Pour elle, par Johanna

28 février 2017

« Bien sûr je savais qu’il existait des personnes homophobes, ou des personnes qui ne prétendent pas l’être mais qui, dès qu’on leur parle d’homosexualité, ont une sorte d’attitude de rejet, ce qui pour moi est exactement la même chose. Mais lorsque j’ai côtoyé de près ce type de personne, outre mon indignation et ma révolte, j’ai clairement été effrayée. Effrayée par autant de bêtise et d’intolérance.

Je n’ai pas eu de sœur alors ma cousine, dix ans de moins que moi, est ma petite sœur de cœur. Pour tout vous dire, je ne connais pas de personne plus adorable. Douce, bienveillante, généreuse, attentionnée, c’est une personne extraordinaire. Elle a su qu’elle aimait les filles à l’adolescence, vers treize ou quatorze ans. Elle ne l’a dit à personne, par peur du jugement et parce qu’elle n’était pas encore bien sûre d’elle. Elle en a parlé à une de ses copines puis à moi, un peu plus tard. Enfin, elle l’a annoncé à ses parents et au reste de la famille.

Je m’en souviens très bien, c’était lors d’un déjeuner, un été. Ses parents venaient eux-mêmes de l’apprendre et leur visage fermé ne présageait rien de bon. Ils n’ont pas seulement été surpris, ils ont été « déçus », pour reprendre leur terme exact. Comment ? Je n’en sais rien, mais je me rappelle parfaitement, cela m’avait glacé le sang.

Je vous épargne les détails sordides de son quotidien par la suite, ils ne l’ont pas mise dehors comme certains le font (peut-être aurait-il mieux valu maintenant que j’y pense) mais à titre d’exemple, ses parents ont même essayé de la caser avec le garçon d’un couple d’amis, pour qu’elle « change d’avis ».

Aujourd’hui, ma cousine est adulte et habite avec sa copine depuis près d’un an. Je suis très heureuse pour elle. Elle a gardé un vague contact avec ses parents, contrairement à moi. Je suis forcée de les voir lors des réunions de famille, je ne me donne même pas la peine de les saluer tant leur attitude est pour moi inacceptable. Je sais aussi que ma cousine garde une trace indélébile de cette histoire, ce rejet de ses propres parents, qui dure encore malgré le fait qu’elle soit indépendante et heureuse.

Dans un monde parfait, je souhaiterais que personne ne subisse ce genre de choses. Je souhaiterais aussi que nous n’ayons aucune espèce de répulsion, lorsqu’un proche nous annonce son homosexualité, surtout lorsqu’il s’agit de nos enfants, quels que soient les espoirs et les attentes que nous avions placés en eux.

L’homosexualité, c’est juste une affaire de goût, de préférence, comme on préfère le bleu au vert. Pas besoin de grand mot pour décrire cela.

Cette histoire est bien triste mais je voulais la raconter ici, sur ce blog que j’aime tant, car je sais qu’elle se répète encore bien trop souvent. Sans être moralisatrice, je voulais aussi faire passer un message de paix et de tolérance, car nous avons tous bien des combats à mener, autre que de juger les préférences de nos proches et celles des autres, qui n’ont pas besoin de notre autorisation ni notre consentement pour être ce qu’ils sont.

Signé : Johanna »

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Ô toi, lectrice !

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91 commentaires

  • #1 Karine (From98) le 28 février 2017 à 9 h 14 min

    AMEN !!!

  • #2 patricia prioux le 28 février 2017 à 9 h 26 min

    bonjour et merci pour ce texte; pour ma famille, mari et enfants, ce qui compte, c’est la personne, l’être humain, sa présence, son existence, son « moi », bref juste la personne; qu’elle soit bleue, verte, noire ou jaune ou même blanche, tiens, ! joke !, ne nous importe absolument pas, alors avec qui elle couche, franchement !!!! qui ça regarde ?si ce n’est la personne elle même … et je suis tellement fière et heureuse d’avoir réussi à inculquer cela à mes enfants ! comme le monde irait mieux « sans jugement, sans a priori » comme nous le répète toutes les semaines notre prof de sophro …

  • #3 Val vil le 28 février 2017 à 9 h 33 min

    Bonjour Johanna,

    Je suis une fidèle lectrice du blog et c’est la première fois que j’ose mettre un commentaire!
    Je suis maman de 3 enfants (2garçons 13 et 10ans et une fille 3 ans), j’ai du mal à comprendre la réaction des parents de ta cousine! Enfin c’est leur chair leur vie.
    Il m’arrive de me poser la question pour mon grand car il a des hatitudes différentes des garçons de son âge, mais pour moi l’important c’est de communiquer, parler des différence quelqu’elle soient et de faire passer le message ça ne change rien à mon amour pour eux!
    Mais je ne serai pas étonné si mon ressenti s’avéré exact que son père (nous sommes divorcés) réagisse comme ton oncle et ta tante et ça, ça me fait peur!
    Merci pour ton témoignage, aucun enfants ne devraient subir le rejet de ses parents car il ne correspond pas à leur idéal!!

  • #4 Caro le 28 février 2017 à 9 h 45 min

    Bonjour Johanna, bonjour Hélène, bonjour à toutes et tous,
    Ce message me touche énormément car comme toi, je ne comprendrai jamais cette peur, ce rejet de l’autre uniquement parce qu’il n’a pas les mêmes préférences sexuelles / couleur de peau / religion.
    Mon meilleur ami est gay. Je l’aime plus que mon propre frère qui lui est un intolérant invétéré et pour mon fils de 12 ans, c’est lui son oncle.
    Un peu comme ta cousine, s’il n’a pas été officiellement rejeté, la différence de traitement marquée entre lui et ses frères et sœurs est visible. La situation entre eux n’est pas franche, c’est un peu comme s’ils lui disaient « nous t’aimons MAIS…. » alors qu’il ne devrait jamais y avoir de « MAIS » dans l’amour que nous portons à nos enfants.
    Il y a souvent derrière tout cela beaucoup de préjugés, d’incompréhension et de clichés autour de l’homosexualité. Je pense qu’il faudrait que les homophobes prennent le temps de se poser les vraies questions : en quoi la sexualité des autres me dérange ? quel est son impact sur mon quotidien ? est-ce qu’elle m’empêche de vivre et aimer ? etc.
    Nous sommes au XXIème siècle, en France où l’homosexualité n’est heureusement plus un crime alors laissons les personnes s’aimer : il n’y a pas à juger, dénigrer ou haïr l’amour.
    Très belle journée à toutes et tous et encore merci pour cet espace de paroles.

  • #5 Céline le 28 février 2017 à 10 h 01 min

    C’est tellement ça… préférer simplement le bleu au vert.
    Les intolérants de tous ordres le sont parce qu’ils ne savent pas qu’on ne choisit ni sa couleur de peau, ni ce qui nous plait, ni ceux qui nous attirent et encore moins la personne qu’on aime.
    J’aime le bleu et les garçons et je déteste le vert. Mon meilleur ami aime le bleu et les garçons et il déteste le vert.
    Finalement, l’amitié et l’amour ne sont que des histoires de couleurs de coeur :-)

    Merci à toi Johanna pour ce partage, merci à toi Hélène de nous l’avoir transmis.

  • #6 LATAPIE le 28 février 2017 à 10 h 08 min

    On aime Johanna, qui aime sa cousine, que nous aimons aussi tous terriblement !
    Les belles personnes ne devraient jamais souffrir de cette façon. La vie peut être aussi terrible que belle.
    Alors gardons précieusement ceux qui nous font du bien, à l’âme et au corps, que ce soit de façon « futile » et essentielle.
    Des baisers à Johanna pour ce texte si beau et à sa cousine pour sa belle âme.

  • #7 DATCHA le 28 février 2017 à 10 h 12 min

    Bonjour,
    Ce témoignage m’interpelle fortement à plus d’un titre. En tant que citoyenne lambda du XXIème siècle et en tant que mère. Ma fille unique de 22 ans est homosexuelle, je l’ai compris à la fin de son adolescence et son père et moi avons tout fait pour que tout se passe le plus naturellement du monde. Je précise que mon époux a 71 ans et moi 56. Une annonce d’homosexualité n’est jamais simple, pour celui qui l’a fait bien sûr en premier et pour les parents qui la reçoivent, aussi évolués et ouverts soient ils, inconsciemment, ça bouscule quelque chose, je ne sais pas quoi au juste, mais ça doit toucher peut être à l’instinct de reproduction, de préservation de l’espèce humaine, je ne sais pas mais ça bouscule et surtout en tant que parent, on sait que ça va être beaucoup moins simple pour l’enfant, même si les mentalités ont considérablement évoluées. J’ai alors demandé l’autorisation à ma fille de parler de son homosexualité sans tabou, tout à fait normalement, comme je l’aurais fait de son hétérosexualité parce que je pense que si c’est normal, et ça l’est, on en parle normalement. Donc, avec son accord bien sûr et sans le claironner sur les toits mais lorsque l’occasion s’en présentait voici le genre d’échange que j’ai eu :
     » Et dis moi, comment vas ta fille ? Elle a un copain ?  »
    « Très bien merci, non elle a une copine elle est lesbienne ».
    Blanc….
     » Ah euh, ah bon si c’est son choix »
    « son choix ? de quoi parles tu ? tu as choisi d’être hétéro toi ? »
    « oui, non mais bon c’est pas pareil, tu vois ce que je veux dire »
    « euh non pas du tout mais explique moi ça m’intéresse »

    ou bien :
    « ah mince, ça me fait de la peine….
    « de la peine ? mais ce n’est pas une maladie mortelle tu sais  »
    « oui mais bon quand même ça me fait de la peine…
    (sic)

    Jusqu’à présent, personne n’a clairement signalé sa stupeur ou son dégoût, heureusement pour nous trois. J’ai parfaitement conscience que c’est en partie du au fait que ma fille est une très belle fille, très féminine avec de longs cheveux blonds, maquillée, coquette, bref bien loin du cliché de la lesbienne camionneur. que seraient les réactions si elle avait ce profil ?

    Nous avons encore beaucoup de chemin à parcourir mais le rôle des parents est essentiel dans ce cas. Si l’enfant est porté par l’amour de ses parents et leur acceptation il pourra affronter tout le reste de l’intolérance.

    Notre fille est belle, en bonne santé, fait de brillantes études, s’intéresse aux autres en donnant des cours d’alphabétisation aux migrants, « elle nous fait fiers », nous l’aimons. Elle est lesbienne oui et alors ? what else ?

  • #8 Jackie58 le 28 février 2017 à 10 h 41 min

    Bj,
    Tu sais c’est comme ceux qui disent qu’ils sont tolérants, que ça ne les choquent pas et ceux même qui te disent heureusement que mes enfants « ne le sont pas »! Et ouais, de la bouche même de ma belle-mère ! Et je lui rétorque elle est où ta tolérance ! Voilà

  • #9 catherine le 28 février 2017 à 10 h 54 min

    Merci pour cette belle page!!! J’ai deux filles Inès 9 ans et Louise 5, et tout ce que je souhaite c’est qu’elles soient heureuses…………le « reste » n’a pas d’importance!

