accepte de se faire draguer de cette manière, je ne suis absolument personne pour juger…

  15. #15 Caroline P le 11 janvier 2012 à 10 h 39 min

    Je suis très attachée à la cause des femmes ici et ailleurs et le sujet reflète totalement ce qu est être une femme en 2012 et ce dans le monde entier mais il y a bien une chose que l on ne peut retirer c est le leur courage

  16. #16 MissG le 11 janvier 2012 à 10 h 45 min

    Merci à Alix pour avoir su trouver les mots justes qui reflètent ce que je peux penser certains jours et merci à Hélène d’avoir publié ce post.
    Très belle journée à toutes !
    ;-)

  17. #17 Débounette le 11 janvier 2012 à 10 h 50 min

    chère Alix, je suis effarée parce que je lis sans doute parce que je vis loin de tout çà (en apparence sûrement) et qu’on ne peut pas vraiment imaginer une telle attitude quand on est quelque peu « épargnée » même si on sait que cela existe…
    Je vais faire lire ce témoignage à ma fille de 15 ans, quand elle rentrera cette semaine, elle qui il ya qq mois m’a raconté dégoutée que ds la rue des gars lui avaient lancé parce qu’elle était en robe le bien -connu « Tords pas ton .. la route est droite ». On remarque bien là le futur mâle ds tte sa superbe qui n’a rien trouvé de mieux pour se faire remarquer, mais ô combien blessant….
    En attendant qd on se construit c’est pas facile d’assumer sa féminité avec des remarques, des attitudes aussi connes!
    J’ai l’impression que rien ne change vraiment…
    Courage donc Alix, j’admire votre stoïcisme face à ces brutes, moi j’ai la langue trop bien pendue cela vient aussi avec le tps je crois. J’ai souvenir de rencontres pas tjs heureuses au coin des rues de ma ville et je prenais jsute mes jambes à mon cou…
    Et surtout on ne renonce pas à la jupe nan mais !!!! On peut aussi se mettre un sac à farine sur la tête tant qu’on y est ;-)

  18. #18 Anaïs le 11 janvier 2012 à 10 h 54 min

    Voilà pourquoi je refuse de travailler sur Paris: je n’ai que trop vécues ces situations en prenant le RER et le métro pour me rendre a la fac (c’est d’ailleurs ce qui m’a fait abandonner cette fac parisienne en 1ère année pour me rapprocher de chez moi dans une fac bien moins prestigieuse mais dans laquelle je pouvais me rendre en voiture)…

  19. #19 Jeanne le 11 janvier 2012 à 10 h 55 min

    Alix, bravo pour ce post, je me reconnais dans ces mots, et je ne pense pas être la seule. Seulement, ne baisse pas la tête, ni les yeux. Ils ne méritent pas ça! Heureusement, tous les hommes ne sont pas comme ça, mais n’habituons pas les sombres crétins qui agissent comme ça nous dicter leurs lois!
    Bon courage!

  20. #20 Thalie le 11 janvier 2012 à 11 h 06 min

    Marie75anne: je ne sais pas si c’est à l’opposé, Alix décrit une souffrance quotidienne, toi un combat, les deux sont très compatibles malheureusement…

    Vous savez les filles, l’autre matin (le matin en plus !!), alors que j’allais chercher des Starbucks pour mon petit-déjeuner, place Blanche, je me suis faite arrêter 6 fois. Des mecs qui te sifflent, d’autres qui te suivent, un qui t’arrête (alors que j’avais un énorme casque doré sur les oreilles)… Et bien en pleine lumière, avec tous ces touristes autour de moi, j’ai eu le courage de répliquer : « non mais va te toucher sur internet ! ». Oui, je l’ai dit haut et fort, au mépris de l’éducation de petit-fille modèle que j’ai reçu. Je peux vous dire que ça m’a fait un bien, mais un bien ! Déjà la tête complètement narquoise du type était un régal, et pour moi, quel sentiment de pouvoir m’a envahi. Soudainement, j’étais Wonder Woman.

    Bien entendu, face à toute une bande, dans une rue déserte, à minuit, je n’aurai sans doute pas ce courage, comme tu le dis si bien Alix. Mais je crois qu’il ne faut pas se laisser faire, tout simplement. Notre répartie est notre meilleure alliée. Elle nous donne assez de confiance pour que ces c***ards soient comme aveuglés par cette sorte d’armure.

  21. #21 Olivia le 11 janvier 2012 à 11 h 08 min

    C’est une amie qui m’a envoyé ton article que je ne lit pas vraiment les blogs beauté et pourtant je suis tellement d’accord avec toi que j’ai écrit la même chose il y a peu http://www.quandjeseraigrande.net/pin-up/jassumerai-mes-robes-envers-et-contre-tous/
    Je suis tous les jours en jupe ou robes et oui je suis donc forcement une salope/pute merci de barrer la mention inutile.
    Je voulais te dire que j’ai trouvé une solution double : limiter le métro et prendre mon vélo (en plus on fait du sport c’est génial) et me mettre au self défense féminin. Je suis tombé amoureuse de http://www.amazontraining.fr/ et grâce à des exercices qui semblent tout simple j’ai réussi la semaine dernière à « esquiver » 3 pervers/connards à Châtelet (je déteste ce coin de paris). Je ne peux pas te dire à quel point arriver à dire NON, Stop et se défendre m’a fait du bien. J’ai de moins en moins peur dans le métro et même dans ma vie. Je ne sais pas si cela te sera utile mais c’était pour te donner un peu d’espoir car non on ne change pas une société mais on peut tenter de changer soi même.
    Courage et que la jupe soit avec toi ^^

  22. #22 Mistiquette le 11 janvier 2012 à 11 h 14 min

    J’avoue être perplexe par ce que je lis…. ayant habitée dans différentes villes (grandes, petites), me faisant aborder de temps en temps de manière élégante (il n’y a pas que des connards non plus, hein! ^^) mais aussi super lourdingue: ouaich, t’es bonne, tu me files ton 06 mam’zelle?!, je n’ai jamais manqué de leur répondre de manière assassine (ta gueule, connard) ou non merci.
    Surtout que ce genre de personne (les connards), que tu répondes bien ou mal, t’insultent toujours car tu ne veux pas leur filer ton numéro.
    Je n’ai jamais voulu laisser l’opportunité à ces abrutis qui me prenaient pour un morceau de viande le leur prouver. Si on m’agresse verbalement, je réponds du tac au tac pareil… je suis comme ça et j’y peux rien. mais surtout, bien droite, bien fière et un regard bien tueur qui veut dire: si tu m’approches, me parles ou me touches, je te défonce!!!!!
    Certes c’est pas super élégant d’insulter ou de faire un doigt d’honneur mais franchement, c’est libérateur et vu leur gueule (parce qu’ils s’y attendent pas car la plupart baisse le yeux…), c’est presque jouissif!!!!!! mdr

  23. #23 Agnus le 11 janvier 2012 à 11 h 19 min

    Bonjour Alix! Bonjour les filles (et les garçons)

    Non ces lignes ne sont pas insignifiantes, parce qu’elles reflêtent la régression dans notre société (je suis en Belgique et c’est pas différent de Paris). La mentalité dite « du bled » où en tant que femme tu n’es rien, à Bruxelles il y a des cafés où on ne sert que les hommes, c’est illégal et l’ordre publc ne fait rien.
    Ces lignes ne sont pas insignifiantes parce que s’il elles sont écrites c’est parce que la situation devient réellement opressante, des machos libidineux il y en toujours eu, ils ne respectent ni les femmes dans la rue, ni leurs mères, ni leurs soeurs, il ne respectent pas les rêgles général de politesse et de savoir-vivre, ils ne respectent les lieux où ils sont, ils ne respectent rien en fait… Ce qui m’inquiète ce n’est pas qu’ils trainent dans les lieux publics, ce qui m’inquiète c’est d’avoir dépassé le stade de vouloir hurler « ta geuele! », c’est d’avoir dépassé le stade de vouloir leurs en mettre une, ce qui m’inquiète c’est d’en être arrivée au stade où j’ai de plus en^plus souvent envie de leur faire la peau et que quand je me fait alpaguer il me traverse des visions particulièrement gores, que Dieu merci! je ne mettrais jamais en application.
    Ce qui m’inquiète surtout c’est que je ne suis pas la seule à en arriver à ce stade. aujourd’hui je suis partie de Bruxelles et je suis dans une petite ville calme où ce genre d’individus ne se trouvent pas sur mon chemin et c’est que du bonheur :-)
    Pendant que certain(e)s se battent pour supprimer la mention « madame » et  » mademoiselle » il y des bombes à retardement dans les rues, un jour il y aura le geste de trop et …
    Alors je vais reprendre une formule bien connue: « INDIGNEZ-VOUS! »

    Sur ce je retourne bosser, paske bon….

  24. #24 Marie le 11 janvier 2012 à 11 h 22 min

    Cela fait maintenant quelques mois je lis ton blog Hélène et j’y poste mon premier commentaire afin de féliciter Alix dans sa démarche :)
    C’est malheureusement la même chose dans toutes les villes et ce, même dans les plus petites (VECU !) …
    Je pense que ces paroles ont soulagé Alix, mais elle a fait d’une pierre plusieurs coups parce qu’elle m’ont aussi soulagé ! Merci à toi :)
    Bonne journée à toutes :)

    PS: Hélène, ton blog est génial, j’y adhère totalement ! MERCI .

  25. #25 Bahya le 11 janvier 2012 à 12 h 03 min

    Heureuse (malheureusement) de me sentir moins seule, et de voir à quel point j’ai raison de ne jamais vouloir me retrouver seule dans la rue quand la nuit tombe…
    Une fois en pleine journée je me suis fait suivre dans la rue par un gros lourdingue qui me parlait comme si j’étais sa pote et j’avoue que quand on se retrouve seule et qu’il n’y a personne d’autre à l’horizon, on ferme sa bouche, alors j’ai continué à écouter ma musique en faisant comme si de rien n’était même si à l’intérieur j’avais super peur (mais il va me lâcher? Et si il me suis jusque chez moi il va savoir où j’habite? Et il peut revenir? …?), parce qu’avec tout ce qu’on entend, je me dis que ça n’arrive pas qu’aux autres…

  26. #26 Tamara le 11 janvier 2012 à 12 h 22 min

    …..C’est triste à vous déchirer le cœur ! …..Je vois cette tristesse à coté de moi tous les week ends quand ma belle fille dépressive rentre à la maison , pour elle le monde est cruel et injuste , TOUS les êtres humains , sauf son père , sont méchants et mauvais , quand les gens rient dans la rue c’est forcement d’elle que l’on se moquent , les médecins ont choisi ce métier parce qu’ils aiment torturer les patients etc. Vous paraissez malheureuse, vous criez votre mécontentement , en tout cas , c’est ce que j’ai ressenti . Je ne peux pas crier  » Bravo ! Enfin une qui dit la vérité  » ou  » C’est pas vrai du tout !  » , je ne veux rien crier du tout , juste je suis infiniment triste pour vous . Il n’y a pas plus misogyne qu’une femme qui est malheureuse et, peut-être , vous avez bien vos raisons de l’être mais est-ce vraiment la faute de cette société?!!! Quand on voit le monde en noir il faut peut-être simplement enlever ses lunettes noires ?…… Je vous souhaite …..je n’en sais rien …..un peu de vent dans les cheveux et un petit instant de pur bonheur inexplicable quand le temps s’arrête et on est béate de toute la beauté qui nous entoure.

  27. #27 Claudia le 11 janvier 2012 à 12 h 51 min

    Merci Hélène de communiquer le message d Alix, hélas ! C est une vieille histoire comme le monde… jeune Alix même si c est PÉNIBLE, faut pas te laisser faire, je sais c est facile à dire, mais faut réagir ! Perso je ne suis jamais laisser em……der par tous ces tares, j ai vécu seule à PARIS dans ma jeunesse, jamais de gros problèmes car je répondais HAUT et FORT, et pour les Super Tares je n aurais pas hésité à utiliser ma bombe lacrymogène
    toujours dans mon sac. Alix redresse les épaules, regard de « tueuse », etc… Ça va le faire ma mignonne, courage.

  28. #28 becky le 11 janvier 2012 à 12 h 53 min

    Merrrrrrrrrrrrci pour cet article et bienvenu dans mon monde (et celui de tant d’autres..)! J’ai décidé de pratiquer un sport de combat (ou self-defense) comme l’aikido ou le ju-jitsu et j’invite toutes les femmes à faire de même, ça changera énormement de chose (même si je suis déjà du genre à répondre aux avances des hommes sans me retenir). Ce qui me fait quand même marrer là dedans c’est les femmes que ça flatte alors que personnellement je suis incapable de prendre bien un simple compliment ou sourire/regard. ;)

  29. #29 Tamara le 11 janvier 2012 à 12 h 54 min

    Encore deux mots :) Je ne porte que des robes et des jupes et JAMAIS , mais JAMAIS on m’a insulté …. plein de compliments genre  » vous êtes ravissante  » ou  » at last a real FRENCH woman  » !!! Moi -meme je fais souvent des compliments aux femmes et aux hommes sans aucune intention particulière , juste j’aime dire aux gens ce que je sens , un poète- interprète russe culte a chanté dans une de ses chansons  » Exclamons-nous , disons les compliments , n’ayons pas peur des mots pathétiques , exprimons notre admiration puisque ce sont des moment délicieux d’amour !!!  » Les remarques peu élégantes des arabes et des noirs élevés dans le mépris de femme ( heureusement , je ne suis pas française , ma mère est musulmane caucasienne , alors sans aucune crainte je peux dire ce que les gens n’osent même pas murmurer sinon on crie  » voilà un sale raciste ! » ) , je ne les entends pas , ils ne peuvent pas pénétrer dans mon univers !!! c’est horrible que tout une partie de la société doit subir ce comportement et pas seulement les femmes , mais c’est dommage de généraliser et condamner la courtoisie , la galanterie , les compliments , les flirts juste parce qu’il y a un pauvre type qui ne sait pas ce qu’il fait dans ce monde. Dostoïevski a dit  » La beauté sauvera le monde  » ….. Alex , Hélène, les filles , sauvons -le ensemble ?!! P.S. je SUIS pathétique :)

  30. #30 becky le 11 janvier 2012 à 12 h 57 min

    Fad: Le pire c’est quand même l’opinion selon laquelle si une femme se fait belle, c’est pour plaire! Et le pire c’est quand même quand ces opinions viennent de femmes. ;)

  31. #31 Tamara le 11 janvier 2012 à 12 h 59 min

    Marie75anne: +100000000

  32. #32 becky le 11 janvier 2012 à 13 h 02 min

    Scandaleuse: Bravo, c’est ce que j’ai l’intention de faire. On m’a raconté comment une judoka a fichu une raclée à un type qui l’avait agressé et je dois dire que ça me fait rêver. ;) Même si la violence c’est mal, l’idée c’est d’avoir la possibilité de répondre sans avoir à fixer le sol parce qu’on sait qu’on peut se défendre physiquement, ça évite de vivre dans la crainte et a se rabaisser continuellement pour « ne pas avoir de problème ».

