Le baiser d’Isabelle…

28 avril 2008

baiser-isabelle.jpg… est un livre aussi touchant que passionnant.
Noëlle Châtelet y raconte la greffe du visage entreprise en 2005 sur Isabelle D, terriblement défigurée.
L’auteure décrit toute cette immense aventure médicale et humaine, depuis l’arrivée d’Isabelle à l’hôpital d’Amiens, tout le bas du visage arraché par son chien, à la conférence de presse où elle fut, un peu moins d’un an plus tard, présentée au monde avec son nouveau visage.

C’est hyper intéressant, du point de vue médical et scientifique, et extrêmement « interpellatoire » du point de vue du rapport à soi-même, au visage, à l’image.
Le processus psychologique d’intégration, par Isabelle, du visage de la donneuse, et par là-même le rapport qui s’établit en quelque sorte entre les deux femme, l’une morte, l’autre vivante, est touchant, délicat, complexe.
Un courage et une combativité sans faille côtoient chez Isabelle l’immense reconnaissance envers celle qui lui a permis de revivre et envers la famille qui lui a fait ce cadeau extraordinaire qu’est le visage de leur fille.

Le processus technique de transplantation est passionnant, et les questionnements des chirurgiens, à chaque instant préoccupé d’éthique et d’humanisme, admirables.
La qualité humaine des soignants m’a beaucoup impressionnée, les rapports très forts qui s’établissent au sein de l’équipe et avec la patiente font réviser bien des jugements hâtifs sur le corps médical.
Et comment considérer le don d’organes de la même façon après ce genre de lecture ?

32 commentaires Laisser un commentaire
Malgré les apparences, je sais lire

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32 commentaires

  • #1 Mamzelle Maupin le 28 avril 2008 à 8 h 20 min

    Voilà un livre qui doit remuer …

    Tu en parles très bien mais je ne sais pas si j’oserai le lire, je vais pleurer à chaque page …

  • #2 Yanjiao le 28 avril 2008 à 8 h 42 min

    J’aime beaucoup cette auteure, j’avais aimé « la femme coquelicot »… elle a une manière de parler de la féminité qui me touche.
    Rien à voir, mais je trouve la photo de la couverture très troublante, pleine de sensualité… non?

  • #3 Cécile de Brest le 28 avril 2008 à 8 h 46 min

    Je ne sais pas si je pourrais lire ce livre, ce doit être très fort…

    En ce qui concerne le don d’organes, j’ai une carte de donneuse depuis des années.
    Mais n’y a-t-il pas une différence entre donner son coeur, ses reins (cela ne se « voit » pas au final, quand nous sommes rendus à notre famille) et donner son visage ?
    Je pense que si, et la façon dont on envisage le don d’organe peut certainement en être modifiée. Pas pour moi, mais je conçois que ça le soit pour d’autres…

  • #4 Coralie Marie le 28 avril 2008 à 9 h 02 min

    Très jolie chronique. Je n’aime pas trop les livres qui parlent d’histoires vraies, mais tu en parles de manière convaincante ! Qu’est-ce qui t’a donné envie de le lire ?

  • #5 Elsonia le 28 avril 2008 à 9 h 18 min

    Merci pour ce conseil lecture… A rajouter sur ma to read list ;-)

  • #6 Nicole le 28 avril 2008 à 9 h 24 min

    Ah, quel sujet « sensible »…. Le don d’organes est un vrai sujet de société.
    Je ne suis pas « contre », vraiment, même si ma religion nous l’interdit… En fait, ce qui me fait reflechir c’est la question de « quel organe », est-ce un organe vital? est-ce esthétique? Sans pousser jusqu’au visage, je pense par exemple à une greffe d’oeil, par exemple…
    Un rein, on peut vivre sans… mais pas sans les 2 reins… Je sais pas, c’est très fragile et personnel…
    Je lirais bien ce bouquin pour m’ouvrir à ce sujet, mine de rien, tabou.
    Merci de l’info, Hélène.

  • #7 princessevarda le 28 avril 2008 à 9 h 26 min

    J’avais vu un documentaire à ce sujet où on voyait le déroulement de l’opération.
    Je me souviens avec émotion du moment où ils ont commencé à faire la transplantation et comment ce « morceau » de visage, terne, a commencé tout doucement à reprendre vie sur celui d’Isabelle.

