Que j’aime ma couleur café, par Joëlle

28 février 2007

« C’est un sujet que j’aborde rarement et pourtant forcément il me touche, j’en ai été victime, il me précède parfois, me suit et conditionne un peu ce que je suis ou certaines de mes réactions puisque je suis métisse. Je parle du racisme.

J’étais partie pour vous expliquer pourquoi je ne trouve pas bien du tout voire très très vilain de ne pas aimer son prochain même s’il est couleur cafééééééé…que j’aime ma couleur café, mais plutôt que de répéter des trucs mille fois entendus et qui relèvent de l’évidence, j’ai choisi de vous expliquer comment moi je vis le fait d’être noire, enfin métisse.

Pour être plus précise, je devrais même dire: j’ai choisi de vous expliquer comment je vis le fait que les autres me voient noire. Ce que je vais vous dire va vous sembler absurde et pourtant, moi, je ne me vois pas noire.

Non ne hurlez pas, je m’explique :

Même si comme tout le monde je me regarde quotidiennement dans le miroir, la couleur de ma peau n’est pas une information qui percute mon cerveau en permanence mais uniquement quand on me le rappelle. A tel point qu’à certains moment, particulièrement quand je suis dans mon environnement familial, il m’arrive « d’oublier » que je ne suis pas de la même couleur que ceux qui m’entourent.

Le fait d’être noire, dans le sens d’être « différente » pigmentairement parlant ou de venir d’ailleurs, ce sont essentiellement les autres qui me le rappellent, quand ils me demandent d’où je viens (ben de banlieue parisienne
pardi!) si je vais souvent en Afrique (non mais Cahors je connais très bien) si je sais faire le Tieb où Dien (non
par contre le confit de canard c’est no souci) ou si je parle Wolof (non mais en allemand je me débrouille).

Beaucoup de gens pensent que pour moi le fait d’être « black » est un truc que je evrait revendiquer, une sorte de fierté supplémentaire que je devrais porter en étendard et qu’il me faut assumer ma négritude, que c’est formidable d’être métisse que les échanges culturel tout ça c’est génialissime etc.
Je n’ai jamais trop compris cette façon de voir les choses, simplement parce que ce n’est pas ainsi que mes parents m’ont élevée. Je suis autant blanche que noire.
Je ne revendique pas d’être blanche ça paraîtrait absurde, je ne vois donc pas pourquoi je devrais revendiquer d’être noire sous prétexte que cette partie de mes origines est la plus visible.
Pourquoi l’un devrait l’emporter sur l’autre? Dans ce domaine comme dans beaucoup d’autres, mes parents m’ont laissé libre choix.

Comme chacun de nous, je suis un équilibre, résultat d’un mélange culturel et d’une éducation, et de mes choix personnels. Peu importe le dosage, ce que je prends ici ou là, ce choix n’appartient qu’à moi.

Mais en me voyant, les autres ne perçoivent pas le mélange, ils ne voient que la couleur « dominante ».
Je ne leur en veux pas, ou plutôt je ne leur en veux plus. Parce que j’avoue que quand j’étais petite le coté « Arnold et Willy » même si j’adorais cette série, je trouvais ça bien à la télé mais pas dans la vie.

Inversement, à force d’entendre dire « l’Afrique c’est joli, les gens y sont solidaires entre eux et tout le tralala », j’ai fini par fantasmer une Afrique qui n’existe pas. Et il m’a fallu me débarrasser de ces clichés au prix de bien mauvaises surprises et de moments désagréables. En allant vers cette terre qui selon les blancs et même certains noirs devait être la mienne et que je devais revendiquer, j’ai découvert que les gens de ma famille me considèrent exactement comme les blancs d’ici.

En France on ne voit qu’une chose que je suis plus foncée, on me dit noire, au Sénégal on ne me remarque que parce que je suis plus claire et mes cousins me disent que je ne serai jamais une « wolof », je suis là bas une « toubab ».

Alors un jour j’ai décidé de ne plus me laisser faire par ces clichés à la con quel que soit le coté d’où ils viennent. J’ai décidé que chez moi serait où je voudrait, que mon pays serai là où je serai et que j’enverrai bouler les abrutis qui viendraient me faire des leçons sur mes racines africaines ou me fredonner « ba moin un ti bo » pour faire les malins.

A vrai dire, c’est plus ce genre de clichés qui m’ont paru pénibles que le racisme pur et dur genre « oué rentre dans ton pays ». Dans ce cas là je réponds « j’y suis déjà ducon » et on en parle plus.

C’est ce préjugé, qui me rappelle que je suis quelque part différente et qui me laisse penser que celui qui y cède me considère comme ne faisant pas partie de son monde comme n’étant que « tolérée » et pas à ma place.

Malgré tout ce préjugé de la couleur, je ne peux pas le renvoyer à la tête des gens. Bien souvent ça ne part pas d’une mauvaise intention et c’est au contraire inspiré par des règles simple de politesse ou l’intérêt que me porte mon interlocuteur. J’ai compris que l’hostilité systématique n’est pas toujours une bonne solution.

En grandissant, j’ai mûrit et j’ai appris à voir le mal là où il est vraiment. Même si parfois, quand on me demande d’où je viens, il m’arrive encore de répondre « de banlieue parisienne », par pur esprit de provocation et pour prouver aux gens qu’il ne faut pas se fier aux apparences. Parce que le pire c’est que c’est vrai, je suis vraiment née en banlieue parisienne.

Voilà vous en savez maintenant un peu plus sur ce que c’est pour moi d’être couleur café.

Signé : Joëlle ».

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115 commentaires

  • #1 Joëlle le 28 février 2007 à 11 h 45 min

    Merci beaucoup à Hélène d’avoir accepté de publier ce texte qui me tient particulèrement à coeur.

    Pomme: ben oui aujourd’hui je retiens surtout les bonnes intention mais ça ne m’empêche pas d’essayer de lutter contre les préjugés à ma façon :)

    Ombrelle: merci :) ça m’étonne pas que ça te parle aussi ;)

    Effi: oui c’et pénible ce réflexe comme tu dis. Ce qui m’indisposait le plus en fait c’est que les gens qui me posaient des questions du fait de ma couleur me donnaient l’impression de ne pas appartenir à leur monde. Mais j’ai appris aussi à ne plus voir le mal partout. Souvent c’est aussi une marque d’intérêt pour ce que je suis, pas forcément un rejet. Tout est là finalement, arriver à faire la nuance tout en luttant contre les mauvais réflexes chez certains.

    Stéphanie : merci beaucoup c’est peut être la plus belle chose qu’il pouvait arriver à ce texte :)

    Marie: j’aime beaucoup ta naiveté !!!! Et je la partage ;)

    Lilo: pas de souci tes questions ne m’ont nullement indisposées :) C’est étrange en fait parce qu’on est jamais tout à fait à l’aise avec tout ça finalement quel que soit le mélange ou sa "visibilité". Et on le vit tous différement.

    Fyfe : oui moi souvent on me demande si je sais faire le mafé…je réponds non par contre mes tomates farcies sont à tomber :)

    xmas: ben si demander si je parle wolof c’est préjuger que je suis africaine et que j’ai appris cette langue. C’est déduire de mon apparence physique des détails me concernant.

    Caro: ahhhhhhhh tu sais que quand je dis que je ne me vois pas "noire" c’est vrai! Et le pire c’est que chromatiquement parlant je suis plus proche de ma mère que de mon père.
    La jeune génération sera forcément plus à l’aise avec tout ça. Quand mes parents étaient jeunes les gens dans la rue leur faisaient des remarques ou changeaient de trottoir. Aujourd’hui je pense qu’on n’en n’est plus là et heureusement.
    Moi, lilo, ombrelle, ta fille peut être dans quelques temps, nous somme de plus en plus nombreux. C’est Senghor je crois ou Césaire qui a dit que le métissage était l’avenir de l’humanité!!!

    Fancette: ah ben j’hésitais à aller voir ce film mais si tu me le recommande je vais aller le voir.

    Meline: merci beucoup pour les compliments.

  • #2 Joelle le 28 février 2007 à 11 h 53 min

    Gloria: ben ma mère est à moitié italienne, elle a la peau mate et du coup on lui demande si elle n’est pas arabe. ça fait une sacrée famille tout ça. Mais toi aussi tu brouilels les pistes! Souvent on me dit "mais tu n’as pas un prénom africain!!" :)))

    Milky : Oui c’est assez terrible en fait ce genre de situation. L’imperssion d’un rejet total.

    Annelise : oui c’est frustrant aussi dans ta situation. Au final ça ne va jamais. un vrai casse tête!

    Marionette: non c’est parce que du fait du métissage je ressemble beaucoup à une antillaise :)

  • #3 Hélène le 28 février 2007 à 12 h 30 min

    Sois la bienvenue marie 2 ! ;-) Et merci pour ce beau premier commentaire !

  • #4 pomme le 28 février 2007 à 10 h 55 min

    Merci Joëlle, pour ce beau texte plein de nuances et de volonté d’explication. Personnellement ça me renvoie à certains de mes comportements, qui même si je m’en défends doivent parfois être irritants. L’enfer est pavé de bonnes intentions… c’est à chacun d’être vigilant sur les préjugés qu’il véhicule, même contre son gré.

  • #5 ombrelle le 28 février 2007 à 10 h 56 min

    houlalala; alors joelle, c’est trop bien ecrit ton texte.et comme je suis moi meme francaise d origine exotique, ton texte me parle carrement……un grand bravo a ton ecriture. a+

  • #6 effi le 28 février 2007 à 11 h 00 min

    Voilà qui est bien dit ! C’est pénible à la fin ce réflexe sociétal (oh, pas belle l’expression…) de mettre en exergue des différences supposées au lieu de voir comment avancer ensemble… Je suis bien d’accord avec toi.
    Bravo et merci pour ces belles lignes.
    Et bises, aussi.

  • #7 Stéphanie le 28 février 2007 à 11 h 05 min

    Et bien moi qui ai un petit garçon métisse de six ans, je crois que je vais garder ton texte quelquepart, si tu permets… Merci beaucoup de nous avoir fait partager ça!

  • #8 Marie le 28 février 2007 à 11 h 08 min

    Je vais sûrement passer pour la naïve de service (apparement sur ce sujet, ça m’arrive beaucoup … mes parents m’auraient-ils trop protégée ?).
    Mais pourquoi la couleur de la peau conditionnerait-elle l’être humain qui est derrière ?
    Je n’ai jamais compris pourquoi on demandait systématiquement à mes copains asiatiques si ils faisaient bien les nems, à mes copines beurettes comment était leur couscous ou si elles pouvaient préparer du thé à la menthe ?!…

    Ca ne viendrait jamais à l’idée des gens de demander à ma tante dont le nom de jeune fille est Agostini si elle sait bien faire la pizza ?…

    Au risque de me faire lyncher, je ne comprends pas d’où peuvent venir les idées racistes. Mes parents m’ont toujours dit que tous les hommes étaient pareils. Je n’arrive même pas à concevoir que des gens puissent penser le contraire.
    Quand je vois une personne, je vois une personne, pas une couleur de peau ou un nom !
    Je sais, je me répète, je suis naïve.

  • #9 Lilo le 28 février 2007 à 11 h 14 min

    Mince je suis totalement confuse.
    Je fais partie de ceux qui t’ont demandé de quelle origine tu es!
    C’est vrai que c’est toujours intéressant de savoir comment les autres ont vécu eux leur métissage. Et maintenant que tu le dis, c’est vrai que des fois ce genre de questionnement est pesant pour moi, alors que je fais de même quand je rencontre d’autres métisses. Donc la;logique voudrait que ce soit pesant pour eux aussi (mais macuriosité l’emporte faut croire). ;-)

    Je comprends ton sentiment de n’appartenir qu’à là où tu le veux.
    mais ce qui est marrant, et qui montre comme chaque expérience forge les réactions, comme mon métissage est moins voyant que le tien (maintenant, quand j’étais enfant ça se voyait bien plus), les gens passent leur temps à me dire que je suis française, donc par ricochet, je sur-exagère mon autre origine (et le fait que les japonais soient supra nationalistes ne m’aide pas sur ce trait de caractère je dois avouer ;-)).

