Tant qu’il y aura des tongs, par Val l’Expat

23 mai 2019

(une de nos maisons. La cinquième je crois)

« [Bon, je ne trouve pas de titre tout froufrou et sympatoche du coup j’ai pensé à « Tant qu’il y aura des tongs ».
Vu que c’est le dress code ici. Moi qui ai du mal avec les pieds des gens… :) Ce pays est trop fait pour moi. Plus ça va et plus je me questionne sur mes choix de vie.
On a grosses pluies tropicales, là, j’envoie le mail avant la prochaine coupure.]

*DISCLAIMER – Tout ce dont je parle est mon expérience propre. Je vis dans une petite ville de l’Etat de Rio de Janeiro, Saquaréma. Mon expérience ne résume pas tout le Brésil et mon but n’est pas de blesser ou vexer les brésiliens.

Il y a presque sept ans, j’ai tout plaqué et j’ai changé de vie.
J’ai pris mon sac, mon chien et un billet pour le Brésil.
Pas par hasard le Brésil, je suis partie en emmenant Giu, ma meilleure amie/roommate qui est brésilienne et son chien.
Pourtant au départ le Brésil c’est pas mon truc. Moi mon idéal c’est plutôt un pays froid au bord de l’eau.
Mais bon, les circonstances ont fait que ça a été le Brésil.
J’ai débarqué le 1er octobre 2012 dans la fournaise et j’ai pris d’amblée un coup de soleil cloqué de fou pour fêter ça.
Le Brésil c’est un choc. Violent. La chaleur, les odeurs, le bruit. J’étais pas préparée du tout, j’ai tout reçu de plein fouet.
Je m’attendais à rien, j’ai pas été déçue.
Quand tu viens en vacances c’est la carte postale. Les plages, la musique, le sourire des gens et les noix de coco, c’est cool.
Quand tu viens pour y vivre, tu tombes lourdement du côté timbré de la carte postale.
Même après presque sept ans, je vis dans un état d’effarement perpétuel.

« Mais Giu, tu la connais la nana de la banque qui t’embrasse ?
– heu non
Ah bon… Et la pharmacienne qui vend des chips et le mec de Casas Bahia pour la machine à laver tu les connais ?
– heu non plus. »
*note à moi-même : va falloir intégrer l’embrassade culturelle.

On a déménagé huit fois, un peu partout dans l’état de Rio de Janeiro.
Dans des petites villes parce que Rio c’est quand même trés trés moche et cher.
« Mais Giu, la maison là elle est pétée quand même, ça va pas le faire.
– En fait elle est pas complétement finie de ce côté.
Et l’autre côté ?
– Pétée, les termites.
Oh hey, regarde, rigolo, tu peux me passer le rouleau de PQ sous la porte de la salle de bain si je suis en rade, il y a la place!
– Yep, il y a aussi la place pour te passer le courrier entre la fenêtre et le mur. Pratique ! »

Et les dialogues surréalistes.
« – Alors la dame du condo (résidence fermée sécurisée, gated community), elle dit qu’il faut faire attention aux gambas en jetant les poubelles dans le container.

– Oui, parce que on peut se faire mordre.
… Y’a du danger avec les fruits de mer ? C’est violent le Brésil…
– Mais elle dit que comme on a les chiens, ça va, les gambas entreront pas dans la maison.
… Ok, donc niveau drogues ça se passe bien on dirait, non ? »
* Note à moi-même: Se souvenir que camarrão = crevettes, et gambas = opposums – et que macaron (macarrão) c’est des pâtes, désolée.

Et les différences de traitement.
« – Donc la dame demande à quelle église on va.
Ouhla ! Je vais à zéro église et c’est pas demain que ça va changer, pourquoi elle demande ça, elle vend des canapés.
– Oui mais c’est un magasin tenu par des évangélistes, si tu fais partie t’as une grosse réduc.
Ah. Dis-lui une église alors.
– Non trop tard, tu parles anglais elle croit que t’es américaine. »

La religion omniprésente.
Envahissante.
« Bonjour Monsieur chauffeur Uber, tu peux nous emmener au supermarché ?
– Sûr. Vous êtes d’où ? Evangéliste ? Spiritiste ? Catholique ?
Heu… de France. Juste pour le supermarché, c’est pas important, si ?
– AHAHA non. Mon arrière grand-père est italien et ma cousine par alliance est portugaise. J’étudie pour être pasteur. »
*Note à moi-même : Regarder le chapelet et les médailles qui se balancent au rétroviseur pendant qu’on roule donne mal au coeur.
« Hey t’as vu, le flic il avait un crucifix sur son bureau et le cartorio (genre de notaire où tu fais tamponner tout et n’importe quoi tout le temps) une grosse statue de la Vierge dans la salle d’attente.
– Oui. Normal.
… »
*Note à moi-même: Rester zen en voyant les signes religieux dans tous les bureaux et commerces.

