Ma grand-mère et sa jeunesse perdue pour « l’honneur »…, par Une demoiselle

21 mai 2008

tanjore_ecolieres.jpg« 1938, une « colonie » Française, quelque part dans le monde…

Marie a 15 ans et elle est tapie sous la table du salon depuis deux jours.
Elle ne veut rien manger, ni parler. Elle ne fait que pleurer.

Il y a 2 jours, son papa est venu la voir et lui a dit : « Marie, on t’as trouvé un mari. Un très bon mari. Il a beaucoup d’argent, il est pharmacien. »
Mais l’homme en question, a plus de 45 ans…
Il est veuf et a 3 grands enfants de plus de 20 ans.
Et Marie ne veut pas se marier. Elle a 15 ans !

Marie, ce qu’elle aime, c’est l’école. Dans sa classe, c’est la meilleure. Elle veut être médecin. Et l’institutrice a dit à ses parents qu’elle avait de grandes capacités pour y arriver.
Le problème, c’est que dans la famille de Marie, ça ne se fait pas.
Les filles ne travaillent pas.
C’est une très ancienne famille, une famille très riche, une famille noble, une famille puissante.

Il y a quelques temps de cela, quelqu’un est venu voir le papa de Marie et lui a dit : « tu sais, ta fille est déjà grande, tu ne devrais pas la laisser aller à l’école comme ça. Ce n’est pas très bien vu. Ce n’est vraiment pas correct ! »
Alors, pour ne pas perdre la face, le papa a décidé de retirer Marie de l’école…
Et ensuite il lui a annoncé qu’elle devait être une bonne épouse, et une bonne mère pour « l’honneur » de la famille.
C’est pour ça qu’elle se cache sous la table, qu’elle pleure et qu’elle ne veut rien manger.
Sa maman est venue la voir et elle lui a expliqué que tout « l’honneur » de sa famille reposait sur ses épaules.
Que si elle refusait de se marier avec le bon époux qu’on lui avait choisit, son papa allait être très malheureux.

Et Marie aime beaucoup son papa.
Alors elle a arrêté de se cacher sous la table et s’est résignée à ne plus aller à l’école. Et surtout, elle a accepté le mari qu’on lui réservait…
Cet homme inconnu qu’elle n’avait jamais vu.
Cet homme, dont elle ne découvrira le visage que le soir de ses noces.
Devant le lit nuptial…
Cette nuit étrange dont personne ne lui avait parlé auparavant.
Une nuit qu’elle n’oubliera jamais. Une nuit où elle n’a pas réussi à dormir. Mais où elle n’a pas fermé les yeux non plus.

Pendant 2 ans, Marie n’a pas regardé cet homme en face.
Un jour, beaucoup plus tard, elle a remarqué qu’il avait les yeux bleus.
Et de toute sa vie, elle ne l’a jamais appelé par son prénom.
Jamais.
Elle ne pouvait pas.

Marie a du aller vivre dans la grande maison de cet inconnu.
Avec ses enfants à lui, et quelques autres membres de sa famille.
Mais comme Marie est une très gentille petite fille et surtout très bien élevée, tout le monde l’a acceptée et aimée.
Heureusement.
La vie lui paraissait ainsi moins pénible, même si son époux la traitait très bien et avec beaucoup de respect.

Mais l’homme n’avait pas fait le deuil de sa première femme. Il avait épousé Marie parce qu’elle était très jolie et qu’elle venait d’une famille très convenable. Et surtout parce qu’il ne supportait plus de rester seul.
Cet homme avait fait des études, il était très intelligent et très cultivé.
Il savait donc ce qu’il fallait donner à Marie quand un bébé se formait dans son ventre.
La première fois, c’était une petite fille…

La seconde fois, Marie s’est rebellée. Elle avait 24 ans et a osé tenir tête en disant : « que me reste t’il à moi dans cette prison dorée ? Laisse-moi cet enfant ! Celui-là, je ne te laisserai pas me le prendre ! »
Et il est né son petit garçon. Blond, avec des yeux bleus, un bel enfant de 5 kilos qu’elle a mis 2 jours à mettre au monde.
Et puis le second est arrivé l’année suivante, brun avec des yeux verts.