  • #10 Fyfe le 28 février 2007 à 11 h 19 min

    Très joli post Joëlle !
    Ca me rappelle une secrétaire qui venait d’arriver. Sa jolie couleur café avait sucité la curiosité du chef et un dialogue surréaliste :
    " – Où êtes vous née ?
    – à St Denis
    – Aaaaah, la Réunion ! Vous nous ferez le plaisir de nous faire goûter votre recette de punch ?
    – Non, non, Saint Denis dans le 93 ! Je n’ai pas de recette secrète de punch, mais je suis une star en nourritude thaï car mon mari est chinois !"

    Bref, vivement que le métissage global ait fait son petit effet, d’abord parce que ça fait des couleurs de peau toutes plus belles les unes que les autres, et puis parce que la ‘différence’ n’en sera plus vraiment une…

  • #11 xmas le 28 février 2007 à 11 h 21 min

    article très bien écrit, juste que je ne comprends pkoi tu as utilisé l’expression "préjugé sur la couleur" demander si tu parles wolof ou d’où tu viens ce n’st pas un "préjugé".

  • #12 Caro Ronde et Jolie le 28 février 2007 à 11 h 22 min

    Ouah, Joëlle… Un texte à faire lire dans les écoles. Difficile de commenter tout ça parce qu’il y a tellement de choses dans ces mots. Comme dit pomme, l’enfer est pavé de bonnes intentions. Mais aussi de mauvaises, y’a rien à faire. J’aime cette phrase dans laquelle su expliques que tu es aussi blanche que noire sauf que le noir se voit plus. Je comprends très bien ce que tu veux dire et je comprends que du coup ce soit déstabilisant de se voiren renvoyer une image de soi qu’on n’a pas forcément intégrée. L’année dernière, ma fille a eu un amoureux. Elle nous parlait de Victor, tout le temps. Victor et ses beaux yeux, victor et ses beaux cheveux, victor si drôle, etc. Un jour je lui demande de me le décrire, parce que je ne voyais pas qui était ce victor. Elle m’a dit qu’il était grand, qu’il avait les yeux marrons, les cheveux frisés, et qu’il était très gentil. D’un coup je me suis rappelé qu’il y avait un petit garçon noir qui s’appelait victor dans sa classe. Je lui demande alors s’il est noir, pour savoir si c’est bien le garçonnet auquel je pense. Réponse de ma fille, un peu indignée: ben pas du tout, il est marron !
    Outre le fait que sa précision m’ait fait rire, j’ai aimé le fait qu’elle n’ait pas jugé utile de me parler de la couleur de sa peau, que pour elle ça n’était tout bonnement pas important, en tous cas beaucoup moins que la grande taille du bonhomme ou que ses yeux de velours.
    Voilà, j’espère que la génération à venir sera plus à l’aise avec tout ça, parce que plus souvent confrontée à l’altérité…

  • #13 Fanchette le 28 février 2007 à 11 h 22 min

    Salut Joëlle, à propos d’Afrique fantasmée, je te conseille (ainsi qu’à toutes les amatrices de diamands) Blood Diamand. Outre le fait que Di Caprio avec quelques kilos de plus, les cheveux moins blonds et quelques rides devient de plus en plus canon, mais je m’égare – ce film donne une vision carrément pas fantasmée de l’Afrique. D’ailleurs si quelqu’un a un titre de bouquin à me conseiller sur l’histoire de cette sombre période au Sierra Leone, je suis preneuse, ça m’a donné envie d’en savoir plus…

    Au fait, à moi, on me demande si je parle breton et si je sais faire les crêpes ! On est donc tous les "exotiques" de quelqu’un !

  • #14 Ménille Avénale le 28 février 2007 à 11 h 22 min

    Que voilà un magnifique post.

    Merci, Joëlle, et bravo pour la pertinence de tes mots. A te lire, tout cela paraît d’une évidence… Et pourtant, nous avons tous ce genre de réflexes stupides : "Elle est noire ?… Oh, d’où vient-elle ?" (sans mauvaises pensées).

    Et bien sûr, merci à Hélène de nous avoir donné ce beau texte.

  • #15 Hélène le 28 février 2007 à 13 h 25 min

    Bienvenue à toi, m’dame ! ;-)

  • #16 La Cuiller En Bois le 28 février 2007 à 11 h 25 min

    "Ce qui est différent fait peur" ce qui explique le début du racisme et plus largement le rejet de l’autre car différent de nos propres repères : couleur de peau, origine géographique, religion, mode de vie etc …

    Cela a été de tout temps, en tout lieux, mais l’accentuation est plus forte car maintenant nous sommes dans une époque de mondialisation du phénomène et de globalisation des entités : les arabes, les blanlieues, les noirs etc …

    Pour ma part :
    Je suis le fruit d’un homme et d’une femme : mon origine "femme" étant la plus visible, on m’appelle Madame

    Je suis le fruit d’un française et d’une ancienne espagnole (elle est devenue française en se mariant et elle s’est mariée avant ma naissance) : mon côté franchouillard étant le plus visible on ne me demande pas si je sais faire la paëlla (la réponse est "un peu, à la française", par contre je ne sais pas faire la choucroute ni la potée auvergnate).

    Je suis le fruit d’un Daniel et d’une Rosario : "Gloria" étant plus visible que mon deuxième prénom (je vous le dirais pas, n’insistez pas, mais il est frenchy et désuet au possible) on me loue pour l’originalité de mon prénom … anglosaxon !

  • #17 Milky le 28 février 2007 à 11 h 27 min

    Mmh ça me rappelle un de mes ex, couleuuur… café au lait, à qui on refusait l’entrée des boîtes "blanches" sous prétexte qu’il était noir, et des boîtes "noires" sous prétexte qu’il était blanc… (c’est sûr en boîte on s’éclate, du moment qu’on reste ENTRE NOUS…)

  • #18 annelise le 28 février 2007 à 11 h 31 min

    Ton billet me parle beaucoup aussi, mon métissage me vaut bien des questions stupides parfois. Pourtant il ne se voit pas tant que ça, du moins je pense. Malheureusement les préjugés prennent aussi d’autres formes. Quand je dis de quelle île je viens, j’ai droit à bcp de réflexions débiles "Mais attends, si t’es de là bas, pourquoi t’es pas noire ?" "et toi ducon si t’es français, il est où ton béret". M’enfin, qu’y faire….

  • #19 Marionnette le 28 février 2007 à 11 h 41 min

    Un peu comme Annelise… ma mère est née à la Guadeloupe. Quand j’en parle, on me dit "ben on dirait pas !" Comme si tous les antillais devaient être métis.
    D’ailleurs, ceux qui te chantent "ba moin un tibo" alors que ta famille est en Afrique sont un peu nuls en géo !

  • #20 funambuline le 28 février 2007 à 11 h 50 min

    Bonjour Joëlle,

    ce paragraphe est fabuleux: "Le fait d’être noire, dans le sens d’être "différente" pigmentairement parlant ou de venir d’ailleurs, ce sont essentiellement les autres qui me le rappellent, quand ils me demandent d’où je viens (ben de banlieue parisienne pardi!) si je vais souvent en Afrique (non mais Cahors je connais très bien) si je sais faire le Tieb où Dien (non par contre le confit de canard c’est no souci) ou si je parle Wolof (non mais en allemand je me débrouille)."

    Merci pour cette réflexion personnelle si touchante!

  • #21 Flora le 28 février 2007 à 11 h 54 min

    Coucou,
    Je risque d’en mettre une tartine car le sujet m’interpelle au plus haut point…MERCI, vraiment Joëlle, je me sens moins seule! Je pensais être la seule "Black" à oublier fréquemment ma couleur (plus Nutella, dans mon cas :-) et ce n’est pas une question de honte, c’est juste, comme toi, que je ne considère pas cette information comme la plus à même de me décrire…Une jeune femme avec 2 bras, 2 jambes et 1 tête (plutôt bien faite, en plus :-) me semble plus approprié…
    Je n’ai pris conscience de ma "différence" que sur le tard, car ayant aussi grandi en banlieue parisienne, je n’avais aucune notion de "normalité" puisque nous étions tous "différents", aucun n’avait la même couleur que son voisin et pour moi c’était sûrement pareil partout…Du coup, je suis antillaise mais :
    -je n’aime pas le zouk et lui préfère le rock,
    -je ne parle pas créole mais des bribes de serbo-croate,
    -je n’aime pas la noix de coco mais me damnerai pour un bon camembert bien fait…
    En général, le coup du camembert brise toutes les barrières et je n’ai plus trop à me "justifier" de ma soi-disant différence…Comme quoi, et ça plaira à Hélène, un bon fromage est toujours la solution!!!
    Biz
    Flora

  • #22 angie_nina le 28 février 2007 à 11 h 55 min

    Magnifique texte… ce qui m’a fait sourire "Même si comme tout le monde je me regarde quotidiennement dans le miroir, la couleur de ma peau n’est pas une information qui percute mon cerveau en permanence mais uniquement quand on me le rappelle."
    C’est vrai qu’en y réflechissant, le fait d’être de telle ou telle couleur ne nous saute pas aux yeux le matin, on est blanche, noire,métisse, c’est ainsi… Même blanche, je ne me dis pas tous les matins que je le suis, je regarde plutôt si j’ai des cernes et l’état de mes cheveux ;o)
    On ne se sent différent qu’au travers des yeux des autres… Et puis finalement, la France est terre de métissage, si nous cherchons bien, loin loin, nous avons tous des origines étrangères… Mes "ancêtres" sont venus il y a logtemps d’Irlande, mais il n’en reste pas grand chose à part le nom (et le sale caractère disait mon grand père) :o)
    Merci Joëlle pour ce partage, merci Hélène de faire un si bon choix.

  • #23 Marionnette le 28 février 2007 à 12 h 04 min

    D’ailleurs, pour reparler de la Guadeloupe… là-bas on regarde BEAUCOUP la couleur de la peau, il y a même une certaine hostilité, dans un sens comme dans l’autre. Finalement, la tendance en métropole est beaucoup moins raciste, même si ça peut paraître paradoxale…

  • #24 Stecha le 28 février 2007 à 12 h 05 min

    Là ce sujet m’interpelle carrément. Je suis métisse comme toi Joëlle, et j’ai beau venir de la soi-disant nouvelle génération, ce que tu as eu à subir, je l’ai subi aussi. Entre les coiffeurs qui touchent mes cheveux avec perplexité, ou font carrément des réflexions dessus alors que je ne leur ai rien demandé, les gens qui veulent tout le temps savoir d’où je viens ( généralement, je leur claque que je suis née à Versailles, ce qui est vrai d’ailleurs, ça les calme), et j’en passe… Puis je vis en Allemagne, mais paradoxalement, je les trouve moins intrusifs que les Français, comme quoi… Mon père qui est noir, ressent la même chose. Cela fait trente ans qu’il vit en France, exerce un bon métier, et on lui demande toujours s’il veut retourner en Afrique ou ce genre de chose ( et j’oublie les gens qui échorchent notre nom à se demander s’ils le font exprès, parce qu’au bout de trois mois…) Bref, merci Joëlle pour ce témoignage. Merci.

  • #25 chiara le 28 février 2007 à 12 h 08 min

    Merci Joëlle pour ce texte qui me parle beaucoup ..

    J’adore aussi l’anecdote de Caro. Très souvent les petits enfants metis mettent un point d’honneur à se nommer "marron". Une sorte de bon sens en réponse à des tonnes d’idées réconçues qu’ils n’ont pas encore, eux. Mais si ta petite fille est comme ça, Caro, crois moi c’est aussi un peu grâce à toi. Je vis avec un homme "marron", et je connais tout ça par coeur. Et quand il était petit, en banlieue parisienne, il n’a pas rencontré que des enfants aussi "préservés" des reflexes excluant.