Le fichage systématique de la population avec un numéro CPF qui te suit toute ta vie et qui ne sert à rien d’autre qu’à ça.
« Pourquoi elle me demande mon CPF, je veux juste acheter un pot de CeraVe pour une fois que j’en trouve.
– Garde-le à portée de main, on va te le demander pour l’aspirateur aussi. »
*Note à moi-même : Se faire tatouer cette saloperie sur le front.

Les coupures d’électricité.
« Ça fait quatre fois que je recommence mon texte pour Hélène, j’en ai marre.
– C’est parce qu’il y a du vent. »
Variante : c’est parce qu’il y a maintenance, touristes, pluie, que le manguier touche les fils, etc etc etc.
Note à moi-même : Respirer et sauvegarder.

Mais aussi.
Claudio et Wagner, nos voisins, nous donnent des fruits quand ils vont au marché.
Une dame âgée dans la rue me dit que je suis belle.
Le chauffeur Uber dit qu’on le paiera un autre jour si on n’a pas la monnaie.
La proprio nous téléphone pour savoir si on se plait dans la maison.
Les gars qui construisent la maison au bout de la rue, viennent nous réparer la douche juste parce qu’ils savent le faire.
Les gens sourient dans la rue. Ils parlent fort mais ils rient beaucoup.
La vendeuse fait tous les efforts possibles pour comprendre mon langage à base de gesticulations et de sémaphore.
Les meilleurs fruits du monde qui ne passent pas par le frigo.
Les petits singes dans l’arbre devant la maison.
Les fleurs incroyables et les colibris.
Les fruits et légumes non calibrés.
Les glaces au maïs.
L’océan, sans chichi, brutal et magnifique.

Mais aussi.
Pas d’eau chaude dans les cuisines, un système électrique pour la douche.
Pas de radiateurs pour chasser l’humidité dans les maisons non isolées quand il pleut pendant deux mois.
Aucun livre autre que religieux.
Pas d’activité culturelle.
Aucun produit cosmétique autre que Boticario et Natura (chers et ultra basiques) ou des dupes chinoises.
Taxe d’importation qui double voire triple le prix de tous les produits étrangers.
Le peu de choix dans les supermarchés et des sachets en plastique à la pelle.

Si je dois résumer. Le Brésil est un pays attachant et magnifique.
Pour les vacances.
Pour y vivre… Réfléchissez-y beaucoup avant de vous lancer.
Et si vous vous lancez, contactez-moi ;)

Signé : Val’Expat »

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Ô toi, lectrice !, Voyages

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42 commentaires

  • #1 Sophie-Pivoine le 23 mai 2019 à 10 h 51 min

    Fabuleux…. Merci

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  • #2 Cécilette le 23 mai 2019 à 11 h 23 min

    Jolie plume ! J’ai souri à tout ce billet plein de fraîcheur. :-) Il m’a rappelé les récits de copines parties s’installer au Mexique. Merci pour ces minutes d’évasion !!

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  • #3 nathalie le 23 mai 2019 à 11 h 25 min

    Merci pour ce magnifique témoignage du Brésil, Val l’Expat :-)

    Cela doit effectivement être un gros choc lorsqu’on débarque de la vieille Europe pour vivre là-bas (et non juste être en vacances) !!
    Certains aspects de ce que tu racontes me font penser à l’Inde, où j’ai voyagé 4 mois en solo sac au dos et à l’aventure…. Infrastructures défaillantes, constructions pas ou mal terminées, coupures d’électricité, très peu de conscience des impacts environnementaux… et à plein de choses positives et intenses propres à ce quasi continent.

    Comptes-tu rester encore longtemps au Brésil ?
    Ce témoignage me donne envie de retourner voyager, à la rencontre de cultures et de personnes différentes, je trouve ça « rafraîchissant » même si parfois cela peut être éprouvant….

    Bonne continuation et au plaisir de te lire encore :-) !

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  • #4 cinzia piat le 23 mai 2019 à 11 h 30 min

    « … Y’a du danger avec les fruits de mer ? C’est violent le Brésil… » Bon, je le trouve sublime! Non, mais elle devrait écrire un bouquin avec toutes ses aventures!

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  • #5 Belette le 23 mai 2019 à 11 h 40 min

    J’adore cette chronique et ça me rappelle tellement d’anecdotes de ma soeur lors de son premier voyage au Brésil dans sa belle-famille!! Merci beaucoup pour ce moment.

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  • #6 Sophie le 23 mai 2019 à 11 h 52 min

    Magnifique texte ! Rire et émotion
    Et d’une sincérité
    Bravo
    Sophie

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  • #7 Pâté-en-croûte le 23 mai 2019 à 13 h 02 min

    Bonjour Val,
    un grand merci pour cette petite virée brésilienne en mode sourire !
    Autre pays, autre souci..