Un jour, ils sont allés faire des portraits chez le photographe.
Quand ils sont rentrés, le petit brun aux yeux verts à dit à Marie qu’il avait très mal à la tête.
Il est décédé 15 jours plus tard d’une méningite foudroyante.
Marie était enceinte à ce moment-là. Elle était très croyante et a fait une prière au Seigneur : « je t’en supplie, même si j’ai une petite fille qui pousse dans mon ventre, fais que cela devienne un petit garçon. Le même que celui que j’ai perdu… »
Et, le Bon Dieu a du entendre sa prière, car c’est un autre petit brun aux yeux verts qui est venu au monde.

Que reste t’il de cette époque ? Une vieille photographie d’un joli petit garçon de 4 ans avec d’immenses yeux clairs bordés de longs cils. Des yeux brillants de fièvre. Même sur la photo ancienne, on peut le remarquer.

Marie, c’est ma grand-mère.
L’enfant blond aux yeux bleus, c’est mon père.
Cette histoire elle me l’a racontée de nombreuses fois, mais jamais je n’avais osé l’écrire.

Elle a 85 ans aujourd’hui.

Il y a plusieurs dizaines d’années, son mari est décédé.
Mon grand-père donc. Que je n’ai pas connu.
Il avait un cancer. Il a beaucoup souffert. Tous les jours, elle est allée le voir à l’hôpital. Elle s’est occupée de lui, a tenté d’alléger ses souffrances en lui lavant le front et en lui amenant ses plats préférés.
Juste avant de fermer les yeux, il lui a dit : « pardon… ».

Et je crois que c’est à ce moment-là qu’elle a pleuré.

Signé : Une demoiselle »

115 commentaires Laisser un commentaire
Femmes du monde, Ô toi, lectrice !

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115 commentaires

  • #1 emmanuelle h le 21 mai 2008 à 6 h 46 min

    je vais faire couler tout mon maquillage en pleurant, mais tant pis….
    j’ai beaucoup de peine pour ces femmes, nos grands-mères, dont les vies ont été « décidées » et « arrangées » et qui se sont sacrifiées toute leur vie, ma grand-mère en fait partie, elle n’est plus et ton texte lui rend aussi hommage.
    merci.

  • #2 Karina_Qc le 21 mai 2008 à 7 h 00 min

    C’est l’honneur au détriment du bonheur…
    très touchante, cette histoire :) j’admire que tu aies pu la mettre sur papier… ça ne doit pas être évident. Merci :)

  • #3 oliviachanteuse le 21 mai 2008 à 7 h 32 min

    Merci…Merci de nous avoir fait partager un morceau de ton histoire et de tes racines.Je suis toute émue en te lisant et j’en ai les larmes aux yeux!
    Que de femmes et jeunes filles sacrifiées pour l’honneur autrefois…Et parfois même encore maintenant.Merci de nous l’avoir raconté ce petit morceau de ta famille…

  • #4 Lullaby77 le 21 mai 2008 à 7 h 43 min

    Merci pour cette histoire, c’est vraiment émouvant.
    Ca me fait penser à ma grand-mère, qui a bien faillli passer par la même chose mais qui a résisté.

  • #5 PCR le 21 mai 2008 à 8 h 09 min

    Belle histoire triste dans laquelle on ressent tout le poids des convenances et de la tradition… mais c’est aussi grâce à cette histoire que tu es là et que tu peux serrer ta grand’mère dans tes bras.
    Un très bon anniversaire à elle !

  • #6 deilema le 21 mai 2008 à 8 h 28 min

    Merci « demoiselle » pour cette histoire qui me touche et me révolte à la fois.

    Je suis révoltée à l’idée que ce genre d’histoire a du être le lot de beaucoup de femmes de la génération de nos grands mères (et d’avant elles)…
    et je suis encore plus révoltée de me dire que cela continue pour des millions de femmes de par le monde !

    Encore merci Hélène, de publier régulièrement des récits qui nous rappellent en quelque sorte, que nous avons de la chance de vivre à notre époque dans une société dans laquelle hommes et femmes sont à peu près à égalité.

  • #7 lili le 21 mai 2008 à 8 h 40 min

    Merci, Une demoiselle.

    1938! :(

    Ton histoire me touche. Je pense souvent au mariage forcé de mon arrière-grand-mère, c’était en France métropolitaine, dans la bourgeoisie industrielle protestante picarde.
    Elle s’en est plainte toute sa vie en se disant « sacrifiée comme une génisse à l’autel ». Ce n’était pas l’honneur, c’était l’argent et ça ne vaut pas mieux. Il n’avait pas davantage le choix qu’elle, ils ont été très malheureux ensemble et il a fini par se suicider.