  • #8 Vanille le 28 avril 2008 à 10 h 02 min

    Cette histoire m’avait beaucoup touchée, quand elle avait fait la une des infos. J’imaginais (à peine, je suppose) la douleur d’Isabelle et la difficulté de se reconstruire une vie avec un nouveau visage, venu d’une personne décédée.
    Pour ce qui est du don d’organe, depuis des années je disais à mon entourage que s’il m’arrivait quelque chose, je voulais absolument qu’on donne tout ce que pouvait l’être à quelqu’un qui en aurait besoin. Et puis un de mes amis a eu un accident qui a failli lui coûter la vie, après ça on a discuté et il m’a dit que ce n’était pas suffisant d’en parler et que laisser cette décision à ma famille était un fardeau très lourd pour eux; alors j’ai fait ma demande de carte de donneur d’organe par internet, et je l’ai reçue quelques jours plus tard par la poste. Maintenant je sais que mon corps, si jamais il ne m’est plus utile, pourra aider quelqu’un d’autre à vivre et ça c’est une grande joie pour moi.
    En plus, comment dire, c’est un peu de la personne décédée qui revit, et ça peut réconforter certaines personnes (en tous cas moi, mais je sais que d’autres ne le voient pas comme ça)

    Pfiou, dès le lundi matin, mes neurones ne se remettent pas de ce long comm….

  • #9 Deilema le 28 avril 2008 à 10 h 17 min

    Un membre de ma famille est décédé il y a deux ans. C’était une personne très généreuse, altruiste, épicurienne, que nous apprécions tous énormément.
    Les conditions dans lesquelles il est décédé permettaient de prélever plusieurs de ses organes, ce qui est plutôt rare.
    Ses proches ont accepté que ce prélèvement ait lieu, et toris de ses organes ont ainsi pu être greffés sur d’autres personnes, qui les attendaient probablement depuis des mois, voire des années.
    Sa disparition nous a tous bouleversés, mais quelque part, me dire que grâce à ses organes, d’autres personnes ont pu vivre, m’apporte un certain réconfort.
    Il continue à vivre à travers elles, en quelque sorte.
    La générosité ultime, finalement…

  • #10 Hélène le 28 avril 2008 à 10 h 20 min

    Mamzelle Maupin ça ne fait pas du tout pleurer, parce que ça se lit un peu comme une enquête policière, il y a vraiment du suspense ;-)

    Yanjiao je trouve aussi la photo très belle.

    Cécile de Brest c’est en effet toute la particularité de cette greffe, puisque c’est un organe qui se voit, ça en fait toute la complexité et ça pose des questions éthiques.

    Coralie Marie ce qui touche au rapport au corps et à l’image de soi m’intéresse beaucoup, et le côté technique, scientifique, de cette greffe, m’intriguait énormément.

    Nicole perso je ne pense pas que ça soit un sujet tabou.

    princessevarda voilà, ce moment avait l’air incroyable, quand le greffon a été irrigué par le sang de la receveuse et s’est mis à revivre !! J’aimerais beaucoup voir ce documentaire !

    Vanille il faut savoir que carte ou pas carte, les médecins ont l’obligation de demander son accord à la famille du donneur (mais évidemment si celui-ci a fait de son vivant les démarche pour donner ses organes, ça facilite le choix de la famille).

    Deilema je trouve aussi que c’est une générosité ultime.

  • #11 Nicole le 28 avril 2008 à 10 h 25 min

    Sujet « tabou » parce que sensible et difficile… J’en parle, ça ne me derrange pas, mais au moment fatidique, qui peut prévoir sa propre réaction (comme dans l’exemple de la décision de la famille?) On retombe aussi sur la décision du « débranchage »… ça peut etre lié.

  • #12 princessevarda le 28 avril 2008 à 10 h 28 min

    J’imagine que ça doit pouvoir se trouver sur Internet, non?

  • #13 Hélène le 28 avril 2008 à 10 h 30 min

    Ah oui vu comme ça je comprends ce que tu veux dire Nicole.

    C’est vrai princessevarda, je vais entreprendre des fouilles ;-)

  • #14 Lou. le 28 avril 2008 à 10 h 34 min

    Le don d’organes, c’est vraiment un sujet sensible qui mérite d’être traité.