  • #10 Chris le 28 février 2017 à 10 h 56 min

    Il y a 10 ans j’ai reçu un sms de mon fils, alors âgé de 14 ans, me disant qu’il préférait les garçons (ce que je pressentais depuis très longtemps). Nous n’avons pas osé le dire à son père, qu’il a mis un jour devant le fait accompli. Il n’y a eu aucun drame paternel, même si nous n’avons jamais vraiment discuté du « problème ». Je sais juste qu’il a eu plus de mal à accepter la situation mais il ne fait aucune différence de traitement avec notre fille. Si d’aventure il avait rejeté notre fils, j’aurais pris fait et cause pour notre enfant.
    J’avoue que, souvent, lorsqu’il sort le soir, j’ai peur de l’appel téléphonique disant qu’il est aux urgences car il s’est fait tabasser par des homophobes.
    Accepter sa différence ne m’a posé aucun problème, l’essentiel est qu’il soit heureux !

  • #11 Johanna le 28 février 2017 à 10 h 56 min

    Bonjour Hélène et à tous,

    Tout d’abord merci Hélène pour la publication de ce petit texte qui me tenait à cœur. Et quelle photo superbe, tu ne l’as peut-être pas fait exprès, mais elle représente tout à fait ma cousine chérie : la beauté et la douceur.

    Je suis émue en lisant vos réactions, bien que pas surprise, je sais que cette communauté est ouverte d’esprit, tolérante, et pas seulement au travers de ce blog, dans vos propres vies aussi, à ce que je lis.

    Je n’ai pas beaucoup de temps pour vous répondre maintenant, je repasse par ici en début d’après-midi.

  • #12 Hélène le 28 février 2017 à 11 h 11 min

    Johanna: c’est moi qui te remercie pour avoir écrit ce texte et me l’avoir confié. Comme je te l’ai dit par mail, ce que tu écris me tient à coeur et ce sont des valeurs que j’essaye de faire passer ici aussi, alors merci à toi, vraiment.

  • #13 Sonia le 28 février 2017 à 12 h 08 min

    Dans un monde idéal cet article n’aurait pas lieu d’être !!
    J’aime mes garcons au delà de tout et je les aimerai toujours quelque soit leur choix de vie ils resteront mes diamants.
    Néanmoins merci pour ce texte Si touchant mais Si triste je ne peux concevoir qu’on juge ses enfants malheureusement et visiblement cela existe encore…

  • #14 Martine-Céline le 28 février 2017 à 12 h 36 min

    Je partage totalement l’ avis de Sonia. Non dans un monde qui considèrerait que l’humain est le centre , il ne serait pas fait jugement d’une appartenance sexuelle.
    Quand on passe dans la rue dit on des hétéros, il ou elle est hétéro?….on dit j’ai croisé tel ou tel, on a passé un beau moment ensemble……ou alors, toujours aussi peu sympa celui là ou celle là ! ! !
    L’être humain n’est pas réduit à sa sexualité et elle lui appartient, personne n’a le droit de porter un jugement, je devrais même plutôt dire un verdict qui serait la peine capitale….horreur ! et de quel droit?
    Johanna a écrit un beau et vrai texte, elle et sa cousine ont beaucoup de chance d’être deux belles personnes qui s’aiment et se respectent profondément.

  • #15 BRUNEHILDE DEMARQUETTE le 28 février 2017 à 12 h 47 min

    Un beau témoignage.
    J’ai des amies lesbiennes qui ont eu des expériences similaires avec leurs parents, je sais que c’est très dur à vivre. Vive l’ouverture aux autres.

  • #16 Silene le 28 février 2017 à 13 h 01 min

    Ce texte soulève 3 thèmes essentiels à mon avis.

    – l’homosexualité bien sûr. Je me suis déjà demandé si un de mes cousins était concerné. Eh bien si cela est le cas, ça me fait beaucoup de peine: de la peine parceque cela signifirait qu’il ne se sentirait pas libre dans sa propre famille de le dire et de vivre cela au milieu de nous :(

    – la parentalité: qu’un parent vive mal que son enfant ne devienne pas ce qu’il aurait espéré démontre bien entendu un problème d’image de lui-même. Et donc cette histoire en dit bien plus finalement sur ton oncle et ta tante que sur ta cousine. Cela montre a quel point ils ont finalement une image d’eux même négative et ont bien trop compté sur leur fille pour l’améliorer. Mon père a mal vécu que ma soeur ne se marie pas « dans notre milieu », que mon frère ne devienne pas ingénieur « comme il se doit chez nous », que toujours ce même frère et sa femme aient un enfant à 42 ans. Est ce que cela ne se rapprocherait pas de l’histoire de ta cousine dans un sens ? Car finalement, ce qui est en jeu, c’est le fait de ne pas accèpter que son enfant soit juste lui-même ?

    Et ce que tu ne dis pas Johanna, mais peut-être cela ne nous regarde-t-il pas, c’est si le reste de ta famille a réagit plutôt comme toi, plutôt comme ton oncle et ta tante, ou de façon hétérogène ?

    Ce qui m’amène au dernier point:

    – de façon générale la tolérance dans la vie quotidienne: combien de fois par jour est -ce que j’entends des phrases du style « ha mais vous vous rendez compte du poids qu’elle a pris ? en même temps quand on vois sa mère on sait comment elle va finir » ou encore « non mais pourquoi ils n’ont pas d’enfant, à leur âge ? c’est quand même étrange » ou bien « ha oui, ils ont choisi de vivre dans ce bled paumé alors qu’ils auraient vraiment les moyens de vivre en ville… »
    Combien de fois n’ai-je eu envie de demander au gens: « mais comment pouvez-vous porter un avis sur quelquechose qui NE CHANGE RIEN pour vous et qui peut même rendre les autres heureux ???

    Voila, je voulais juste dire que le problème que tu pointes là avec l’homosexualité est un problème de société, de gens tellement centrés sur eux qu’ils ne comprennent pas que le bonheur des autres ne leur enlève rien…

  • #17 Mélissa le 28 février 2017 à 13 h 10 min

    Très joli témoignage, très touchant !

  • #18 FAFA le 28 février 2017 à 13 h 12 min

    Bonjour tout le monde
    c’est très bouleversant

    ma maman qui a 83 ans a accepté les homosexuels au début c’est sûr pour elle c’était pas facile c’est une autre génération
    ainsi lorsqu’elle a appris que certains homosexuels étaient battus et rejetés elle a réfléchi et elle a dit que ce n’était pas normal
    qu’il arrive ce genre de choses et elle est même pour le mariage pour tous c’est pour vous dire
    je pense qu’il faut longuement discuter avec les personnes c’est un travail de longue haleine
    là on est en train de lui expliquer les transgenres c’est une autre affaire
    belle journée

  • #19 Nathie le 28 février 2017 à 13 h 52 min

    La vie … Cette vie qui nous a été offerte, personne n’est en droit de la juger, nous même, sommes apte à construire notre bonheur avec les ressentis de notre coeur, notre corps, et notre esprit sans le consentement et l’avis de quiconque de notre entourage. L’amour partagé avec l’autre n’a nullement besoin d’être accepté ou non par autrui !! Il y a une chose a laquelle je tiens plus que tout dans la vie, c’est « La sérénité » acquise à un prix !! se passer de bon nombre de personnes très proches mais toxiques !! Je souhaite donc un bonheur très serein à Johanna, et merci à Hélène pour ce très touchant partage. Nathie

  • #20 Virginie le 28 février 2017 à 13 h 55 min

    Merci pour ton magnifique post, Johanna, et merci à Hélène de l’avoir publié sur son blog. Je rêve d’un monde où les discriminations, quelles qu’elles soient, n’existeraient plus… mais la route est hélas encore longue.
    Ce post, et les réactions touchantes qu’il suscite, me fait vraiment chaud au cœur.
    Grosses bises à toutes

  • #21 Virginie le 28 février 2017 à 13 h 56 min

    … et à tous :)

  • #22 voisinedu48 le 28 février 2017 à 14 h 03 min

    Simple et touchant, merci!

  • #23 AL le 28 février 2017 à 14 h 23 min

    Bonjour,
    Moi la seule question que je me pose c’est : est-ce que l’un(e) d’entre nous a déjà annoncé à ses parents/amis/famille qu’il(elle) était hétérosexuel(le) (quand c’est le cas évidemment) ?

    Non. Évidemment, non.

    Alors pourquoi « devoir » annoncer son homosexualité ?
    Je ne comprends pas.
    On n’annonce pas qu’on est un homme, une femme, blanc, noir, droitier ou gaucher, non ? Qu’on préfère le café ou le thé. Alors, je le redis, pourquoi « devoir » annoncer son homosexualité ?
    Je ne comprends toujours pas.

    Pourquoi n’annoncerions pas plutôt notre humanité ? Tout simplement.

    Belle journée
    AL

  • #24 Johanna le 28 février 2017 à 14 h 45 min

    patricia prioux: tout à fait d’accord avec toi, qui est-ce que ça regarde ? Les gens qui jugent cela, je ne le comprendrais jamais.
    C’est un peu comme toutes ces polémiques sur le mariage entre homosexuels, qui cela regarde ? Qui peut juger et interdire deux personnes d’avoir envie de se marier ?
    C’est exactement ce que j’essaie aussi d’inculquer à mon fils, il est un peu jeune pour comprendre, mais cela passe par des petites choses, pour qu’il soit le plus tolérant et le plus ouvert possible.

    Val vil: Moi aussi j’ai du mal avec leur réaction. Je ne les vois plus depuis longtemps mais je sais qu’ils n’ont pas évolué de ce côté là (quelle tristesse…). Comme toi je n’imagine pas rejeter mon enfant pour une simple préférence qui, de surcroît, ne me regarde en rien. J’espère de tout cœur que si tel était le cas, le père de tes enfants réagirait autrement que l’ont fait mon oncle et ma tante (ça me fait même bizarre de les appeler comme ça tellement ils ne représentent rien pour moi).

    Caro: j’ai beaucoup de peine quand j’entends des témoignages similaires à celui de ma cousine. C’est une telle souffrance, surtout quand ce n’est pas dit directement. Ma cousine à un frère et il y a eu aussi une très nette différence. Ca me dépasse complètement.

    Céline: exactement, et comment peut-on juger de simples préférences ?

    LATAPIE: tu es adorable, ton commentaire me touche beaucoup.

    DATCHA: heureusement qu’il existe des personnes comme toi et ton mari. Merci pour ce témoignage inverse, c’est tellement rassurant. Je suis d’accord avec toi, le rôle des parents là-dedans est primordial.

    Jackie58: Désolée pour ta belle-mère mais c’est typiquement pour moi le genre de personne qui ne se dit pas homophobe mais dont toutes les réactions vont dans ce sens. L’homophobie, c’est terrible, mais c’est encore pire venant de l’un des proches, car c’est ceux qui sont censés vous aimer, vous protéger, vous respecter, vous accepter tel que vous êtes…

    catherine: Bravo et merci !

    Chris: Merci pour ton témoignage. Absolument, « l’essentiel est qu’il soit heureux », je suis entièrement d’accord.