    Liberté, les filles!
    Et protection pour celles que l’on menace de mariage forcé autour de nous, il y en a.

  • #8 Ségolène le 21 mai 2008 à 8 h 45 min

    Une histoire qui prend à la gorge et fait monter les larmes aux yeux. J’admire le courage de ta grand-mère et surtout le fait qu’elle ait raconté son histoire, car cela non plus, « cela ne se faisait pas ». Souhaite un merveilleux 85e anniversaire de notre part à toutes.

    Et merci à toi aussi d’avoir fait partager votre histoire familiale avec nous.

  • #9 Jenesaispasmemaquiller le 21 mai 2008 à 8 h 55 min

    Merci d’avoir partagé cette histoire…

  • #10 teatree le 21 mai 2008 à 8 h 56 min

    mon Dieu, que la vie n’est pas facile, parfois. heureusement que les mentalités ont évolué, enfin, pas partout, malheureusement…
    merci demoiselle pour cette histoire si bien écrite.

  • #11 Coralie Marie le 21 mai 2008 à 9 h 02 min

    Je suis très touchée, une vie comme beaucoup d’autres d’hier et d’aujourd’hui, volée au nom de principes absurdes :-(
    Il faut rester vigilantes…

  • #12 La Cuiller En Bois le 21 mai 2008 à 9 h 06 min

    La vie de nos grands-mères …
    Ce sont souvent des femmes admirables qui ont enduré tant et tant de chose.

    Ma grand-mère maternelle était espagnole.
    Elle vivait dans un petit village de montagne, était belle à en mourir, gaie comme un pinson, espiègle comme un cabri. Elle parcourait la montagne en gardant les chèvres et en chantant.
    Elle plaisait beaucoup aux garçons qu’elle savait tenir à distance avec beaucoup d’humour et d’insolence parfois.
    Mais l’un d’entre eux lui plaisait. Et lui, il l’aimait.
    Le problème c’est que c’était le second fils du maire du village, gros propriétaire local.
    Et l’épouser serait mésalliance.
    Il l’a fait quand même au mépris de sa famille.
    Le Maire a rejeté son fils, lui coupant les vivre, le déshéritant au profit du frère aîné.
    Un fils est né, puis une fille. Pas de travail pour le couple (le maire avait passé ses consignes).
    Il est parti de l’autre côté de la frontière pour chercher du travail. Il trouva un emploi de métayer dans une ferme girondine.
    Il revint chercher sa femme, enceinte.
    Et c’est ainsi que ma grand-mère a passé le Somport à pied, avec ses deux enfants (dont ma mère âgée de 18 mois).
    C’était en 1935.
    Elle eut une vie de labeur. Perdit son mari en 1959, pris le deuil (elle avait 48 ans) et ne le quitta plus. Je ne l’ai connue qu’en noir.
    Mais c’était une femme exceptionnelle qui 13 ans après sa disparition me manque tant.
    Elle nous racontait sa jeunesse, nous chantait les chansons d’avant, les larmes aux yeux, le sourire aux lèvres en nous disant que jamais elle n’a regretté son choix. Elle est décédée en 1994 la veille de l’anniversaire du décès de mon grand-père. Un mois et demi avant, devant sa tombe, elle a murmuré « attends moi j’arrive ».

    Ma grand-mère paternelle est née en 1896. Elle fut la première fille du canton à obtenir son certificat d’études au début du 20ème siècle. Mais à l’époque on ne faisait pas d’études lorsqu’on était fille d’agriculteur.
    Elle épousa mon grand-père, boulanger, juste avant la guerre de 14-18 et leur première fille est née. Puis la seconde, et un troisième ….et ainsi de suite jusqu’en 1936 ou 37 …
    A la naissance de son 17ème enfant, le docteur a pris mon grand-père a part et lui a dit « Au prochain, elle y passera et tu resteras seul à élever tes enfants ». Il ne l’a plus « touché ».
    Je me souviens avoir entendu ma grand-mère dire « Depuis le jour de ma première grossesse je n’ai plus jamais eu de règles »
    Elle passa sa vie à élever ses enfants en leur donnant un amour tendre, en perdit quelques uns en bas-âge, fit de nombreuses fausses couches.
    Mais en plus, elle du subir sans broncher la violence d’un mari qui, rentrant souvent ivre, la frappait pour un oui ou un non.
    Elle a soigné mon mari, atteint d’un cancer jusqu’à son décès en 1965.
    Elle ne lui a survécu que 4 ans, emportée par une congestion cérébrale. Elle était si usée et fatiguée.
    Je garde d’elle le souvenir d’une femme douce qui m’a transmis le goût de la lecture et qui, dans les années soixante, espérait beaucoup de l’évolutoin de la condition féminine. Elle a vu l’avènement des allocations familiales (dont elle n’a jamais bénéficié) et voyait se profiler à l’horizon la pilule : le plus grand progrès du siècle disait-elle.