    Il y a quelque chose de totalement irreductible dans le fait que la différence physique doit absolument pour certaines personnes se traduire par une différence culturelle, je l’ai vécu dans ma famille qui se croyait pourtant très ouverte. Je n’ai jamais pourtant été aussi proche en terme de culture et de sensibilité de quelqu’un que de mon chéri, et pourtant tous mes proches ont préféré penser que ce qui m’attirait, c’était forcément autre chose : son exotisme ? son physique à tomber à la renverse (oui bon un peu quand meme d’accord) ? peut être un truc sexuel ? etc … Super quoi ! Je me suis sentie bien mieux accueillie dans sa famille façon OVNI, diverse, métissée et ouverte .. PS je suis française de France blanche et je comprends le créole : "ba mwen an ti bo" (c’est plutôt comme ça que ça s’écrit ;-) oui, et pas seulement, et il n’y a à peu près que la cuisine antillaise que je maîtrise. Colombo, Blaff, i bon

  • #26 Joelle le 28 février 2007 à 14 h 10 min

    M’dame : oui j’ai lu le livre de Gaston Kellman. A dire vrai, rien qu’en lisant le titre de son bouquin "Je suis noir mais je n’aime pas le manioc" j’ai su qu’il avait eu une expérience similaire à la mienne.

    Et en plus c’est vraiment un très beau livre.

  • #27 marie 2 le 28 février 2007 à 12 h 24 min

    Bonjour,

    Des mois que je lis et je viens poster mon premier commentaire. Suis toute fière de moi ;-))

    Mon amoureux est metis comme Joelle. Il y a quelques mois, j’avais prévu un déjeuner avec ma meilleure copine. Avant, je décide de lui montrer une photo. Et là, je la vois faire une drôle de tête : " Mais il est noir". Non, pas qu’elle soit raciste, mais elle était très surprise que je ne lui ai pas dit. J’avais oublié ce détail. Alors un peu comme Joelle oublie la couleur de sa peau, j’oublie celle de mon amoureux.

    Faut dire que comme l’autre Marie, j’ai eu une éducation dans ce sens. A 4 ans, à Noel, déjà mes parents m’avaient offert une poupée noire, ma mère est marraine d’une jeune metisse et quand je leur ai dit que j’avais rencontré quelqu’un, il était ravie parce qu’ils allaient un jour peut être avoir des petits enfants, les plus beaux à leurs yeux.

    Le seul moment où il m’arrive de penser à notre différence de couleur, c’est quand, en vacances, je mets 15 fois de la crème par jour ( suis plus que blanche), et lui pas une seule. Totale, à la fin de la journée, il a bronzé et je suis rouge…

    Dans le genre réflexion raciste que j’entends à longueur de temps chaque fois que là, je dis que mon amoureux est noir : " et alors c’est vrai ce qu’on dit sur la taille de leur sexe". Sans commentaire…

  • #28 Hélène le 28 février 2007 à 14 h 26 min

    Ah, j’avais déjà envie de le lire, je vais trépigner en attendant ma prochaine expédition à la Fnac pour aller le chercher ;-)

  • #29 lyqa le 28 février 2007 à 12 h 30 min

    Pas grand-chose à dire de plus, si ce n’est que j’aime beaucoup ton texte, Joelle.

    Si seulement on pouvait arriver un jour à apprécier les gens juste pour ce qu’ils sont, et non pour ce qu’ils représentent – ou ce qu’on imagine, d’après les couleurs, la religion, etc…

    Merci Hélène d’avoir publié ce texte !

  • #30 Missgavotte le 28 février 2007 à 12 h 34 min

    Bonjour,

    Juste une toute toute petite annecdocte, pour flatter mon égo. Dites moi que je suis une bonne mèèèèère !!! :-D

    Quelques jours après la rentrée des classes, nous rentrons à pied avec mon fils. Bien sûr il y a toute une tripotée d’enfants et parents sur le chemin. Mon fils me parle d’un enfant qui marche devant nous, dans un groupe de 4 ou 5. Je pense qu’il s’agit d’un petit garçon "noir", mais je n’imaginais pas demander à mon fils "est-ce qu’il s’agit du petit garçon noir ?" car bien évidemment je ne dirais pas "est-ce qu’il s’agit du petit garçon blanc ?" en parlant de son voisin car spontanément, "instinctivement" blanc n’est pas un signe différent alors que noir…. non plus on l’a bien compris ;-) Donc "est-ce le petit garçon avec un cartable vert ?" me semblait beaucoup plus approprié :-)

    Je vis dans un quartier "multi-culturel" et toutes les carnations de peau sont présentent dans la cour de récré. Jamais mon fils ne m’a parlé d’un enfant "jaune" ou "noir" ou "arabe". Ils sont tous les enfants de la même école. point.

    Autre détail qui me fait sourire et me fait penser qu’on avance dans le bon sens. Mon fils "complexe" de ne parler que français, alors que dans son école beaucoup d’enfants sont bilingues (arabe ou turc).

    J’ai hâte de voir les jolies fiancées qu’il me ramènera… quelle que soit leur couleur !

    Missgavotte (rennaise pure souche, qui aime toutes les cuisines et toutes les copines !)

  • #31 lili le 28 février 2007 à 13 h 11 min

    Merci Joelle, tu fais magistralement passer tes sentiments et tes réflexions. J’ai la peau blanche et moi non plus je ne vois pas ma couleur quand je me regarde dans la glace. Comme une femme ne se voit pas femme (au sens féminin) mais juste elle-même.;o)

    A part ça, "d’où tu viens" c’est une entrée en matière pas forcément hostile. Elle n’est pas toujours agréable à entendre si on suppose que derrière se cachera un rejet. Je me demande si ce n’est pas une façon habituelle de demander aux gens de se situer, de nommer leur région, leurs alliances familiales qui sonne un peu antique, Moyen-Age ou Ancien Régime.
    Des tas de gens se demandent où ils ont fait leurs études et s’ils sortent des Mines, de Centrale, etc.
    On se pose ce genre de questions pour se trouver des points communs lorsqu’on fait connaissance, ce sont des rituels sociaux. La bonne éducation recommande de les éviter si on risque de mettre la personne mal à l’aise. Mme Lenormand posera la question à Mme Picard, ou Mme de Truc à Mme de La Chose. Elles s’abstiendront avec Mme Cohen…

    Je l’ai entendu aussi et bien qu’invisibles, mes origines diverses et multiples, je les ressens. Parfois ça fait drôle "Doù êtes vous?", alors on se demande sur quel pied danser. Je réponds "De la région parisienne" ou bien je fais le tour de ma géographie familiale, ça dépend.

  • #32 m’dame le 28 février 2007 à 13 h 18 min

    A lire "je suis noir et je n’aime pas le manioc" de G Kelman; tout y est dit…
    Et j’ai encore l’illusion que la France ne verse pas dans le "communautarisme" à l’américaine. ..

  • #33 Joelle le 28 février 2007 à 15 h 23 min

    @ toutes : merci beaucoup pour vos commentaires :)

    Caro: ben tu sais quoi? J’ai trouvé aussi que tu étais comme je t’avais imaginée. J’ai qu’un regret de pas avoir pu plus papoter avec toi mais je compte bien me rattraper lors de la prochaine soirée. C’est assez marrant finalement comme connaitre les gens à l’écrit permet de s’en faire une idée assez juste :)

    Et merci merci pour tous ces compliment j’en suis rouge de confusion :)

  • #34 souslesmots le 28 février 2007 à 13 h 26 min

    Effectivement pour beaucoup de personnes encore, ne pas mentionner un détail comme la couleur de la peau parait impensable..comme si cela determinait l’être.
    Pas très différent a mon sens de commencer à décrire quelqu’un par sa voiture, ou sa position sociale..hors sujet.

    J’ai grandi en déménageant souvent, dans un mélange de cultures et de couleurs, d’accents et d’odeurs.

    Le couscous le plus savoureux que j’ai mangé était préparé par une bretonne…et la vieille femme turque de mon quartier d’enfant faisait les meilleures madeleines que j’ai jamais mangé..

  • #35 Hélène le 28 février 2007 à 15 h 28 min

    Bienvenue à toi Jni ! Et merci pour ces gentils compliments ;-) (des carbonades flamandes, miam miam !!) ;-)

  • #36 arpenteur le 28 février 2007 à 13 h 36 min

    Très beau texte, merci.

  • #37 manon le 28 février 2007 à 13 h 39 min

    Quand on me demande d’où je viens… je réponds: " d’Afrique"… pourtant je suis bien blanche (enfin peut-on être bien ou mal…), mais j’y ai passé mes 16 premières années… c’est dur de ne se sentir de nulle part… enfin non, c’est plutôt dur que personne ne comprenne que cela m’importe peu… je suis de là où j’habite sur le moment… un peu partout un peu nulle part…
    Aller derrière les apparences…

  • #38 Joelle le 28 février 2007 à 15 h 40 min

    @Satrlite: si y a souvent de l’intérêt réel derrière ces questions. Mais parfois aussi de réels préjugés. Quand je creuse un peu ou que je réponds en plaisantant certains le prennent parfois un peu mal. C’est pour ça aussi que j’ai écrit ce billet. Parce que c’est un point de vue qui n’est pas souvent exprimé et que ça me paraissait intéressant d’expliquer comment je percevais tout ça.

    @ Annie: ça me touche beaucoup ce que tu écris.

    ça prouve que ce texte n’est pas inutile et j’en suis heureuse :)

    Comme je disais plus haut, le métissage même si parfois c’est complexe, c’est un peu noter avenir quoi qu’on en dise :)

  • #39 La Cuiller En Bois le 28 février 2007 à 13 h 40 min

    Je fus invitée à passer un week-end chez des amis, dont je n’avais jamais vu les enfants.

    En arrivant chez eux, ils nous présentèrent leurs deux fils, l’un couleur lait et l’autre couleur chocolat.

    Un quart de seconde de surprise (le couple n’est pas mixte) et une bise plus tard, il était impossible de ne pas penser "enfant, parent" et non pas "blanc, noir" (que je ne visualise pas en pensant à eux).

    Ce ne fut que plusieurs jours plus tard que mon amie me raconta son histoire. Comme une histoire qu’elle m’aurait raconté concernant un autre fait de sa vie …

  • #40 do le 28 février 2007 à 14 h 01 min

    Pffuit! beau texte, ça évoque des choses…
    Moi, je suis blanche, famille française depuis le XVII° siècle, et comme je suis brune, on m’a proposé des origines différentes qui m’ont bien amusée, parce que je me trouve peu exotique. Le plus mignon: une Constantinoise qui m’a touché la joie pour me montrer que ça se voyait, que j’étais bien de là-bas…
    Mais j’ai découvert la xénophobie en Pays de Vaud, en Suisse, à 20 mn de la frontière française, à cause de mon accent…
    Ca me rappelle quand j’étais petite à l’école, deux petites nouvelles d’origine algérienne, et de peau olivâtre. Les gamins leur criaient "hou! les chinoises!". (mignon, les enfants, non?)

  • #41 Hélène le 28 février 2007 à 14 h 01 min

    Bienvenue à toi, souslesmots ;-)

  • #42 Virginie le 28 février 2007 à 14 h 04 min

    C’est très bien dit.

    J’ai toujours trouvé la revendication identitaire (ma peau c’est mon drapeau) un peu dommage. Parceque c’est souvent là où on a grandi qu’on trouve son identité, par ses amis, ses écoles, ses amours, etc.

    Maintenant honnêtement, c’est une question que je ne peux pas m’empêcher de poser à une personne "pas blanche", comme d’autres ne peuvent s’empêcher de demander de quelle région on est (et ben moi, je suis de Paris, na! Avec une mère belge, mais ça ne se voit pas. Mais je le dit quand même). Mais je trouve normal qu’on me réponde "d’ici".

    Il paraît que 30% des français ont un grand-parent né à l’étranger, alors…

    Le livre conseillé par m’dame est excellent. A lire.

  • #43 Marylène Sud le 28 février 2007 à 14 h 38 min

    Un des plus beaux posts depuis l’ouverture de ce blog, qui aura beaucoup de résonnance. Difficile de commenter…. c’est si juste et "équilibré".
    Pour l’anecdocte : je me sentais très "terne" ado. Mes copains et copines avaient des ascendances diverses (pays, couleurs, religion) et de plus loin que je cherchais je n’étais "que" française!!! Heureusement que mes belles-filles sont venues inverser la tendance. Ouf!!!