    Il y a une dizaine années, je suis allée à Rio et Brasilia, en voyage organisé, avec option « architecture ». Très intéressant, très dépaysant, très touristique, surtout Rio.
    J´ai beaucoup aimé la culture, les habitants si attachants et ca m´a donné l´envie d´y retourner un jour. Pour y découvrir aussi d´autres coins plus « nature », tant qu´il en reste sur cette pauvre terre. S´il te plait, je voudrais aller à Bahia..

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  • #8 Miluna le 23 mai 2019 à 13 h 32 min

    Merci Hélène pour ce partage et merci Val’ pour ce témoignage…comme quoi on rêve parfois d’ailleurs lointain et paradisiaque , ou supposé tel, on fantasme et puis finalement, enfin en ce qui me concerne, je me dis que je ne suis pas si mal ici même si comme toi Hélène je supporte de moins en moins Paris… ;-)

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  • #9 Yakadi le 23 mai 2019 à 13 h 55 min

    Hahaha,
    mais quelle bonne idée de t’avoir confié cette mission de billet à écrire.
    Notre Hélène serait-elle une dénicheuse ďe talents?
    Merci pour les sourires et la tendresse que l’on ressent à te lire, val l’expat :-)

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  • #10 Hélène le 23 mai 2019 à 15 h 04 min

    Je savais que ça vous plairait, j’adore l’écriture de Valérie (l’histoire des gambas est inoubliable ;-)) !

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  • #11 Silene le 23 mai 2019 à 16 h 07 min

    Aaahh !!! Mais j’adore cet article! Merci Hélène pour avoir demandé à Val’expat ce billet. Merci Val’expat pour cette plume très rigolote et rythmée, et pour ce sujet qui me passionne.

    Cela fait vraiment écho chez moi, car je suis fille d’expat et j’ai passé mes 18 premières années à l’étranger. Et même si je n’ai pas habité au Brésil (moi j’ai fait Maroc, New York, Tchécoslovaquie, Vietnam), je reconnais tellement de choses que j’ai pu connaitre, tellement de décalages culturels qui font rire avec le recul, mais qui épuisent sur le coup.

    Et finalement, je ne sais pas si tu compte rentrer en France un jour, mais pour ma part l’arrivée en France pour faire mes études a été aussi assez délirantes, moi qui était identifiée comme « la française » dans toutes ces destinations exotiques où j’avais vécu, finalement, qu’est que j’étais dans cette société française dont je ne maitrisais pas tout les codes ?? Bah je crois que ça a été ma plus grosse exploration ethnologique lol

    Au plaisir de te relire Val’expat !!

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  • #12 missdior le 23 mai 2019 à 17 h 30 min

    Texte plein d’humour et très bien écrit
    .J’ai lu un article, il y a quelques temps sur l’église évangéliste très présente qui devance le catholicisme implanté depuis longtemps.
    J’espère te lire dans d’autres aventures!

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  • #13 Anne le 23 mai 2019 à 17 h 31 min

    J’y suis allée en vacances, chez des copains et autour, et je me suis dit qu’on était loin des clichés de carte postale! C’est ici très bien raconté!
    (et encore, il n’est pas question de la destruction de la forêt amazonienne ou de Coca qui finance des équipements dans des écoles en se faisant de la pub…)

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  • #14 Karine_From98 le 23 mai 2019 à 20 h 33 min

    Bonsoir et merci à vous deux pour ce témoignage en mode décalé qui m’a fait sourire à plusieurs reprises.
    « Tant qu’il y aura des tongs » mais vraiment, très bon titre ! ;0)
    A bientôt pour d’autres textes j’espère <3<3<3

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  • #15 Val’expat le 23 mai 2019 à 22 h 34 min

    nathalie : Je ne sais pas si je vais rester encore longtemps. Pour être honnête, j’espere pas. 7 ans c’est beaucoup. La France me manque, ma famille me manque. C’est pas simple.

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  • #16 Val’expat le 23 mai 2019 à 22 h 40 min

    Pâté-en-croûte : Je n’aime pas les coins touristiques, et Rio est trop peuplé-bruyant-agité pour moi. Je n’y vais jamais. Si tu viens au Brésil, va ailleurs, essaye Paraty, Angra, Tiradentes, Salvador aussi pour faire plaisir à M’ame Sanson. Rio c’est vraiment moche quand même :)

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  • #17 Val’expat le 23 mai 2019 à 22 h 46 min

    Silene : L’éventualité du retour en France ne m’effraie pas en lui-même, j’en ai trés envie. J’ai juste un peu peur de l’effet agoraphobique. Quand tu vis dans un pays dont tu ne maitrises pas la langue, tout est un peu « loin » un peu décalé, ça repose. J’ai peur de tout me prendre en pleine face en France. Comme quand tu es myope et que d’un coup on te colle des lunettes. Tout devient trop présent trop vite. Le sentiment de liberté que tu as en étant expat, c’est pas descriptible.