  33. #33 GUS le 11 janvier 2012 à 13 h 22 min

    Votre texte est très juste et criant d’une vérité que nous vivons ou avons toutes vécues. Cependant, certaines choses me gênent: vous vous sentez frustrée de ne pouvoir rien rétorquer, vous dites que vous ne vivez pas cette situation comme une fatalité… Je trouve que si.
    C’est parce que nous nous laissons faire et que nous ne rétorquons pas, que ces individus continuent. S’ils se faisaient rembarrés violemment à chaque fois, ils y réfléchiraient à deux fois avant de recommencer. Il y a des situations dans lesquelles il ne vaut mieux rien dire (effectivement, c’est pas malin d’insulter une bande de mecs dans une ruelle sombre à 3h du mat). Mais engueuler un cochon qui vous tripote dans le métro à l’heure de pointe, un rustre qui vous siffle sur la place du marché un samedi matin… c’est à la portée de toutes!! Je le fais sans cesse, je n’ai pas peur, et je me respecte pour ça. A chacune de voir ce qu’elle peut endurer, mais je suis choquée de lire que vous ne réagissez pas alors qu’apparemment, vous souffrez de cette situation de violence quotidienne. Affirmez-vous en tant qu’être humain qui a droit au respect et à la dignité.

  34. #34 becky le 11 janvier 2012 à 13 h 25 min

    Mimine: haha ça ne marche pas toujours malheureusement, j’affiche très souvent l’expression « faites pas chier » parce que j’ai envie de signifier à la gente masculine qu’il vaut mieux me laisser tranquille et au final ça peut créer l’effet inverse et surtout, on ne va quand même pas vivre en calculant tout ça! Enfin j’en suis encore là moi-même, mais c’est triste et j’y travaille. On ne va pas arrêter de se faire belle et de sourire quand même!
    Je suis étudiante et je travaille de temps en temps comme hôtesse sur des salons et congrès et je me rappelle une collègue avec laquelle j’étais en binôme se faire draguer toute la journée et aimer ça! J’ai énormément de mal à comprendre, tout comme elle n’a absolument pas compris mon point de vue remarque ;)

  35. #35 ivinea le 11 janvier 2012 à 13 h 28 min

    L’agression, verbale, est souvent due à une frustration : ces hommes sont mal dans leur peau, on se fait rarement agresser par un beau jeune homme, non? Les « salope, pute, t’es bonne », sont en fait lancés par des mecs qui savent qu’ils n’ont pas la moindre chance d’être avec ces filles qu’ils insultent, car ils ne sont pas assez bien pour elles. Le manque de respect est malheureusement très répandu, que ce soit à l’égard d’une inconnue, ou non.
    C’est un problème d’éducation, que peut on y faire? C’est avant tout le rôle des parents, et en tant que prof, je peux vous dire qu’il y a du travail…Néanmoins il est indiscutable qu’il ne faille pas accepter ces comportements, mais comme tu le décris bien, on ne peut souvent rien y faire, du moins sur le moment. Il nous reste la possibilité, le devoir d’inculquer des valeurs, chacun à son niveau, de part son travail, ses amis, ses relations sociales…

  36. #36 ivinea le 11 janvier 2012 à 13 h 28 min

    *agression verbale OU/ET physique

  37. #37 elsa le 11 janvier 2012 à 13 h 30 min

    Tout est dit et tout est juste. Ne perds pas cette indignation, qui te fais rester debout et vivante.

  38. #38 Clélia le 11 janvier 2012 à 14 h 02 min

    Après avoir lu tous les commentaires, je me décide à laisser le mien.
    Je n’habite pas à Paris mais j’ai subi ces fameux regards lubriques dans le métro toulousain et j’ai refusé de baisser les yeux. Bien sûr, je serai certainement moins courage seule dans une rue sombre !
    Je loue ta démarche car il est important pour toutes les femmes et pour les plus jeunes, plus timides peut-être, de marcher la tête haute.

  39. #39 Emma le 11 janvier 2012 à 14 h 13 min

    Chère Alix,

    Franchement, ton message me fend le coeur mais il est tellement criant de vérité !
    Pour ma part, j’ai commencé à prendre des cours de self-defense à la rentrée et c’est trop l’éclate. Je fais du sport et j’apprends à me défendre en même temps. Même si je n’ai jamais eu spécialement peur dans les transports parisiens ou le RER (parce que comme certaines filles l’ont dit, l’attitude non verbale est primordiale et que je ne me prive pas de me mettre en mode « Je suis pas commode » au besoin), ça me rassure que savoir comment réagir en cas d’agression.
    Apprendre à se défendre donne plus confiance en soi et je suis persuadée que ça se répercute sur notre attitude extérieure. Et le fait d’avoir moins l’air d’une victime potentielle nous conduit fatalement à être moins embêtée. Ce qui donne encore plus confiance en soi, etc…. et le cycle vertueux se met en place.
    Dans ton cas, ça peux être une sérieuse piste à explorer…

    Bon courage, il ne faut pas se laisser faire !

  40. #40 kiwi schtroumpfette le 11 janvier 2012 à 14 h 24 min

    Coucou les filles,
    Cet article est tellement vrai, traduit tellement ce que moi-même et beaucoup de mes amies ressentons.

    A Bruxelles, ce genre de phénomène est récurent (je ne connais pas bien sûr, la situation à Paris) mais pour vous dire, un jour dans le métro, lundi matin dix heure, un mec a foutu sa main DANS mon jeans! J’lui ai foutu ma main dans la g*eule et il y avait deux « stewards » de la société de transport supposé garantir la sécurité des voyageurs qui avaient assisté à l’événement et pas un d’eux n’a réagit.

    Il y a aussi une place près de chez moi où je n’ose plus passer dès qu’il fait noir si je ne suis pas avec mes deux toutous, …

    Et finalement, un jour, il y a jeune homme franchement mignon qui m’a arrêtée dans la rue et m’a dit « Vous êtes ravissante mademoiselle. » et a continué son chemin. Et ben, lui, j’ai été tellement surprise de sa politesse que je suis restée pétrifiée.

    Je trouve ça dommage que finalement, cela puisse prendre un tel impact sur la vie quotidienne. Personnellement, j’ai eu une fois l’énorme chance que deux amis à moi qui se rendaient à la soirée où je devait initialement aller, passent devant l’endroit où j’étais dans une situation très délicate et viennent dire  »Il y a un problème? » et que les cinq mecs qui me bloquaient le passage ont déguerpi (les deux « gus » qui m’ont tirée de ce mauvais pas font près de deux mètre de haut chacun …).
    Par contre, comme preuve que tous les hommes ne sont pas comme ça, mes amis, ces deux là et d’autres, se sont donné le mots pour ne jamais me laisser seule pendant le laps de temps dont j’aurai besoin… il m’a fallut trois semaines pour osez prendre le métro toute seule, refaire de longs trajets toute seule, … tellement j’avais eu peur, alors que, j’étais en jean t-shirt quand l’incident a eu lieu.
    Depuis, je préfère toujours prendre le bus ou le tram lorsqu’il est un peu tard, même si c’est plus long.

    Je sais que beaucoup de jeune femme n’ont pas eu la chance comme moi, d’échapper de peu à … je ne sais pas ce qu’il me serait arrivé exactement et je trouve que c’est très bien comme ça. Mais peu importe si c’est un baiser volé, une main aux fesses, sur la cuisse, sur la poitrine ou à l’extrême un viol, ça ne devrait pas arriver et, même si ça ne sert à rien de le dire, C’EST PAS JUSTE !

    Voilà, désolée de la tartine :/
    Et j’espère qu’un jour, les choses changeront.

    à pluch’

  41. #41 Marina le 11 janvier 2012 à 14 h 35 min

    Très bel article.

  42. #42 Kanarde le 11 janvier 2012 à 14 h 35 min

    Etant jeune, habitant Bruxelles et ayant une couleur de cheveux relativement visible, c’est mon quotidien.

    Des remarques, des insultes si on ne répond pas, des groupes qui te bloquent le passage, des crétins qui te suivent jusque devant ta porte, des mains au cul l’air de rien alors que tout le trottoir est libre, des mecs un peu trop collants alors que le métro est presque vide, ceux qui changent 3 fois de trottoir en même temps que toi, ceux qui te suivent à deux à l’heure en voiture tout le long de ta rue pour te proposer de monter avec eux, ceux qui te prennent pour une prostituée en pleine journée alors que tu es en jeans, ceux qui attendent devant un magasin dans lequel tu t’es réfugiée que tu ressortes pour recommencer leur cinéma. Mais aussi ceux qui t’attrapent par le poignet au passage, ou tentent de te plaquer contre le mur.

    Ca, oui, c’est mon quotidien. Qu’importe l’heure, l’endroit, ma tenue ou la météo. Je ne vais pas me priver de m’habiller comme il me plait, ce serait leur accorder une certaine importance et la victoire.

    Je garde la tête haute quand je passe, je ne regarde pas mes pieds. Je me contente parfois de dire merci, en continuant mon chemin. Je réponds, un peu trop effrontément, souvent. En général, ça les calme, ils n’ont pas l’habitude qu’on leur tienne tête. Pour l’instant, ça passe. Mais je refuse de me laisser marcher dessus, parce que j’ai une paire de seins. Et pourtant, j’adapte souvent ma tenue en fonction des stations de métro par lesquelles je passe.

    J’habite une petite commune calme de Bruxelles, même pas Schaerbeek ou Molenbeek. Et pourtant..

  43. #43 alix(bis) le 11 janvier 2012 à 14 h 43 min

    Je viens de vivre un grand moment de schizophrénie en lisant votre texte Alix ! Nous portons le même prénom et je vis depuis le début de mon adolescence avec un dégoût profond de ces hommes, souvent bien plus vieux que moi. A chacun de leur geste, parole ou regard déplacé, je me demande : « Mais tu n’as pas de mère, de soeur ou de petite amie pour agir comme ça? ». Comme vous, je n’ai jamais osé le dire à haute voix. Parce que dans ce moment là je me sens humiliée. C’est pesant cette domination masculine permanente, mais je me suis toujours dit que je ne faiblirait pas. Je veux être belle pour moi et m’habiller comme je veux. Je n’ai à me cacher de rien.

    Aujourd’hui, quand je me sens agressée par ces regards (ou la joie de l’exhibitionniste du métro ; je connais aussi), je pense à toute la douceur et le respect que me donne mon homme à moi. Et savoir qu’il existe des hommes bienveillants avec les femmes, ça permet de prendre de la destine. Un jour, j’agirai, à bout.

    Gardons une bonne estime de nous-même. C’est notre meilleure défense !

  44. #44 patounettechatte le 11 janvier 2012 à 14 h 44 min

    Alix,

    Je trouve que baisser les yeux et ne rien répondre ce n’est pas la solution !!!! Bien entendu, je ne parle pas de la situation ou tu est seule face à une bande de mecs ou seule face à un pervers à minuit, là il vaut mieux les ignorer !!! Mais en pleine rue, en plein jour ou dans le métro autant mettre la honte aux affreux !!! Et je suis d’accord une attitude fière, un regard droit et un air sûr de soi et les c…. vont voir ailleurs la plupart du temps….

  45. #45 alix(bis) le 11 janvier 2012 à 14 h 44 min

    *distance

  46. #46 patounettechatte le 11 janvier 2012 à 14 h 47 min

    Juste un remarque : Bruxelles ça m’a l’air bien « hard » pour une nana !!!

  47. #47 kiwi schtroumpfette le 11 janvier 2012 à 14 h 55 min

    Kanarde: Je suis tout à fait d’accord avec toi, je fais pareil… Et j’habite aussi une petite commune qui n’est ni Anderlecht, Molenbeek, …
    Note que, certains quartiers réputés « chauds » font partie des plus correctes. Par exemple à Matongé, je ne me suis jamais faite accostée… comme quoi, parfois les rumeurs sont fausses :)

    C’est vrai que les mecs qui t’attendent à la sortie des magasins, roulent à du deux à l’heure et qui te plaque contre un mur, t’as juste envie de les chât*er (ou alors, c’est juste moi ? :p )

    patounettechatte: Oui, mais le problème c’est que on trouve ça presque normal tellement ça fait partie du quotidien. Avant de partir un an à l’étranger, je ne savais pas que ça n’étais pas toujours comme ça.

  48. #48 Tartinobeurre le 11 janvier 2012 à 14 h 58 min

    Cet article est tout à fait d’actualité! Il n’y a qu’à voir cette histoire de journaliste prise en otage par un troupeau de mecs, qui a subit des agressions sexuelles sans que personne ne bouge. Son témoignage m’a glacé le sang…
    Le contexte n’est pas le même que les situations décrites ici, mais ces agressions ont un point commun : elles ne choquent strictement personne! comment expliquer cela? L’image de la femme qui est entretenue par les médias et les pubs de nos jours?
    En attendant, je rechigne très souvent à partir faire mon footing sans mon mec, par peur d’être importunée encore une fois… (et croyez moi, je ne cours pas en petite brassière et short!)

  49. #49 Misstiquette35 le 11 janvier 2012 à 15 h 21 min

    Merci Alix pour ce bel article…

    Il est certain que tous les hommes ne sont pas à mettre dans le sac des abrutis lourdingues mais il y en a tout de même trop. Je ne vis pas à Paris et pourtant, il arrive souvent que si je sors en jupe ou en robe un peu au dessus du genou, on me fasse des remarques du genre « j’ai un cadeau pour toi  » avec une main sur les parties génitales –

    Récemment, ma soeur de 17 ans s’est fait mettre une main aux fesses par un vieux mec de 50 ans. Elle était vraiment choquée et je ne peux que la comprendre. C’est pas normal !

  50. #50 Audrey65 le 11 janvier 2012 à 15 h 55 min

    Cela fait réfléchir ces quelques lignes. La vérité est que nous évoluons encore dans une société patriarcale.
    Je me demande quand la stupidité des hommes va cesser.