  • #44 Caro Ronde et Jolie le 28 février 2007 à 14 h 44 min

    Joëlle, sache en tous cas que j’ai personnellement trouvé ta couleur de peau juste magnifique. Je ne savais pas que tu étais métisse. On avait échangé des mails pour l’interview, je vais chez toi parfois mais je ne suis pas tombée sur des billets où tu parlais de ça. Bref, forcément, je m’étais fait une idée de toi imaginaire, comme à chaque fois qu’on correspond avec quelqu’un qu’on a jamais vu. Et puis tu es arrivée chez ginette, on m’a dit: c’est Joëlle. Et en fait, tu étais exactement celle que j’avais imaginée, je crois. Je veux dire, ton visage correspondait à l’idée que je m’en faisais inconsciemment. A la différence près que ta peau était plus foncée.

    Bref, j’ai du mal à exprimer ce que je veux te dire, mais je n’ai pas vu une noire, une métis, une fille couleur café. J’ai vu une très grande jeune femme au visage très doux. Je crois que ça c’est la "magie" de ces relations qui débutent virtuellement. On va à l’essentiel quand on se rencontre et on ne regarde presque pas à quoi on ressemble.

  • #45 Ln75 le 28 février 2007 à 15 h 07 min

    Très beau texte, merci Joëlle d’avoir partagé ça avec nous et de nous faire réfléchir aussi. Que finalement les questions qu’on peut poser comme le dit lili pour ‘faire connaissance’ peuvent blesser, agacer … même si elles ne sont pas faites pour ça

  • #46 Jni le 28 février 2007 à 15 h 24 min

    Bonjour,

    Hélène, cela fait longtemps que je lis ton blog mais je n’ai jamais laissé de commentaires jusqu’à présent. Ton blog est super (et le tien aussi Joëlle).
    Joëlle, je me retrouve aussi dans ton texte très joliment écrit. A moitié Philippine et à moitié belge, on me demande toujours de quelle origine je suis. Et souvent, ça me fout en rogne. Cela dépend de qui me pose la question. Si celle-ci vient d’un métisse ou d’une Philippine, ça ne me fait rien. Au contraire. Par contre, si c’est un blanc bec, là, ça m’énerve.
    Je ne connais quasi rien de mon deuxième pays. J’y ai été deux fois dans ma vie et je m’y sens totalement étrangère. Mon pays, c’est la Belgique, et je sais faire le waterzooi et les carbonnades flamandes comme personne.

  • #47 Poupoupinette le 28 février 2007 à 15 h 31 min

    Les préjugés ont la vie dure :
    – les Noirs sont une race "inférieure"
    – les Asiatiques sont "mystérieux"
    – les Blancs sont "normaux"
    Et j’ avoue honteusement, parfois, je frôle l’adhésion avec ces préjugés totalement crétins. Pourquoi ? Une vieille culture qui remonte à la nuit des temps, dont il est si difficile de s’extraire. N’oublions pas qu’il y a encore quelques décennies, certains parlaient de "Nègres". Rappelons-nous de la boîte Banania.
    Mais aussi, pourquoi les hommes ont-ils été créés en différentes couleurs ? Ca aurait été plus simple de les colorier tous de la même teinte, ou avec des rayures noires et blanches, comme des zèbres:-)
    Promis, Joëlle, plus jamais je ne demanderai à une de tes consoeurs, où à des gens originaires d’où ils veulent, mais avec une couleur de peau plus foncée que la mienne quelles sont leurs origines. Cette personne a la peau noire ? Ah bon, je n’avais pas remarqué.

  • #48 starlite le 28 février 2007 à 15 h 31 min

    Joëlle, je comprends ton dilemne, merci pour ta démarche, elle va en éclairer plus d’un mais n’est-ce pas simplement l’ignorance, voire pire, de prétendus bons sentiments qui poussent certain à adopter ce genre de discours. Ca me paraît insolule. Je compatis à ta lassitude.
    Bien à toi.

  • #49 Annie le 28 février 2007 à 15 h 36 min

    Merci, Hélène, d’avoir publié cette lettre, merci aussi à Joelle d’avoir été si sincère et si explicite dans sa façon de se décrire et de se percevoir. J’ai deux petits-fils métis (leur papa est martiniquais), l’un est plus foncé que l’autre et ils sont beaux et je les adore. Je ne donnerais pas un seul cheveu de leur tête contre deux petits bien blancs. Mais j’ai eu du mal à accepter, dans un premier temps, que ma fille ait épousé un noir… je suis obligée de le reconnaître. Les préjugés idiots (famille, culture, certaine société) ont encore la vie dure. Ta lettre, Joelle, moi aussi je vais la conserver et la leur montrer. Pour le moment, ils revendiquent leur ascendance noire plutôt que l’autre. Je veux qu’ils comprennent que la couleur de la peau n’est qu’une apparence, perçue en premier par les autres bien sûr, mais que l’important est ce qu’ils sont vraiment, leur caractère, leur intelligence, leur sens des valeurs. Je suis une grand’mère heureuse.

  • #50 Joelle le 28 février 2007 à 17 h 39 min

    Chi: non je suis d’accord avec toi, la couleur est importante. Ce n’est pas queslque chose que je renie au contraire et comme toi je l’utilise aussi pour décrire quelqu’un. Cependant tu noteras qu’on dit rarement pour décrire quelqu’un qu’il est blanc. Parce qu’en France ça semble "évident".
    Et ce qui m’aggace aussi c’est que comme je le disais le coté "couleur café" est ce qui prédomine. Alors que ce n’est pas forcément ce qui prédomine dans mon quotidien ou la façon dont je me vois.
    Mes parents ayant divorcé, c’est ma mère (blanche) qui m’a élevée. Et forcément dans mon éducation c’est son héritage à elle qui a prédominé, même si elle n’a jamais rien fait pour diminuer ma part "d’africanité". Au contraire puisque c’est même elle qui m’a emmenée au Sénégal, pays d’où mon père est originaire.
    Ce coté prédominant de ma couleur, c’est un peu comme si aux yeux des autres, tout ce que je suis de par ma mère n’existait pas.

    Et c’est assez aggaçant pour ça.
    Même si comme je l’ai répété plusieurs fois, j’ai bien conscience que dans la majeure partie des cas, les questions qu’on me pose sont surtout des marques d’intérêt.

  • #51 Coraline le 28 février 2007 à 15 h 41 min

    Très joli texte… Pour ma part, j’ai grandi avec un certain nombre de jeunes qui se revendiquaient "marocain", "algérien" (ou autre), et beaucoup moins français. Contrairement à toi, ils avaient tendance à jeter à la figure de leur interlocuteur leur origine. Alors qu’ils étaient nés en France, y allaient à l’école, et n’allaient "au bled" au plus quelques semaines par an. Alors aussi parfois que leurs parents avaient plus longtemps vécu en France que dans leur pays d’origine….
    Dans le coup, c’est vrai que j’ai pris le pli de m’enquérir de la région d’origine (du monde mais en France aussi) des gens que je rencontre. Par curiosité. Par envie de découvrir l’autre. Sans le réduire à cela non plus, et encore moins à sa couleur de peau…

  • #52 Joelle le 28 février 2007 à 17 h 45 min

    Ak: mais je suis plus que fière de mes origines!!!

    S’il y a bien un truc que je ne renie pas c’est bien ça.
    Mais je suis aussi fière d’être à moitié originaire de Cahors par ma mèer que de Saint Louis du Sénégal pas mon père ;)

    Mais quand je répond aux gens que je viens de Cahors ils ne me croient pas :)
    Si je leurs dis que je viens de banlieue, ça ne les intéresse pas.
    Pourtant moi je trouve ça intéressant aussi :)

    Je parle volontiers de tout ce que je suis et de là d’où viennent mes parents.

    Je ne voudrait surtout pas qu’on pense que je ne suis pas fière de mes origines.
    Ce n’est pas du tout l’objet de cet article.

  • #53 do le 28 février 2007 à 16 h 13 min

    Coraline, je suis comme toi. Provinciale à Paris, je croise beaucoup de gens qui viennent d’un peu partout, et je pose la question "tu viens de quel coin?" quelle que soit la couleur de peau…

  • #54 Hélène le 28 février 2007 à 18 h 20 min

    Sois la bienvenue Chi, et ne t’enfuis pas, ton premier commentaire est très bien ;-)

    Personnellement j’essaye de ne jamais poser la question des origines des gens métissés ou manifestement pas auvergnats depuis 40 générations ;-)

    Parce que j’ai l’impression que ce serait leur dénier d’emblée la possibilité d’être français, ce qui en 2007 ne peut plus être envisagé de cette façon. Je trouve ça un peu rétrograde, comme manièer d’aborder les autres (je trouve que ça fait vieux colon paternaliste), donc j’évite.

    Mais je souligne que la question "tu fais quoi dans la vie" m’agace autant ;-)

    Quant à la couleur de peau à laquelle on ne peut pas échapper, j’ai ressenti ça moi aussi en Afrique, là pour le coup impossible de ne pas savoir chaque minute que j’étais blanche. J’ai trouvé ça très désagréable ;-)) Je pense que la loi du plus grand nombre prévaut, et que dès qu’on sort du lot ça devient un critère physique de distinction, qu’on ne peut pas ne pas voir.

  • #55 Cely le 28 février 2007 à 16 h 24 min

    Il faut dire que les temps changent assez vite. Il n’y a pas encore si longtemps, les noirs qui vivaient en France étaient en majorité directement issus de l’immigration ou d’un département d’ourtre mer. Aujourd’hui, tout le monde a commencé à se mélanger et plusieurs générations se sont succédées, toutes françaises. Ce vieux réflexe de demander l’origine date à mon avis de cette époque, simple réflexe. Et puis il est vrai que parfois pour engager la conversation, de façon certes maladroite, c’est plus facile de se rattacher à un élément visuel. Tu es noire, donc tu viens d’où ? Tu as des piercings, donc tu aimes le métal ?

    Ceci dit je me fais l’avocat du "diable" mais moi non plus je ne considère pas la couleur de la personne comme un élément déterminant, et moi aussi j’oublie facilement la couleur de mes ami(e)s ou la mienne. Et je crois bien que j’aurais pu te demander d’où tu viens en pensant sincèrement (de quelle région ?).

    Pour finir, tu as 1000fois raison d’aimer ta couleur café, je ne trouve rien plus beau qu’un métissage, quels qu’en soient les ingrédients !

  • #56 pal le 28 février 2007 à 16 h 47 min

    Je trouve ton texte très beau et drôle.
    Comme beaucoup de celles qui ont laissé un commentaire, je pense que la grande majorité des gens qui te demande d’ou tu viens le font sans préjugés racistes, mais avec une curiosité parfois déplacée. Ca me fait penser à ces quasi inconnus qui te demandent pourquoi tu n’es pas mariée, pourquoi tu n’as pas d’enfants, ou un seul enfant mais pas deux, j’en passe et des meilleures…..
    Sinon, j’ai toujours tendance à me méfier du politiquement correct, et je ne ressens pas de gêne particulière à décrire une personne comme étant noire, au même titre que je dirais d’une autre qu’elle est grande, ou petite, ou brune ou blonde, ou jeune ou âgée… bref, la couleur de peau étant une caractéristique physique comme une autre, ni plus ni moins.

  • #57 Chi le 28 février 2007 à 17 h 05 min

    Bonjour a toutes,

    Comme cela à été dit plusieurs fois je trouve le texte présenté touchant et bien écrit (c’est d’ailleurs pour cela que je me permets de réagir), toutefois en survolant les commentaires, j’ai crut lire certaines dire qu’il ne fallait pas voir, ou du moins remarquer et ce encore plus a voix haute, la couleur de peau d’une personne (peut être me suis je trompée, le survolage n’est pas toujours très profond, si c’est le cas je m’en excuse), je ne suis pas tout à fait d’accord sur ce point, au sens où selon moi, omettre volontairement (le "volontairement" est important dans dans la phrase) ce détail, quant il s’agit de decrire quelqu’un par exemple, c’est se sentir géné, embarrassé par rapport à cela, voir tout betement renier cette spécificité. Personnellemnt si je dois décrire une personne couleur café, par exemple toujours, et bien cela fera partie de la description exactement comme si je disais qu’il ou elle est blond ou brun sans plus de poids que cela , juste que cette particularité (quelque soit la couleur) fait partie de son être et que l’éviter spécifiquement n’est pas forcément très sain.