    Répondre
  • #18 Val’expat le 23 mai 2019 à 22 h 48 min

    Hélène : Merci Hélène de m’avoir donné la parole. C’est un trés trés beau cadeau. J’avais le trac et ta gentillesse m’a beaucoup aidée.

    Répondre
  • #19 Val’expat le 23 mai 2019 à 22 h 59 min

    missdior : Les évangélistes sont partout. Mais PARTOUT. Plusieurs églises par rue. Un tas de dénominations différentes mais une seule politique, la non-tolérance. Ils sont trés trés difficiles á cotoyer. Ce que j’évite au maximum. J’ai un probléme avec les gens qui se font du fric sur le dos des malheureux et ici ils s’en donnent á coeur joie. Ça marche á la donation et les gens se dépouillent pour ça. Ils n’ont déja pas grand chose mais ils donnent tout á leur église. Qui leur bourre le crâne de haine envers tout ce qui ne suit pas leur ligne.
    Je n’ai rien contre les croyances, chacun fait bien comme il veut et si croire en un super papa peut aider, je suis ok avec ça.
    Ce qui me fait peur c’est l’étendue des dégats que ça provoque dans ce pays bouffé aux mites et aux mythes.
    Quand les églises sont tout ce qu’il y a pour éduquer les gens… Eduquer á leur sauce.. ça me fout la trouille.
    Quand une pauvre gamine transgenre se fait massacrer á coups de machette devant tout le monde sans que personne ne réagisse, mais qu’ils filment avec leur portable, parce qu’être trans c’est « mal », moi ça me fait un peu mourir aussi.

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  • #20 Val’expat le 23 mai 2019 à 23 h 01 min

    Anne : J’ai volontairement évité les thémes de la violence et de l’environnement parce que les média en font déjá pas mal de gros titres et que je me suis dit qu’il valait mieux, pour une fois, montrer la vie au jour le jour, d’une façon un peu légére.

    Répondre
  • #21 Val’expat le 23 mai 2019 à 23 h 02 min

    Merci á vous tous et toutes, pour vos gentils commentaires :)

    Répondre
  • #22 celine le 24 mai 2019 à 1 h 20 min

    « Aucun livre autre que religieux » et pas d’activité culturelle? Pardon? La culture est interdite? Euh…..C’est carrément flippant là….

    Répondre
  • #23 Hélène le 24 mai 2019 à 9 h 09 min

    Val’expat : c’est toi qui m’a fait un beau cadeau (et à nous toutes !) en acceptant ma demande, avec un article de cette qualité !

    Répondre
  • #24 Kojo-no-maï le 24 mai 2019 à 10 h 50 min

    Entre les articles de Patricia et maintenant ceux de Val’expat, nous sommes gâtés ! J’admire les gens qui savent écrire avec style, et cette pointe d’humour tellement plaisante à lire. Ce qui n’empêche pas la profondeur derrière le sourire… Val, j’espère que nous aurons droit à d’autres articles, c’est très intéressant de lire ta vision de l’expatriation. (ce que tu dis ci-dessus des églises évangéliques est en effet très inquiétant.)

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  • #25 GAELLE RABIET le 24 mai 2019 à 12 h 50 min

    Merci pour ce joli témoignage ou on voit le Brésil d’une autre façon. Mon frère y a vécu 5 ans avec sa famille mais envoyé par Lafarge, donc bien loti Mais il m’a confirmé ce que tu dis pour Rio, et le contraste entre richesse et pauvreté.

    J’ai quand même eu le droit à paréos qui sont utilisés comme des serviettes là bas et ma collection de Tongs Le titre m’a bien fait rire . Il parait aussi que chaque personne qui travaillent dans les bureaux ont une paire de tongs dans leur sac.

    Merci Hélène pour partager ce beau texte et témoignage.