  51. #51 Doudou le 11 janvier 2012 à 16 h 16 min

    Moi, je l’avoue, je l’ai fais… Ce n’était pas bien mais j’ai littéralement craché à la figure d’un mec, dans le métro. C’était violent, comme les insultes que je lui ai dites, et je n’aurais sûrement pas dû faire ça. Mais c’était aussi la fois de trop pour moi, le « Ca te dis de me sucer ? » adressé un mauvais jour. Bien sûr que je n’aurais pas fait cela si le mec avait 2 mètres et 150 kg, ou s’il avait été accompagné d’une bande de copains. Je n’aurais pas trouvé le courage.
    Mais ce jour là, j’ai compris quelque chose. Que les « tireurs isolés » comme celui-ci se démonte très facilement. Car alors que je lui hurlais dessus, il est sorti presque en courant du métro. Bien que peu peuplé, le wagon fut très calme. Trois filles au fond m’ont applaudi, alors que la mami assise sur un strapontin m’a regardé en opinant de la tête, comme si elle me donnait son accord. Ce moment est gravé dans ma mémoire. MON DIEU, c’était libérateur !!!
    Après, il ne faut pas généraliser. Les rares fois où je me suis faite vraiment emmerdée dans le métro, j’ai pu trouvé de l’aide, à chaque fois de la part d’autres hommes. Oui parce que ça existe aussi, les hommes qui respectent les femmes, même si on a l’impression qu’il se font rare.

  52. #52 Ann le 11 janvier 2012 à 16 h 16 min

    Ce que je remarque surtout c’est que les jolis compliments que je reçois sont systématiquement le fait d’homme seuls alors que les remarques lourdingues et autres sifflets insultants sont toujours le fait de groupes (enfin, 2 mecs minimum..) Comme si il y avait un comportement social spécifiquement lié au mâle qui se déplace en troupeau; -) d’autant plus, qu’à mon avis, ils savent inconsciemment que le risque de claque en retour est une possibilité…et comme ‘ensemble on est plus forts…’

  53. #53 Little Miss Barcorde le 11 janvier 2012 à 16 h 28 min

    Audrey65: Elle cessera quand des femmes ne répondront plus positivement à ces invectives… Moi ça m’arrive, et je fais celle qui comprend rien. Par contre, on parle moins des filles qui provoquent les mecs. Un de mes amis a régulièrement des avances de gamines qui lui disent qu’elles vont lui faire des choses et tout (sur son lieu de travai), et lui il doit à chaque fois au choix leur expliquer qu’avec cette attitude elles finiront dans une ruelle avec 5 points de suture, ou bien plus simplement et plus rarement par une gifle. Je sais que ça semble macho mais tant que des femmes continueront à avoir une attitude vulgaire ou soumise aux hommes, alors pourquoi les choses changeront?

  54. #54 Agnus le 11 janvier 2012 à 16 h 36 min

    patounettechatte: Oui pour le moment ça devient franchement grave et pourtant Bruxelles st tellement belle, le problême c’est que les politiques ne font que le « ménage » dans le centre mais ils ne s’attaquent pas au vrai problême. parce que l’agression journalière faite au femmes de tous poils (c’est pas parce que tu portes un voile qu’on te laisse tranquille) n’est qu’une petite partie de ce qui se passe , certaines commune de la périphérie ont refusés la ligne de tram jusque chez eux de peur que « la racaille ne débarque parmi nous », dans certains quartiers les pompiers ou ambulanciers intervenant sur des faits réels sont canardés de pierres et doivent demander « l’autorisation » de passer au caid du coin!

    Dans certains coins de Bruxelles ont est pas loin de Banlieu 13

  55. #55 didette le 11 janvier 2012 à 17 h 31 min

    Merci Hélène d’avoir publié le post d’Alix. De mon coté, je fais la même constatation surtout que je travaille en milieu scolaire et que je peux témoigner du quotidien difficile des jeunes filles d’aujourd’hui. Le « retour du religieux » dans notre société et précisement la place accordée aux femmes dans la plupart des religions n’est pas pour faire progresser les choses, bien au contraire. Quand j’étais moi-même collégienne (au siècle dernier !!!), nous ne vivions pas du tout dans un tel rapport fille/garçon. Que s’est-il passé depuis les années 80-90 ?
    Entendu cette semaine : « t’as vu madame machin elle a mis une jupe alors qu’elle a un mari ». Voilà ! le respect de la femme passe par l’égalité homme-femme et ce dans TOUS les domaines, même si elle se ballade à poil ! (rappelons nous les actrices, et égéries de tout poil des années 60 et 70 : Bardot, Birkin, Faithfull, Pallenberg et toutes les autres)

  56. #56 claircat le 11 janvier 2012 à 17 h 45 min

    Et bien, moi, je doute. Jamais je ne prendrai la défense des imbéciles en rut, impolis et minables mais….d’un autre côté, j’avoue qu’ayant quasiment passé l’âge d’être alpaguée d’un sifflet ou d’une remarque sexuée dans la rue, je regrette parfois ce temps qui, je l’avoue, me faisait parfois sourire, parce que je prenais cela avec légèreté, juste comme l’indice d’un regard qui m’avait scrutée et trouvée attirante. Etait-ce naïf de ma part ? Peut-être sans doute.
    Quant au fameux, je me fais jolie pour moi-même avant tout, je n’ai jamais cru que cela soit totalement vrai. Certes, j’aime me plaire et me sentir à l’aise dans ma propre image, mais en toute honnêteté, je pense qu’une part de moi s’apprête également pour séduire, pas des boeufs de préférence, mais séduire.
    Bien entendu certains hommes sont des brutes épaisses, voire des êtres dangereux, mais la plupart est simplement dans sa masculinité un peu rustre, et pataude, ce qui ne veut pas dire malsain et violeur potentiel pour autant. Alors faire la part des choses ?

  57. #57 camille strass le 11 janvier 2012 à 18 h 03 min

    Marie75anne:

    Je suis un peu gênée par la présentation que tu fais du féminisme…

    Pourquoi ces femmes qui veulent s’occuper de leurs enfants et de leur conjoint seraient-elles forcément à « interpeller » ? Leur mode de vie serait-il moins valable qu’un autre ?
    Et pourquoi « interpeller » les filles qui s’interrogent sur la pilule ? Pour ma part, je l’ai prise pendant 5 ans, je le regrette aujourd’hui et je sais que je n’en veux plus. Pour des tas de raisons, la première étant que je ne veux plus me bousiller le corps avec les hormones qui m’ont filé, dans l’ordre : des nausées, des kilos, une descente en flèche de la libido, des sautes d’humeur, de l’acné et de l’urticaire. Plus un mal fou à devenir enceinte malgré une prise « limitée » (de 20 à 25 ans). Alors non merci.

    On peut aussi s’interroger sur les codes de la société moderne… et ne pas être séduit par les modèles du « féminisme conquérant » que tu évoques. Cela ne veut pas dire minimiser certains apports bien entendu.

    Le seul critère à prendre en compte, c’est celui du choix : évidemment, une femme qui choisit de ne pas travailler pour s’occuper de ses enfants, ce n’est pas la même chose qu’une femme séquestrée par son conjoint…

  58. #58 didette le 11 janvier 2012 à 18 h 09 min

    petit oubli : un livre magnifique : « femmes, manifestez-vous » de Taslima Nasreen.

  59. #59 Mlle Narcisse le 11 janvier 2012 à 18 h 42 min

    A lire ce témoignage… puis les commentaires qui lui font écho… je me dis que je vis dans une autre dimension, c’est pas possible autrement.
    J’ai avec la gente masculine des rapports charmants, joyeux, amicaux, coquins, suivant la situation, on ne m’insulte pas dans la rue, même si j’y promène une féminité très affirmée, tant dans mes formes Betty. Boop-esques, que dans mon goût pour le smocky, les jupes crayons, les talons et le vernis rouge qui claque.
    Des mains aux fesses, j’en ai peut être eux dans les transports en commun, mais je trouve ça anecdotique.. il y a des fesses masculines que je tâterais volontiers moi aussi quelquefois, ;-)
    Des jeunes
    Je ne me sens pas dégradée par les regards insistants que je suscite, je suis plutôt flattée quand un inconnu me fait un compliment dans la rue, ou s’enhardit à m’offrir un verre.
    A bientôt 40 ans, ça ne me choque pas de voir du désir dans les yeux d’un homme, même juste croisé dans les allées d’un supermarché. j’y vois le triomphe de MA féminité, de mon assurance, du fait que je suis bien dans ma peau, même avec mes défauts, et pas du tout des mâles en rut, obsédés, irrespectueux.
    Et quand je croise un bel homme, je ne boude pas mon plaisir, et le regarde, je pense, comme je peux être regardée. Il faudrait lui demander s’il le perçoit comme étant une conduite inconvenante du reste. S’il sent bon, je peux même aller à lui en faire la remarque, et c’est plutôt bien accueilli.
    Donc……..voilà…. je vis dans une contrée où les garçons et les filles ont des rapports apaisés…. et à vous lire, je trouve que j’ai bien de la chance.

  60. #60 Elte le 11 janvier 2012 à 19 h 03 min

    Je me demande d’où sortent ces garçons et ces hommes dont Alix parle et que nous avons tous malheureusement trop souvent croisés.
    Je veux dire : ils ont bien été éduqués par des femmes, non? Comment peuvent-ils être descendus si bas?

  61. #61 Hélène le 11 janvier 2012 à 19 h 07 min

    Mlle Narcisse: à te lire, je pense surtout que tu ne croises pas les mêmes hommes que nous (et heureusement pour toi !).
    Evidemment que le jeune homme bien éduqué et joli garçon qui vient vous dire, d’un air un peu timide, « je n’ai pas l’habitude de faire ça mais vous êtes vraiment trop jolie alors il fallait que je vous le dise », ça fait très plaisir.
    Sauf que c’est extrêmement minoritaire par rapport au tombereau de grossiers qui t’éructent un « ah bonjour mad’moizelle » en regardant ton cul avec les yeux qui bavent.

    Elte: oh ben oui, ils ont été éduqués par des femmes machistes, il y en a encore plein…

  62. #62 Leidjill le 11 janvier 2012 à 19 h 08 min

    Marie75anne: Je ne comprends pas trop votre (ton) commentaire dans la mesure où ce qu’Alix dénonce est un pur et simple sexisme ordinaire qu’on rencontre malheureusement trop souvent.
    Alix a su mettre les mots sur ce que beaucoup de femmes ressentent : pourquoi il serait préférable de mettre cette jupe plutot qu’une autre, pourquoi ce haut-là ? Ah oui, j’ai une paire de seins qui fait que le décolleté devient attrayant pour toute une brochette. Les propos d’Alix n’ont rien à voir avec le rÔle de la femme que tu décris : c’est un constat simple et criant de vérité dans lequel je me reconnais totalement ( se faire insulter de « sal**e » à cause d’une jupe et bien c’est douloureux: certains iront jusqu’à dire qu’il ne faut pas chercher, que ce serait être une aguicheuse,… Pourtant ce jour-là je n’ai rien dit, rien montré qui aurait pu être compris comme de la séduction ou une « attaque ». Ce qui était encore plus douloureux, c’était de se rendre compte qu’il valait mieux fermer sa bouche et tracer sa route plutÔt que de leur rétorquer ce que je pensais au risque de je-ne-sais-quoi).

    C’est au-delà du « simple sexisme ordinaire » dont je parlais plus haut. L’image de la femme reste celle de la douce et angélique personne qui doit forcément être propre sur elle : un homme qui matte une femme -> c’est ordinaire, même si ça se voit, personne ne fait de remarque outre mesure. Par contre, une femme ferait la même chose, tout de suite, ça interpelle.
    Mais au-delà de cette inégalité barbante, ces réflexions, ces regards libidineux, ces insultes : c’est usant, navrant, énervant mais surtout humiliant. Humiliant parce qu’on a peur de ce qui pourrait se passer si l’on rétorque. Humiliant parce que ce qu’on souhaiterais lui lancer à la tronche reste coincé dans la gorge et qu’on accepte par dépit cette situation. C’est humiliant de se dire qu’on est vu comme tel.

    Les avancées dans le cause féministe sont grandes (malgré le retard notable de la France par rapport à des pays comme l’Islande ! Mais bon… on a déjà ça !) : la parité au travail (bon, c’est en chemin… la promenade n’est pas rapide, mais on est dessus ! ^^), dans le foyer,… Mais faire avancer les mentalités sur le respect d’autrui qu’importe son sexe ou son genre, et beh y’a encore du boulot !

    Encore une fois, merci pour cet article qui m’a fait très chaud au coeur et qui, avec les autres commentaires, m’ont rappelé que je n’étais pas seule !
    PS : Ouais… mon « O » se le joue kikOOlOl, il est coincé… Du coup, je copie-colle des « o »…

  63. #63 camille strass le 11 janvier 2012 à 19 h 10 min

    Hélène:

    ‘les yeux qui bavent », c’est exactement ça :)

    bon moi j’ai eu de la chance aussi jusqu’à présent, je n’ai que deux-trois gros relous au compteur depuis que je vis à Paris, soit dix ans. C’est toujours deux-trois de trop, me direz-vous…

    Le reste, c’est plutôt des « vous êtes charmante », qui font toujours plaisir, effectivement.

  64. #64 Hélène le 11 janvier 2012 à 19 h 15 min

    Leidjill: parfois j’ai envie d’aller vivre en Suède ou en Norvège rien que pour ça (sauf que je me suiciderai plus vite à cause du manque de lumière qu’à cause des connards ;-)))

    camille strass: je vais faire la rabat-oije de service, mais même le « vous êtes charmante » peut-être odieux, selon le ton…

  65. #65 lechatmaya le 11 janvier 2012 à 19 h 41 min

    ah si vous saviez comme quelque part ça me fait du bien et du mal de lire ce texte.
    Du bien parce que je me sens moins seule, j’ai bientôt 24 ans et je me sens bien perdue face à tout cela car en effet certains « intellectuels » aiment à penser que si tu dis mal vivre les regards salassent des hommes c’est que forcément tu es imbu de ta personne et tout les adjectifs qui vont avec.