    Il ne s’agit bien sur que de mon point de vue.

    *s’enfuit vite après avoir posté ce premier commentaire*

  • #58 Ak le 28 février 2007 à 17 h 12 min

    Tout d’abord j’ai adoré ton billet, très bien écrit :)
    Mais soudain je me pose des questions, si je demande à mon amie malgache de me ramener de la vanille de son ile à mon beauf italien du bon parmesan "de là bas" et à ma charmante concierge d’où vient son accent alors je suis une raciste? je pensais juste m’interesser aux autres, je ne pensais pas faire mal…
    on me dmeande souvent si je suis etrangère aussi mais je ne le prends pas mal, peut etre parce que je suis fière de mes origines, mais je peux comprendre qu’en ces temps etranges certaines origines sont plus facilement raillées ou caricaturées que d’autres…

  • #59 Fanchette le 28 février 2007 à 17 h 23 min

    À l’inverse, en vacances, dans une île bretonne, j’avais demandé à une personne d’où elle venait. Et elle m’avait dit "De Madagascar" Moi : "Houwou, t’as fait toute cette route pour faire ce stage d’une semaine à Tréplouc-les-flots, ben dis donc t’es motivée !!" Ah ben non, en fait elle vivait dans la Creuse, mais ses parents étaient malgaches !

    Moi aussi je demande souvent d’où sont les gens que je rencontre. Je n’y vois pas de lien à leur apparence physique, mais plutôt de voir comment ils se définissent… : "Tu viens de la région parisienne, t’es la pro du confit et du parle Allemand". Ben, même si tu es de la même couleur que ma voisine, tu ne lui ressemble pas. Elle vit à l’Ouest, elle sait faire du vin de feuille de pêche et elle peint merveilleusement. La question "Tu viens d’où", c’est un peu le même débat de "Tu fais quoi ?" On n’en attend pas l’échelon et le salaire du mec en face, juste quelques infos pour s’intéresser, trouver des points communs et entammer la discut’. C’est moins intrusif que de demander : "Qui es tu Joëlle". Mais dans le fond, c’est ça qu’on a envie de savoir. Alors comment commencer sans heurter l’interlocuteur ? Quelle question poser pour aborder quelqu’un ?

  • #60 Lylou le 28 février 2007 à 17 h 34 min

    Pour moi il n’ya pas de souci. Quand on me demande mes origines je dis que je suis née à Paris 12ème, mais que mes parents sont de telle et telle origine.

  • #61 Hélène le 28 février 2007 à 19 h 51 min

    xmas et pichonade, soyez les bienvenues ;-)

    Luludéziles ça donne envie de se précipiter à la Réunion, ton commentaire !!

  • #62 Fanchette le 28 février 2007 à 17 h 53 min

    J’ai lu y’a pas longtemps que les cheveux bloncs étaient destinés à disparaître, à cause des mélanges (dans pas longtemps en plus, au plus grand plaisir des coiffeurs coloristes !). La peau blanche (entre nous si les noirs sont marrons, les blancs, sont plutôt roses eux non ?) aussi peut-être, puisque, comme tu le dis si bien, à 50 % blanc – 50 % noire, c’est le noir qui se "voit" le plus au final ? Bientôt on sera tous coloriés alors c’est un tout-blanc qu’on décrira ainsi : mais si tu sais celui qui est blanc.

  • #63 Hélène le 28 février 2007 à 19 h 57 min

    Je t’en prie Chi ;-)

  • #64 Nounsse le 28 février 2007 à 18 h 01 min

    Très joli billet, j’aime beaucoup :-)

    Si je t’avais rencontrée, et même si je ne suis pas de nature indiscrète, je pense que je t’aurais demandé de quelle origine tu étais. Je suis fille et petite-fille d’immigrés, et je suis toujours fascinée par l’idée que les aventures familiales, parfois dans la douleur du déracinement, font que 2 personnes se rencontrent un moment donné. Pour moi, c’est une façon de m’intéresser à l’autre.

    C’est vrai que la couleur de peau est plus flagrante qu’un nom de famille, mais les questions-clichés sont les mêmes ;-) Si je retourne souvent en Italie ? Je dois faire super bien la pizza, non ? (ou le tiramisu, ou les lasagnes, rayer les mentions inutiles !) Et ma famille, elle est arrivée quand en France ? Et puis il faut que je fasse gaffe, à partir de 30 ans, les Italiennes deviennent des vraies "mamma" (avec le geste qui élargit les hanches… ça tombe bien j’en ai 35…) Sans compter la prétendue sensualité italienne ;-))

    Bises Joëlle, et encore bravo pour ce beau billet.

  • #65 Nandou Guanaco le 28 février 2007 à 18 h 02 min

    Ben moi, j’ ai appris le racisme à l’ école. Petit Pierre était assis à côté de moi en cours préparatoire. Il était gentil, discret mais il ne m’ adressait pas la parole, car c’ est l’ âge où les filles font leurs clans de filles et idem pour les garçons. Puis un jour la maitresse nous a fait un cours sur le racisme parce qu’ un enfant de notre classe en souffrait régulièrement. Et c’ est là qu’ elle nous a expliqué qu’ il existe des enfants de couleur différente de la notre. Et elle a cité Pierre. "Voyez Pierre il est noir!". Je me suis tournée vers Pierre, l’ ai bien regardé et me suis dit: "Ah oui! je ne l’ avais jamais remarqué". Ce jour là j’ ai su que Pierre était différent, je ne m’ en étais pas rendu compte. Et j’ ai mis du temps à comprendre la différence d’ avec nous puisqu’ il n’ y en avait pas. C’ était sûrement le plus gentil des garçons de ma classe, voilà pour la différence. Ben voui, pas question de se faire mal remarquer puisqu’ il partait avec un handicap. Sinon, il a fait de longues études et exerce un fort noble métier dans le domaine de la santé.

  • #66 Moïra le 28 février 2007 à 18 h 04 min

    Bonjour Joëlle, bonjour à toutes!
    Pour situer, je suis "exotique" à l’inverse, c’est-à-dire : je suis si blanche que quand je rentre d’une semaine au soleil, personne ne me crois . Mon prénom (ce n’est pas mon pseudo) a une sonorité très peu française.
    Alors, la question des origines, je l’ai aussi. Puis, on me demande si je parle la langue du pays (à ma confusion, non), puis si je viens de là bas. Ma mère, oui. en France, on remarque son très léger accent, et on lui demande d’où elle vient. Dans son pays d’origine, on lui demande aussi d’où elle vient.
    Maintenant, si les questions sur mon prénom, je les connais pas coeur, je n’ai jamais ressenti le problème comme étant discriminant. Et c’est vrai, qu’en retour, je pose aussi beaucoup de questions sur les "origines", sans penser à mal. Parce que désolée, mais je trouve que c’est super intéressant. Un accent, un prénom, des expressions peuvent faire se demander d’où vient la personne (ça peut aussi bien être Marseille ou Mulhouse). Au boulot, nous sommes 80% à avoir des "origines" (parents, grand’ parents) étrangères, et nous couvrons les 5 continents. Et cette idée me plaît bien.
    Donc, je pose des questions sur d’où les personnes viennent et je ne pensais pas que cela pouvait être ressenti comme blessant. Au pire, agaçant (ça, oui !), mais pas insultant, ou pas pour montrer du doigt une différence.
    Peut être aussi ce qui est difficile c’est que je ne peux pas dire que ma famille vient de telle ou telle région ou même de tel pays : elle vient de toute l’Europe ! Mon père est né à Paris, mais de son côté aussi, y’a des origines étrangères, et pas que d’un seul pays.
    Enfin, si j’ai vécu la plupart de mon enfance en banlieue, je me sens depuis 10 ans beaucoup plus parisienne (vous savez, à l’intérieur du périph ;-)) que banlieusarde.

    Alors, faut-il ne plus poser de questions ? Je me refuse à discriminer les personnes qui n’ont pas la même couleur de peau que moi en hésitant à poser des questions, alors qu’en plus, on m’en pose systématiquement ;-)).

  • #67 Mithra le 28 février 2007 à 18 h 07 min

    Tres joli texte en effet…
    Je crois que souvent la question "tu viens d’ou", c’est un peu comme "tu fais quoi dans la vie ?", une facon d’aborder quelqu’un, de le situer, de se trouver d’eventuels points communs. Parfois c’est de la pure politesse, d’autres fois c’est de la curiosite malsaine. Moi c’est souvent mon prenom qui sert a engager la conversation.

    Un peu a cote de ce billet, je rejoins Pal et Chi sur le politiquement correct qui va parfois un peu loin : j’ai souvenir d’une collegue americaine qui tournait deseperement autour du pot (je m’en suis rendu compte apres coup) en me decrivant physiquement une personne que je devais retrouver a un diner le soir-meme. Alors qu’elle aurait pu dire "elle est noire, plutot petite avec des lunettes rondes", elle s’etait emberlificotee les pinceaux a m’expliquer TOUS les details physiques de cette personne SAUF sa couleur de peau… et il se trouve que ladite dame etait la seule personne noire du diner, et que de connaitre sa couleur de peau m’aurait evite de demander a trois autres dames a lunettes si elles etaient Mme Machin avant de tomber sur la vraie !

    Moi la seule fois ou j’ai vraiment eu conscience de "n’etre que ma couleur de peau" c’est en voyageant en Afrique de l’Est ou les blancs sont appelles "mzungu" (et montres du doigt par des petits enfants ebahis dans les bus des patelins un peu recules, ca c’etait plutot rigolo). Mais c’etait en voyage, pas au quotidien : ca doit etre gonflant quand on te le rappelle un peu trop souvent ou qu’on te definit comme ca !

  • #68 dola le 28 février 2007 à 18 h 08 min

    Joelle, ton texte me parle tant que je suis très émue, au point d’hésiter à commenter. Je suis métisse comme mon père l’était mais ma culture est celle de la France où j’ai grandi.
    Mes orginies sont en Afrique noire mais les gens de me demandent toujours de quelle île je viens !
    Parfois il arrive aussi qu’on me parle créole ou arabe dans la rue et quand je réponds que je ne comprends pas on me croit à moitié ou on me prend pour une snob.
    Quand on me demande d’où je suis , je réponds Grenoble car c’est la-bàs, avec les montagnes, que je me sens chez moi.
    Je n’aime pas non plus quand en parfumerie les vendeuses me refilent les échantillons de parfume suave et épicés pour "aller avec ma peau", perso je n’aime pas du tout et seuls les parfums frais trouvent grâce à mes yeux.

    Sinon, le père des mes enfants est blond à la peau très pâle et aux yeux bleus.
    Par les hasards de la génétique nos enfants ont hérité de son teint, de sa blondeur .
    Souvent quand je suis au parc avec eux ou bien la première fois que je rencontre une animatrice de centre de loisir, on demande si ce sont bien les miens.
    Jusqu’à ce que ma fille et moi sourions en même temps et là plus de doute…

  • #69 Flora le 28 février 2007 à 18 h 09 min

    Je comprends Joëlle, sans être moi même métisse…Le fait de poser cette question implique que la partie "Française"de nous ne compte pas…J’ai grandi ici et je me sens française, au même titre qu’une personne blanche…Pourquoi dans ce cas, vouloir créer une différence?…

  • #70 Joelle le 28 février 2007 à 20 h 28 min

    xmas: mais mon père a participé à mon éducation. Juste qu’on ne me demande jamais de parler de ma mère et de ce qu’elle m’a apporté.
    La première question qu’on me pose généralement c’est "est-ce que tu vas souvent en afrique et est-ce que tu vas y returner".