    Sonia: Oh oui cela existe encore. Nous croyons (moi la première) être dans une société respectueuse et civilisée. Malheureusement, dans bien des domaines, on en est encore très très loin et le cas de ma cousine n’est malheureusement pas unique (ça fait froid dans le dos).

  • #25 A.B. le 28 février 2017 à 15 h 39 min

    En tant que garçon qui aime le bleu et les garçons, ce texte sonne vraiment juste et vrai.

    En faisant son coming-out, on passe tous par ces moments où nos parents ne nous regardent plus de la même manière. Comme le disait le blogueur Romain Costa, on se demande « est-ce que nos parents vont encore nous aimer ? »

    Pour mon cas, cela a été une période compliquée. Actuellement, nous n’en parlons pas mais mes parents ont compris que j’étais libre et que j’avais choisi de le vivre normalement, sans me cacher ni le crier sur tous les toits.

    Et c’est depuis ce jour de novembre 2015 que je peux enfin me regarder dans le miroir et me sentir moi, pas la représentation de ma personne que je donnais à voir aux autres…

    On souhaite tous avoir des ami(e)s comme toi…

    Bises du Nord <3

  • #26 Albertine le 28 février 2017 à 15 h 59 min

    J’aurais aimé être étonné par cette lettre mais et c’est cela qui est triste, je ne le suis pas du tout ! La bétise, l »intolérance et l’ignorance sont les choses les plus partagées au monde … Maintenant je m »etonne lorsque je rencontre des gens simplement compréhensifs et gentils et bienveillants ! Quelle tristesse n’est ce pas …

  • #27 Hélène le 28 février 2017 à 16 h 15 min

    AL: bien dit.

  • #28 Sunrise le 28 février 2017 à 16 h 44 min

    Bonjour Johanna, bonjour Hélène, bonjour à toutes et à tous,

    Je tiens vraiment à te remercier pour ce texte Johanna qui raconte une histoire certes triste, mais une histoire qui vaut vraiment le coup d’être racontée car encore bien trop courante.
    Ma petite sœur de 15 ans est elle-même homosexuelle et fort heureusement lorsqu’elle a fini par l’annoncer à ma famille tout s’est très bien passé, comme ça devrait toujours être le cas, et nous avons juste arrêté de lui demander si elle avait un copain pour lui demander si ça se passait bien avec sa copine.

    J’ai été la première à qui elle l’a dit, elle m’avait demandé de venir chez mon père parce qu’elle devait me parler de quelque chose « d’important ». Je me suis inquiétée et je suis donc rapidement venue un soir pour discuter de cette « chose importante ». Elle avait alors 14ans et lorsque j’ai commencé à lui demander de quoi elle voulait me parler, gênée, elle m’a répondu « devine ». Mon réflexe a immédiatement été de lui demander si ça concernait un garçon, jusqu’ici elle n’avait eu que des copains et non des copines. Elle m’a répondu non et l’interrogatoire a ainsi continué, je lui ai demandé si ça concernait le collège, ses amis, la famille, l’alcool, la cigarette et j’en passe… Face à tous ses « non » qu’elle me répétait, à force de me creuser la tête, soudain, l’illumination : « ça concerne une fille ? ». Elle m’a répondu à mi-voix un petit « oui » et là je me suis juste sentie soulagée parce qu’elle commençait à me faire peur avec son histoire de « truc important » que je n’arrivais pas à trouver et son air gêné. Après l’avoir rassurée sur le fait que ça m’était bien égal qu’elle aime les filles ou les garçons je me suis donc tout simplement mise à lui poser des questions sur sa copine, comme j’aurais pu avant le faire pour un copain.

    Tout ça pour dire que quand ma sœur m’a annoncé son homosexualité je n’ai pas eu peur de la réaction de ma famille mais je me suis quand même dit « j’espère que tout ira bien pour elle » du fait qu’elle soit homosexuelle et que l’homophobie soit encore bien trop présente dans notre société. Et ce n’est pas une réflexion qu’on devrait se faire, je ne devrais pas avoir peur qu’un jour ma sœur subisse des injures, du rejet, simplement parce qu’elle « préfère le bleu plutôt que le vert ». Dans un monde idéal elle ne devrait même pas avoir à annoncer quoi que ce soit, je ne devrais pas avoir à la rassurer sur le fait que bien sûr que ça ne me pose pas de problèmes, ça devrait juste être une préférence comme une autre.

    Alors sincèrement Johanna, merci pour ce texte, parce que je pense que c’est avec des petits gestes comme celui-ci, des petits témoignages, qu’on peut faire avancer les mentalités. Et merci à toi Hélène de l’avoir publié.

    Désolée pour le pavé j’ai pourtant essayé de faire court ! Mais c’est un sujet sur lequel je ne pouvais que réagir.

    Belle journée à tous !

  • #29 miss dior le 28 février 2017 à 16 h 56 min

    J ai 4 enfants adultes (38,34,32,29) et 3 petits enfants (15,11,9). Avec mon mari nous n avons pas ėlevė nos enfants pour nous mais pour en faire des hommes et femme qui assument leur choix. Si le cas s etait presentė cela n aurait rien changer. A partir du moment ou l enfant est heureux. Il n y a rien a dire.
    voila mon point de vue.

  • #30 Hélène le 28 février 2017 à 16 h 58 min

    miss dior: « Avec mon mari nous n’avons pas ėlevė nos enfants pour nous » : bon sang que ça fait du bien de lire ça, malgré ce que disent les gens c’est bien trop rare.

  • #31 Johanna le 28 février 2017 à 17 h 30 min

    Martine-Céline: c’est gentil à toi.

    Silene: oh oui, il y a plusieurs façons de ne pas accepter son enfant. Dans tous les cas, c’est une chose terrible. On ne peut espérer qu’une chose pour ses enfants : qu’il soit heureux. Le reste, on s’en fout. Un enfant, son enfant, c’est un être à part entière avec sa personnalité, ses goûts et j’ai remarque que pas mal de parents n’arrivent pas à l’accepter. En fait faudrait tout reprendre de zéro pour ces gens là.
    Arf et le jugement d’autrui… Je suis effarée de l’énergie que peuvent dépenser des gens à juger quelque chose qui ne les regarde en rien…

    Mélissa: Merci :-)

    Nathie: Merci beaucoup.

    Virginie: Je suis d’accord, les réaction ici font chaud au cœur, c’est une des raisons qui m’a donné envie de témoigner ici, il y a toujours beaucoup de bienveillance et de tolérance !

    voisinedu48: Merci :-)

    AL: Ah mais tout à fait d’accord. Il n’y a rien à annoncer, ni à se justifier de quoi que ce soit. Ca me sidère aussi complètement.

    A.B.: Je suis très touchée par ce que tu as écrit. Tu ne devrais même pas te poser la question de « est-ce que mes parents vont encore m’aimer » ? Ce n’est tellement pas normal… Ca me révolte tu ne peux même pas imaginer.
    Cela dit je suis heureuse que tu puisses être enfin toi-même, même si cela passe par des moments difficiles. Bises de Normandie :-)

    Sunrise: Merci, super témoignage, c’est génial pour ta sœur qu’elle ait pu grandir dans un foyer comme le tien.

    miss dior: rien à ajouter à cela, c’est parfaitement vrai. C’est pour moi le principe même de l’éducation.

  • #32 Lisa le 28 février 2017 à 17 h 35 min

    Je suis très touchée par ce texte.
    Un très bon ami à moi est gay, et c’est une personne formidable. Je ne vois pas en quoi ses préférences sexuelles feraient de lui un homme meilleur ou pire que n’importe « qui » d’autre.
    J’essaie également d’inculquer à mes enfants l’ouverture d’esprit indispensable à leur future vie d’adulte, aussi bien envers eux qu’envers les autres.
    Je crois que le combat sera de longue haleine, mais il faut y croire.
    Plein de tendresse à ta cousine Johanna !

    PS : je suis hors sujet, mais, Helène, peux tu me dire si les fleurs sont des renoncules ou sinon, de quelle variété il s’agit, elles sont magnifiques et j’aimerai inviter mon mari à m’en offrir :-)

  • #33 Hélène le 28 février 2017 à 17 h 47 min

    Lisa: je crois que ce sont des roses-renoncules ;-)

  • #34 Johanna le 28 février 2017 à 17 h 47 min

    Silene: excuse moi, j’ai effacé sans le vouloir une partie de ma réponse à ton commentaire. Le reste de ma famille a plutôt bien réagi dans l’ensemble. Je dirais que certains sont restés totalement indifférents et neutres à cela, d’autres y sont allés de leur commentaire du genre « oh, tiens, j’aurais pas pensé, c’est drôle, c’est la première dans la famille ». En fait, c’est ce sont ses parents qui ont le plus mal réagi, sans jamais dire les choses vraiment. Quelqu’un leur demanderait : « êtes-vous homophobes ? » Ils répondraient : « grand dieu, non ! » mais quand on voit la façon dont ils se sont comportés envers leur propre fille…

  • #35 Johanna le 28 février 2017 à 17 h 49 min

    Lisa: Merci pour elle, c’est très gentil.
    Je suis d’accord, ces fleurs sont complètement sublimes :-)

  • #36 David le 28 février 2017 à 18 h 26 min

    Bonjour Johanna, Bonjour Hélène,
    Un sujet de société difficile à aborder en règle générale je trouve, et jamais abordé de façon légère au final.. alors que somme toute c’est peut-être ça le secret (me trompe-je?).Le moment viendra (je l’espère) où le sujet de l’orientation sexuelle sera abordé naturellement et de façon « légère » ; ce sera sans doute (selon moi) la preuve qu’il n’y plus de fardeau à avoir quand nous sommes homosexuels ou que nos enfants le sont/seront.
    Alors je ne sais pas si je suis la meilleur personne pour parler de ce sujet ; et pourtant l’orientation sexuelle et l’équité des genres sont pour moi deux combats que j’essais de … combattre « au quotidien » si j’ose dire. Ce sont en tout cas deux combats que me tiennent à cœur.
    Je ne suis pas homosexuel contrairement à ce que beaucoup de gens pourraient croire .. mais justement !!! Alors non je n’aime pas le football, je préfère le rugby mais je ne suis pas pour autant fan de sports. Mais oui, j’aime prendre soin de ma peau :-) J’ai des amies et des amis.
    A force de se chercher encore et encore ; on se trouve. J’ai la chance de m’être partiellement trouvé – j’en suis content mais se fut laborieux vous imaginez. Aujourd’hui je suis convaincu que l’on naît comme on est. Le plus important étant – toujours selon moi – d’être heureux et de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour rechercher notre bonheur. C’est assez difficile comme ça, autant se simplifier la tâche, et faire ce qu’on aime avec les gens que l’on aime. Les mentalités iront de toute façon dans ce sens petit à petit, ne croyez-vous pas?
    Cela rejoint je pense aussi, le sujet « des enfants »… je ne veux pas d’enfants et ma copine non plus (hahaaa!), j’ai 27 ans.. depuis mes 25 ans mes parents, et les parents de ma copine n’arrêtent pas – plus ou moins avec humour :-/ – de nous poser des questions sur notre avenir, à savoir : le moment d’avoir des enfants.
    Dès qu’on sort du moule de toute façon – AUJOURD’HUI !!! – les gens vous posent des questions.. J’ai donc l’espoir de penser que dans un avenir proche, le conformisme et le traditionalisme de la société évoluera!