    Répondre
  • #26 HappyLilly le 24 mai 2019 à 14 h 13 min

    Quel petit bonheur ce texte! Merci! Je suis actuellement expat’ dans les Caraïbes anglaises (Anguilla BWI) et la vie des touristes n’est pas celle des expat qui n’est pas non plus celle des locaux.
    Internet rame s’il y a du vent (c’est à dire tout le temps), de la pluie ou s’il est entre 19 et 21h, il n’ y a qu’une route « nationale » (en France, ce serait une vieille départementale), des poules, des chèvres (il y en a plein partout) qui traversent sans regarder, des gens qui marchent à pied sur la route sans gilet jaune (il n’y a pas de trottoirs). Faut pas faire le con en auto parce que l’hôpital… A la pharmacie de fortune, ils vendent des bonbons tout ce qu’il y a de plus chimique et des chips! Oui des chips (des Lays’, « goût bacon, c’est bon, c’est de la viande pour les muscles ») et du Tang. Je ne m’en remets pas quand j’y vais.
    Nous vivons au milieu du bush (pas de voisin, un « chemin » pour arriver jusqu’à la maison, un coq, des poules qui n’appartiennent à personne, deux iguanes trouillards comme tout), des chiens pelés en vadrouille, des chats maigres comme tout. Ici il n’y a pas de librairie, pas de bibliothèque, pas de maison de la presse et PAS DE DISTRIBUTION du courrier. Ya la tv américaine par contre. Il y a des boites aux lettres communes au bout de l’ïle (mais il n’y en a plus aucune dispo donc nous, comme bien d’autres, ne recevons pas de courrier!). Mais, même au milieu du bush, des évangélistes et autres témoins de Jéhovah viennent tenter de sauver ma vie de la fin du monde qui approche à grand pas (suis au courant: j’ai la tv!).
    Bref, ce texte m’a fait un bien fou. Pas de voir que d’autres expat’ avaient le même « effarement perpétuel » mais de voir que la vie d’expat’ n’est pas un reportage façon « ils ont tout plaqué pour réussir ailleurs ».
    Merci Val! (moi aussi ma came, c’est plutôt le temps frais. Dès 20degrés, je commence à avoir chaud. Ici il fait 29-31 toute l’année. Sauf quand Irma débarque et bousille tout. Je flippe d’ailleurs.)
    Les Caraïbes et les gens sont top mais je ne supporte plus les gens qui m’envient même si je ressens de grands moments d’amour pour cet endroit et que je me demande si je vais réussir à me ré-adapter à une vie plus « comme avant » quand on partira vers d’autres pays.
    Merci Val’ et merci Hélène.

    ps: les gambas, j’ai mis plusieurs secondes à me dire « ah bon, ça a des dents? Mais elles sont grosses comment ces gambas? ».
    ps2: La photo: la vue depuis notre « cabane », au 1er plan, c’est le bush. Ensuite le pond (une sorte de marais salant mais celui-ci ne sent pas, il y a plein d’oiseaux qui font un raffut du tonnerre qu’on fini par apprécier). Au fond, des villas hôtelières abandonnées depuis Irma, la maison de Chuck Norris (devenue un running gag ici), puis l’océan.

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  • #27 Hélène le 24 mai 2019 à 15 h 12 min

    HappyLilly : merci pour ton commentaire, c’est tellement intéressant !
    (moi aussi au début j’ai cru que les gambas brésiliennes étaient géantes et avaient des dents ;-))

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  • #28 Val’expat le 25 mai 2019 à 0 h 40 min

    celine : Non, la culture n’est pas interdite. Juste elle n’est pas présente. Dans ma ville de 90 000 hbts il n’y a ni librairie, autre que religieuse, ni bibliothéque, ni cinéma, ni journaux quotidiens, ni magazines. RIEN. Je vois le niveau culturel des gens, c’est absolument zero. Ils sont bouffés par les USA par la télé sans avoir rien pour contrebalancer ça, ils voient ça comme le paradis. Ils sont super fiers d’être brésiliens, pensent que le portugais est la langue la plus difficile du monde, ont une super vague notion de la géographie mondiale, on parle même pas de politique et se contre-foutent de l’environnement, et le crédo ici quand un truc va mal, « on peut rien y faire, qu’est ce qu’on peut faire, prions » « Dieu y pourvoira » « pour toi c’est facile de critiquer t’es française, t’as tout eu sur un plateau ». Moi j’ai envie de leur hurler de descendre dans les rues et de s’agiter la fesse, qu’en France on a ce qu’on a parce qu’on se laisse pas faire et qu’il faut arreter de moutonner comme des crétins et de croire tout ce que la télé raconte mais c’est peine perdue, ils ne comprennent pas. Je me dis que dans les grandes villes il y a surement plein de gens avec des cervelles bien faites, mais dans mon coin, ils sont sous-éduqués et c’est trés trés triste á voir. La majorité des gens avec qui je parle, et ça fait du monde, vu comme ils se précipitent tous pour me demander d’oú je suis – je suis trés typée étrangére, blonde polaire, cheveux courts, teint lavabo et yeux verts, une extra-terrestre ici – n’ont jamais quitté Saquaréma. Ça résume la situation.

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  • #29 Val’expat le 25 mai 2019 à 1 h 02 min