    A force quand c’est systématique, quand les seules questions qu’on te pose renvoient vers l’étranger, même quand tu es fière d’en être originaire ce qui est mon cas, j’ai parfois l’impression d’être une apatride tu vois?
    Parce que même si j’en suis originaire, même si j’en suis fière, je ne viens pas de ce pays étranger qui fascine tant les gens.
    C’est un peu comme si moi je n’avais pas de choix et comme si ce que je suis n’importait pas. Comme si les autres décidaient pour moi que je ne serait que originaire d’Afrique. Et que de ce fait, je devrais aimer Youssou N’dour, le riz épicé, les tresses africaines, lesw boubous colorés et les statues en ébène.
    Une fois que j’ai dit d’où vient mon père, je suis catégorisée sans même qu’on me demande mon avis.

    Sans en faire une maladie, et même si ça part souvent d’un bon sentiment, c’est parfois difficile.
    Quand je vois un français je ne me dis pas ben il aime le camenbert, edith piaf et le boeuf bourguignon.
    Je ne me dis rien en fait, j’attends de déocouvrir la personne telle qu’elle est.
    Je veux juste qu’on fasse pareil avec moi.

  • #71 Joelle le 28 février 2007 à 20 h 32 min

    Luludeziles: comme dit hélène, ça donne envie de sauter dans l’avion ton commentaire :))
    Et concernant le "politiquement correct" j’avoue je partage totalement ton point de vue c’est parfois ridicule. Mais comme pour les questions sur les origines ça part généralement d’une bonne intention.

  • #72 Luludeziles le 28 février 2007 à 18 h 53 min

    De retour, après avoir subi Gamède (le nom du beau gros cyclone qui nous est tombé sur la figure ces derniers jours: il était temps que ça se termine!). Et que vois-je? Un post superbe, sur lequel je m’empresse de sauter (merci à toi Joelle! :) )

    Je suis née et je vis à La Réunion, qui porte bien son nom, jugez plutot: chez moi on trouve des Blancs (originaires de l’île ou venus de métropole), des Chinois, des Noirs, des Indiens (qui viennent tous ou presque du Pakistan, certains d’entre eux sont tamouls, ceux-là sont appelés malbars, d’autres sont musulmans, on les appelle alors les zarab’, oui, oui avec "z", on dira un zarab’ ;) ), des Mahorais (originaires de Mayotte) des Comoriens (originaires des Comores), des Malgaches… tout ce monde vit côte à côte, se mélange (nous avons chez nous des canons, hommes et femmes… métis aux yeux clairs etc…), partage des valeurs, échange. On peut visiter chez nous des mosquées, des temples, chinois, des temples tamouls, des églises, on peut aller voir des cérémonies tamouls lors de la fête de la lumière par exemple chez les malbars (le Dipavali, avec marches sur le feu, etc: magnifique), on fête le nouvel an chinois avec des pétards à profusion ou la fgête du double dix (le 10/10), on fête aussi la fin du Ramadan ou bien la nouvelle année chez les musulmans, et en matière de religion, comme ailleurs, tout se mélange souvent. Il n’est pas rare de voir par exemple un couple de Malbars se marier d’abord au temple, puis ensuite à l’église et ça ne choque personne. Et tout le monde fête Noel.
    Les couples appelés "couples mixtes" en métropole sont juste des couples parce que la "mixité" telle qu’on l’entend en métropole ne signifie rien ici.
    On parle librement de la couleur de peau, sans gêne ou fausse pudeur, par exemple quand on décrit quelqu’un, on dira facilement "tu sais, le mec que j’ai rencontré l’autre jour, brun, le zarab là" sans que ça choque personne, parce que c’est naturel et qu’on est à l’aise avec tout ça. On est d’ailleurs tellement à l’aise que les blagues sur les uns et les autres en relation avec leurs origines ne sont pas rares (euh, pas des trucs du genre blagues lourdes racistes hein, non, non, des blagues juste drôles même si pas toujours fines ;) :D et personne n’est choqué, personne n’ira dire à celui qui fait la blague qu’il est raciste, on se moque gentiment des uns et des autres ouvertement).
    Je trouve ça d’ailleurs très dommage de voir à quel point on "n’ose" pas en métropole, à quel point on est gêné, on ne dit pas Noir mais Black, comme si Noir était un gros mot. Le politiquement correct est parfois ridicule.
    Je trouve ça fort dommage de voir mes amies de métropole être obligées d’acheter des livres pour expliquer à leurs enfants qu’il existe dans le monde des personnes qui ne sont pas blanches et blondes.
    Je suis très heureuse d’être née là où je suis née et que mes enfants eux aussi y soient nés, que ma fille trouve naturel d’avoir dans sa classe des enfants tous différents d’elle (elle ne voit pas de différence d’ailleurs), qu’elle soit à elle aussi à l’aise avec tout ça au point de nous dire, à son père et à moi: "toi maman tu es beige (ah ben oui, j’avais oublié de vous dire que je suis née ici mais de parents tous les deux métropolitains, ce qui me vaut souvent la question suivante en métropole" mais tu viens de La Réunion? Mais t’es pas très noire?" comme si tous les habitants des îles devaient être noirs….), papa tu es marron (il est mat de peau, métissage, métissage…), moi je suis beige et mon frère est marron clair; mamie est marron aussi (la mère de mon mari, que personne n’arrive à "cataloguer" quand elle va en métropole: elle est prise pour une Espagnole, Italienne, Brésilienne et j’en passe)". Bref ma fille nous sort ce genre de trucs de façon naturelle et ni mon mari, ni moi ne pensons une seule seconde à lui dire "on ne décrit pas les gens suivant leur couleur de peau" parce qu’on sait qu’elle ne fait que constater, c’est tout. Pour elle, comme pour nous, la couleur de peau existe, elle diffère, mais on ne la voit pas. On s’en fout quoi.
    Et j’ai toujours, toujours un petit moment de suprise quand je débarque en métropole et que je constate combien les zoreils sont blancs! Bien sûr, on peut croiser des Noirs, des Chinois etc mais globalement, quand on débarque en métropole en arrivant de chez moi, on est surpris. Après on s’habitue.

    Bon je vais arrêter mon post-fleuve, je ne sais pas qui aura eu le courage de me lire jusqu’au bout, je pense avoir été un peu "brouillonne" mais tant pis, pas envie de tout recommencer, je poste comme ça! :) Je n’arrive pas bien en fait à exprimer ce que je veux dire, la façon dont on pense ici, mais peut être que vous avez un peu compris quand même? ;)

    Encore merci Joelle!

    P.S. J’ai l’air d’habiter au paradis, c’est un peu vrai…. sauf que j’ai pas de Petite Mendigote!! :D

  • #73 dola le 28 février 2007 à 19 h 06 min

    @luludeziles tu me rapelles mon amie tamoul :-))

    @Hélène, je ne pose pas non plus question "tu fais quoi dans la vie ?", les gens n’ont pas forcément envie de parler de leur job ou non-job.

  • #74 xmas le 28 février 2007 à 19 h 06 min

    Finalement, je pense que si ton père avait participé à ton éducation, tu serais moi gêné par les questions des personnes qui se concentrent sur ta couleur de peau " dominante". J’ai lu le livre de Gaston Kelman, ce livre est une bombe, enfin, tout dépend comment on l’interprète, je trouve qu’il y a pas mal de messages implicites (je précise que je suis fille de parents immigrés).

  • #75 pichonade le 28 février 2007 à 19 h 21 min

    Bonjour,
    Premier post sur ce blog que je visite régulièrement.
    Joelle, merci pour ton texte et tout comme une autre blogueuse je le garde pour ma fille petite métisse de 6 ans qui se voir" mélange de papa et maman, je suis marron". Elle a raison cette petite.
    Savoir d’où viennent les autres, j’aime bien le demander quelque soit la couleur de peau, j’essaie de ne pas frustrer ni de déstabiliser ni de choquer. Moi je précise toujours d’origine gwada mais née en france. J’aime bien avoir un sujet de conversation, alors c’est plutôt une question " pour briser la glace".
    J’ai toujours eu conscience de ma couleur de peau contrairement à toi et cela a été un FREIN important que je me suis moi même imposé dans ma vie professionnelle: ne pas devenir commerciale terrain, ne pas avoir de clients en face à face, ne pas devenir avocate!!!
    Bien intégrée en Guadeloupe, mon arrivée ici même dans le 93 il y a 12 ans m’a génée, choquée, freinée. J’ai fini par épouser un "métro" car il était ce que je recherchais chez un homme. Je me suis rendue compte de notre différence le jour de notre mariage.
    Maintenant ma fille nous représente, fiers de nos origines, fiers de nos choix et de notre vie. Elle voit la couleur des autres mais ce sont des enfants comme elle! Il est difficile d’élever un enfant métis mais on y attache beaucoup d’importance! . Alors faisons en sorte que le regard des autres changent!
    En passant, mon mari chez Exotic Center, vous savez comment il a été traité? Comme un babtou.
    Et voilà, qui est raciste, qui ne l’est pas?

  • #76 Esme le 28 février 2007 à 19 h 27 min

    Ah Joelle! merci pour ce texte! il y a un livre dont ma parlé ma soeur l’homme de couleur ou finalement l’homme de couleur c’est l’homme blanc qui change de couleur selon la situation…

    enfin bref, la demande d’origine est constante avec mon nom et prenom, espagnol? italien? mais comme je suis allé vivre en grece, grecque? qu’est ce que ca signifie? pourquoi? comment? est ce que je parle les langues? ben oui tout plein de questions quoi! mais je ne sais pas ca me fait rien d’y repondre, les choses qui m’agacent le plus: l’accossiation de mon prenom avec les personnages d’une comedie musicale! ca ca me saoule grave!
    mais mes origines non….le plus drole c’etait en grece ou je parlais une langue selon la situation, les gens etaient perdus! ;-))

  • #77 xmas le 28 février 2007 à 19 h 42 min

    ( quand on est noire, on peut pas devenir avocate ? )

  • #78 Chi le 28 février 2007 à 19 h 44 min

    Joelle : C’est vrai que l’on dit rarement de quelqu’un qu’il est blanc, en France en tout cas, parce que cela représente la majorité locale, ceci dit ca arrive quand même, personellement je suis blanche, mais très blanche avec des yeux très foncés ce qui accentue, et pour me décrire, j’ai souvent entendus les termes de "lavabo" ou "aspirine" pour montrer la nuance (pour peu que j’ai des cernes ce jour la, y a des chances pour qu’on demande si je suis malade en prime) et si ca ne me gène pas à outre mesure je trouve quand même que les termes de café ou chocolat sont plus attirants. Mais je dévie du sujet la je crois ^^’

  • #79 Chi le 28 février 2007 à 19 h 54 min

    Au fait, j’ai oublié de le dire dans le message précédent mais merci pour l’acceuil Hélène ^^

  • #80 marion le 28 février 2007 à 21 h 05 min

    Joëlle ton article me fait penser à "je suis noir et je n’aime pas le manioc" de Gaston Kelmann (qu’il veuille bien me pardonner si j’écorche son nom, je nai pas son livre sous les yeux). J’y retrouve beaucoup de similitudes. Sa fille par exemple, quand elle était petite, lui disait "mais enfin papa, pourquoi on me dit que je suis noire ???? Je ne suis pas noire, je suis marron !!!" :o)
    Je peux difficilement réagir à ton article, n’ayant heureusement jamais eu à subir ce genre de ségrégation pour la simple et mauvaise raison que ma peau est blanche.
    Par contre, avoir des parents racistes n’est pas toujours facile … Du genre "c’est qui ce bamboula avec qui tu traines ?" -> "C’est pas Bamboula c’est David, il est dans ma classe et il a 16 de moyenne en maths" ou alors "Le Hakim que tu dénigres maintenant que tu connais son nom de famille, il est agrégé d’éco et passe le concours de l’ENA cette année" … Dommage !!!!!
    Donc finalement, pour moi tu es Joëlle, tout simplement, et dommage que tu ne saches pas cuisiner le Tieb, j’aurais bien pris des cours :op Mais le confit ça me va très bien aussi …

  • #81 Kilis Sex Symbol le 28 février 2007 à 21 h 17 min

    Merci Joelle.

    Je ne suis pas métisse (bon, alors, si je compte tout bien comme il faut, je suis quarteronne, mais on s’en fout, hein) mais je ressens pareil que toi.