    Du mal parce que j’en viens à avoir un profond dégout pour les hommes, et je ne suis pas seule dans ce cas, ma meilleure amie qui ne vie pas à côté de chez moi (comme quoi ce n’est pas selon les région n’est ce pas) commence à ressentir la même chose. Ils m’inspirent tant de gênes, de honte, je me sens si salie par ces hommes qu’il est probable que, si je venais à ne plus être avec mon conjoint, je me mette avec une femme.
    Avant je ne tenais pas tellement compte de tout cela mais depuis quelques années je le vit si mal pourtant Dieu sait que j’ai l’habitude! Corps de femme bien trop tôt, à 13 ans les hommes me regardaient déjà comme une éventuelle partenaire sexuelle!
    Aujourd’hui, même avec mon ami dans la rue certains hommes ne se gênent pas pour regarder et pourtant j’ai changé de style vestimentaire, les décolletés c’est finit!
    Mon ami a déjà faillie se battre quelques fois pour ce genre d’attitude alors je souffre encore plus de cette condition, de ces hommes si dégueulasses sans gênes sans courtoisie, sans éducation, sans charme.

    parce que oui leur technique de drague en plus…comme dirait Anthony Kavanagh (dsl si j’ai écorché son nom) ces hommes pensent que nous allons être happées par ces champs de sirènes…

    BREF!

    Et Elete, il y a des femmes qui se soumettent à leur mari devant leurs enfants, elles passent pour des boniches et n’inculque pas l’égalité des sexes à ceux ci. Je suis déjà sortie avec un garçon (pas longtemps lol)qui était attiré par mon tempérament et mon répondant, mais quand nous sommes sortie ensemble il attendait que je fasse tout, au point que nous n’avons jamais réussi à avoir de rapport sexuels parce qu’il se mettait sur le dos les mains derrière la tête et c’est tout!

    Pour finir je dirais que j’ai été élevée avec une mère au foyer et un père qui travaillait beaucoup, nous savions qui faisait tourner la boutique, et ce qu’il attendait de ma mère (pour moi femme au foyer c’est un vrai boulot!), pourtant il a toujours été intransigeant sur l’irrespect qu’on aurait pu manifester envers ma mère. En exemple, nous devions attendre qu’elle ai servit tout le monde ainsi qu’elle, pour commencer à manger. C’est un petit exemple mais au quotidien chaque petites choses apportent leur lot de bien être ou non.

  66. #66 Belldandy le 11 janvier 2012 à 21 h 02 min

    Alix, bravo pour ton cri, il faut parler de ces situations que la plupart d’entre nous connaissent trop bien… J’aimerais tellement que ce sujet ne soit plus d’actualité… :)

    Comme je dis toujours, en principe je pourrais bien me promener à poil que rien ne devrait m’arriver, et pourtant, tout m’arriverait, pas à cause de la nudité, mais parce que je suis une femme…
    On nous dépossède de notre droit au corps, à la sensualité, au plaisir… Le fait d’être non-accompagnée par un homme dans la rue fait automatiquement de nous des êtres sales et dégradés pour certains… Nous ne sommes toujours pas des gens, hélas…

    dRine: Je vois ce que tu veux dire avec les lieux (ou les heures) où le lourdingue pullule plus qu’ailleurs, mais ce n’est pas à nous de nous vêtir autrement ou de nous interdire la rue pour les éviter !
    Quand tu dis qu’il y a plein d’endroit dans le monde où ce n’est pas comme ça, je ne suis pas tout à fait d’accord, s’il y a bien une communauté opprimée, rabaissée et sous-estimée de par le monde et à toutes les époques, c’est bien la communauté féminine, et ça n’a rien à voir avec le fait que (encore heureux) tous les hommes ne soient pas des porcs !
    C’est d’incivilité et de violence banalisée qui existe partout et sous bien des formes qu’il est question ici je crois…
    (Je précise que je réagis à ce que tu dis pour discuter hein, comme on peut pas mettre le ton à l’écrit, tout ça est dit sur le ton de la causette tranquille, n’y voit surtout aucune intention agressive ou désagréable à ton égard, je m’en voudrais :)

    Marie75anne: Ben, j’avais pas trop l’impression qu’Alix geignait moi ! :)) Au contraire, pointer du doigt les agissements intolérables et quotidiens dont la femme est victime ça me paraît plutôt fondamental comme engagement féministe… Par ailleurs, je suis parfaitement d’accord avec beaucoup des points de « lutte » que tu cites, mais je comprends mal le fait de les dissocier de la relation « hyper sexuée » (mais je veux bien qu’on m’explique hein, des fois je suis con moi :)) Ceci dit je trouve ça assez triste de se dire que l’arrivée d’un âge qui attire moins ce genre de réactions devrait être vécu comme une délivrance…

    Elda: Je crois que tu évoques en effet ce qui, véritablement, retiens la plupart d’entre nous de nous rebiffer, c’est la peur du pire, la peur du viol, comme quoi au détour d’une phrase que certains peuvent trouver anodine, plane quand même une menace que l’on ressent et qui nous muselle…

    Mimine: Moi aussi je me suis souvent fait ce genre de remarque au sujet d’une nénette gloussante, et comme toi je m’en suis voulu. On ne peut pas demander à chaque femme d’être le modèle de sa communauté, sinon c’est nier même le statut d’individu à part entière qu’on revendique… (mais c’est agaçant quand même ! :))

    Tamara: Ben moi si on me fait un compliment gentil ou si on me draguouille un peu courtoisement y a pas de souci hein, je réponds non gentiment et je dis merci, bonne journée… Je crois que ce genre de cas n’est pas du tout le sujet d’Alix… De plus je crains bien que si la violence décide de pénétrer ton monde, elle le fera contrairement à ce que tu as l’air de penser, je suis ravie que tu te sentes protégée, tant mieux et que ça dure, vraiment, mais il faut comprendre aussi ce qu’est la peur physique derrière ces situations je pense :)

    kiwi schtroumpfette: Mon Dieu, ma pauvre, ce que tu racontes est épouvantable… tristement pas étonnant… mais pfffff, je compatis :)

    Kanarde: Je comprends, j’ai connu exactement tout pareil, c’est épuisant :)

    claircat: Ben moi j’dis que c’est pas tellement à nous de la faire la part des choses, je pense que toutes les filles font bien la différence entre une gentille remarque et une agression, non ? :)

    camille strass: Je suis d’accord avec ce que tu dis sur les choix individuels :)

    Je remarque que beaucoup de commentaires font état des tactiques que beaucoup d’entre nous emploient, moi la première… Oui nous pensons parfois nos tenues pour passer inaperçues, oui nous marchons vite, d’une démarche conditionnée dès l’adolescence à garder le cul droit malgré le mouvement naturel de nos hanches; oui nous baissons les yeux pour ne pas « appeler les regards » et oui en dernier recours nous réagissons fièrement, comme nous le pouvons, mais rentrons la peur au ventre… Ce qui me déprime le plus je crois, c’est que tout cela soit donné comme une « recette » pour que ça aille mieux… Est-ce vraiment ce à quoi nous devrons nous condamner pour toujours ?

    Je suis désolée, j’ai été extrêmement longue et pas forcément constructive ou très claire, mais c’est un sujet qui m’intéresse énormément et qui me tient à coeur… :)

  67. #67 Hélène le 11 janvier 2012 à 21 h 23 min

    Belldandy: bien sûr que si tu as été claire et constructive, tu l’es toujours.
    Et comme toi je trouve terrible qu’on en vienne à trouver des « recettes » pour se faire moins agresser verbalement (notons que le port du tchador est l’ultime de ces recettes, et que quand certaines parlent du fameux « jean-tee shirt » avec lequel on devrait avoir la paix, on n’en est hélas pas loin).

  68. #68 Amal le 11 janvier 2012 à 21 h 31 min

    Je découvre ce post ce soir et je ne peux que montrer mon accord. On a l’impression que ce que tu dis, tombe sous le sens et finalement non ! Si t’as besoin de le re-dire le 11 janvier 2012, c’est bien que le bât-blesse.
    Et quand on entend certaines personnes, dire qu’on devrait être contente d’être convoitée comme cela, j’ai envie de crier « au secours ».

    En tous les cas, MERCI Alix pour ces mots.

  69. #69 Auroreilone le 11 janvier 2012 à 21 h 43 min

    Juste merci …………..

  70. #70 Céline le 11 janvier 2012 à 21 h 49 min

    Merci à Alix pour ce texte divinement bien écrit, qui vient me rappeler un des pourquoi j’ai quitté la France. En effet, ce n’est plus un pays où l’on est libre de s’habiller comme on le souhaite quand on est une femme. Il faut désormais prendre ses précautions, ne pas sortir trop maquillée, ni s’habiller de façon trop osée, encore moins porter sur soi des objets de valeur afin de ne pas attirer l’attention. Bref, il faudrait presque se cacher pour éviter de se faire insulter. J’ai fait mes études à Perpignan et ai eu maintes fois l’occasion de me faire apostropher, insulter, toucher presque même frapper. Tant est si bien qu’il faudrait presque en arriver à se barricader chez soi à la tombée de la nuit. Sortir seule la journée devient risqué, quant au soir, n’en parlons même plus. En somme, on en arriverait presque à dire qu’on a de la chance de ne pas encore s’être fait violer, car évidemment, c’est nous les fautives, nous les avons provoqués, encore devrait-on leur dire merci de nous avoir épargnées.

    MARRE DE DEVOIR FERMER SA GUEULE POUR SAUVER SA PEAU DE FEMME HUMILIEE. Car riposter n’est pas conseillé, ce serait de l’inconscience! Ou de sortir armée????!!! —-> Mais où va le monde???

    Tout ça à cause d’hommes à qui l’on n’a pas appris le respect. Rester et subir… ou partir, c’est ce que j’ai fait (ce n’est bien évidemment pas la seule raison, mais l’aspect sécurité est devenu primordial pour moi). Je vis désormais depuis 3 ans en Allemagne et JE RESPIRE!!! Je peux me balader sans crainte d’être emm****** , je prends le métro en journée comme en soirée et je me sens libre. Libre de porter mes sacs Vuitton, ma passion de toujours, sans craindre de se les faire piquer, libre de mettre mes talons hauts sans me faire immédiatement traiter de p***, je suis même heureuse de porter des jupes! Bref, je revis, c’est une bouffée d’air frais. Ici, on est poli, on respecte son voisin, ainsi que les biens qui lui appartiennent. Certes, cela fait appel à un sentiment d’individualisme qui peut être critiquable, mais au moins les notions de respect et de dignité sont respectés.

    Certes, il arrive bien sûr de temps en temps de se faire mater de façon insistante (les hommes restent des hommes :-)), de tomber sur des gars un peu lourds, mais jamais de se faire siffler comme un clebs. Du moins je ne l’ai jamais vécu jusqu’ici (il ne faut jamais dire « jamais »…) Ici je peux vivre pleinement ma féminité et ça, ça n’a pas de prix. Malheureusement (histoire d’apposer une touche négative à ce commentaire) nous ne serons plus à l’abri ici non plus dans un avenir proche, la dégradation des valeurs morales étant un phénomène qui se propage à vitesse grand V dans notre monde occidental… Alors profitons-en tant qu’il est encore temps.

    Et merci Hélène pour avoir publié cet article, ce fut l’occasion pour moi de rédiger mon premier post sur ton blog (mais certainement pas le dernier..:-)..)

  71. #71 lunelo le 11 janvier 2012 à 22 h 08 min

    Pour leur repondre?
    http://www.youtube.com/watch?v=bHLl7G7opMo&feature=relmfu

  72. #72 Mademoiselle Ruth le 11 janvier 2012 à 22 h 08 min

    Quand un homme me parle grossièrement dans la rue ou dans le métro, je suis aussi vulgaire que lui, voire plus…et en général, ça le calme!

  73. #73 Volte le 11 janvier 2012 à 22 h 35 min

    Merci pour cet article.
    Je pense qu’on en a toute vécu un petit bout, au moins.
    Je ne pense pas non plus que tous les hommes soient des sal****, par contre, une chose est sure c’est qu’il faut surtout communiquer vers les « biens » qui ne se rendent pas compte de notre quotidien.
    Il n’y a pas si longtemps, j’étais dans le métro avec mon copain. Des filles commencent à se faire interpeler, le ton monte. Même si les garçons étaient à distance, j’ai demandé à mon copain de réagir, et pour lui ce n’était pas « évident ».
    J’ai donc pu avoir une discussion avec lui et lui expliquer ce que j’attendais de lui ou des hommes « normaux » dans ce genre de situation, même s’il n’y avait pas de heurt physique.

  74. #74 wonder_daphne le 11 janvier 2012 à 22 h 46 min

    Je ne poste pas souvent, bien que j’adore se blog.
    Mais merci pour se témoignage. J’avou m’être inventé un petit ami aujourd’hui pour qu’un mec me laisse tranquil et en te lisant j’ai un peu honte!

  75. #75 Cécile le 11 janvier 2012 à 23 h 39 min

    C’est dingue, non seulement je me suis retrouvée à 100% dans les lignes qu’a écrites Alix mais en plus je m’aperçois que je ne suis pas la seule à me faire traiter comme un morceau de viande, à être draguer de façon lourde voir malsaine ! Et surtout je m’aperçois que je ne suis pas la seule à en souffir au quotidien.

    Puisque j’y suis, je voudrais raconter ma petite histoire. Je suis dotée (par chance ? par malheur ?) de très longues jambes bien proportionnées (pas les jambes-bâton des mannequins) et de fesses rondes. Quand je suis rentrée à la FAC, j’ai pris conscience de mon physique, j’ai jeté mes vieilles fringues de lycéene gothique et j’ai enfilé des petites robes et des slim. Au début je ne me rendais pas compte que la majorité des mecs ( du genre lourdingue) me regardaient avec insistance surtout au niveau de mes jambes et de mes fesses. J’ai eu le déclic le jour où un mec m’a dit « salut jolies jambes on peut discuter ». J’ai commencé à me renfermer sur moi-même, maintenant je ne mets plus que des jeans normaux et des converses (pas de talons qui allongent encore plus la silhouette !) , je mets des longs manteaux et des longs gilets pour me cacher au maximum pour être tranquille dans la rue. J’ai troqué jupes, robes, slim, escarpins contre un peu de tranquillité dans le metro.
    Et bien, croyez le ou non mais j’en souffre parce que je suis une fille assez coquette à la base. Mon homme (avec qui je suis depuis quelque années) ne comprend pas pourquoi je me cache comme ça et il voudrait que je me fasse belle et que je sois élégante mais je n’y arrive pas car dès qu’un regard se pose sur moi je me sens coupable, j’ai l’impression que si le type me regarde de façon malsaine c’est parce que c’est moi qui l’aie tenté etc…. et je culpabilise. Et dans ces cas là, je n’ai qu’une envie, m’enfouir sous mes couvertures pour me cacher et ne plus être regardée de façon malsaine comme si je n’étais qu’une paire de jambes prêtes à s’ouvrir.