    Hélène, Johanna, merci pour ces partages qui renforcent (je crois) très certainement la communauté de MBDF.

    Passez une belle soirée!

  • #37 Lydia le 28 février 2017 à 18 h 42 min

    Au premier abord j’ai eu peur d’une agression envers elle(s)

    Quel dommage de devoir encore répéter l’évidence.

    Pour ma part, j’ai compris l’amour inconditionnel en ayant mon fils, de surcroît autiste. Musulmane, mes frères m’ont rejetée dès ma grossesse, n’étant pas mariée avec le papa.

    M’imposant l’ultimatum : soit tu avorte soit tu n’as plus de famille.
    « Heureusement que le crime d’honneur est illégal sinon on t’aurai fait la peau » dixit mon petit frère.

    Ma première pensée à ce moment : et si j’avais été lesbienne…. Peut être serais je morte…

    Plus tard un de mes cousin a fait son coming out : changement de région, divorce de ses parents, division de la famille…

    Chroniques d’un autre temps :-(

  • #38 HappyLilly le 28 février 2017 à 19 h 17 min

    Nos pratiques sexuelles ne doit pas être ce qui nous définit tant qu’elles sont légales. (et encore, quand l’homosexualité n’était pas légale – dépénalisation en 1984 en France, c’était déjà bien moche d’être homophobe).
    Jamais je ne me présente en disant « bonjour je suis hétérosexuelle ». Et jamais personne ne parle de moi en disant « elle est hétéro ». Je n’ai pas eu à dire à avouer mon hétérosexualité. On ne m’a jamais soupçonnée d’être hétéro. Pourquoi les homosexuel(les) doivent-ils-elles vivre cela?
    C’est quand même fou (et en fait je voudrais écrire merdique. Pardon Hélène) que certaines personnes définissent d’autres personnes par ce que celles-ci font dans le périmètre de leur intimité; ça me sidère autant que ça m’agace.
    J’en deviens brutale et moqueuse. A un(e) collègue qui me dit « Ah oui, elle est lesbienne. » ou « Suis pas étonné(e), il est homo », je demande: « tu voulais coucher avec? Nan! Bon ben qu’est-ce que ça peut te fiche?! » Que les gens soient heureux en couple homosexuel ne prive en rien les hétérosexuels. Alors quel est le problème?
    Les gens qui sont désolés, à qui ça fait de la peine, qui comprennent les parents: mais de quoi ils s’occupent? C’est une immense hypocrisie: avoir de la peine car les gens ont une autre vie sexuelle! A l’argument des enfants: nous avons assez de recul actuellement pour constater que les enfants de couples homosexuels ne sont pas plus homosexuels que les enfants de couples hétérosexuels. C’est donc un argument tout à fait crétin et fallacieux. L’homosexualité n’est pas un souci d’éducation ou de déviance dû aux parents. C’est comme ça.
    Mon amoureux a deux enfants (10 et 16 ans) d’un précédent mariage. Quand ils viennent, parfois, je les charrie: « alors, t’as une chérie? Ou un chéri? T’es amoureux(se)? Parce que moi à ton âge j’étais dingue de mon voisin de classe qui ne l’a jamais su ». Ils poussent des cris et ricanent niaisement, « ah mais non, je ne serai homo ». Son père et moi leur expliquons systématiquement que « pourquoi pas, c’est pas un souci; c’est à vous de faire vos choix amoureux. Et vous ferez, comme nous, vous aimerez qui vous voudrez ». Ils ricanent mais nous voulons que cela leur entre dans la tête. Tant et si bien que récemment, un d’eux nous a dit qu’une copine était homosexuelle et qu’elle voulait en parler avec des adultes. C’est une micro victoire sur la lamentable chasse aux sorcières j’espère.
    Merci pour ce post qui change et qui fait du bien.

  • #39 Isabelle B. le 28 février 2017 à 19 h 25 min

    Bonjour Hélène, Bonjour Johanna,
    Je suis très touchée par votre témoignage. L’homophobie est une plaie, je ne parle même pas de l’homophobie violente, active, que la loi se charge de réprimer et qui fait, quand même souvent, l’objet d’une condamnation univoque (cela ne l’a rend pas plus tolérable). Je pense à l’autre, la sournoise : les petites blagues, les remarques pincées entre gens bien élevés et irréprochables, les conseils bien intentionnés… Comment grandir dans cet univers là ? Comment se construire ? Je vois autour de moi chaque année des jeunes gens merveilleux qui ne peuvent pas trouver le bonheur juste à cause de cela, qui sont comme « rongés » de l’intérieur (j’enseigne dans un lycée plutôt bon chic bon genre). « Dégueulasse », c’est à chaque fois le seul mot qui me vient face à cette souffrance infligée gratuitement. Je trouve que ces dernières années les moqueries sont plus ouvertes, la parole acerbe se libère, comme dans bien d’autres domaines, hélas.

    Mais heureusement, il y a tous les commentaires que je viens de lire. J’ai tellement mal de savoir que des hommes et des femmes sont malmenés à cause de leur préférence sexuelle. On ne peut que leur dire une chose : qu’on les aime pour qui ils sont et pour rien d’autre.
    Merci à toutes deux.

  • #40 MarieP le 28 février 2017 à 21 h 16 min

    Bonjour, désolée, mais quand j’ai appris que ma fille était homosexuelle, j’avoue que cela m’a fait un peu peur. Je n’ai absolument rien montré de ma gêne (d’autant plus que je pense que cette homosexualité n’est pas de  »naissance », je ne veux pas choquer avec ce que j’écris, mais c’est comme cela me vient, ma fille s’est tournée vers les filles à la suite de violences sexuelles , des viols pour ne pas dire le mot, perpétrés par son beau père mon 2nd mari). Je pense qu’elle trouve, momentanément ou pas (maintenant peu m’importe car je la vois heureuse et épanouie avec son amoureuse) uns stabilité avec une personne du meme sexe qu’elle et qui la rassure car elle a été traumatisée par le sexe dit  »fort ». Je pense qu’elle se reconstruit ainsi après les terribles violences sexuelles qu’elle a subit de ses 11 à 16 ans (ainsi que sa soeur qui elle a un amoureux). Je n’ai aucune  »honte » quand je parle de ma fille et de son amoureuse, mais j’avoue que je suis un peu effrayée car elle me parle souvent de bébé, et j’ai peur pour elle, c’est quand meme plus … compliqué de faire un bébé quand on est un couple de 2 filles… Voilà, j’espère ne pas avoir choqué…

  • #41 Navet Sauvage le 28 février 2017 à 21 h 29 min

    C’est si triste de lire ce genre de témoignage. Dans mon entourage, j’ai un cas tout aussi ambigu d’un ami homo, que ses parents « acceptent » (« acceptent », quelle aberration quand on y pense et qu’on l’écrit) mais qui le lui font payer indirectement, en sourdine, depuis des années. Finalement, avec ce genre de réaction claire, ta cousine sait à quoi s’en tenir, même si je n’ose imaginer sa peine les temps qui ont suivi.
    Ma mère m’a toujours répété qu’on ne définissait pas les gens par leur sexualité et le message est rentré. On se coupe d’une fabuleuse source d’amour, en mettant des conditions à notre affection (« je t’aime si tu es comme ceci, comme cela, comme je pense que c’est bien… »). C’est un amour « facile », d’aimer des gens conformes à nos petites attentes. Si j’avais un enfant homo, j’aurais surtout peur qu’il évolue dans un monde méchant et indiscret.

  • #42 Amélie71 le 28 février 2017 à 22 h 06 min

    Bonsoir, je suis désolée, mais je pense que je vais être longue sur le sujet,

    Moi, je devais avoir dans les 7ans, quand un soir, avec mes parents, on regardait une émission tv, et là le choc de la petite fille que j’étais, n’ayant connu que l’amour d’un garçon et une fille (mes parents quoi), vit deux hommes ensemble.
    -« Han ils se tiennent la main!
    -Et alors?! M’a dit mon père d’une manière sèche.

    Ma mère et mon père m’ont expliqué ensuite, qu’un homme et un homme, un homme et une femme, une femme et une femme pouvaient s’aimer.
    Alors moi, je trouvais ça bizarre, mais mes parents pas du tout. Et je me suis « forcée » à trouver ça normal.

    Je suis rentrée au lycée, et il y avait un couple de filles qui était dans mon bahut, que je voyais parfois à la récré.
    Et là je me suis entendue dire « En fait, tu t’es jamais « forcée » à trouver ça normal, la vérité, c’est que tu t’en fous complètement, tant qu’on aime, il n’y a que ça d’important. »

    D’ailleurs peu de temps après (pourtant aucun lien cause à effet), il y a eu un débat dans une de mes matières sur « Pour ou contre le mariage homosexuel » et « Pour ou contre l’adoption des couples homosexuels ».
    A la base, je m’en fichais beaucoup. partant de là, je me suis dit que si je n’avais pas d’avis tranché, c’est que je n’étais pas contre…
    Là j’ai compris à 15ans, que définitivement, l’orientation sexuelle des uns, des autres, et de la mienne aussi…Bah, c’était le dernier de mes soucis.

    En discutant avec mes parents, voyant des émissions sur le rejet des parents face à leurs enfants homos, je me suis demandée « Pourquoi faire des enfants alors, si on sait que certains choix qu’ils feront, ne nous plairont pas et nous dérangera, pire, nous dégoûtera? ».

    Bien sûr, on peut avoir du mal à comprendre certains choix, mais ne pas les juger, les respecter, c’est la meilleure preuve pour un parent, de montrer à son enfant qu’il l’aime infiniment.

    Je trouve qu’on ne devrait pas amener nos enfants à faire leur coming out aussi.
    On devrait arriver un jour, à évoquer l’amour avec nos enfants, avec des petites phrases simples, qui changeraient tout :
    « T’es amoureux? D’une fille ou d’un garçon? Et alors Il/elle t’aime aussi? Tu veux l’inviter à la maison? »
    (non mais je suis convaincue qu’un jour, ça sera le réflexe de tout parent, voulant à tout prix éviter le coming out à son enfant, et qu’il puisse ainsi se sentir à l’aise).

    Alors aux parents de Johanna, moi j’aimerai bien leur dire que je trouve ça dommage de juger, de critiquer. Qu’avec le temps, la réflexion et l’âge, on peut changer, se dire, qu’il y a plus grave dans la vie. Que leur fille est heureuse, c’est tout ce qui compte. Car après tout, ce n’est pas ce que les parents veulent?
    Que leurs enfants trouvent le bonheur?