    HappyLilly : On vit la même chose.
    La vie d’expat « officielle », celle des envoyés par les grosses boites est totalement différente de ce qu’on vit quand on vit juste normalement comme les gens du coin. Je vois sur FB les groupes d’expats de Rio, ils se reunissent au resto, je vois les photos, c’est pas ma vie et j’ai pas envie de les connaître. Ils ne vivent pas dans le pays, ils vivent entre eux. A tel point qu’ils vivent tous á Barra de Tijuca qui est un quartier riche de Rio, composé de plusieurs batiments (résidence fermée surveillée de trés haut standing) qui comporte des resto, un gros centre commercial hyper cher (j’y suis allée, j’ai bien bavé devant les trucs importés mais tu dois vendre des organes pour une créme hydratante donc je vais continuer de me tartiner chinois si ça vous fait rien..) du coup, ils n’ont pas besoin de cotoyer la plébe. Pour moi c’est pas connaître un pays que de vivre comme ça.
    Et oui nos « pharmacies » aussi vendent des chips, du coca, du petit matos style piles, ecouteurs, insecticide et bien sûr des tongs et un tas d’autre trucs. Comme toutes les boutiques. Le crédo ici c’est « j’ai une boutique je vends ce que je veux laissez-moi tranquille ».
    Les chiens vivent dans la rue – sauf les miens, les routes sont défoncées, la signalisation inexistante et tout le monde conduit comme sur la place de l’Etoile á Paris c’est á dire en vrac, vite et en s’en remettant aux instances supérieures pour la survie. Normalement je suis malade en voiture, ici j’ai pas le temps de vomir, je suis trop crispée sur ma ceinture de sécuritée pour ça.
    Tout ce que tu dis, s’applique ici aussi.
    Je me demande si c’est pareil pour les autres expats de part le monde qui sont seulement sponsorisés par leur propre volonté.
    Faut s’accrocher.
    Je commence á décrocher quand même par moments, je dois le reconnaître.

    Répondre
  • #30 Irena le 25 mai 2019 à 8 h 16 min

    Merci VAL’EXPAT, ton récit me ramène plusieurs années en arrière, lorsque j’ai vu la 1ère photo de ton billet, j’ai pensé « tiens, c’est la Guyane », où j’ai été expat pendant 2 ans, et là c’était « surtout pas de Tongs », chaussures fermées pour éviter les morsures éventuelles des rats autour des poubelles, les cafards qui pincent et les fourmis. Les pluies diluviennes, les moustiques, l’eau au bord de la plage tellement marron qu’on ne voit pas ses pieds, la « baygonnière » gros camion arroseur style arroseuse municipale qui passe vers 18 h pour vaporiser de l’anti-moustique.
    Avant la Guyane, j’étais expat en Roumanie, là il y avait l’ours la nuit autour des poubelles.
    Et encore avant (j’ai l’impression d’avoir 100 ans tellement j’ai bougé) l’Allemagne, parmi les meilleures années de ma vie.
    Merci à Hélène de t’avoir accueillie sur son blog, et grosses bises à toutes les expats un peu partout, de la part d’une nana qui ne bouge plus et qui le regrette.

    Répondre
  • #31 missdior le 25 mai 2019 à 9 h 52 min

    Val’expat : Merci de me répondre, c’est très gentil à toi. Et merci pour ces explications complémentaires. Je ne supporte pas les ultras de tous poils….
    A bientôt chez Hélène.

    Répondre
  • #32 celine le 25 mai 2019 à 14 h 57 min

    Val’expat, merci pour ces précisions. Ce que tu décris est identique à ce que j’ai vécu en Irlande du Nord (où j’étais une extra-terrestre aussi, mais physiquement dans le sens inverse de toi ^^). L’ethnocentrisme que tu décris était exactement le même, il est propre à l’absence de culture et d’ouverture sur le monde de la province de ces pays : être très fier de son pays, croire qu’ils sont les meilleurs en tout, que le reste du monde est sous-développé, aucun livre, aucune notion de géographie, etc. Là-bas, beaucoup pensaient que le monde entier parlait anglais et que nous autres assistants dans les High Schools avions appris exprès le français pour leur apprendre….Je me souviens des yeux ronds que m’a fait une commerçante de mon village quand je lui ai dis que le français était ma langue maternelle…Un exemple parmi tant d’autres….Mais je ne pensais pas que le Brésil était au même niveau…

    Répondre
  • #33 HappyLilly le 25 mai 2019 à 17 h 38 min

    Val’expat :