    C’est vrai que beaucoup me demandent si mon pays (la Guadeloupe, c’est bien connu, on a même des ambassades ;-)) ne me manque pas trop. Je le prends mieux venant de personnes agées, pays signifiant région, à la base, mais bon.

    C’est vrai que certains trouvent spirituel de fredonner la compagnie créole dès que je m’approche – même si je ressemble plus à une material girl en tailleur bleu marine.

    Et c’est vrai que certains jours j’ai l’impression de porter ma négritude en étendard, surtout que je porte mes cheveux crépus (et lachés, c’est sublime) alors que je descends de deux vieilles familles nobles, l’une française, l’autre belge, même si je ne porte pas leur nom. Je me souviens d’un camarade de classe fils cadet d’aristocrates ruinés qui s’en est trouvé fort marri – j’avais plus de titres de noblesse que lui :-)

    Je suis fière d’être noire, je suis fière d’être métissée, et je suis fière de ne pas me définir seulement par rapport à ça. Et je te remercie de l’avoir exprimé avec autant de force de conviction.

    Merci encore, Joelle.

  • #82 Kilis Sex Symbol le 28 février 2007 à 21 h 23 min

    Et un mea culpa aussi : moi aussi ça m’arrive de demander d’ou viennent les personnes que je rencontre. Mais juste pour savoir si on est apparentés (je viens d’une trèèès grande famille ;-))))

  • #83 Mlle Crapaud le 28 février 2007 à 21 h 24 min

    coucou ! Très joli texte :)
    Moi c’est l’inverse : personne ne me croit jamais quand je dis que je suis d’origine libanaise, parce que je suis très pâle de visage … tout n’est pas dans la couleur de peau !

  • #84 Mouniou le 28 février 2007 à 21 h 38 min

    Le film "Blood diamon" a un propos trés interressant, et une forme trés américaine.

    Toute différence serait vécue comme une agression à son petit monde clos, et empécherait d’y tourner enrond. Tellement en rond que l’on s’ennuierait ferme !

    Ton texte Joelle est vraiment trés bien, en finesse, en vérité simple ou complexe !
    Bravo !

    Ayant un fils originaire des Philippines, au type bien marqué de ce pays, lorsqu’il envoie son CV avec son nom français on le convoque. Lorsqu’il arrive la place comme par hasard n’est plus disponible.
    Il évite toutes les manifs, disant "avec ma tête je vais en tôle direct".
    Heureusement il a de la carrure (aussi bien) mentalement (que physiquement).
    Mais là, c’est vraiment dégoutant !

  • #85 La Foldingue le 28 février 2007 à 22 h 50 min

    Je crois que dans ces comportements ce n’est vraiment pas du racisme pour la plupart (comme tu dis on passe sur les vraies réflexions racistes, tellement idiotes qu’elles sont facile à endiguer), c’est plutôt du sectarisme. Enfermer quelq’un dans un aspect de sa personne et le définir uniquement par cela. C’est vrai pour beaucoup d’autres choses que la couleur et la nationalité, mais ça se manifeste surtout comme ça… C’est dommage mais le cerveau humain a besoin de simplifier les rapports et d’avoir des repères simples.
    Tristement humain.
    Mais je suis certaine que les générations suivantes auront beaucoup moins d’a priori quant aux origines et aux couleurs.
    Très beau texte que tu nous offres.

  • #86 eh ma chere le 28 février 2007 à 22 h 54 min

    De banlieue et raffinée s’il vous plait !!! je me souviens encore de ce délicieux foie gras qui fit les délices d’une bande de bloggeuses en soirée troc !!!
    ah bon ????????? alors on peut être couleur café et aimer le foie gras ????????
    ;o) ! encore merci pour ton billet !!!

  • #87 souvienstoi le 28 février 2007 à 22 h 59 min

    Il est bien intolérable de voir ce manque d’humanité et de respect, car la diversité est une précieuse richesse, quel que soit notre identité culturelle…nos origines…. Hélène a eu raison d’ouvrir cette porte…… bien à vous…

  • #88 xmas le 28 février 2007 à 23 h 11 min

    En fait j’ai dit ça parce que tu as dit que tes parents étaient divorcés et que tu connaissais finalement peu la culture de ton père.

    <<Quand je vois un français je ne me dis pas ben il aime le camenbert, edith piaf et le boeuf bourguignon.
    Je ne me dis rien en fait, j’attends de déocouvrir la personne telle qu’elle est.>>
    Comment réussis-tu à savoir visuellement qui est français et qui ne l’est pas ;).
    Si par français tu voulais dire blanc, moi je demande quand même les origines, on peut être blanc et pas de la France profonde, mais bon cela, je pense que tu le sais :).
    Xmas.

  • #89 Malaïka le 28 février 2007 à 23 h 47 min

    J’ai beaucoup aimé ce texte. Merci pour l’avoir partagé. Bonne soirée.

  • #90 leontine le 28 février 2007 à 23 h 54 min

    Très beau texte Joëlle, très touchant. Je ne supporte plus les commentaires faits au titre de différences, quelles qu’elles soient. Je suis d’origine portugaise par mes deux parents, suis née au Portugal et n’y ai vécu que jusqu’à l’age de 11 mois, n’y suis pratiquement jamais retournée et naturalisée française avec l’ensemble de ma famille depuis mon adolescence. Je ne suis pas typée ce qui fait que certaines personnes ne se gênent pas parfois pour faire des remarques devant moi sur les "portos". Je ne manque jamais de préciser mes origines même si je me sens totalement française. J’ai vu des comportements changer à mon égard après une présentation de ma pièce d’identité où mon lieu de naissance apparaît. Moi aussi, j’ai eu mon lot de questions : comment cuisiner la morue (bien j’sais pas et j’aime pas ça), que visiter au Portugal (bin j’sais pas, j’y suis jamais allée), pourquoi t’es pas poilue ou "ah ton père était pas dans le batiment ?". J’ai eu droit à toutes les histoires sur les "portos" par ma belle-famille (et j’ai réussi à ne rien dire). Une petite anecdote : Le pavillon voisin du mien venait d’être acheté par un jeune couple que je rencontre en sortant de chez moi. Je me présente, en bonne voisine et leur souhaite de se plaire dans leur nouveau quartier. La dame me dit : Ah, ici on va être tranquilles parce qu’avant nous avions des portugais comme voisins. Qu’est-ce qu’ils sont bruyants les portugais ! J’avale alors ma salive, fait un grand sourire et lui répond : Je suis d’origine portugaise. J’espère que ça ne va pas vous déranger.
    Je suis bien sûr consciente que des origines peu ou pas visibles sont plus faciles à "porter" qu’une couleur de peau différente de la majorité de ceux auprès desquels ont vit.
    Il y a eu la période des portos, des polaks, des spaghettis, des espingouins, puis la période des beurs ou rebeus, des blacks… et j’en passe. Dans quelques années, on ne parlera plus de ces différences-là. Les mentalités évoluent. Et heureusement. J’ose y croire. La seule chose qui ne changera pas, c’est la bêtise humaine qui elle se fie des frontières et des couleurs de peau.

  • #91 anis* le 1 mars 2007 à 1 h 23 min

    Je lis pas tous les commentaires….. il y en a trop !!

    Je pense que quand on rencontre quelqu’un qu’on ne connait pas, généralement la première chose pour engager la conversation, c’est lui demander d’où il vient, pour ainsi se trouver des points communs: une ville qu’on connait, une région, un pays , donc un sujet de conversation . C’est la question "bâteau", la plus facile .
    Ce n’est pas parce que la personne est noire qu’on s’attende à ce qu’elle vienne du Congo, ou qu’elle est métisse ,donc des Iles .

    Répondre agressivement, c’est aussi vouloir dire : " vous voyez, vous vous êtes trompé ; vous êtes idiot, peut-être même raciste " . Vous croyez que c’est facile pour celle qui a voulu entamer la conversation , après ça ? Ben non; en général, c’est même fini .

  • #92 Lovepink le 1 mars 2007 à 3 h 55 min

    Un grand merci Hélène j’ai reçu THE BOOK….te tiens au courant de ma lecture mais vraiment heureuse et flattée….

  • #93 Joelle le 1 mars 2007 à 8 h 13 min

    @ anis: je n’ai jamais dit que je répondais méchament aux questions sur les origines. Juste que ce réflexe m’agace parfois.

    La plupart de mes amies sont blanches, et je peux t’assurer qu’on ne leur pose jamais ce genre de question quand les gens font leur connaissance.
    Pour exemple, avec Larcenette, nous avons fait toutes les deux de nombreuses soirées de blogueurs, à l’aventure, sans connaitre personne, eet absolument personne ne l’intéroge sur ses origines belges.

    Comme je l’ai dit j’ai bien conscience que c’est généralement un réflexe partant d’un bon sentiment. Mais c’est tout ce qui conditionne ce réflexe qui m’aggace. Même si c’est insconscient, la personne qui me pose cette question "d’où je viens" sous entend que je ne viens pas de là où je suis actuellement ce qui est pourtant le cas.

    Je te rassure de nombreuses blogueur/euses m’ont rencontrés et je ne crois pas avoir agressé personne! ;)
    Ni même avoir fait une réponse qui ait fait fuir quelqu’un. En tout cas j’espère.
    Et quand j’en suis à expliquer pour la 42ème fois dans une soirée que mon père est sénégalais, j’avoue au bout de la 42 ème, je fais de l’humour oui parce que en toute honnêteté j’en ai un peu marre à la fin. Mais jamais je n’ai agressé quelqu’un pour ça.

  • #94 Joelle le 1 mars 2007 à 10 h 56 min

    Petite Louise: effectivement ce texte est une reprise d’un de mes articles. Merci pour tous ces compliments :)

  • #95 cornélie le 1 mars 2007 à 9 h 23 min

    Merci Joëlle pour ce très beau texte, il m’a beaucoup touché…

    J’ai passé une année à Dakar, et je me souviens en débarquant avoir soudainement réalisé : Mince! Je suis blanche!!

    J’aime bien passer inaperçu et là, ça allait être pas facile! ;-)

    Qu’est-ce que j’ai aimé, quand des liens se sont crées, de me sentir accepté et aimé pour moi-même, et que la différence de couleur ne soit jamais mentionnée par mes amis!

    J’ai aussi épousé un étranger et, s’il est blanc, son accent le trahit, mes enfants aussi sont bilingues et ne savent pas toujours d’où ils sont. En fait, ni ici, ni là-bas on ne les accepte entièrement,  » third culture génération  » comme on dit!
    Tous les amis qu’ils se choississent sont dans le même cas de figure, … c’est l’avenir, et c’est chouette!

    Merci Hélène de permettre à tes lectrices de nous enrichir de leurs expériences!

  • #96 Hélène le 1 mars 2007 à 11 h 26 min

    La Foldingue sois la bienvenue ;-)

    Personnellement je suis toujours consternée quand devant moi on demande à qqn qui n’est pas blanc "tu viens d’où ?". Parce que la plupart du temps, les gens qui le font sont de la génération d’au-dessus, celle qui n’a pas été habituée à voir des noirs, des arabes, dse chinois…, et qui prend toute couleur de peau différente de la sienne pour celle d’un immigré fraîchement descendu de son boat people.

    Ca me saoûle, je l’ai déjà dit plus haut, je trouve que ça fait vieux colon paternaliste. C’est limite il y a la petite tape gentille sur la tête qui va avec, genre "et il vient d’où, ce gentil petit Bamboula ?", je trouve ça vraiment limite.
    Il vient de Cergy Pontoise, il s’appelle Jérémie et il est informaticien. Ca va comme ça les clichés, on est en 2007 !!