  • #43 yine le 1 mars 2017 à 4 h 47 min

    Merci pour ce billet.
    C est touchant et en même temps ça me révolte.
    Je viens d avoir mon 1ère enfant. Et vu le « mal » que j ai eu à le « faire » et le mal que je me donne tous les jours pour qu il soit fort et heureux dans son petit etre, il pourrait bien être homo, ou que sais je. Il n arrivera pas à m enlever l amour que j ai pour lui. Ni lui ni personne d ailleurs.
    Je ne comprends pas ces gens qui retournent leur veste pour un oui ou un non. Si le « petit » préfère les garçons , grand bien lui fasse tant qu il est heureux C est lui qui voit.
    Ce qui me fait peur ce n est pas de recevoir son petit ami à table pour le poulet du dimanche mais de savoir que je ne serai pas toujours derrière lui pour le défendre contre les gens mal attentionnés.
    Bref je suis révoltée quoi…

  • #44 Frivole, vous avez dit frivole? le 1 mars 2017 à 7 h 56 min

    Merci pour ce beau texte. Je conçois difficilement qu’en 2017, on puisse aimer ses enfants et les rejeter pour leur orientation sexuelle. On a tous sous les yeux des couples homosexuels qui marchent du tonnerre (et sans doute d’autres moins) et ce bonheur à deux, qui est parfois tellement compliqué à trouver et à entretenir, est tout ce qui compte.
    Ma fille unique est hétéro mais si cela n’avait pas été le cas, cela n’aurait pas été un problème pour moi même si j’avoue que j’aurais regretté de ne pas pouvoir être grand-mère un jour.

  • #45 Priscilla le 1 mars 2017 à 8 h 17 min

    Frivole, vous avez dit frivole?: Être homosexuelle n’empêche pas la maternité, cela peut sembler moins évident , mais il y a aussi beaucoup de couples mixtes pour qui c’est difficile..

  • #46 Doudzette le 1 mars 2017 à 8 h 44 min

    Merci Hélène d’avoir relayé ce beau message.

  • #47 jicky le 1 mars 2017 à 9 h 02 min

    MarieP: …. je dirais que peu importe les raisons qui conduisent à avoir telle ou telle préférence sexuelle. On a tous une histoire (marquante ou pas) et l’on est le fruit de cette histoire passée (ex. je déteste telle ou telle chose parce que je l’associe à tel ou tel événement… et généralement, ça ne change que rarement; ou alors par éducation, on ne peut se comporter comme ceci ou comme cela…mais se défait on un jour totalement de son éducation?). Je dirais que l’essentiel c’est d’être en harmonie avec soi-même et ses aspirations profondes à l’instant T. Peut-être que votre fille changera de préférence, peut-être pas… Mais quelle importance? si elle est en harmonie et en paix avec elle-même, je pense qu’il ne faut pas voir plus loin… Et la laisser être heureuse. Il me semble aussi qu’il faut vraiment dépasser l’étiquette « je suis homo » ou « je suis hétéro ». Il n’est jamais bon de mettre les gens dans des cases, les stigmatiser (aucun enfant d’homo je suppose ne vient voir ses parents un jour pour leur avouer, l’air ennuyé, qu’il est hétéro :-)… Il vient juste leur dire qu’il aime une personne. Il n’y a que ça qui compte: avoir de l’amour pour quelqu’un et basta. Qui que ce soit, on s’en fiche…

  • #48 Amélie71 le 1 mars 2017 à 11 h 06 min

    Aux parents de la cousine de Johanna*

    (Désolée pour l’erreur, je m’étais pourtant relue)

  • #49 Mllepinceaux le 1 mars 2017 à 11 h 23 min

    Bonjour Hélène, Johanna, les filles et les garçons !

    La situation que décrite est, hélas, extrêmement fréquente. Certains jeunes LGBTQ+ vivent l’horreur suite à leur coming out (parfois forcé) au sein de leurs familles. C’est dire la puissance de l’hétéronormativité dans notre société : l’homophobie ordinaire est tellement banale que certaines familles se sentent le pouvoir de détruire un jeune en raison de son orientation/identité sexuelle.

    Et pourtant, même si nous rejetons totalement ces comportements, nous sommes (ou avons tous été) homophobes. Et ce n’est pas grave.
    Nous avons tous grandi dans des cours de récréation ou « pédé » était une insulte banale. Nous utilisons vaillament le terme d’enculé contre une personne qui nous avait fait du tort. Nous avons sûrement tous vu quelqu’un singer les homosexuels en faisant des grands mouvements de poignets et en parlant d’une voix aigue, sans vraiment exprimer notre désapprobation. Nous nous sommes tous surement déjà posé la question de « mais dans un couple homo, qui fait l’homme et qui fait la femme ? ». Nous avons surement déjà parlé de gouine, de tapette, de travesti (voire travelo), de pédé. Certaines d’entre nous se sont peut-être déjà dit « han, ca doit être cool d’avoir un ami gay ! ». Certains d’entre nous pensent très probablement que les homos ne devraient pas donner leur sang car ce sont une population à risque. Qu’une femme bisexuelle, c’est une femme déçue par les hommes qui a arrêté d’espérer trouver l’amour parmi eux.

    Ce n’est pas grave, parce que nous n’avons pas choisi ce schéma de pensée. Nous avons grandi dedans, dés le plus jeune âge. Notre esprit à été forgé sur ce principe : l’hétérosexualité, c’est la sexualité « par défaut ».

    En tant que parents, cette norme est aussi ancrée en nous, tellement ancrée en nous que l’idée même qu’un jour notre enfant aura des relations sexuelles avec une personne de sexe opposé est gravée suffisamment profondément pour être, de fait, acceptée. Et cela nous permet de ne pas « visualiser » les pratiques sexuelles de notre enfant. Par contre, lors du coming-out, cette sexualité ressurgit (ainsi que tout ce qui est lié à la filiation, que je n’aborderai pas). Cette sexualité devient beaucoup plus palpable, et cela peut provoquer une gène au premier abord. Et ce n’est pas grave.

    Ce n’est pas grave d’être homophobe, ce qui est grave, c’est de le rester. Il est de notre responsabilité à tous de questionner ces schémas de pensée, les remettre en cause, se remettre en cause. Il est de notre responsabilité de faire ce travail avec les autres et sur nous mêmes. Il est de notre responsabilité de digérer la gène provoquer par un coming out sans en montrer une fraction à notre enfant, sans lui demander de nous rassurer. Il est de notre responsabilité de prendre parti, de corriger nos amis, collègues, parents, famille. Il est de notre responsabilité d’écouter les LGBTQ+ quand ils nous parlent des discriminations ordinaires et quotidienne qu’ils subissent, car nous n’en avons souvent qu’une vision marginale. Il est de notre responsabilité de construire un monde dans lequel un adolescent découvrant sa sexualité n’aura ni peur, ni dégoût, ni rejet de lui même.

    Au boulot.

  • #50 Johanna le 1 mars 2017 à 11 h 52 min

    David: c’est quelque chose qui me sort par les yeux… Hélène en a pas mal parlé ici de la volonté de ne pas avoir d’enfants et du regard de la société vis à vis de ce choix. Une amie à moi ne veut pas d’enfant et je la comprends totalement. Elle aime sa vie comme ça, cela lui convient, chacun son truc. La maternité/paternité n’est pas une fin en soi, il serait grand temps que les gens évoluent à ce sujet.

    Lydia: je suis vraiment désolée pour toi, cela n’a pas dû être facile. C’est clair qu’on se croirait dans un autre temps.

    HappyLilly: micro victoire certes mais je trouve ça super de votre part. C’est avec ce genre de comportement que les choses font leur chemin.

    Isabelle B.: Absolument de ton avis. Il y a l’homophobie sans équivoque, violente, heureusement souvent condamnée. Et puis comme tu dis, il y a cette homophobie sournoise, hypocrite aussi, celle que ma cousine a vécue auprès de ses parents. Jamais les choses n’ont été dites directement mais c’est par plein de « petites » choses : des remarques, des soupirs lorsqu’elle évoquait le prénom de sa copine, des regards incendiaires, de mauvaises intentions. Je ne sais pas ce qui est pire mais les deux sont pour moi tout aussi condamnables.

    MarieP: je ne sais pas s’il y a un rapport entre une histoire douloureuse comme la vôtre et l’homosexualité mais je souhaite en tout cas que ta fille soit heureuse, comme elle l’entend. Je rejoins aussi le commentaire plus bas, l’homosexualité n’empêche pas la maternité.

    Navet Sauvage: ton commentaire me fait me demander : aime t-on vraiment si on aime pas la personne comme elle est ? Parce que dire ou penser inconsciemment : « je t’aime si tu es hétéro », j’ai du mal à parler d’amour tout court.

    Amélie71: je trouve que tes parents ont eu une très bonne réaction. Je suis d’accord, je n’aime pas aussi l’idée du « coming out », cela stigmatise encore plus l’homosexualité, qui n’a rien d’anormale, qui relève simplement d’une préférence. Par contre il ne s’agit ici pas de mes parents, mais des parents de ma cousine (mon oncle et ma tante donc).

    yine: oh, le poulet du dimanche ! C’est universel, c’est pas possible ! :-)
    Je n’ai rien à ajouter à ton commentaire, c’est aussi ce que je pense pour mon fils. C’est bête à dire mais merci pour ta révolte parce que les gens qui sont totalement indifférents à ça, ça me révolte encore plus. Je sais, chacun son combat et sa sensibilité mais nous pouvons tous être concernés par ce fléau, que ce soit dans notre cercle familial, amical ou professionnel.

    Frivole, vous avez dit frivole?: Je vais même aller plus loin dans ce que tu dis. J’ai un ami qui a été élevé par un couple homosexuel. Outre la personne tout a fait équilibrée, bien pensante et « normale » qu’il est (je précise tout ça parce que des gens le voient comme un zombie – on voit bien qu’ils n’ont jamais vu Rick et sa team à la TV), c’est une personne hyper heureuse et épanouie, qui a grandi dans un super foyer. Bien plus heureux que certains enfants que je connais élevés dans un foyer hétéro.

  • #51 Myrto le 1 mars 2017 à 12 h 40 min

    AL: On n’anonce pas son hétérosexualité parce que c’est la norme. Parce que tout le monde est présumé hétéro. C’est pour ça que oui les coming out restent super importants. Je suis lesbienne et comme je ne ressemble pas au cliché de la lesbienne, hé bien je suis invisible. C’est-à-dire que tout le monde me présume hétéro. Donc de temps en temps je mets les points sur les i et je dis « ben non en fait je suis lesbienne ». Et en général on ne me croit pas. Ou bien on me pose des questions déplacées. Vous savez ce qui serait bien? Que les gens arrêtent de présumer que le monde entier est hétéro, qu’au lieu de me demander si j’ai un copain, on me demande plutôt si je suis en couple.

  • #52 Myrto le 1 mars 2017 à 12 h 48 min

    MarieP: On ne « devient » pas lesbienne parce qu’on a été violée. Mon dieu mais quelle horreur de dire ça. Si toutes les filles qui avaient été abusées sexuellement devenaient lesbiennes, crois-moi ça se saurait. L’homosexualité ce n’est pas un pis aller ou une maladie ou un truc qu’on « attrape » suite à un traumatisme. Ce que tu dis est incroyablement homophobe. Je t’invite à réfléchir là-dessus.