    Mon mec bosse pour une grosse boite de resorts de luxe mais nous, on ne vit pas comme ça, pas notre truc. Je regarde toujours les prix et comme toi, je ne cède pas aux sirènes exportées (le brie à 30$!!! Sans dec?) . Je ne me tartine pas chinois car Saint Martin est à 8km et on y va 1 fois/mois (à 40$ chacun l’aller et retour, tu n’y vas pas pour acheter du dentifrice! Surtout que la douane applique des droits de 28% à l’arrivée sur Anguilla). On n’habite pas avec les autres expat (suis trop sauvage pour ça) mais c’est vrai que s’il est appelé, le soir, en urgence à la propriété, je vais avec lui parce que je flippe toute seule au milieu du bush (il n’y a pourtant quasiment pas de criminalité sur l’île. J’ai bien aimé le commentaire où la personne expliquait qu’il y avait un ours près des poubelles. Nous on a des iguanes!). A l’hôtel donc, je me colle avec un bouquin/ipad (et mon thermos de thé) sur un transat face à la plage vide et j’hallucine de bonheur (pendant qu’il gère les problèmes).
    J’apprécie le silence de ma vie actuelle (notre frêt, pour des raisons abracadrabrantes met 6 mois à venir) et je me découvre la capacité de vivre réellement avec 2 shorts moches et 3 tee-shirts H&M qui n’en peuvent plus d’être lavés…
    Je ne me vois pas vivre dans un de ces bunkers dont tu parles (mais ici, il n’y en a pas). Ni avoir un gros 4×4 rutilant. Comme tu le dis, on passe à côté de tout si on fait ça. Je peux comprendre qu’on ne veuille pas se mélanger (je comprends mais je n’aime pas) mais que ces gens ne viennent pas dire ensuite qu’ils connaissent bien le coin. On a un petit 4×4 solide mais très humble (tout petit, 2 places, comme une méhari mais en tôle avec un toit). Mais en fait, rien que d’avoir une auto qui ne consomme pas et qui ne craint pas les trous et les branchages nous fait plaisir. Après, sur la route, je flippe un max (et je les insulte en français!) Les blancs sont peu nombreux et je crois qu’on est une micro-douzaine de français au total (les autres sont brésiliens ou américains) et on ne les fréquente pas (je ne sais pas pourquoi). Je ne fréquente pas du tout les femmes d’expat’ avec qui j’aurais pû être copine ailleurs, peut-être. Mais je refuse de parler ma langue maternelle en public et de débouler en masse dans les 3 « supermarchés » de l’île en parlant une autre langue et en achetant des trucs comme si le fric coulait à flot. C’est un principe d’intégration que je me fixe, une sorte de politesse. Bien sûr, je peux exercer cette décision parce que je parle anglais. Si on part ailleurs et je ne parle pas la langue, il faudra que je révise ma manière de faire. J’irai bosser bénévolement et apprendre!
    Je ne sais pas comment tu le vis toi, mais j’ai l’impression qu’on est un peu sur le même mood, mais je me sens plus immigrée qu’expat’: je suis chez les gens et ils n’ont pas besoin de moi, c’est moi qui ai besoin d’eux. Donc je suis sincère mais je fais profil bas pour ne pas déranger. J’ai peut-être gardé ça de mes études d’ethno: y aller doucement. Je n’ai aucune envie de rentrer en France, peut-être un peu de nostalgie du Pays Basque où nous vivions mais je me verrouille pour ne pas penser à ça. Mais, j’avoue une envie assez forte de retrouver un mode de vie qui m’est plus adapté (temps plus frais, trottoirs pour marcher, fruits et légumes frais, viande autre qu’étrangement cheap, autonomie et un peu de shopping ou du moins du choix).
    « Pardon » pour mon commentaire kilométrique mais je suis tellement contente d’avoir lu ce post. Je sature des gens qui me disent que je suis bien difficile parce que c’est paradisiaque etc. « Ah bon mais tu connais? » réponse « Oui je viens souvent au club machin-5 stars-où j’ai une suite avec la clim-que je mange du homard à 80$-les gens sont tellement serviables ça change de la France ».
    Qu’est-ce que tu veux répondre à ça?!
    Au sujet des gambas à grandes dents, j’ajoute à mon commentaire, une photo de l’adorable bestiole que mon chéri a trouvé près de la photocopieuse. Il n’a pas de grandes dents mais de beaux yeux!!!

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  • #34 Umi&co le 26 mai 2019 à 9 h 18 min

    Tant qu’il y aura des tongs … ou la naissance d’un écrivain.
    Merci.

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  • #35 Hélène le 26 mai 2019 à 9 h 47 min

    Irena : celine : HappyLilly : merci à vous, c’est super intéressant !

    Umi&co : exactement !

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  • #36 Mimosa le 26 mai 2019 à 10 h 48 min

    Val’expat : Ah oui ! Pour avoir vécu 4 ans au Japon, je me reconnais complètement dans ce que tu dis de la non-maîtrise de la langue :-) A l’avance j’aurais pensé que c’était très angoissant, mais en fait c’est hyper reposant ;-) Encore plus dans des endroits très bruyants comme Tokyo, ou exubérants comme ce que tu décris du Brésil… Et oui du coup quand on rentre en France et qu’on comprend tout ce qui se dit autour de nous, on se sent un peu agressé tout d’un coup.
    Évidemment mon expérience à Tokyo ne ressemble pas du tout à la tienne, le Japon est tellement développé et tellement cadré… Tout y fonctionne parfaitement, le quotidien est incroyablement facile – même sans parler japonais, c’est dire ! Par contre maintenant je suis en Afrique du Sud, et là on a tous les paradoxes d’un pays développé sur un continent qui ne l’est pas tant que ça (avec en plus une histoire récente disons, particulière, en Afrique du Sud…) J’ai beaucoup de mal à m’habituer au fonctionnement si chaotique sous des dehors très américanisés…

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  • #37 Virginie R le 26 mai 2019 à 15 h 31 min

