« Imagine une petite puce de 5 ans…. Peut-être que tu connais une voisine de cet âge… ou ton enfant ?! Est-ce que 5 ans pour toi c’est grand ?! Est-ce qu’un enfant de 5 ans comprends ?!
Tu penses peut-être que non. Ou que oui. Dans les deux cas, tu as raison.
Quand à 5 ans un homme te touche, dans ton intimité – déjà le mot « intimité » ça ne te dit rien ! – tu ne te rends pas compte ! Tu ne comprends pas. Alors si en plus il te fait comprendre qu’il ne faut pas le dire, que c’est « juste entre nous ». T’es perdue…
Mais tu sens bien que quelque chose n’est pas normal… alors tu as peur. Tu te dis que si tes parents, que tu aimes tant !, découvrent ces gestes, ces « choses tellement bizarre », tu vas être mise dehors. A la porte… Alors tu laisses faire, tu laisses passer les jours. Pire, à un moment donné tu y trouve presque un plaisir. Quand même, ce jeune homme, c’est TOI qu’il a choisi. Et pas tes sœurs…
Le temps passe. Pour moi, ça a duré 4 ans. C’est long. Et pourtant si court… Chaque semaine, tu redoutes, tu attends…
Et puis il s’en va. Soulagement !! Il n’est plus dans ta région, tu n’as plus rien à crainte… Mais ce fardeau, si lourd, te pèse, te hante….
Après quelques années, vers 12 ans, tu commences à oublier plein de choses, tu voles, tu mens. Rien en rapport avec l’abus. Mais par honte. Pour cacher autre chose….
Et puis un jour, heureusement, tu peux parler. Une succession d’évènement qui font que… et tu parles ! Alors tu vois que tu n’y peux rien. Que ce n’est pas ta faute ! Que tes parents, tes sœurs, ta famille, t’aiment toujours autant. Et c’est tellement bon de sentir leur amour…
Au début, tu vas beaucoup mieux. C’est un peu l’euphorie…
Mais ça repart… et quelques mois après, en devenant adolescente, tu te poses beaucoup de question. Tu souffres. Ta plaie est à vif…
Parfois, comme moi, tu as beaucoup beaucoup de chance. On t’aide. Tu peux te reconstruire…
Aujourd’hui j’ai 21 ans. Hier j’en avais 5. Je suis reconstruite. Mais la cicatrice restera à jamais.
Parfois je pleure. Souvent je ris. Parce que ma vie est belle. Parce que je suis heureuse.
Il y a une vie après l’abus !!
Signé : brin de femme heureuse »