  • #53 Noemie3011 le 1 mars 2017 à 13 h 06 min

    Bonjour Hélène, Bonjour Johanna, Bonjour à tous,

    Cet article m’a beaucoup émue, retournée.
    C’est un sujet qui me touche.
    Mon frère est homosexuel et la reaction de son/notre entourage est parfois à vomir.
    Rappelons l’utilité des associations telle que  » le refuge » qui aide les jeunes homo/transsexuels qui sont rejetés par leur famille.
    Merci pour ce partage de témoignage!
    Belle journée à vous tous.

  • #54 Lydia le 1 mars 2017 à 13 h 14 min

    MarieP: je me permet de vous poser la question suivante : comment expliquer que l’on préfère le chou fleur au brocoli… Sans pour autant avoir été gavé de brocolis..

    Désolée pour le parallèle.

    Autant je peux comprendre qu’il soit difficile d’accepter une situation qui mettra son enfant en difficultés.

    Autant il me parait dangereux d’expliquer l’homosexualité de votre fille du fait de viols.
    On ne décide pas de son genre, comment décide t on de notre orientation sexuelle. L’homosexualité n’est ni contre-nature ni une tare. Elle a existé de tous temps. Ce n’est pas non plus la conséquence d’un drame.

  • #55 cami M le 1 mars 2017 à 13 h 23 min

    Bonjour tout le monde,
    Johanna: Merci d’avoir partagé ce témoignage. « nous avons tous bien des combats à mener, autre que de juger les préférences de nos proches et celles des autres, qui n’ont pas besoin de notre autorisation ni notre consentement pour être ce qu’ils sont. »
    En effet même si la société dans laquelle nous vivons est plus tolérante sous certains aspects, je trouve qu’elle est aussi revêtue d’une certaine hypocrisie : j’ai rencontré beaucoup de gens qui en théorie étaient très tolérants et bienveillants mais qui devenaient tout le contraire lorsqu’ils étaient eux-même confrontés à une situation qui pouvait les bousculer. L’amour que tu sembles porter à ta cousine est pur et cela fait chaud au cœur de savoir que des personnes comme vous existent.
    Ton témoignage résonne en moi pour plusieurs raisons que je ne souhaite pas évoquer. Mais en tous cas je sais comment on se sent lorsqu’on est rejetée par ses parents pour une raison qui ne devrait pas appeler cette réaction. J’ai été confrontée à leur égoïsme et à la méchanceté du monde, depuis malheureusement très longtemps. Je ne cherche absolument pas à me faire plaindre en écrivant cela, simplement à te témoigner mon soutien, et par extension, à ta cousine. Les personnes malheureuses ont tendance à oublier que leur souffrance n’est pas la seule. Et on ne peut pas avoir envie d’être réceptif à leurs maux si eux-même ne font pas un pas vers nous. Encore une fois merci pour ce message de tolérance, de paix, en toute simplicité, car après tout l’amour, le vrai, le pur, peu importe la forme qu’il prend, est simple.

    DATCHA: Ton témoignage a encore davantage fait écho en moi. J’aurais tellement aimé avoir une mère qui réfléchisse comme toi au sujet de sa fille, pas seulement au sujet de l’homosexualité. « J’ai alors demandé l’autorisation à ma fille de parler de son homosexualité sans tabou, tout à fait normalement, comme je l’aurais fait de son hétérosexualité parce que je pense que si c’est normal, et ça l’est, on en parle normalement. »
    J’ai trouvé ta réaction très saine. Je comprends tout à fait que comme tu l’écris, « quelque chose est bousculé » lorsqu’un parent apprend qu’il n’aura peut-être pas de petits-enfants, ou que son enfant ne sera pas ce qu’il /elle souhaitait pour lui/elle. Ce n’est pas cette souffrance qui est égoïste, bien sûr que non, c’est humain et une preuve d’amour aussi, ce qui égoïste, intolérable, écoeurant, c’est de passer sous silence la souffrance, les interrogations, le besoin de soutien de son enfant. Ton témoignage m’a profondément émue et je te remercie de l’avoir partagé. Je me suis rendue compte qu’une femme (au moins) avait eu davantage de chance que moi. Et cela m’a fait chaud au cœur. On ne choisit pas d’être homo ou hétéro, on ne choisit pas non plus ses parents, mais ton témoignage laisse transparaître que ta fille a eu beaucoup de chance que tu sois sa maman.
    Je suis désolée si ce commentaire paraît familier, c’est que j’ai été très chamboulée et dans ces conditions les mots viennent un peu comme ils peuvent… En tous cas c’est écrit avec le cœur. Camille

  • #56 virginie B le 1 mars 2017 à 15 h 17 min

    Moi je voudrais que plus personne n’ait à « avouer » qu’il ou elle est homo… annonce-t-on qu’on est hétéro ? non ! pourquoi faudrait-il donc qu’on ait cette sorte de confession à faire ? d’aveu comme si on reconnaissait un péché ! pourquoi faudrait-il faire subir cela à des hommes et des femmes qui ont un gout amoureux comme on pourrait en avoir un autre ? c’est une sordide idée que d’avoir à confesser ses préférences sexuelles. L’important c’est d’aimer (comme dirait l’autre).
    Un jour on m’a demandé ce que j’éprouvais à l’idée d’être la mère d’une lesbienne… comment je le vivais ? est ce que je me posais des questions sur ma responsabilité ? si je n’avais pas peur pour mon fils (ben oui des fois que « ça » s’attrape !) J’ai beaucoup ri en guise de réponse pour montrer mon mépris. Mais j’en garde un souvenir peiné pour toutes celles et ceux qui ont faire avec ces propos d’un autre temps….

  • #57 Josette76 le 1 mars 2017 à 15 h 42 min

    Ce texte est très touchant. Un fois de plus il prouve que les mentalités n’ont, hélas, pas beaucoup évolué. C’est encore plus flagrant à la campagne, où je vis depuis 20 ans après avoir quitté Paris. J’ai un fils de 36 ans et je me souviens lui avoir dit lorsqu’il était adolescent que tout ce qui m’importait c’était qu’il soit heureux, que peu importait le sexe ou la nationalité de celui ou celle qu’il choisirait. Mon père n’avait pas du tout apprécié !

  • #58 ALEX le 1 mars 2017 à 15 h 58 min

    Bonjour,
    Je trouve l’idée du texte particulièrement pertinente. Cela touche du doigt l’idée qui me révolte le plus dans notre société (enfin c’est comme cela que je l’interprète): les grandes paroles vs les actes et vraiment aujourd’hui à l’heure des grands concerts pour la paix, la tolérance etc quel sont nos actes?
    C’est vraiment quelques choses qui à le don de me faire sortir de moi quand j’entend des collègues de travail (et à l’époque c’était des camarades de classe) soi disant d’une ouverture d’esprit à tout épreuve, faisant la récolte de dons pour les resto du cœur, le concert pour la solidarité etc , avoir de grands discours sur l’amour du prochain, la lutte contre le racisme etc mais en contrepartie que faisaient-ils ? Et bien ces gens là étaient les premiers à humilier la personne « différente » de notre classe qui était handicapée ou avait du retard mental, victimisait le plus faible parce qu’il était particulièrement efféminé, et je passe les petits mots de moquerie sur l’homosexualité ou sur le physique.
    Et malheureusement aujourd’hui malgré tout c’est beau discours, il est très dur d’être différents vis à vis de nos proches, collègues de travail ou camarades de classe.

  • #59 Nathalie le 1 mars 2017 à 16 h 07 min

    Mon frère a annoncé son homosexualité à nos parents il y a deux semaines de cela. La réaction de mes parents est venue du coeur : « tu es notre fils, nous t’aimons, la porte sera toujours grande ouverte. » Nous avons tellement de chance d’avoir des parents qui sont intelligents de coeur. Les gens ont peur du regard des autres. Qui sommes nous pour juger ? J’espère de tout mon coeur que beaucoup d’hommes et de femmes aient la chance des parents comme les nôtres. Merci pour message Hélène.

  • #60 Valoli le 1 mars 2017 à 17 h 20 min

    Bonjour Johanna,

    Très beau récit . Je tenais juste à te dire que je partage également avec toi et les autres lecteurs / lectrices cette « incompréhension » concernant les parents de ta cousine.
    Ils ont la chance d’avoir une fille et que font – ils ? Ils la jugent et ils lui tournent le dos.
    Bon sang, que l’on soit noir, métis,blanc, jaune, rouge, hétéro ou homo, malade ou en bonne santé, on a tous le doit à l’amour . Je suis maman de 2 jeunes garçons, et il ne me viendrait pas à l’idée de les rejeter plus tard, parce qu’ils auraient trouvent leur bonheur et leur épanouissement auprès d’une personne qui ne me « satisferait » pas. Qui serai-je alors ? En de quel droit ?
    En toute logique, il conviendrait que les parents se réjouissent que leur progéniture soit heureuse et amoureuse.
    Malheureusement, ce genre d’histoire n’est que trop commune.
    En espérant que ton récit s’ajoute aux autres témoignages et que cela permette de faire évoluer et changer les meurs.
    Bises

  • #61 Valérie 31 le 1 mars 2017 à 18 h 37 min

    Bonjour tout le monde,
    Bravo, bravo Hélène pour avoir publié ce texte, cet hymne à l’amour, à la tolérance et Bravo Johanna pour ce bel hommage à ta cousine. Ha là là il ne fait pas bon être « différent » (heu le mot ne convient pas, mais là je ne trouve pas d’autre mot, là, sans doute l’émotion) dans ce monde …..
    Et je trouve que concernant l’homosexualité on régresse même.
    On entend des absurdités du style « je ne suis pas contre du moment que ça touche pas ma famille » …. pffff ou alors « ouf, dans ma famille on a pas ça » …. c’est DEGUEULASSE d’entendre ça.
    Je connais ça, oui c’est pas franchement pareil mais dans ce style là …
    Je vis avec mon homme depuis 16 ans, il a 8 ans de moins que moi …. qu’est ce que j’ai pas entendu …. des collègues « depuis que tu te tapes des jeunes …. » heu je ne me tape pas DES jeunes je suis juste avec un homme plus jeune que moi …
    bref, toujours devoir se justifier …. j’ai même eu le style présentation particulière … « je te présente untel et unetelle, elle est plus âgée que lui »
    oui et ? qu’est ce que ça vient faire là ?
    Comme des voisins qui parlent d’autres voisins en disant « oui le couple là bas sont très sympa, elle, elle est juive » voilà tout ça c’est pareil.
    Quand est ce que ça va changer ? en tout cas, en lisant les commentaires, je garde espoir.
    Bonne soirée à tous et continuons à nous battre, résistons toujours à ces mentalités étriquées.

  • #62 Hélène le 1 mars 2017 à 18 h 49 min

    Isabelle B.: « Je trouve que ces dernières années les moqueries sont plus ouvertes, la parole acerbe se libère, comme dans bien d’autres domaines, hélas. » : moi aussi je trouve le monde dans son ensemble de plus en plus fermé et réactionnaire, c’est inquiétant.

    Amélie71: « Je trouve qu’on ne devrait pas amener nos enfants à faire leur coming out aussi. » : amen.