  • #15 Mah-Yu le 28 avril 2008 à 10 h 58 min

    Bonjour,
    c’est vrai que tu as une façon très tentante de parler de ce livre. je dois avouer que malgré mon intérêt pour ce thème, je n’avais pas envisagé de le lire à sa sortie, et ton billet pourrait bien changer ça!

    Sur le sujet du don d’organes, je pense qu’il y a un déficit d’information.

    Si l’info circulait mieux, il y aurait toujours des refus de don, ça me semble logique et compréhensible, mais il y aurait beaucoup plus de donneurs « encartés » et au delà de ça, beaucoup plus de compréhension de la part des familles.

    Quand j’étais prof, aux alentours de la date de la « journée mondiale du don d’organes et de la greffe », je consacrais une matinée au sujet (pas avec les maternelles, hein! seulement au cycle 3) et les enfants étaient extrêmement intéressés.

    Il n’y a pas vraiment d’arguments pour convaincre les refractaires au don, et je me demande si ça ne serait pas un peu « déplacé », après tout c’est quand même une prérogative qui relève du plus intime possible: le droit de disposer de son corps, jusqu’au bout.

    Mais plus on en parlera, plus les hésitants prendront la peine de se poser la question. Et ça c’est précieux.

  • #16 Arundathi le 28 avril 2008 à 13 h 02 min

    Trés tentant ce livre, Hélène!
    Je vais le lire
    Les dons d’organes sont trés bien encadrés, juridiquement en France, pour éviter un quelconque trafic, entre autres
    Oui, c’est un moment terrible, quand le patient pour qui toute une équipe a bataillé dur, ne survit pas et , c’est cette méme équipe qui va devoir demander à la famille le droit de prélever les organes,
    Il faut savoir parler avec la famille, trouver les mots justes, connaitre le coté religieux-certaines religions comme l’islam, je crois, interdit de prélever les yeux (on peut faire des greffes de cornée)
    Quand c’est possible (le rein) on peut faire don d’un rein à qq de sa famille proche
    Ainsi ma belle-soeur a donné un rein à sa soeur qui allait mourir, elles vivent toutes deux trés bien maintenant
    C’est un trés bel acte , moralement et techniquement diificile à réaliser car il faut être complétement « compatible »
    le tranplanteur qui a fait la greffe est un homme d’une humanité rare!
    Il ne pouvait pas en être autrement!

  • #17 Hélène le 28 avril 2008 à 13 h 04 min

    Oui ça vaut vraiment la peine Arundathi, c’est une lecture passionante à tous points de vue !

  • #18 funambuline le 28 avril 2008 à 13 h 31 min

    Ce sujet est intéressant, social et en même temps très intime.

    J’ai une carte de donneur d’organe sur moi constamment depuis des années, mes proches sont au courant de cette volonté. Par contre, une de mes amies très proche travaille dans le monde médical et elle est tout à fait réfractaire aux dons d’organes, pas seulement les siens, mais en général, on en a discuté longuement, elle a vu de nombreux rejets difficiles et connaît toutes les difficultés de vie pour un transplanté… et elle est plutôt radicale. Sans entrer dans le débat (je ne veux en aucun cas faire son avocate et je ne connais pas plus que superficiellement les faits qui ont forgé son opinion), ça m’a choqué quand on en a parlé la première fois, je ne m’y attendais tellement pas. Je pensais qu’un tel « refus » viendrait plutôt de raisons religieuses et non médicales… Elle comprend mon point de vue et même l’encourage. J’ai du mal à comprendre le sien, mais elle est convaincue.

    Bref, même dans le monde médical, apparemment, ce sujet fait débat!

  • #19 funambuline le 28 avril 2008 à 13 h 39 min

    HS: la couverture me fait penser aux collections érotiques du genre « passions de femme », « histoires de femmes », « fanstasmes de femme », etc… toujours en n/b avec un « morceau » de femme dessus :-)

  • #20 asiachat le 28 avril 2008 à 13 h 49 min

    Très beau livre, effectivement, et qui ne fait pas pleurer, car il est porteur d’espoir.

    Je l’ai lu d’une traite, puis une deuxième fois en prenant plus de temps, pour l’analyser.

    Maintenant, il circule, je le prête à tout mon entourage, j’ai envie de convaincre les « anti »!

  • #21 Delphinoid le 28 avril 2008 à 15 h 16 min

    Ce livre a vraiment l’air intéressant, captivant et émouvant.