  • #97 Flora le 1 mars 2007 à 9 h 43 min

    Expérience de ce matin :
    -Flora, mais tu viens d’où, toi?(grrrr)
    -De Guadeloupe
    -Aaahhh, le pays de la banane!!!
    -…
    -Et, euh, Marie-Jo Pérec!!!
    -…(consternation)
    J’aurais dû répondre de la banlieue, c’est clair et net…

  • #98 Petitelouise le 1 mars 2007 à 10 h 36 min

    Ahh là là, mais dites moi pourquoi j’étais en déplacement hier au lieu d’être ici à lire tout ce qui s’y passait ! J’ai déjà lu un texte qui ressemblait à celui-ci il me semble, sur le blog perso de Joëlle, et il m’avait beaucoup touchée. Je ne pense pas y avoir réagit d’ailleurs, j’avais du le lire dans les archives, longtemps après sa parution, puis j’étais retourné le lire une ou deux fois. Alors voilà, je profite de ce petit nouveau-là pour faire un commentaire sans grand intérêt mais qui, au moins, dira à l’auteur que je trouve ce texte formidable. Et le débat qui suit derrière doit l’être aussi, alors vivement ce week-end que j’aie le temps de lire tout ça !

  • #99 VanillAngel le 1 mars 2007 à 15 h 51 min

    aaaaaaahhhhhh Luludeziles!!
    tu m’as oté les mots des doigts.
    Moi aussi je suis de la Réunion, mes parents aussi, grands parents, tout ça. mais bon, origines plutôt européennes, et pas très métissées… du coup, je suis désespérément blanche. sauf quand je suis bronzée, mais à paris c’est dur. oui désespérément, parce que j’aimerais tellement que ça se voie que je viens de là…
    après pour le savoir, il suffit de tendre un peu l’oreille, on entend mon accent, mes expressions (des fois je ne sais même pas qu’elles sont réunionnaises, et pas métropolitaines. genre " il farine", qui veut dire "il bruine").
    mais c’est vrai que, quand je dis "je viens de la Réunion", on me dit, ah bon, mais, tu es, comment dire, plutôt blanche…
    en arrivant ici, j’ai été un peu étonnée par la diversité des gens, mais une diversité différente de celle que je connaissais. chez moi, chacun porte en lui la diversité, ici, c’est plus rare. en même temps à la réunion, chaque personne semble sortir de l’ordinaire, on a tous l’air différent, et pourtant tellement tous semblables, dans les habitudes de vie, tout ça. la première fois que je me suis retouvée assise dans un amphi ici, je me suis sentie complètement noyée dans la masse: oui oui, tout le monde de la même couleur!!! bon maintenant j’ai l’habitude :) et j’ai compris que même si la france c’est un seul pays, chaque région a ses spécificités, donc c’est toujours intéressant de demander à quelqu’un d’où il vient, d’entendre parler de sa région, ses habitudes, les fêtes et les spécialités régionales. et bien sûr, il y a tellement de gens qui viennent "d’ailleurs"! la réunion, ça reste une petite île loin dans l’océan indien, et relativement peu connue. enfin, ce n’est pas un carrefour de passage quoi.
    moi j’adore parler de la Réunion, d’ailleurs, c’est risqué de me lancer sur ce sujet, à moins d’être très fort en changement de conversation, ou très patient (surtout si j’ai un pti peu bu (du rhum bien sûr)) parce que je suis totalement intarissable.
    mais c’est le fait de partir qui m’a fait comprendre à quel point j’étais attachée à mon île…

  • #100 Sokawai le 1 mars 2007 à 18 h 57 min

    Salut!
    Je tiens d’abord à dire que je n’ai pas lu les 99 commentaires, enfin, seulement quelques uns!^^
    J’ai 25 ans et je suis une blanche de la Guadeloupe. En fait pour être plus précis je suis bécquée. (j’entend dja certains grincer des dents). Cependant, mes parents m’ont toujours élévée dans l’acceptation de l’autre et ma mère m’a toujours dit :"Qu’il soit blanc, noir, rouge, ou jaune à ty poids, la couleur importe peu, ce sont les valeurs qui compte le plus (l’éducation etc)".
    J’ai vu ce mois-ci sur canal +, "Dans la peau d’un noir" et s’en était effrayant de voir si peu de respect. J’avais honte à la fin de l’émission! Regardez la!
    Par ailleurs, j’ai également vécu un forme de racisme de par mes origines bécquées et étant dans une classe à 99% noire. Mais, ça me pousse à réfléchir et à me dire que quelque soit la couleur de peau, ce sont en fait, les clichés et la haine du passé qui détruisent un mot qui disparaît peu à peu de notre langage : le mot "tolérance".

  • #101 Joelle le 1 mars 2007 à 21 h 21 min

    Alice : tu sais le plus souvent les métisses comme moi abordent sponténément cette question….si on leur laisse un peu de temps. C’est mon cas. J’en parle en général assez spontanément. Mais pas forcément tout de suite.
    Et si ce n’est pas le cas, raconter un peu de ton histoire à toi incitera ceertainement ton interlocuteur à en faire de même.
    Moi qui me confie peu j’avoue que quand quelqu’un le fait avec moi je le prends pour une marque d’intérêt bien plus forte qu’une question

  • #102 Alice le 1 mars 2007 à 21 h 06 min

    Bonjour Joelle

    je suis de tres pres le blog d’Helene, qui est toujours une bouffee de bonheur dès que j’ouvre un article.

    Ton article m’a donne envie de reagir et c’est donc mon premier commentaire sur ce blog. Non pas que les autres articles ne m’aient pas donné envie de reagir d’ailleurs, mais je n’avais encore jamais passe le pas.

    je tenais juste à te remercier pour ce tres bel article, qui m’a fait reflechir au comportement que je pouvais avoir face à des gens metisses. et je dois dire que tu as tout a fait raison…a chaque fois, je leur demande d’où ils sont orginaires. et dans la plupart des cas ils me repondent de france.

    Comme tu le dis dans ton article, pour moi, cette question est une marque d’interet et qui me dit que je vais peut etre en apprendre plus sur une culture differente ou une partie du monde que je ne connais pas…
    La prochaine fois, je tourneai sept fois ma langue dans ma bouche.

    merci encore pour cet article plein de nuances et criant de verite

    Alice

  • #103 gé junior le 1 mars 2007 à 22 h 57 min

    :) tout simplement

  • #104 del4yo le 2 mars 2007 à 1 h 14 min

    J’avais oublie…en France il n’y a pas beaucoup de melanges c’est vrai. Ici quand on arrive on garde sa culture et on rajoute la culture americaine par dessus. C’est tres rare de ne parler qu’une langue, et ceux qui ne parlent qu’Anglais sont souvent un peu genes. Du coup la couleur de peau c’est devenu un peu accessoire. Selon le temps que tu passes au soleil et tes origines bon ca change tellement que bien tatillon qui remarque encore! On souffre tous du racisme parfois, et en meme temps tout le monde fait attention a ne vexer personne. Tu viens d’ou? Est devenu une quesion rigolote parcequ’elle se pose a tout le monde. ce qui nous reunit c’est le fait d’etre venu ici, une deux trois generations ca ne change pas grand chose.

    J’ai pris gout a cette facon de vivre et je ne crois pas que je pourrais m’en passer, j’aime San Francisco pour ca aussi.

  • #105 Hélène le 2 mars 2007 à 11 h 23 min

    Alice, Sokawaï, soyez les bienvenues ! ;-)

  • #106 Pablo le 2 mars 2007 à 14 h 18 min

    Vive le métissage, les mélanges, les échanges, les migrations ! Merci, Joëlle, pour ton article.

  • #107 Nat le 2 mars 2007 à 17 h 12 min

    Mon mari est métisse et j’ai entendu des gens dire des choses horribles et en ai vu d’autres le traiter d’une manière honteuse et rien que d’y repenser je sens la haine monter ! Il y en a marre du racisme et de tous ces préjugés, marre des gens intolérants et stupides, marre de l’ignorance d’abrutis qui refuse la différence ! Le pire dans toute cette histoire c’est que c’est moi qui m’énerve, tandis que mon mari, lui, reste doux et calme… Résigné ? NON JAMAIS ! Vive le métissage !

  • #108 miss souris le 2 mars 2007 à 18 h 05 min

    Je suis à moitié normande et à moitié juive, probablement de Pologne il y a quelques générations.
    Plus blanc tu peux pas donc…
    Comme je porte un nom normand, les gens ne se posent pas de questions, mais si je dis que j’ai des origines juives, certains voient dans ma bouche pulpeuse et mon nez busqué des traits "juifs"… et pourtant ces traits me viennent de mon côté normand!
    Comme quoi il n’y a pas que la couleur de peau quand il s’agit de préjugés…

  • #109 Hélène le 2 mars 2007 à 18 h 24 min

    En effet miss souris, le préjugé n’a peur de rien ;-) Sois la bienvenue !

  • #110 elikia le 2 mars 2007 à 22 h 19 min

    Joelle, ton texte m’a énormement plu et touchée. J’avoue que tu m’as devancée parce que je comptais faire un billet sur mon blog ( et tanpis je le ferais qd même :) )Je ne suis pas métisse mais quelque part dans ma tête je le suis. j’aime dire que je suis le tissage de deux cultures. je suis née ici. Mais je reste le trait d’union entre deux continents; l’Europe et l’Afrique. je t’invite à mon tour sur mon blog pour découvrir mon billet sur la question. bravo et merci pour ton texte.

  • #111 Deejanee le 6 mars 2007 à 11 h 48 min

    Bravo Jo! Je pense que tu as mis le doigt sur un sujet trés épineux. Je me suis toujours demandé comment on calculait le degré de négritude dans ton sang et sous quelles conditions il fallait être considéré comme "caucasien". Je m’explique: Par exemple aux USA, je pense qu’il suffit d’avoir une goutte de sang noir pour être dans la communauté noire, or il s’avère que beaucoup sont tellement metissée qu’on ne devrait même plus considérer cet aspect! Enfin bref, moi au risque de paraître ringarde, je me considère comme une citoyenne du monde, et comme toi Joelle, mes parents et ma famille ne m’ont jamais demandé de me mettre dans un camp (blanche ou noire). Et sinon un truc qui n’a rien à voir, juste pour celles que ça interesse et qui connaisse le site Diouda (le guide de la beauté noire et métissée) a lancé son blog. Je leur ai déjà envoyé des mails, et ils donnent beaucoup de conseils pour nos peaux et nos cheveux etc… La réponse est un peu lente mais…. Bref, allez voir le blog, il a l’air pas mal avec ses astuces maquillage etc… http://www.dioudablog.fr/index.p...
    Désolée Héléne je ne fais pas de pub, c’est juste que c’est rare de trouver des cosmetiques adaptés et j’aimerais en faire profiter les filles!

  • #112 siamoise cramoisie le 20 août 2007 à 21 h 28 min

    Que j’aime ton témoignage, Joëlle…

  • #113 sandrine le 14 mai 2008 à 20 h 00 min

    Coucou
    eh bien moi je tiens à préciser quand meme que ce genre de questions, « tu viens d’ou » on me l’a posée surtout en région parisienne.
    ma mere en est plus victime que moi : réunionnaise, elle fait partie des « créoles blancs » à la reunion mais elle a la peau mate…et on la prend souvent pour une rebeu à son travail…et quand elle dit qu’elle est reunionnaise, les gens semblent toujours soulagés !!!
    moi j’ai hérité tres peu de sa peau, mais mon pere etant d’origine italienne, j’ai aussi ça qui se rajoute !(brune, yeux en amande marron, je c pas…) mais je n’ai jamais senti de racisme à mon égard, ce sont les rebeus qui me prennent pr une marocaine/tunisienne/kabyle…..lol
    enfin tt ça pr dire que tout ce truc d’origines, c chiant, mais c vraiment typique de paris/banlieue et des gens qui n’aiment pas ou se méfient des rebeus, etc, on connait tous les clichés des cités…..
    car quand j’etais dans le sud jamais on ne m’a demandée « d ou je viens », et à ma mere non plus (on pensait surement qu’on etait espagnols comme une bonne partie du sud ouest….lol)

  • #114 Hélène le 14 mai 2008 à 23 h 42 min

    Merci sandrine, pour ton commentaire !

  • #115 Tessa le 6 juin 2016 à 17 h 34 min

    Merci de votre témoignage que j’ai découvert en cherchant des livres pour ma petite fille de 5 ans, franco-mexicaine. Elle vit au Mexique et ne supporte pas que les amis ou collègues de ses parents s’étonnent qu’elle ne soit pas blanche comme sa maman mais ait la peau mate comme son papa.

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