    Doudzette: ce sujet me tient à coeur parce que, bien qu’hétérosexuelle, j’ai une vie qui ne rentre pas dans la norme (je n’ai jamais voulu d’enfants, par exemple), du coup je me sens proche des communautés dites différentes et je déteste l’idée qu’on ostracise les gens pour ce qu’il sont profondément (à part s’ils sont Donald Trump ;-))).
    Je souhaite passionnément qu’on foute la paix aux gens, surtout.
    Aussi quand j’ai reçu le texte de Johanna je lui suis quasiment « tombée dans les bras » par mail, et l’ai beaucoup remerciée d’avoir aussi bien écrit tout ça.

    jicky: « aucun enfant d’homo je suppose ne vient voir ses parents un jour pour leur avouer, l’air ennuyé, qu’il est hétéro :-) » : bien vu ;-)

    Mllepinceaux: merci pour ce commentaire formidablement intelligent.

    Johanna: pour ce que tu répond à Navet Sauvage j’ai comme toi envie de dire que l’amour parental doit être inconditionnel. Forcément. Hélas c’est trop rarement le cas.

    virginie B: « c’est une sordide idée que d’avoir à confesser ses préférences sexuelles »: amen aussi.

    Valérie 31: charmant… comme ceux qui disent « tu vas voir, unetelle est très sympa – au fait, ellee st noire / au fait, elle est grosse »…

    Johanna: MERCI encore pour ce texte et la discussion qu’il a enclenchée, tu n’imagines pas à quel point c’est précieux pour moi de voir ça ici.

  • #63 vahitu jazze le 1 mars 2017 à 19 h 10 min

    la tolérance c’est aussi de pardonner à ces parents qui ont peut être juste mal réagis par peur, méconnaissance, principe générationnel…que sais je…..on fait tous des erreurs dans la vie, on peut tous un jour mal réagir et le regretter ensuite avec le recul… ça ne fait pas pour autant de nous des personnes détestables… ..

  • #64 titine04 le 1 mars 2017 à 19 h 16 min

    merci Hélène pour ce témoignage. Je pars du principe que ce qui se passe dans sa chambre doit y rester et du coup pourquoi faire son coming out ?
    On n’annonce jamais qu’on est hétéro. Quand tu rencontres quelqu’un tu ne dis pas : « bonjour je suis hétéro ».
    Alors qu’est ce que ça peut bien foutre aux gens qu’une personne soit gay, hétéro bi ou autre, on s’en tapes, du moment qu’elle est heureuse et bien dans sa peau !
    J’ai une amie qui est homo et qui heureusement n’a jamais connu ce rejet de la part de sa famille. Sa mère l’avait ressenti depuis tjs je pense et elle n’a jamais eu besoin de « l’annoncer « .
    Dans les films et les pubs on voit de plus en plus de séquence mettant en scène des homosexuels et je trouve ça très bien. Mon fils de 8 ans me pose des questions de temps en temps et je lui répond le plus simplement du monde : il y a des hommes qui aiment des femmes, des hommes qui aiment des hommes et des femmes qui aiment des femmes et c’est tout.
    Ce qui dégoûte certaine personne c’est l’acte sexuel en lui même. Mais finalement ce sont ces personnes qui sont dérangés pour imaginer ça.
    Enfin c’est un sujet qui me fait monter les nerfs, d’ailleurs avec mon mari on n’est pas d’accord sur certaines choses et c’est comme ça.
    Bref, je m’arrête parce que sinon je pourrai continuer encore longtemps. Bonne soirée Hélène et les filles et les garçons !

  • #65 Rêve le 1 mars 2017 à 20 h 17 min

    Mais pourquoi ce besoin de « cancaner », gloser sur les autres??? Je me dis que ceux qui font ça ont des vies bien tristes et vides…

    On est comme on est ; on naît comme on naît…
    Je n’ai pas plus choisi d’être hétéro que d’être droitière, née en février, de mesurer 1m68 etc Je suis comme ça, c’est tout et ça ne changera pas!

    Quant aux parents qui n’acceptent pas l’homosexualité de leurs enfants, pour revenir au sujet, je ne sais que dire… je ne me sens pas très légitime pour « condamner », n’ayant pas d’enfants, mais me revient une réflexion d’une amie : « nos enfants ne nous appartiennent pas » ; cela me semble très juste…

  • #66 Navet Sauvage le 1 mars 2017 à 21 h 31 min

    Johanna: Voilà, tu as mis le doigt dessus. Leur amour a un goût de contrat notarié faisandé.

    (Et sinon, bonne initiative Hélène, de partager ce genre de témoignage et de rappeler les valeurs qui sont les tiennes).

  • #67 Amélie71 le 1 mars 2017 à 21 h 48 min

    Johanna: Oui j’ai corrigé plus bas. Vraiment désolée pour mon erreur.

  • #68 Meritxu le 1 mars 2017 à 22 h 20 min

    Bonsoir à toutes et tous,
    Parents d’une fille unique de 25 ans, notre fille nous a annoncé il y a maintenant trois ans qu’elle était homosexuelle. Heu..oui et alors ? lui a t-on répondu. C’est TA vie personne n’a le droit de te juger . On t’aime le reste on s’en fiche sois heureuse ma fille.
    Bonne soirée à toutes et tous.
    Meritxu

  • #69 Rita le 2 mars 2017 à 0 h 06 min

    Bonjour Johanna, Hélène, les filles et les garçons,

    Ma cousine aussi est homosexuelle à présent, son comming out a été partiel, elle annonça seulement à sa fratrie sa nouvelle orientation sexuelle, mais d’un commun accord ils décidèrent de ne pas en parler à leur mère pour la protéger.
    La protéger de quoi ? d’une intolérance qu’elle n’avait pas, juste un coeur aimant qu’ils adoraient tous.
    Aujourd’hui ma tante est décédéé et, mes cousines se posent la question de savoir si elle savait ou pas. Les avis sont partagés. (moi je sais)
    Courage Johanna pour cette difficulté pour toi et ta cousine, comme Hélène soyez attentifs et militants pour cette cause, il y a tant à faire, mais gardons espoir. Ce blog y contribue.
    Bien à vous.

  • #70 Julie le 2 mars 2017 à 4 h 53 min

    Bonjour Hélène ! J’ai toujours pensé que si nos parents nous acceptent tels que nous sommes, on peut ‘affronter’ le monde ! Qu’importe ce que les autres disent ou pensent de nous…nos parents nous aiment et c’est bien de les retrouver lors d’un diner, discuter, rire, partager nos soucis ou nos peines…nos parents sont l’a, avec nous.

  • #71 MARIEP le 2 mars 2017 à 8 h 12 min

    Apparemment, mes écrits ont choqué. Pourtant, je ne me sens absolument pas homophobe ! Si je prétends que ma fille est  » « devenue »  » homosexuelle après les violences sexuelles qu’elle a subies, c’est que j’ai quand même quelques points d’appuis pour me faire cette réflexion là. Après, l’on pense ce que l’on veut de moi, je sais que je suis quelqu’un d’ouvert, et j’accueille toujours volontiers chez moi l’amoureuse de ma fille. Mais je mets au défi qui que ce soit de ne PAS, ne JAMAIS avoir eu la moindre, quel mot trouver, la moindre  »appréhension » n’est pas le mot exact, à l’annonce de l’homosexualité de son enfant,parce qu’on a peur des pbs que celà pourra lui engendrer. Je ne parle là QUE de la réaction (aussi minime soit elle ) de parents dont l’enfant leur a fait l’annonce de leur homosexualité, pas de gens qui peuvent dire  » moi si j’étais confronté à ça, je réagirais comme ça  », non, on ne sait PAS comment l’on réagirait à rien tant que l’on n’y est pas directement confronté.

  • #72 Johanna le 2 mars 2017 à 8 h 42 min

    Je t’en prie Hélène, ce fut un réel plaisir de le voir publié sur ton blog et d’échanger avec cette communauté si ouverte et bienveillante. Cela n’a fait que renforcer mon amour pour ce blog :-)

  • #73 Mlle Dandy le 2 mars 2017 à 9 h 14 min

    Récit très touchant et très joliment écrit, merci pour ce partage Johanna. Ce fut réellement enrichissant de lire tous ces commentaires également, merci à vous !

  • #74 Laurence le 2 mars 2017 à 10 h 41 min

    Hi girls and girls and boys and boys

    C’est pourtant si simple, si vous saviez : c’est-pourtant-si-simple ! Votre enfant aime et tout est dit. La suite ne représente ni plus ni moins de différence que si le couple était hétéro. C’est un couple, point.
    Si cela pouvait rassurer tous ceux qui se demandent comment ils feront si « ça » leur arrive !
    « Ça » c’est l’amour et c’est beau.

  • #75 Amélie71 le 2 mars 2017 à 11 h 04 min

    MARIEP: Pourtant votre fille, avant d’aimer une fille, a été violentée par un homme, et elle était hétéro… Donc vous aviez moins peur quand elle était « normale »?

    Je vais juste me permettre de vous citer deux cas :

    * Une amie m’a racontée, qu’un couple d’amis à elle, ont eu une fille. Malheureusement, elle a eu de gros souci de santé. Et elle était condamnée à mourir à l’âge de 6ans. Ses parents ont fait ce qu’ils ont pu pour éviter de penser au jour fatidique, ils l’ont aimé, surveillé bien sûr, pour éviter qu’elle se mette en danger, et ils ont voyagé. Leur fille est morte à 18ans;

    * Une amie de ma cousine, qui avait 13ans, est morte à cause d’une rupture d’anévrisme.

    Ce dernier cas, j’avais 18ans quand ça s’est passé, m’a fait beaucoup réfléchir.

    Ma grand-mère et jusque tard, 23ans je pense, ne voulait pas me laisser seule chez elle, car elle avait très peur qui ne m’arrive quelque chose (bon ok, vu les séries de meurtre entre croisés de par chez moi… voilà, mais c’était quand même bien relou quand elle me ramenait chez mes parents!).
    Un jour, ça m’a vraiment gonflé, et j’ai dit :

    -« Tu sais, Ninette, je peux mourir à tout moment, car mon coeur aura décidé d’arrêter de battre, car une fuite de gaz aura entraîné une explosion, ici chez toi, ou chez moi dans l’appartement, je pourrai me faire faucher par une voiture; je pourrai mourir dans le train, car il aura déraillé, dans un avion, car il aurait eu un problème, je pourrai être en vacances à l’autre bout du monde, et être agressée. Je pourrai être tranquille sur une terrasse et être tuée par balle par un fou, ou que sais-je encore… »

    Alors ma grand-mère m’a fait « pff », et j’ai encore répondu « Oui mais c’est pour te dire, qu’à ce compte-là, autant ne pas vivre si on a peur pour tout et n’importe quoi ».
    Oui, la peur que votre fille se fasse agresser car elle est « homo » est un risque, mais… C’est une des peurs qu’on a en plus, quand on est parent. Votre fille, aurait pu être très malade, et vous auriez eu peur aussi.
    Elle aurait de l’humanitaire, dans un pays dit dangereux, là aussi, vous auriez eu peur.

    C’est juste pour vous dire, que votre fille, aurait fait un autre choix dans sa vie, vous auriez eu une autre peur. Parce que, c’est normal, c’est ça être parent et aimer nos proches. C’est de psychoter un peu trop souvent.