    Encore un livre qui s’ajoute à ma liste (gloups! Je ne vais jamais m’en sortir!) ;o)

  • #22 Cécile de Brest le 28 avril 2008 à 15 h 44 min

    Moi, ce qui me fait « rêver », ce sont les médecins qui pratiquent ce genre d’interventions…

    Et qu’on réussisse à greffer des organes ou de la peau, ça me semble un travail tellement hallucinant…

  • #23 pompomgirl le 28 avril 2008 à 17 h 16 min

    Tu parles très bien de ce livre, qui semble t il t’avoir beaucoup touché.

    En ce qui concerne le don d’organe, j’en ai moi même bénéficié, après avoir attendu plusieurs années. Cela fait une petite dizaine d’années, et j’avoue ne plus penser au donneur très souvent.

    J’ai réfléchi longuement à la manière de vous expliquer comment j’ai vécu ce don, mais j’ai beau retourner ça dans tous les sens, je n’y arrive pas.

    Culpabilité,
    gratitude,
    peur…

    le sèche, comment remercier quelqu’un que l’on n’a pas connu, qui est donc mort, et dont on ne connait ni l’age, ni le sexe ?

    Bon plus j’y pense, moins je suis claire…

  • #24 Hélène le 28 avril 2008 à 19 h 06 min

    Cécile de Brest effectivement la partie technique est tout à fait hallucinnante !

    pompomgirl c’est sans doute positif que tu ne penses pas trop au donneur, le but c’est d’aller de l’avant, je pense, non ?
    Enfin bon je n’ai jamais vécu ça donc je parle sans savoir hein ;-)

  • #25 cami le 28 avril 2008 à 20 h 07 min

    Hélène tu ma convaincu, des que je peu jle lirai!! et pour reprendre ce qui a été dit précédement dans les autres commentaires jtrouve egalement que tu en parle très bien!!

  • #26 organza le 29 avril 2008 à 14 h 25 min

    J’aime bien cet auteure…. qui par ailleurs, est la soeur de Lionel Jospin….

    Je n’ai pas lu ce livre, mais j’en ai lu un précédent où elle racontait la mort choisie de sa maman…. écrite avec beaucoup de délicatesse, très touchant.

  • #27 Hélène le 29 avril 2008 à 15 h 23 min

    Merci cami ;-)

  • #28 Ninette le 6 novembre 2014 à 21 h 26 min

    et bien encore un post découvert par hasard …
    Sujet hyper important ! Ce livre m’intéresse beaucoup il faudrait que je vois pour me le procurer.
    Dans mon couple, le sujet du don d’organes a été l’objet de longues discussions compte tenu de notre divergence de choix entre mon mari et moi. Lui est opposé au don d’organes (pour des raisons religieuses, nous avons 2 religions différentes) moi je veux que tout ce qui peut être prélevé le soit ! Le plus difficile pour lui étant d’imaginer justement un prélèvement de visage ou des yeux.
    Du coup il a fallu écouter longuement les « arguments » de l’un et l’autre et se promettre mutuellement de respecter le choix de l’autre le cas échéant pourtant contraire à notre propre vision des choses. Promesse qui signe un ultime respect, une ultime preuve de l’acceptation de nos différences, quelque part une ultime preuve d’amour … jusque dans la mort.

  • #29 Hélène le 6 novembre 2014 à 21 h 28 min

    Ninette: si le sujet du don d’organes t’intéresse, j’en avais parlé aussi ici : http://www.monblogdefille.com/blog/jai-pris-une-carte-de-donneur-dorganes

  • #30 Ninette le 6 novembre 2014 à 21 h 37 min

    Merci je viens de lire ce post du coup … j’ai ma carte de donneur dans mon porte feuilles depuis un moment. En revanche je viens de la déplacer pour la mettre près de ma carte vitale ! Bonne idée … et logique qui plus est :) merci ;)

  • #31 Hélène le 7 novembre 2014 à 12 h 00 min

    Ninette: je t’en prie ;-) J’ai aussi prévenu mon médecin traitant, et ma pharmacie habituelle, en plus de mes proches (mais j’imagine que tu as déjà fait ça aussi).

  • #32 Ninette le 8 novembre 2014 à 22 h 08 min

    ouaip ! et je l’ai mentionné aussi sur mon dossier à la maternité ! (je suis une psychopathe qui garde à l’esprit qu’accoucher peut virer au drame … ).

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