    ça me fais du bien d’exorciser un peu, c’est un sentiment dont je ne parle jamais.

  76. #76 Ire le 12 janvier 2012 à 0 h 15 min

    Un article qui me touche et des commentaires qui me font bondir !!!
    Personnellement, quand j’étais étudiante j’habitais une ville de 55 000 habitants loin de la Capitale et des hommes qui sifflent, ou font des bruits « étranges » quand une fille passe j’en croisais aussi… Ce n’est donc pas forcément un phénomène parisien et encore moins dirigé seulement vers les femmes en mini-jupe, la preuve: je travaillais pour une chaine de magasins de vente d’articles sportifs et un soir, en sortant les poubelles (en uniforme composé de jean-sweet bleu xl horrible et gilet bleu xxl encore plus horrible) j’ai pris une claque parce que je n’ai mal répondu à un type qui avec ses copains m’a dit le fameux « tu suces? ». Je n’ai ni le corps, ni le visage d’une Miss Monde, je n’était pas en tenue « provocante » loin de là et pourtant… Depuis (5 ans aprés9) je suis terrorisée à chaque fois qu’un homme que je ne connais pas me parle dans la rue, meme si c’est pour me demander l’heure….
    Depuis je baisse les yeux, je me tais et j’ai peur… Meme si je vis dans une petite ville et que je ne porte jamais de jupes !

  77. #77 lauren le 12 janvier 2012 à 0 h 20 min

    Comme je te comprends Alix! A Bruxelles c’est pas mieux, dès que tu mets le pied dans un métro ou que tu te balades seule le soir c’est obligé qu’un gros lourdingue t’aborde. Pas toujours de manière violente (je ne me suis jamais fait agressée physiquement) mais toujours de manière à faire quand même peur et à ce que la fois d’après t’y penses à deux fois avant de sortir de chez toi… Les filles, il faut aller vivre en Norvège, j’ai y vécu un mois et j’y retourne pour quelques mois l’année prochaine. C’est fou comme là-bas JAMAIS un mec n’aurait l’idée d’agresser verbalement une fille qui passe dans la rue. Et mêmes dans les boites, JAMAIS un mec ne se colle derrière une fille comme une gros obsédé pendant qu’elle danse tranquillement, tout se passe gentiment et cordialement (« veux-tu danser avec moi » par exemple ;-)) Bref la France et la Belgique ont encore beaucoup de progrès à faire…
    Merci pour cet article!
    P: Hélène: le manque de lumière c’est seulement pendant les 3 mois d’hiver, en été il fait soleil jusqu’à minuit ;-))

  78. #78 Harmonie le 12 janvier 2012 à 0 h 34 min

    Et c’est dans ses moments la que je suis heureuse de vivre sur mon ile …
    On a encore la chance d’etre protégé de tout ça malgrès que les hommes soient assez macho ici, mais les pervers et leurs mains balladeuses seraient vite repéré … ils seraient tous manchots…

  79. #79 Vé. le 12 janvier 2012 à 0 h 58 min

    Tout est dit.
    Merci pour ce texte.

    P.S.: Et malheureusement,- j’ai lu quelque part le coup du « jean-tee shirt »-, ça ne suffit pas. Une de mes amies s’est déjà fait agressée deux fois dans le rer, alors qu’elle portit un vieux pantalon large tout pourri, même pas son tailleur de comm’… Comme quoi…

  80. #80 Mannick le 12 janvier 2012 à 1 h 52 min

    Bonsoir Alix, les filles, Hélène !

    Ton témoignage tombe très bien si je puis dire Alix.

    Il y a quelques semaines, ma petite belle-fille (amie de mon fiston) qui vit à Paris intra-muros, dans un quartier plutôt sympa (pardon je suis en Province alors je trouve ce quartier sympa mais je peux me tromper ;), ma belle-fille, petit bout de femme de 1m60, 48 kgs toute mouillée, sortait du boulot comme chaque jour, prenait son métro pour rentrer comme chaque jour, donc en décembre il fait froid, nuit, elle était vêtue comme à son habitude d’un jean, d’un pull, mais surtout d’une doudoune, d’une grosse écharpe enroulée en trois tours autour du cou, et de boots… elle s’est faite apostropher, puis suivre, puis carrément interpellée vulgairement, et comme elle filait sans regarder ailleurs que devant elle, le type l’a rattrapée et dépassée, la suite a pu être évitée par l’arrivée opportune d’un passant … il était 20h et quelques…

    Cette petite jeune femme, volontaire, éminemment féministe, têtue, très jolie certes, mais surtout pas racoleuse pour un sou, a failli être agressée en plein Paris, dans le 8è arrondissement en sortant d’une station de métro et je vois que sa tenue vestimentaire on ne peut plus « camouflage » pour cause de froid n’a pas empêché un abruti de la harceler… alors mini-jupe, short, jean, robe longue, doudoune ou pas, écharpe ou bonnet, top ou pull, rien ne change, il faut arrêter de penser et dire que les filles, les femmes sont des allumeuses, des aguicheuses, et ton histoire, celle de G. ma belle-fille, montrent bien que c’est encore et toujours le cas !

    J’ai passé la cinquantaine de deux ans… quelqu’une disait plus haut qu’ avec l’âge cela passait, oui sans doute, c’est vrai, que cela s’atténue mais faut-il attendre d’avoir 80 ans ou plus pour que cela cesse… et encore, après 80 ans, ce sont les sacs des dames qui sont visés, donc elles toujours, sous une autre forme, quelque part !

    Quelqu’une parlait de déménager, là je proteste avec véhémence, la capitale et autre grande métropole française vont donc devoir se vider de toute habitante féminine ??? Et où peuvent donc être en sécurité les femmes ? même plus le dimanche matin en faisant leur jogging puisque même là, on les agresse, voire pire !

    Il semblerait que le respect de la femme, la parité, l’égalité fasse de grands bonds en arrière en ces temps perturbés. J’avais 20 ans en 78. Il me semblait que cela allait changer et même que cela changeait… alors pourquoi ce retour de manivelle ces dernières années ?

    Merci Alix, de ton témoignage que je ferai lire sois en certaine …

    Juste préciser, car j’en ai la certitude malgré tout, et quelqu’un le disait dans les comms, tous les hommes ne sont heureusement pas comme cela !!! Tu as raison de te battre, de penser comme tu penses, de tracer ton chemin, c’est cela l’essentiel, et j’espère qu’un jour viendra je ne sais pas quand, ni si je le verrai, où enfin une femme pourra être ce qu’elle doit être, elle-même sans avoir à redouter les sarcasmes vulgaires, les insultes glauques, ou les insinuations vicelardes de sales types dans la rue ou autre lieu publique.

    Merci Hélène d’offrir cette tribune à tes lectrices !

  81. #81 Mannick le 12 janvier 2012 à 1 h 56 min

    Mannick: pardon j’ai écrit « lieu publique » la honte, il faut lire évidemment « lieu public »… sorry c’est mon côté pauvre maniaque qui me fait rectifier ;)

  82. #82 Sarah le 12 janvier 2012 à 2 h 23 min

    Je félicite ce texte. Ne rien dire c’est accepter.

  83. #83 poupée polnaise du canada le 12 janvier 2012 à 4 h 35 min

    wow, voila un texte qui me touche car je l’ai vecu aussi pendant 3 années d’études a Paris…je crois qu’aucune de mes amies parisiennes ne connaissent la couleur de mes jambes ! Mais ici a Montreéal, j,ai trouvé ma ville ! Pas de ca ici, des hommes respectueux (en 3 ans, draguée deux fois et par des français), c’est meme les nanas qui draguent ici. Faut pas non plus faire une generalité, des frustrés sexuels y en a partout, mais pour celles qui veulent trouver une ville agreable a vivre sans ce genre de mecs, bienvenue !!!!!

  84. #84 tatite le 12 janvier 2012 à 5 h 54 min

    Je suis d’accord sur le fait que certains pays ne connaissent presque pas ce probleme, parfois j’ai honte pour la France. Ce probleme n’existe pas à Pékin ou je vis, tout simplement parce que dans la culture deja, les hommes draguent peu, et quand on est une etrangere, ils vous parlent juste gentiment s’ils connaissent un peu d’Anglais et c’est tout. Sans aller aussi loin, une de mes amies installlee en Allemagne, qui a grandi dans le 93, « revit » depuis qu’elle y est, porte des talons,etc, la-bas elle ne se fera jamais embeter. En Autriche ou j’ai passé quelques mois, c’est pareil. En Angleterre ou j’ai vécu un an, encore mieux, vous avez deja vu toutes les filles en minijupe à Londres ? A Paris, c’est « au secours » deja juste avec une jupe au genou. Je ne voulais pas raconter tous mes demenagements mais juste dire que oui, apres avoir été à l’etranger, on peut comparer, et la situation en France (surtout Paris et banlieue, pour parler de ce que je connais) est pitoyable. Le problème aussi est que nous en parlons entre nous mais qui a deja abordé la question de la securite des femmes dans les transports chez les politiques ?? Dans certaines grandes villes du monde, il y a un metro separé hommes et femmes à cause de ces pbs. Quelqu’un l’avait evoqué en France, cela avait fait un tollé et on a dit « non mais nous, on n’a pas ces problemes, on est en France et en democratie donc on ne separe pas les gens selon le sexe ». Messieurs les politiciens en effet, vous ne prenez jamais le metro.

  85. #85 pauma le 12 janvier 2012 à 8 h 14 min

    Un petit commentaire de plus, sur ce sujet qui nous fait toute réagir ( comment pourrait-il en être autrement?). Je suis d’accord avec plusieurs choses qui ont été dites plus haut: non, le jean-Tshirt ne protège de rien, ces butors ne s’adressent pas à nous parce que nous sommes jolies, ou habillées sexy, ou jeunes ect. Je pense qu’il se comportent comme cela parce qu’ils sont misérables, n’ont pas de vie sexuelle ( ou alors tarifée, ou imposée), ils se sentent diminués parce qu’incapables d’avoir une relation « normale » avec une fille. A qui la faute? Je n’en sais rien, basiquement à leur connerie, à leur milieu, leur éducation. Ma solution à moi, c’est le mépris le + total, depuis toujours, style « la crotte de pigeon n’atteint pas la blanche colombe ». Leur répondre c’est déjà leur accorder trop d’importance, et c’est surtout dangereux quand on est seule, on peut carrément se faire tabasser.
    Je finirai en disant que, Dieu merci, tous les hommes ne sont pas comme cela. ceux dont on parle ici relèvent de la catégorie Cro-Magnon, incroyablement bourrins et stupides de façon abyssale. Relevez votre regard et laissez la crotte sur le trottoir.

  86. #86 marj le 12 janvier 2012 à 9 h 04 min

    Bonjour les filles,

    Ce texte parle à beaucoup d’entre nous, avec chacunes ses propres expériences.
    Mon expérience est un peu différente, je travaille dans un milieu plutôt masculin, et il m’arrive fréquemment de faire des livraisons avec mon petit camion.
    Je ne sais pas ce que l’image d’une femme au volant d’un camion peut donner comme mauvaise idée… Mais le nombre de fois ou je me suis fais suivre sur l’autoroute à ne pas oser s’arrêter sur une aire d’autoroute de peur que la personne (celle qui vous reluque en vous doublant puis ralenti afin qu’on le double à nouveau et recommence) s’arrête elle aussi.
    Je me suis parfois arrêtée, parce que je voulais prouver que tout cela me passait au dessus, que je ne me laisserai pas impressionner par ces tordus…Mais quand après le « pipi » tu vois le gars qui t’attends avec son sourire sournois et son oeil torve…. Ben tu prends les jambes à ton cou et tu files!

  87. #87 misschic le 12 janvier 2012 à 9 h 04 min

    Oui tout comme le fait que l’expression « ‘être maquée » soit passée dans le langage courant.

  88. #88 Lamimine le 12 janvier 2012 à 9 h 09 min

    Hello les filles !
    Merci Alix pour ton commentaire… tellement vrai…
    Je suis partie vivre à Casablanca après 10 années passées à Paris… et c’est 10 fois pire (la semaine dernière, y a un gars qui m’a suivie en bagnole pendant 5 minutes alors que je marchais sur le trottoir en me disant de monter !!). A te dégouter de sortir dans la rue parfois (souvent)
    Bref, comme tu dis ce n’est pas toujours évident de répliquer, mais quand c’est possible, j’essaye… l’aspect positif ici c’est qu’ils n’iront pas jusqu’à la violence physique donc ça laisse une petite marge pour répondre…

  89. #89 Sita le 12 janvier 2012 à 9 h 45 min

    Je commente rarement, mais pour avoir moi-même eu les mêmes exactes pensées, je me dois de laisser un petit signe d’assentiment…. C’est très bien exprimé, et de savoir que d’autres personnes ne sont pas prêtes non plus à se laisser faire me remplit d’espoir.

  90. #90 Grouick le 12 janvier 2012 à 10 h 22 min

    A celles qui, sous prétexte de parité et de sentiment de liberté des moeurs, croient que la Scandinavie est peuplée de mâles respectueux, je tiens quand-même à préciser que dans les « pays du Nord » il y a aussi beaucoup de taboos et donc de non-dits. Certes il faut pousser très loin le bouchon pour récolter ne serait-ce qu´un début de rictus ou de réflexion libidineuse, mais la femme reste une proie potentielle là-bas aussi. Je tiens à signaler que nombre de ces hommes scandinaves sont de grands inhibés (ce n´est pas pour rien qu´ils picolent les vendredi et samedi soirs, pour se libérer), avec donc dérapages potentiels. Et dans le petit pays qu´on appelle la Finlande (où je réside), où le politiquement correct veut qu´on soit tous bien évidemment égaux, gentils et intelligents avec plein d´allocations et d´aides pour tous et tout et tout et tout va bien Madame la Marquise, et où les messieurs ont appris à tenir la porte aux dames, il y a encore pas mal d´ours, et le pays détient un triste record en matière de violence domestique.

  91. #91 Hélène le 12 janvier 2012 à 10 h 22 min

    Cécile: c’est hélas comme ça qu’on arrive à faire porter des burqa à des femmes : en leur faisant croire que ce sont elles les coupables si certains mecs n’ont pas le cerveau au même endroit que nous…
    Je ne dis évidemment pas ça contre toi, moi aussi je fais attention à ce que je porte selon les endroits où je vais et aux transports que j’emprunte, mais l’idée générale est là, et c’est flippant.

    lauren: les pays scandinaves sont les seuls pays évolués au monde pour ce qui concerne le statut de la femme.