    Coucou Val’Expact, j’ai adoré ton texte, un trés bon moment de passé où on apprend plein de choses, où on rit mais pas que… tu as vraiment ton style d’écriture à toi et c’est vraiment agréable à lire, à partager, on arrive à bien ressentir ce que tu nous décris… Et merci à Hélène de nous avoir permis de te lire, de nous avoir fait partagé ton texte. Y a un côté écriture spontanée trés agréable. :)))

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  • #38 ZAZA le 26 mai 2019 à 20 h 27 min

    Merci VAL’EXPAT , Article ‘savoureux’ et hilarant ! J’ai ri aux gambas et frissonné au ‘flicage’ de toutes sortes .. et merci Hélène pour avoir ‘hébergé’ ces instants de vie

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  • #39 hhhhaa le 26 mai 2019 à 21 h 07 min

    Je n’ai jamais fantasmé Brésil ni de toutes ces destinations soi-disant « paradisiaques » et cet article très bien écrit me conforte dans le fait que jamais je ne pourrais vivre en-dehors de l’Europe et même en Europe, au maximum la France, la Belgique, les Pays-Bas, la Scandinavie, l’Angleterre et le Portugal. Le reste, no way (je parle d’expérience). Donc évidemment le Brésil avec la religion partout et l’absence de vie culturelle -qui est une constante dans énormément de pays d’ailleurs- serait littéralement l’enfer pour moi. Quant aux expats au Brésil qui sont envoyés par les grosses boîtes, ça me rappelle les expats à Bruxelles (ma ville) qui représentent 30% de la population bruxelloise et qui même après 10 ans en Belgique sont infoutus de parler français et qui s’exclament en me rencontrant que je suis « la première Belge qu’ils rencontrent ». Evidemment la Belgique et le Brésil c’est pas pareil bien sûr mais la mentalité expat est la même partout. Merci pour cet article!

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  • #40 Océane le 29 mai 2019 à 20 h 58 min

    Merci pour cette article tres drole et touchant a la fois, je suis expatriée au Mexique (excusez l´absence d´accents graves) et je me retrouve beaucoup dans se qui est écrit parce que bien souvent les proches et connaissances de France s´imagine Cancun et les plages du sud du pays mais ne s´imaginent pas la majorité du pays qui vit a la campagne ou la pollution des grandes villes sans parler des moyens de transports, de l´électricité, du systeme de santé et les commodités en général… Et effectivement il y a expatrié et expatrié, beaucoup ne vivent pas vraiment le pays ils restent entre eux dans des résidences privées, se déplacent en voiture perso ou uber, consomment dans les grands magasins mais pas au marché, et beaucoup sont choqués quand je leur dit que j´ai toujours utilisé le systeme de santé public et non le privé comme presque tous les expatriés et beaucoup de locaux qui ont les moyens. Je me suis sentis bien mieux lorsque j´étais en Espagne je dois dire. Merci beaucoup pour cet article =)

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  • #41 Hélène le 30 mai 2019 à 8 h 57 min

    Est-ce que vous pouvez éviter d’utiliser les commentaires pour taper sur les expats riches, en mode « ouh la la nous on n’est pas comme eux, on est vachement mieux » ?
    Ca n’est pas le sujet de l’article de Valérie, merci.

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  • #42 HappyLilly le 31 mai 2019 à 4 h 49 min

    Hélène : Merci! Surtout que, pour être expat’, j’ai le sentiment que, finalement, l’expat’ est la version riche (et volontaire) de l’immigré.
    A la différence que, nous concernant, nous n’avons rien fuit mais on est quand même parti pour un meilleur ailleurs (et il faut, je crois, avoir conscience d’un truc: ils n’ont pas besoin de nous.)
    J’ai acquis, ici, une tolérance supplémentaire avec les immigrés dont je fais partie maintenant. Mon mec est fils d’immigrés italiens donc c’est dans son adn. J’étais déjà cool avec l’idée de recevoir, dans mon pays, des gens d’ailleurs mais maintenant, je sais que ça peut être moi et que rien que d’aller payer la taxe d’autorisation de rester sur le territoire est compliqué, stressant, cher et on ne se sent pas grand chose. Et encore plus si on ne parle pas la langue. Même avec du fric, on n’est pas des colons, on n’est pas du coin, ni en terrain conquis. Même quand les locaux sont très sympas.
    Il n’y a pas de mentalité expat’: aucun expat’ ne vit son expatriation pareillement. Ne serait-ce que par le biais du travail ou de la scolarisation des enfants. Personne n’est fondamentalement semblable. J’adore ça! Et le très bon article de Val le montre.
    (A chaque fois que je remplis de la paperasse et que je ne suis pas sûre d’avoir compris ce qu’on me dit, pourtant je parle anglais couramment, j’ai le coeur qui se serre en pensant aux immigrés qui rament dans un pays dont ils ne parlent pas la langue.)

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