    Je ne sais pas si mon raisonnement est compréhensible, mais voilà…
    Et encore désolée, pour le commentaire de 10m de long^^

  • #76 Laurence le 2 mars 2017 à 11 h 22 min

    MARIEP: Ne t’inquiète pas Marie, chacun fait juste comme il peut face à ce qu’il vit et il semble que vous ayez traversé, toi et ta fille, des évènements compliqués qui laissent encore des réponses à trouver, des peurs et de la culpabilité. Bises

  • #77 Mllepinceaux le 2 mars 2017 à 17 h 15 min

    Bonjour MARIEP,

    Je rejoins les autres commentaires disant qu’il est dangereux de dire que l’homosexualité de votre fille est la conséquence des viols qu’elle a subis. Cela revient, comme le disent d’autre commentaires, à supposer que l’homosexualité est choisie ou qu’elle est une conséquence d’un vécu.

    Pourtant, homosexualité et violences sexuelles n’ont rien à voir. Imaginez qu’un homme gay soit violé. Pensez vous qu’il deviendra subitement hétérosexuel ? De la même manière, une personne hétéro violée restera probablement hétéro.

    Vous dites que vous avez des éléments sur lesquels vous vous appuyez, et que votre fille a été victime de violences sexuelles de ses 11 à 16 ans.
    Sachez que c’est pendant cette période que l’écrasante majorité des personnes découvrent leurs préférences sexuelles. C’est généralement entre 11 et 16 ans qu’on se découvre homo, hétéro, bi… Ainsi, si auparavant un enfant peut montrer des «  » »attirances » » » pour un sexe ou un autre, cela ne présage en rien de sa sexualité future. J’insiste sur mes multiples guillemets, car je suis persuadée qu’avant 11 ans, on agit davantage par mimétisme qu’autre chose dans ce domaine.

    Par ailleurs, le champ lexical que vous employez est extrêmement connoté : vous parlez de peur, d’appréhension, vous suggérez que son orientation sexuelle est peut-être momentanée, vous utilisez le terme de « sexe fort » (qui est très sexiste, hors, le sexisme et l’homophobie sont intimement liés).

    Je suis désolée de vous dire qu’effectivement, votre vision des choses semble en tout cas au travers de vos commentaires, assez homophobe, même si cela ne remet absolument pas en cause l’amour que vous pouvez porter à votre fille. Et je le martèle : être homophobe, ce n’est pas grave. Ce qui est grave, c’est de le rester. Questionnez-vous, remettez vous en cause (si plusieurs personnes qui ne se connaissent pas et ne se sont pas concertées on trouvé votre commentaire problématique, peut-être y a-t-il un fond de vérité ?)

  • #78 Mllepinceaux le 2 mars 2017 à 17 h 23 min

    Hélène: Je me permets, si Johanna est d’accord, de vous proposer d’ajouter les contacts vers 2 associations qui travaillent au quotidien pour les personnes LGBTQ+ et leurs familles, et qui peuvent peut-être venir en aide à des lecteurs et lectrices.

    Le refuge : http://www.le-refuge.org Cette association vient en aide aux jeunes LGBTQ+ de 18 à 25 ans victimes d’homophobie familiale sur tout le territoire français. Elle apporte un soutien psychologique, un accompagnement médical, social et juridique à tous les jeunes concernés. Dans les cas d’urgence extrême, ils ont aussi des places d’hébergements. Ils ont une ligne d’urgence au 06.31.59.69.50.

    Contact: http://www.asso-contact.org Cette association oeuvre pour le dialogue au entre les parents, les lesbiennes, bi-e-s, gays, leurs ami-e-s et leurs familles. Leurs buts sont, entre autre, d’aider les familles à comprendre et accepter l’orientation sexuelle ou l’identité de genre de leurs proches, et d’aider les personnes LGBTQ+ à communiquer avec leur parents et leur entourage en leur apportant la compréhension nécessaire pour s’accepter. Ils sont déployés sur une grande partie du territoire français.

  • #79 Hélène le 2 mars 2017 à 17 h 42 min

    Mllepinceaux: merci pour la finesse de tes commentaires, et pour ces liens.

  • #80 Valérie 31 le 2 mars 2017 à 18 h 29 min

    Hélène: Hélas, la liste des exemples et bien longue …..

  • #81 Valérie 31 le 2 mars 2017 à 18 h 30 min

    Valérie 31: EST bien longue, faute de frappe !

  • #82 Vanverde le 2 mars 2017 à 20 h 40 min

    Lorsque mon neveu a eu 16 ans, son père, coureur de jupons devant l’éternel, lui tint ce langage:

    – Bon, alors, t’as 16 ans, t’as une copine ?
    – Ben, non….
    – Ha ?!? Bon, alors, un copain ?
    – Ben, non…
    – Mais, enfin, t’as 16 ans !!!!!!

    Voilà.

    Mon neveu chéri, aime qui tu veux, mais aime !

  • #83 Nadia le 3 mars 2017 à 1 h 01 min

    Bonjour à tous et toutes,

    Un immense merci à Hélène pour la publication de ce message d’amour et ce rappel, non pas la tolérance (il n’y a rien à « tolérer » ici) mais à l’ouverture, notamment au sujet de la vie de ses propres enfants.

    Pour ma part, j’ai découvert quand j’étais ado (dans les années 90) que la première cause de suicide chez les jeunes était le rejet de leur homosexualité par leur famille, cela m’a horrifiée et je n’ai pas voulu y croire, puis je me suis promis de tout faire pour que, si mon enfant était homo, il n’ait aucune peur ou appréhension à me le dire. Non homo, je suis devenue une ardente défenseure(se?) du droit de chacun à vivre sa vie comme il l’entend, homo, hétéro, droitier, gaucher, athée ou religieux, whatever. Du genre à faire une histoire à chaque parole homophobe que j’entends autour de moi. J’imagine toujours un(e) jeune homo entendre cela et être blessé sans pouvoir réagir, et je réagis.

    J’avoue avoir encore du mal à y croire, à voir qu’en 2017 Le Refuge doit encore accueillir des jeunes homos chassés de leur propre famille et mis à la rue, cela dépasse l’entendement…

    Je suis depuis devenue maman de deux filles (8 et 11 ans), à qui j’ai expliqué depuis leur plus tendre enfance que toutes les configurations de couples (et de couples de parents) existaient et qu’aucune n’était supérieure à une autre, la seule acceptable étant celle qui nous rendait heureux. Depuis 11 ans, je prends soin de leur dire « la personne que vous choisirez » « il ou elle » et jamais « votre mari » ou « l’homme de votre vie ». En vrai, ce n’est vraiment pas compliqué de donner une éducation ouverte sur cette question, et j’espère que mes filles n’auront pas peur de dire à leur parents si elles sont homosexuelles, qu’elles sauront qu’elles n’ont aucune raison de craindre d’être rejetées par leurs parents pour ce qu’elles sont.

    C’est ce que je souhaite pour leur génération…

  • #84 little-beast le 3 mars 2017 à 6 h 37 min

    MERCI Johanna et Hélène de poster ce commentaire engagé.

  • #85 MARIEP le 3 mars 2017 à 8 h 46 min

    quand j’écris » sexe fort » entre guillements, c’est justement pour m’en moquer. Apparemment cela n’a pas été compris… Après, merci pour certains commentaires, moi je sais que malgré mes mots qui sont peut être maladroits, je sais que je ne suis pas homophobe, je le sais, je me connais ! Je sais que j’aime ma fille et si j’écris que je l’aime  » telle qu’elle est » , cela va encore entrainer des polémiques, alors  »j’aime ma fille, point  ».

  • #86 manue le 3 mars 2017 à 8 h 58 min

    Un joli témoignage. Bravo!

  • #87 Angélique G le 3 mars 2017 à 23 h 02 min

    Hélène… Cet article dénonce tellement de choses et de sentiments.
    Merci.

  • #88 sylvie;-) le 4 mars 2017 à 20 h 31 min

    Le jour où on m’a expliqué ce que voulait dire homosexuel j’avais environ 10 ans et je n’ai pas compris où était le problème.Je vais avoir 50ans et je n’ai toujours pas compris où était le problème ou plutôt si:il est dans la bêtise des autres!
    les droits des homosexuels (mariage, délit d’homophobie…) sont fragiles tout comme les droits des femmes…ne baissons jamais notre vigilance…

  • #89 mmarie le 6 mars 2017 à 19 h 34 min

    Merci Johanna pour ce billet (et Hélène pour ce relais) qui en dit long sur la difficulté, en 2017 encore, à assumer pour les uns, accepter pour les autres, la différence, quelle qu’elle soit.
    Je ne vais pas m’étendre sur ma position, évidemment inclusive – voire un peu militante, y compris dans l’éducation de ma fille. Parmi nos proches, il y a des couples de femmes (certains avec enfants) et d’hommes.
    Un ami me racontait récemment sa recherche d’un logement dans une ville étrangère (et pas la plus obtuse: Londres) pour un petit voyage en amoureux, et de ce qu’il s’était astreint à expliquer clairement à leurs hôtes potentiels qu’ils étaient deux hommes, un blanc et un noir de surcroît, afin d’éviter de faire face à une réaction de surprise ou même de rejet. Ou simplement de réprobation muette, de toute façon pénible. C’est ainsi que j’ai appris l’existence d’un réseau LGBTQ+ friendly: misterbnb.
    Mais surtout ça m’a glacée : cette obligation de prévenir quiconque d’un truc complètement privé pour désamorcer les potentiels ennuis.

    Par ailleurs j’avais été profondément touchée par la performance d’un artiste et activiste canadien, Stewart Legere, intitulée « Let’s not beat each other to death », et qui aborde – dans un rituel scénique saisissant et sensible – les effroyables excès de l’homophobie, ici, aujourd’hui, dans nos sociétés occidentales. J’ai encore des frissons en repensant à ce constat terrible doublé d’un appel à la compassion.

    Un lien pour celles/ceux qui voudraient se faire une idée : https://youtu.be/UL8e9H2F7to

  • #90 Thomas le 2 avril 2017 à 22 h 07 min

    Je lis beaucoup de réactions suite à ce récit.
    Je suis homosexuel est il est venu le moment où on se sent prisonnier, pire lorsqu’il faut mentir sous peine d’avoir le monde qui nous tombe dessus.
    Jusqu’au jour où ce n’est plus possible et il faut cette libération, mais on aborde un autre sujet.
    J’ai la chance de vivre dans une famille non pas « libre » (comprendre « babacool ») mais ouverte d’esprit, est lorsque j’ai plus larguer cette ceinture de plomb, ça a été le début de la liberté, la fin des mensonges pour couver.
    Et puis l’âge arrive et on présente son copain à ses parents, à sa famille, la bonne réunion tous le mondes, et c’est d’une banalité…
    Toutefois j’ai appris qu’un de mes cousins l’est, et au milieu de toute cette tolérance, on arrive à avoir des coquilles de résistance, un père qui déni la chair de sa chair, parce qu’il n’est pas l’incarnation de ce qu’il devait être..

  • #91 Hélène le 3 avril 2017 à 9 h 08 min

    Thomas: merci pour ce partage.

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