    Mannick: oui dieu merci tous les hommes ne sont pas comme ça, seuls ceux sous-éduqués, ou de de certaines catégories socio-culturelles.

    poupée polonaise du canada: yep dans les pays anglo-saxons on a clairement plus la paix, y’a qu’à voir comme on peut se trimbaler habillée strictement n’importe comment un samedi soir à Londres sans que personne vous jette même un regard (quand je pense que certaines filles s’en plaignent, ça me dépasse complètement).

    tatite: je ne suis pas sûre que la ségrégation soit une solution, en revanche je plussoie tout sur l’Allemagne et l’Angleterre.

    misschic: mon dieu, tu as raison, je n’avais pas fait le lien !

    Lamimine: plus on va vers le sud, plus le statut de la femme est merdique, en général.

  92. #92 Grouick le 12 janvier 2012 à 10 h 29 min

    Et cette semaine je me suis retrouvée dans une situation un peu gênante face à un nouveau collègue, trop tactile à mon goût, et pourtant ici il fait -5C donc a priori c´est pas la saison des vêtements lègers, et je suis en « surpoids voyant ». Lá encore, on reste polie et on laisse le bénéfice du doute et on se laisse marcher sur les pieds en se promettant que dès qu´on le recroisera et qu´il nous tapotera le bras ou le dos on le recadrera direct. Pourquoi restons-nous passives sous prétexte de ne pas passer pour une « poissonnière »? Pourquoi on se dit le plus souvent qu´on extrapole, que peut-être qu´on est trop coincée, ou qu´on envoie des ondes… ?

  93. #93 Meryl le 12 janvier 2012 à 10 h 30 min

    Je comprends que ce que tu vis est insupportable, même si je n’ai jamais vraiment été confrontée à ça, et je ne suis pas capable de dire pourquoi, ( j’ai vécu dans des « grandes villes à métro » et des petites villes pénardes, je ne suis pas trop moche, et si ce que tu décris m’est arrivé 2 fois en trente ans, c’est bien le maximum ) Du coup depuis tout à l’heure je cherche à comprendre pourquoi et je ne trouve pas.
    Ceci dit, je ne suis pas d’accord sur tout car je trouve que les choses changent. Évidemment que l’égalité des sexes est loin d’être gagnée dans beaucoup de domaines. Mais au niveau relations de couples par exemple, si il y a plusieurs générations les femmes étaient un peu soumises au bon vouloir de leur mari (par exemple à l’époque c’était plutôt les maris qui trompaient leurs femmes) la tendance est lentement entrain de se bouleverser, les femmes prennent leurs libertés aussi et assument leurs envies. Et dans le domaine professionnel, même si, je le répète, l’égalité des sexes est loin d’être gagnée, je trouve que les femmes se font de plus en plus respecter, c’est du moins ce que je ressens avec ma propre expérience, ce qui n’exclut pas bien sur des exceptions, des mauvaises expériences que certaines femmes peuvent vivre. (On trouvera toujours des contre-exemples mais ça ne change pas le fait qu’il y a une vraie évolution). Courage Alix, il y a des tonnes d’hommes bien, et je suis certaine que les loosers que tu croises régulièrement sur ton chemin sont une minorité, ( en voie de disparition, grâce aux filles de plus en plus nombreuses qui, comme toi, ont le courage de s’opposer à ça)

  94. #94 patounettechatte le 12 janvier 2012 à 10 h 42 min

    Depuis hier je continue de lire et je me dit que j’ai de la chance en fait !!! Si je peut être fière, lever ma tête et toiser les « relous » c’est juste que j’ai la chance de vivre dans une ville bourgeoise et tranquille !!! Je vais même courir à la nuit tombée bien tranquille !!!! Mais à Parix ou Bruxelles ça n’a pas l’air d’être le cas….. ça fait peur et peut-être que l’on ne sera plus tranquilles longtemps même ici….. (aix en provence).

  95. #95 Anne-Clotilde le 12 janvier 2012 à 10 h 50 min

    C’est là que je vois que j’ai vieilli : je ne suis plus dérangée comme je l’étais plus jeune. Bon, comme je me balade souvent avec fiston à la main (l’arme anti-drague absolue !), c’est peut-être lié à ça aussi.

    Les femmes ont toujours eu à faire face à ce genre de comportement. Moi, j’y réagissais mal, c’est-à-dire que j’en souffrais : je rougissais, j’avais honte, je voulais disparaître sous terre. Et puis, j’ai appris à y répondre. La première fois, j’ai dit d’une voix neutre « c’est flatteur mais je suis très heureuse avec mon mec. ». Le type n’a pas perdu la face et ça s’est arrêté là. J’ai entendu une femme dans le métro dire d’une voix claire à son voisin : « Retirez votre main, je n’en veux pas sur ma jambe ». Et comme c’était dit d’un ton qui ne souffrait pas de réplique et assez fort pour que l’on soit tous témoins, ça a fonctionné.

    Faut comprendre aussi les gens autour : personne n’a envie d’être mêlé à une bagarre, mais la foule est curieuse. Les têtes se sont retournées pour examiner celle du mec à la main baladeuse. Ne pas rester à subir en silence et surtout sans que personne ne sache qu’il y a un problème, c’est là le danger.

    Après c’est aussi une question de bon sens. La bande de lascars que l’on voit de loin quand on rentre tard, tant pis pour le politiquement correct, mais on l’esquive. Et on écoute toujours son instinct : vous ne sentez pas le gars qui vous fixe ? Partez. Ce parking ne vous inspire pas confiance ? Allez chercher quelqu’un pour vous accompagner jusqu’à votre voiture.

    Certaines diront « Mais ce n’est pas à nous de nous écraser ! ». Et je répondrai : dans un monde idéal, non effectivement. Mais notre idéal, ce n’est pas rentrer à la maison saine et sauve ?

  96. #96 Elsa le 12 janvier 2012 à 10 h 54 min

    Très bon article. Ce qui me dérange juste c’est qu’on puisse encore lire dans certains commentaires ( de la part de femmes en plus) que certaines filles « mériteraient » les remarques lourdingues soit à cause de leur tenue soit à cause de leur comportement. On ne merite pas d’être traitée comme un bout de viande parce qu’on met en avant de jolies jambes ou un decolté. On a le droit au respect même si on sourit et qu’on est avenante dans la rue. Si un homme me semble avenant, je ne vais pas pour autant lui sauter dessus ou lui mettre la main au fesse. J’aimerais aussi dire qu’on se fait belle pour soi et pas pour les autres. Perso quand j’achete un vêtement ou du maquillage je ne pense pas : cela va t’il plaire aux autres? Enfin, il ne faut pas avoir honte d’une main au fesse ou d’une remarque injurieuse. On est déjà victime on ne va pas être en plus honteuse! Je me souviendrai toujours de cet homme de 50ans qui s’est assis vers moi. J’avais 16 ans et je portais un short. Il a mis sa main sur ma cuisse. Je n’ai rien osé dire et il est vrai que j’ai eu honte. Mais à la réflexion, les personnes qui devraient avoir honte sont celles qui ont assistées à ça et qui n’ont rien dit. Pas moi. bisous !

  97. #97 Little Parisienne le 12 janvier 2012 à 12 h 16 min

    Voilà une raison de plus pour laquelle j’aime ton blog, Hélène. Les endroits de discussion où l’on puisse échanger sur des thèmes plus ou moins profonds ou superficiels sont assez rares, au final!
    Concernant ton témoignage Alix, je ne peux que me retrouver dans ces situations où l’on est vue comme un bout de viande. Cela dit je pense que ce n’est pas une fatalité: une remise en place ferme et douce de la personne permet à lui comme à vous de garder la face et de mettre les points sur les « i ».
    La France est un pays macho et j’envie les américaines, britanniques et autres consorts germaniques pour leur liberté de mouvement. Cela dit, les choses évoluent malgré tout ici (je trouve, et j’habite Paris dans un quartier populaire).
    Stigmatiser certaines catégories socio-culturelles est dangereux et indéfendable. Il y a des malotrus et des imbéciles dans chaque catégorie de la population (malheureusement)… A chacune d’entre nous de montrer la voie en nous faisant respecter et en ne nous laissant pas marcher sur les pieds, même si cela n’est ni facile, ni simple.

  98. #98 Magdalena le 12 janvier 2012 à 19 h 44 min

    Je me suis reconnue en lisant cet article, et pour avoir vécu à Paris quelque temps, je confirme que les hommes « discourtois » pullulent. Je souhaite revenir sur les commentaires de certaines internautes concernant la soi-disant liberté des Anglo-Saxonnes. J’ai eu la chance et la malchance d’habiter en Angleterre et je peux vous dire que l’on se fait embêter toutes les cinq minutes si l’on est habillée très court, et les Anglaises sont les championnes des vêtements hyper courts, moulants et très vulgaires. Les hommes n’ont aucun respect pour elles et les considèrent comme des « coups d’un soir », j’ai non seulement pu le constater autour de moi mais des amis Anglais me l’ont eux-mêmes confié. Alors certes elles peuvent s’habiller comme elles le souhaitent mais d’une manière générale elles ont beaucoup de problèmes, et le nombre de viols a explosé dans le pays. Moi, la petite Française échouée chez la perfide Albion, j’avoue que je n’ai que peu de problèmes, quelques remarques surtout parce que j’étais française et qu’apparemment nous avons une certaine réputation de ce côté-ci de la Manche. Néanmoins, j’étais toujours la « charmante petite Française » (à imaginer avec un léger accent anglo-saxon). Bref.
    Maintenant, tout dépend du pays et de sa culture : vous allez au Japon, aucun problème pour une fille le soir, même tard, que ce soit dans la rue ou le métro et le tout en mini jupe. Les Japonais ne vous sauteront jamais dessus, en revanche, les Américains, surtout les GIs (et ils sont très nombreux là-bas), glisseront quelques remarques et tenteront une approche tactile, autant avec les Japonaises qu’avec les Etrangères. C’est juste déplorable. Une dernière chose : je parlais des GIs. Tout le monde ne le sait pas mais ces derniers ne se sont pas gênés quand ils sont arrivés pour nous « sauver » pendant la Seconde Guerre Mondiale, et la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont été sévèrement touchés. Comme quoi, ça ne date pas d’hier !

  99. #99 Hélène le 12 janvier 2012 à 19 h 52 min

    Magdalena: merci beaucoup pour cette importante mise au point concernant l’Angleterre, je ne suis jamais restée assez longtemps pour réaliser ça.

  100. #100 titedemoiselle17 le 12 janvier 2012 à 20 h 06 min

    Salut Alix & Helene!
    Tout d’abord, merci! Merci, merci 1000 fois pour ce temoignage. Je pense qu’il est temps pour toutes les femmes victimes de ce genre de comportement d’oser parler et se revolter.
    Pour ma part j’ai subi une agression sexuelle a l’aube de mes 16ans, je me suis murée dans le silence pendant plusieurs années par peur d’etre jugée, cataloguée de « fille facile » par les autres adolescents de ma ville et surtout par honte car je culpabilisais enormement. Il m’aura fallut une terrible depression, un suivi psychologique, de nombreux cours de boxe pour me poster veritablement en tant que victime et non plus en tant que la « fille qui aurait pu faire quelque chose et en n’a pas eu le courage ». Apres avoir vécu le pire et vu l’horreur de l’etre humain de pres, jamais plus je ne baisserais les yeux face a des remarques salaces, jamais plus je n’accepterais qu’on dispose de mon corps comme d’un bien publique!
    Alors merci a vous deux de vouloir faire avancer les choses.
    J’ai reussi a me forger grace a cette horreur, et du haut de mes 22 ans jamais plus je ne me ferais marcher sur les pieds!

  101. #101 Hélène le 12 janvier 2012 à 20 h 20 min

    titedemoiselle17: dieu que ton commentaire me fait mal pour toi, crisper mes épaules et me tordre les mains.

    Ca me fait penser à Virginie Despentes (pour qui j’ai une admiration immense) à qui on a reproché, après son viol lorsqu’elle avait 17 ans (j’espère ne pas me tromper sur son âge), de s’en être sortie.
    Comme elle le dit si bien, on lui aurait plus facilement concédé le statut de « vraie victime » (dont de toute façon elle ne voulait pas), si elle en était morte. Carrément.

    Ce que tu dis de ce que tu as subi est atroce, autant que ce qu’en ont pensé les autres. Je te remercie de l’évoquer ici, parce que ça doit demander un très grand courage.

  102. #102 titedemoiselle17 le 12 janvier 2012 à 20 h 48 min

    Si ca peut permettre a d’autres victimes de sortir de leur silence… J’estime que c’est mon devoir.
    Je suis d’accord avec Virginie, c’est triste a dire mais pour encore beaucoup de personnes un viol « ce n’est pas si grave », « tu vas t’en remettre » et même « tu l’avais peut être cherché »! Double violence que de subir cet acte et de se heurter a ce genre de débilités.

    Merci pour cette compassion Helene.

  103. #103 Peace_Tache le 12 janvier 2012 à 20 h 52 min

    Voilà l’une des raisons pour lesquelles j’ai acheté un Scooter. Ok, je reste une « femme au volant », mais j’ai un klaxon, je gueule fort, et pas de mains aux fesses.

  104. #104 Louisa le 12 janvier 2012 à 21 h 02 min

    Merci Alix pour ce texte magnifique et merci Hélène de l’avoir publié. Poser des mots sur des sujets graves, c’est lutter pour la vérité. C’est la lumière qui nous éclaircit le chemin de la réalité. Oui, il faut poser des mots car il faut réaliser. Réaliser qu’on est en 2012 et que les femmes ne sont toujours pas respectées. Et c’est à cause des personnes à qui il est plus facile de penser que celles qui portent des robes ou des jupes ou qui sortent la nuit ont bien mérité de se faire violer que les agressions des hommes contre les femmes persistent. Souvent, des hommes vont trouver comme prétexte quand ils ont harcelé ou agressé une femme qu’elle l’avait bien cherché car elle l’avait chauffé tout ça car elle portait une jupe. Le problème est qu’en 2012, la force est toujours utilisée et amène au pouvoir sur l’autre. La liberté des femmes est bafouée. Mettre des jupes, sortir le soir, ….tout ça devrait pouvoir être banal pour une femme de 2012! Mais non. On colle des étiquettes, et c’est même plus facile, plus rassurant. Même un bon nombre de femmes trouvent ça normal que des femmes se fassent violées pour telle ou telle raison! Sauf qu’il suffit juste d’être au mauvais moment au mauvais endroit. Et que ces mauvais moments et ces mauvais endroits ne sont pas aussi rares que l’on pense puisque autour de nous, 1 femme sur 10 a subi un viol ou une agression sexuelle ou le subira pendant sa vie. Et en 2012, cela ne choque personne que les femmes aient peur des hommes, que dans la rue, elles ne puissent pas être en sûreté, qu’elles doivent se méfier, ne pas sortir seules le soir, etc.
    On est en 2012 merde! Il faut que ça change. On ne peut pas accepter cela. Je n’ai que 18 ans, je porte des jupes et des robes et je subis tous les jours le regard déconcerté des filles et des femmes et le regard pervers d’hommes plus âgés que moi. Mais je m’en fous, je suis libre et j’ai le droit de porter mes robes et mes jupes sans que cela ne puisse me coûter préjudice. Je veux me battre pour que les femmes soient respectés autant que les hommes et que les hommes arrêtent d’exercer leur force comme pouvoir sur nous.
    Bravo encore Alix, car toi aussi tu luttes en écrivant ce texte et Hélène en le faisant partager. Merci.
    P.S: si vous aussi vous en avez marre de ce non-respect de la femme, je pense que cette pétition est importante à signer: http://www.contreleviol.fr/signer.

  105. #105 Hélène le 12 janvier 2012 à 21 h 03 min

    titedemoiselle17: pour moi cette compassion est une évidence absolue, presque un hurlement de l’âme (je sais, ça fait complètement grandiloquent et qui se la raconte, mais c’est ce que j’éprouve très profondément).
    Et tu as raison, parler est tellement important, parce que ça peut (espérons) libérer la parole des autres.

    Louisa: tu as tout compris, tout ça n’est au final qu’une question de pouvoir et de rapport de force.
    Le regard sexuel est une forme de pouvoir sur l’autre, le viol est une arme de guerre, tout se rejoint.

  106. #106 Magdalena le 12 janvier 2012 à 21 h 43 min

    Je me décide à laisser de nouveau un commentaire (il faut croire que j’en ai gros sur le coeur !). On ne le dit pas souvent, mais je pense sincèrement que tout s’est dégradé avec l’hypersexualisation de nos sociétés. Je reviens encore sur l’Angleterre (il faut dire que ce pays m’a énormément choquée) où l’on trouve normal qu’une gamine de sept ans porte des soutiens-gorges rembourrés et que des élèves de 5è se maquillent de manière outrancière. Quand elles sont plus grandes, elles ont complètement absorbé l’idée qu’elles doivent être attirantes pour je ne sais quelle raison et il suffit de s’arrêter une minute sur leur aspect physique : c’est un désastre et elles ne s’en rendent même pas compte. Pour ceux et celles que ça intéresse, je leur conseille de se rendre à la City à la sortie du travail pour voir à quel point les relations hommes-femmes sont dégradées, l’alcool aidant. J’étais professeur de français là-bas et je n’ai tenu qu’un an, le temps de ma formation et après je suis rentrée en France tellement j’en avais assez de voir tous ces appels au sexe partout. Pour le moment, je trouve que l’on est assez épargné en France, mais jusqu’à quand ?
    Pour ma part, je me souviens de trois occasions au cours desquelles j’ai été confrontée à des rustres du temps où j’étais à Paris. Je fréquentais beaucoup la bibliothèque de Beaubourg pour mes études, pas pour autre chose, mais je remarquais souvent des hommes traîner dans les allées, comme s’ils étaient en chasse et surtout en rut permanente. Un soir ça n’a pas raté : à peine étais-je sortie qu’un homme m’a agrippé le bras en me disant qu’il m’avait repérée dans la bibliothèque et qu’il souhaitait aller boire un verre en ma compagnie. Autant dire que je l’ai envoyé paître, et évidemment quand on refuse ils insistent, persuadés que c’est un oui qui ne dit pas son nom. Il a fallu l’intervention d’un autre homme pour le calmer car il s’était mis à me suivre et à m’insulter. La deuxième fois, c’était encore à Beaubourg mais en pleine journée. Un homme s’était assis à côté de moi et semblait lire. Moi j’étais trop occupée pour remarquer quoi que ce soit jusqu’à ce que je sente quelque chose se poser sur mon genou. Je n’ai pas tout de suite réagi, j’ai légèrement reculé et il était tout simplement en train de caresser mon genou. Je me suis levée d’un bond, l’ai giflé et l’ai traité de sale pervers. Il y avait beaucoup de monde, pas mal d’éclats de rire, et il a préféré partir sans demander son reste. Je suis sidérée de voir à quel point certains hommes pensent pouvoir disposer de nous comme ça, selon leur envie.
    La troisième fois s’est déroulée devant le Louvre. J’avais l’habitude d’aller me poser sur les marches et lire tranquillement (en général, quand on lit ou écoute de la musique, le message est clair : je ne veux pas être dérangée). Là, un type s’est approché et a commencé à me parler, je n’ai rien répondu, il s’est assis devant moi et a continué, il voulait connaître mon prénom, puis mon numéro de portable. Devant mon silence, il s’est mis à me traiter de sale p*** puis il est parti en colère. J’avoue que j’ai pris mes cliques et mes claques et me suis précipitée à l’intérieur du musée, juste au cas où. On ne sait jamais comment ils vont réagir.
    Une dernière chose : merci Alix pour ton texte.

  107. #107 Mistiquette le 12 janvier 2012 à 22 h 17 min

    titedemoiselle17: Je suis atterrée par ton témoignage, doublement même. Ce que tu as vécu est terrible pour une jeune adolescente comme pour toutes les femmes du monde qui ont du subir cette agression mais je le suis tout autant voire plus par la réaction des gens: un viol n’est pas si grave, tu l’avais peut-être cherché…. mais les gens t’ont vraiment dit ça????
    C’est pas possible les bras m’en tombent…..tu leur as pas mis un coup de boule????
    Mais comment les gens peuvent être débiles à ce point?
    Je n’imagine pas ce que tu as pu endurer après ça mais franchement, quel courage pour témoigner ici!!! Bravo à toi et j’espère (tout comme toi) que ton témoignage pourra servir à d’autres filles qui malheureusement, ont vécu la même situation que toi.
    Bonne soirée les filles

  108. #108 kiwi schtroumpfette le 13 janvier 2012 à 3 h 27 min

    Parce que cette discrimination des femmes on la retrouve partout. Un site proposait une liste des  »Ce que pensent vraiment les femmes dans l’obscurité de leur coeur de princesse »

    Personnellement, je trouve la liste très réductrice pour les femmes.

    Mais heureusement, certaine répondent avec beaucoup d’humour à ce genre de situation, je vous mets le lien parce que c’était irrésistible.

    http://www.gqmagazine.fr/sexactu/articles/ce-que-pensent-vraiment-les-femmes-dans-l-obscurite-de-leur-coeur-de-princesse/11047

    à pluch’

  109. #109 titedemoiselle17 le 13 janvier 2012 à 9 h 40 min

    Mistiquette: Oui les gens m’ont dit ca.. Pas tous heureusement, mais assez de personnes pour que pendant plusieurs années je me refugie dans le silence de peur d’etre a nouveau jugée. On a sous-entendu que j’avais peut etre provoqué le violeur, on a mis ma parole en doute. Avec le recul il y a certaine personne à qui j’en veux moins qu’à d’autres car ces paroles sont d’autant plus violente quand elles sont prononcées par un adulte.
    Je me rappelle a l’époque m’etre dit que le violeur m’avait volé ma jeunesse, ma naïveté, avait tué une partie de moi meme et que les personnes qui n’admettaient pas ma souffrance finiraient surement par m’achever! Je me suis mise à etre froide avec tout le monde par crainte d’etre encore blessée, jusqu’au jour où j’ai dit « STOP! Il m’a volé ma jeunesse certes, mais il ne me volera pas ma vie, je ne lui accorderais pas cette satisfaction. J’ai une revanche a prendre sur lui! »
    Il est temps que les mentalités évolues.
    Merci en tout cas pour ce gentil message.

  110. #110 titedemoiselle17 le 13 janvier 2012 à 9 h 42 min

    Hélène: Juste merci.

  111. #111 Grouick le 13 janvier 2012 à 22 h 56 min

    Magdalena: Petite info en ajout, au Royaume-Uni on peut certes se balader en mini jupe élasthane rose fluo et vomir dans le caniveau sans plus attirer de remarques que ca, et les mains se baladent très peu, mais depuis des années on met en garde contre les viols « retour de soirée arrosée », et dernièrement de passage en Angleterre (où moi aussi j´ai tenté de devenir prof), j´ai découvert la campagne de pub qui dit en gros « Si votre taxi n´est pas réservé alors vous montez dans la voiture d´ un inconnu », car à Londres surtout, beaucoup se sont improvisés taxis et voyant combien les filles se baladaient à moitié à poil et totalement bourrées, certains se sont dit qu´ils pourraient en profiter, et sinon des mecs ont profité de la faiblesse du conducteur pour abuser, je fais référence au coup du taxi pris d´assault par deux clients (genre il est 3h du mat´ on n´est pas à Londres et il caille) et où les filles se font emmerder par des lourdingues, je l´ai vécu au Pays de Galle (d´abord avec une copine puis seule avec deux types et un chauffeur mou du genou) et j´ai eu chaud, j´étais en mode « Je saute en marche et je me tape le sprint de l´année sur talons de 12 cm ». Avant ca un « bouncer » sensé assurer la sécurité de la clientèle avait insisté pour me ramener sous prétexte que j´avais fait un malaise, je lui réponds poliment il insiste, je lui redit non en le fusillant du regard il me dit « Ohla c´est bon range ton magnum! ». Depuis je suis devenue trentenaire qui fait plus trop la fête dans les grandes villes, mais je dirais pour conclure que malgré la liberté des moeurs et un sentiment de sécurité ambiant, en tant que femmes nous devons rester hyper vigilantes.

  112. #112 Belldandy le 14 janvier 2012 à 10 h 34 min

    Hélène: Tu as lu entre mes lignes pour le coup du tchador ! :) Le plus brillant dans tout ça, c’est que beaucoup de femmes qui le portent le voient réellement comme une armure et non comme une prison (ce que je ne juge pas hein, au contraire, les remarques faites ici montrent bien que chacune de nous à un moment donné a recherché cette impression d’être protégée, invisible).

    Volte: Ce que tu dis est très juste, les garçons normaux ne vivent pas ces situations, et n’en sont même que rarement témoins finalement, si on ne leur en parlent pas, ils ne savent pas :) Quant au fait de réagir, ça c’est un vaste programme !! :)
    Je ne compte plus les fois où moi et une autre nénette (souvent que je ne connaissais absolument pas) avons été les seules à réagir, à monter au filet pour aider une fille (ou un mec d’ailleurs, parce que croyez-moi que quand c’est un mec qui se fait frapper, les gens ne bougent pas non plus) alors que nous étions entourées d’hommes jeunes grands et musclés qui baissaient les yeux en attendant que ça passe. A chaque fois le regard entre nous deux, inconnues mais étonnamment proches durant ces instants, a été le même : bon ben personne ne bouge, ils faut qu’on se lève, tant pis, il FAUT faire quelque chose…
    La seule fois de ma vie où j’ai vu un homme se lever, c’était un tout vieux monsieur dont la femme refusait qu’il bouge parce que c’était dangereux pour lui (type ultra bourré et néandertalien dans le train qui insultait et commençait à lever la main sur sa copine), ben ce monsieur, moi je l’ai trouvé juste magnifique. (z’inquiétez pas, on a fait rempart avec une autre nana, parce qu’il a failli s’en manger une le pauvre).
    Ben y avait trois types vraiment très baraqués, tous biceps dehors, dans le même wagon, qui n’ont pas bougé un cil… On les a toisés en se rasseyant avec l’autre nana, non mais sérieux, j’aurais été bouffée par la honte moi à leur place !
    Inutile de préciser que le contrôleur ayant senti que ça dérapait au premier arrêt s’est consciencieusement enfui à l’autre bout du train et n’est curieusement jamais revenu pour vérifier nos titres de transports, surprenante coïncidence non ? :))

    Cécile: C’est toute l’histoire de la femme que tu racontes-là ! Certaines cultures ont réussi le tour de force de nous faire croire que notre corps porte le mal en lui, que c’est nous qui réveillons le crime à l’intérieur de l’homme (de toute façon, depuis cette histoire de pomme chez les judéo-chrétiens, on était mal barrées nous autres ! :)), c’est la plus grande entreprise de com’ de tous les temps, même si on n’a pas été élevée dans ce genre d’idées, c’est tellement ancré dans nos cultures qu’on garde toutes des traces de ce sentiment d’impureté et de culpabilité. La vérité, c’est que nous sommes punies à cause et à la place d’une déviance qui n’est pas la nôtre. C’est formidable quand même ! :)

    Ire: Pffff, ma pauvre, tu m’étonnes que tu as peur, je compatis sincèrement :)

    Vé.: Ben oui hein, les filles sages et les tromblons se font violer tout autant que les autres, dire qu’il y a une tenue ou une attitude qui protège, c’est en un sens continuer à conforter l’idée que celles à qui cela arrive n’ont pas respecté les « codes », ont cherché la m##de en gros ! :)

    tatite: Je comprends (et plussoie) le point politique que tu soulèves. :) Ceci dit, quand les écoles n’étaient pas mixtes en France, je crois que c’était encore pire, si on ne se mélange pas, on n’apprend pas à se connaître et à se respecter, et en plus, il me semble que cela créait une forte frustration et générait bien des pulsions cette situation (mais je me trompe peut-être hein ! :))

    marj: Ouh, j’imagine en effet que cela doit t’arriver bien souvent, sur la route il se passe un truc très particulier, un sentiment d’impunité totale pour certains on dirait… J’imagine que ça doit être bien stressant pour toi ma pauvre :)

    misschic: Horrible hein ?! :)

    Grouick: Merdum ! Tu me casses un mythe ! :)) Naaan, j’étais pas si naïve en vrai :) Tu fais bien de le préciser, faut toujours se méfier de la surface des choses :)

    Magdalena: ça c’est sûr pour les GIs, ça se sent d’ailleurs quand on discute avec certaines vieilles dames, qui, bien sûr, n’ont jamais pu en parler…

    titedemoiselle17: Oh mon Dieu, ça me fait tellement de peine que tu aies vécu une chose pareille ! Bravo d’en parler comme tu le fais, tu expliques très bien que c’est le silence auquel on nous contraint plus ou moins par des réactions d’une stupidité affligeante qui nous pousse à la honte et entrave considérablement notre reconstruction.
    En dehors des remarques des proches, qui sont sans doute les plus douloureuses, il faut aussi reconnaître que la plupart des flics n’ont pas encore reçu de véritables formations pour savoir comment gérer ce type de plainte (cela dépend de l’endroit où on se trouve évidemment, les choses évoluent doucement en ce sens), et beaucoup renoncent donc à porter plainte…
    Par ailleurs, en réponse à tous les handicapés du bulbe qui sous-entendent que la fille l’avait peut-être provoqué, je signale quand même que si on couche avec son mari, après avoir sorti le grand jeu pour le séduire ce soir-là, et qu’en cours de route on dit stop, s’il continue, c’est un viol à part entière et la loi le reconnaît comme tel. Donc bon, en plus d’être complètement déplacés, ces propos sont totalement hors-sujet !

    Louisa: Je suis plus que d’accord avec tout ce que tu as écrit ! :)

    kiwi schtroumpfette: Je suis allée voir, ce qui m’atterre surtout (et ce que souligne la blogueuse) c’est que définitivement nous ne sommes toutes que des princesses-putes à qui il faut payer un poney pour obtenir des « faveurs ». C’est affligeant. (je précise à tout hasard que je n’ai rien contre les prostituées hein, ni contre les princesses d’ailleurs :)

    Punaise ! J’ai encore fait un roman… Toutes mes confuses… :)

  113. #113 Hélène le 14 janvier 2012 à 11 h 51 min

    Belldandy: tu n’as pas à confuser, ton comm’ est parfait, comme toujours ;-)

  114. #114 Melly le 14 janvier 2012 à 14 h 48 min

    Il me semble que ce qui exprime le mieux ces situations c’est cette chanson. Si on ne s’écrase pas, le gars se dégonfle :

    Tout à l’heure,
    J’roulais sur mon scooter dans Paris,
    D’une voiture, au feu rouge, un mec me dit:
    « Hé Madame, il est quelle heure ? »
    J’lui réponds: « Midi. »
    Il m’dit: « Madame qu’est ce que t’es bonne ! Tu veux pas m’faire une gâterie ? »
    Ses potes rigolent. Sur le moment j’ai pas compris.
    J’réponds: « Mon grand, c’est pas comme ça qu’on parle aux gens. Tu n’aimerais pas qu’on parle comme ça à ta maman.
    Le mec me regarde. Avec une tête de chien d’garde il m’fait: « Vas y parle pas d’ma mère ou j’te défonce ! »
    J’lui réponds: « Du calme Alphonse. J’te connais pas, tu m’agresses ! C’est quoi ce manque de délicatesse ? On t’a pas dit de traiter les femmes comme des princesses ? »
    Il m’dit: « Ouais mais toi j’te baise ! »
    J’lui dis: « Ben non justement, c’est bien ça l’malaise ! »

    Tu sais que garçon, si t’enlèves la cédille ça fait garcon et gare aux cons ma fille, gare aux cons.
    Gare aux cons, gare aux cons qui perdent leur cédille.

    J’continue mon chemin. Au feu suivant, j’entends: « Hé grosse cochonne quand tu veux j’te prends ! »
    C’est encore Alphonse avec sa tête de gland.
    J’lui dis: « Là tu t’enfonces, c’est indescent !
    J’y crois pas mec, redescend d’ta planète !
    Tu te prends pour Tony Montana, t’as même pas d’poils sur la quéquette… »
    Il m’dit: « Vas-y sois pas vulgaire ! T’vas voir où j’vais t’la mettre. »
    « Tu dis qu’c'est moi qui suis vulgaire ? Non mais là c’est la fête ! Je rêve. Pour qui tu te prends ? Maintenant tu t’arrêtes. »
    Je descends, il descend.
    J’dis: « C’est l’bordel dans ta tête ! Qu’est-ce que tu comptes faire ? Là t’es en galère.
    J’veux des excuses, j’attends et j’lacherai pas l’affaire. »
    Il me dit: « Non toi tu t’excuses, espèce de vieille sorcière. »
    « C’est la meilleure, je t’ai donné l’heure, j’aurais mieux fait d’me taire ! »

    Voilà comment parlent certains garçons. Quelle honte! Ils mériteraient une bonne leçon.
    Tu veux jouer ? On va jouer !
    J’lui dis: « Baisse ton caleçon ! Tu parles beaucoup, ça manque d’action. Tu m’as demandé une fellation. »
    Tout à coup Alphonse a une révélation.
    Il renonce et me dit: « Ouais vas-y c’est bon. Lache moi. Pardon ! »
    J’lui dis: « C’est bien. Là t’as l’air moins con ! »
    C’est pas normal d’avoir besoin d’parler aux femmes de cette façon.
    Y’a un sérieux problème d’éducation !

    « Pourtant, je suis sûr que t’as un bon fond. »
    Il m’dit: « T’as raison ! J’me sens tout bidon. C’est mes potes qui m’poussent, j’ai la pression ! »
    J’lui dis: « C’est bon pleure pas, il manquait plus que ça. »
    Alphonse qui fond en larme dans mes bras.
    J’lui dis: « Toi t’as besoin d’amour ça s’voit. Allez viens là. Fais un bisous à tata. »

  115. #115 Alix le 14 janvier 2012 à 15 h 38 min

    Je savais que mon texte allait être publié mercredi, mais opportunité de dernière minute, je suis partie quelques jours à l’étranger. Je rentre ce matin, et je découvre tous vos commentaires, qui me font comprendre qu’on est beaucoup à ressentir la même chose, beaucoup à finalement, en en parlant ici, prendre conscience qu’autre chose est possible. Alors un milliard de merci à vous toutes et à Hélène qui nous offre un moyen de découvrir que l’on est pas seule.

  116. #116 Cléôpinette le 10 mai 2012 à 9 h 10 min

    Bonjour!
    Des « gros lourds », il est vrai que j’en ai croisé aussi. Dans mon cas je les appelle des « morts de faim », parce que bon, ch’uis pas plus appétissante que la moyenne, voire parfois pire. Mais force est de constater que ces gens n’aiment pas trop la franchise, surtout en public, et en général une petite réplique bien placée les calme un peu. Comme cette fois où un type à l’arrêt de bus faisait mine de regarder le plan par dessus mon épaule pour me « frôler » au passage… je lui ai répliqué un sonore « Vous savez, si j’avais envie de b**ser je vous l’aurais dis, vous pouvez arrêter maintenant ». Le pauvre bonhomme tout honteux est retourné s’asseoir! ;-)

  117. #117 kiwi schtroumpfette le 1 août 2012 à 18 h 48 min

    Coucou tout le monde :)

    je suis tombée sur un article en relation avec ce sujet et je me suis souvenue qu’on en avait parlé ici. L’article est une bouffée d’air frais (à mon avis)
    http://www.madmoizelle.com/harcelement-de-rue-118018
    et c’est un article écrit en réaction à ça : http://www.madmoizelle.com/etudiante-filme-harcelement-verbal-117901

    Et j’aimerai aussi corriger mes propos d’un commentaire précédent.
    J’ai récemment déménagé à Anderlecht, je suis déjà rentrée à toutes les heures, dans toutes les tenues, je ne me suis PAS faite accostée, hélée, … une seule fois.
    Alors que la dernière fois que j’ai été chez ma maman (Etterbeek pour celles qui connaissent), j’ai été accostée cinq fois entre l’arrêt de tram et chez elle. Ce qui doit faire quelque chose comme dix minutes à pied. Comme quoi, la réputation d’un quartier ne fait pas le quartier.

  118. #118 drduckling le 14 août 2012 à 9 h 20 min

    Perso je suis pr la confrontation voir pr l’humiliation de ces types en public. Et puis il faut arrêter de répendre le message que les femmes ne sont pas capables de se défendre, voir même d’attaquer. c’est totalement faux, on est tout aussi capables de violence que les hommes et à juste titre ! On ne mesure pas toute 1m50 et ils ne font pas tous 1m80. Souvent effectivement une répartie bien placée suffit. C’est vraiment le syndrome du ‘bully’ come disent les Américains à l’école. Il faut arrêter de rependre ce concept de la femme gentille qui « déteste la violence ». Comme le disent si bien nos homologues américianes : « Good girls go to heaven. Bad girls go everywhere. » ;) C’est du pur conditionement que de se laisser malmener par les mecs, enfin certains mecs. Il faut qu’on se réveille !

  119. #119 Jilan le 14 août 2012 à 9 h 58 min

    Cette vidéo est tout à fait le reflet de ce que beaucoup de femmes vivent et je veux pas dire mais c’est toujours le même type d’hommes enfin c’est ce que personnellement j’ai remarqué…!!!! et je pense sincèrement que c’est une question d’éducation et de respect envers la femme!!! et ces hommes là n’ont rien compris !!!!!!!!!!

    Personnellement je ne me laisse jamais faire et leur dit de dégager et d’aller voir leur femme!!!!!!!!!ou encore mieux je leur demande si ils veulent en parler avec mon mec!!
    et en principe sa les arrêtent net

    Ne vous laissez pas faire les filles!!!!!!!!

  120. #120 Gaelle le 14 août 2012 à 11 h 31 min

    Très bien dit Alix!
    Je ne sais pas pour qui ils se prennent mais franchement c’est de plus en plus pathétique, il n’y a qu’à voir dans le métro, entre les exhibitionnistes et les lourdingues qui se collent quand il y a du monde ni vu ni connu! Bwaa j’ai abandonné l’idée et je préfère nettement le bus ^^
    Enfin ça c’était avant… la pire histoire qu’il m’ait arrive c’était justement en sortant du bus juste à côté de chez moi… il ne me restait plus que quelques mètres, donc je marchais tranquillement mais je sentais que quelqu’un me suivait (enfin la plupart du temps je psychote mais là j’avais raison) donc je me suis retournée et là j’ai vu 3 jeunes hommes qui marchaient dans ma direction et qui ne me quittaient pas des yeux. J’ai donc un peu accélérée mais pas trop (je ne voulais pas leur montrer de la peur) et là d’un coup j’ai senti quelqu’un mettre sa main sur mon épaule pour m’arrêter pendant qu’un autre glissait sa main entre mes jambes. Puis ils sont partis, fiers comme tout…
    Et là j’ai eu la réaction la plus bizarre qu’il soit, j’ai été soulagée qu’ils n’aient fais « que ça » (ils étaient quand même trois et il faisait nuit, le pire aurait pu m’arriver) alors que j’aurai du être dégoutée de ces trois connards et de ce qu’ils ont osé me faire!
    Je pense que c’était « l’état de choc » parce qu’après être rentrée chez moi ce sentiment de dégoût est vite apparu.
    Enfin bref j’espère qu’un jour tout ceci s’arrêtera et qu’on sera plus respectée et que les hommes ne verront plus en nous juste des objets de désir mais des personnes qui ont de la dignité et qui ne méritent pas d’être traitées comme des choses.
    Je vous souhaite à toutes beaucoup de courage :)

  121. #121 le 14 août 2012 à 12 h 49 min

    Mon dieu, ce texte et les commentaires viennent soudainement de me rappeler a quel point j’avais peur en habitant a Paris, et ce, sans meme m’en rendre compte. Ca faisait partie de mon quotidien de regarder derriere moi, faire gaffe a qui me regarde dans le metro, sortir du wagon a la derniere seconde pour que personne ne me suive, le coeur qui s’accelere d’etre la derniere sur le quai tard le soir, etc., etc., etc.

    Non, je ne me rendais pas compte que j’avais peur a l’epoque, mais c’est en lisant ce texte et en y repensant que je sens le stress et l’angoisse monter alors que je suis tranquille assise derriere mon bureau. Et pourtant ca fait plus de 3 ans que je suis partie…

  122. #122 Arilyn Rhapsody le 25 août 2012 à 5 h 24 min

    Je pousse moi aussi mon cri de rage contre ce type de comportement, cet harcèlement de tous les instants. Cela fait plusieurs années que je le vis, et ces derniers temps, j’ai l’impression – et je doute qu’il s’agisse uniquement d’une impression – que c’est beaucoup plus courant, virulent, agressif, et direct. J’en arrive à me prendre la tête à trouver une tenue adéquate pour sortir : Est-ce trop voyant ? Trop coloré ? Trop décolleté ? etc ? Et à ne plus pouvoir m’habiller comme j’aimerais, à essayer d’assumer mon corps, ce qui n’est déjà pas partie gagnée pour toutes les filles, dans cette société extrêmement superficielle. Comment je répond à ça ? Ça dépend des moments. En temps normal, je répond au tac au tac, soit pas un soupir, un « vous n’avez rien de mieux à faire ? », je ne me souviens pas les avoir déjà insultés… mais peut-être que ma mémoire est sélective. Ou parfois, j’ignore, je fais comme si je n’avais pas entendu… car parfois, je suis tellement hallucinée par ce que j’entends qu’il me faut quelques secondes pour réaliser qu’on vient de s’adresser à moi, et par les termes que j’ai bien cru entendre.

  123. #123 Salomon le 23 octobre 2013 à 15 h 05 min

    Bonjour à toutes,

    Bravo à toutes ! Je crois que malheureusement il faut être militant(e) ! Il faut oser combattre le sexisme ordinaire ! C’est une nécessité même si cela réclame beaucoup de courage !

    Je voulais vous faire part d’un événement qui s’est passé lors d’un de mes cours. Je suis professeur de français et en ce début d’année j’ai voulu faire découvrir à mes étudiants de BTS 1ère année leur programme. Un exercice consistait à expliquer à quels types de questions (esthétique, sociétale, politique ou éthique) correspondait une liste de thèmes. On en arrive au thème : « La place de la femme dans la société ». Un étudiant me répond que ce thème soulève une question d’éthique. Je lui demande d’étayer sa réponse et il me dit alors : « On peut se demander dans quelle mesure une femme peut se permettre de s’exhiber dans la rue… » Je ris nerveusement, le regarde lui et ses camarades (dont des filles) et personne ne réagit. Tout le monde avait le regard sérieux !

    N’est-ce pas extraordinaire ! J’ai l’impression que la situation se dégrade…

    Luttons chères amies et chers amis !

    Salomon

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