    Je suis tellement reconnaissante à mes grands-mères de tout ce qu’elles m’ont donné, dont je n’ai pris conscience que plus tard, adulte, et bien après leurs décès respectifs.
    Elles m’ont permis de me construire. Elles m’ont transmis leurs valeurs.
    Bien plus que ma mère n’a pu le faire ….

    Merci Demoiselle de ton récit.
    Que ces femmes souvent exceptionnelles de par leur quotidien restent dans nos mémoires …

  • #13 Nicole le 21 mai 2008 à 9 h 30 min

    Une Demoiselle, qu’elle histoire émouvante!!! Quelle force, quel courage!!
    Tu dois être fière de l’avoir comme grand-mère….

  • #14 Milie le 21 mai 2008 à 9 h 48 min

    Tellement émouvant… merci d’avoir partagé cette histoire personnelle poignante et bouleversante…

  • #15 LA DEMOISELLE / SONIA, MISS BLOG 2008 le 21 mai 2008 à 9 h 56 min

    @ TOUS : au début je voulais conserver l’anonymat car cette histoire est bien en-dehors de ma ligne éditoriale habituelle.
    Et puis, je craignais de récolter une fois de plus de plus des billets pas trop sympas sur le fait que tout celà aurait pu être bien mièvre…
    Au vu de vos commentaires, je voulais juste vous dire que je suis très émue.
    Cette histoire me touche au plus haut point. Donc autant assumer et lever mon voile d’anonymat.
    Merci à ma grand-mère…

  • #16 Lou. le 21 mai 2008 à 10 h 02 min

    Emouvant. Mieux vaut tard que jamais pour des excuses, même si ça ne rattrape pas une vie gâchée…

  • #17 lizou le 21 mai 2008 à 10 h 10 min

    J’avais pas du tout reconnu l’écriture de Sonia, ça doit etre dur de se dire que si l’on est là c’est grâce au malheur d’une femme, et on est surement tous quelque part née de cela. Du malheur d’une femme, d’une guerre ou d’un exode.

  • #18 Joséphine le 21 mai 2008 à 10 h 11 min

    Merci Sonia pour ce texte émouvant, je crois que ça rappelle à tout le monde la vie de sa propre grand-mère,de près ou de loin.

  • #19 cynthia283 le 21 mai 2008 à 10 h 14 min

    Sonia, effectivement ton histoire n’est pas dans le style de ta ligne éditoriale, mais je trouve ça super que tu es trouvé le courage de l’écrire et de la « revendiquer ». L’histoire de ta grand mère est très touchante, elle est si réelle et d’actualité que c’est est révoltant. Elle est en tout cas très loin d’être mièvre.
    Tu as de la chance malgré tout d’avoir encore ta grand mère, profitez bien l’une de l’autre.

  • #20 Elsonia le 21 mai 2008 à 10 h 18 min

    J’en suis bouleversée !!!! J’ai les larmes aux yeux et des palpitations…
    Une vie entière, une vie entière. Quelle grande dame ta grand-mère, Sonia !!!
    Et tu as sûrement hérité de cette grandeur d’âme.

  • #21 fanette le 21 mai 2008 à 10 h 23 min

    Une histoire terrible… une histoire d’avant. Une histoire de femme qui assume ce qu’on lui met sur le dos, jusqu’au bout. Dingue.

  • #22 loulou le 21 mai 2008 à 10 h 25 min

    Très beau, très triste…
    Du temps de ma maman on venait aussi avec un homme pour demander la main de la jeune fille. Et les parents acceptaient ou pas. Pour maman ça c’est passé en 58!!! Mais en Sicile c’était comme ça. Plus d’école pour les filles à l’age de 12 ans, car il fallait apprendre à devenir une femme, puis qu’allaient dire les gens si on faisait étudier une fille!!!!! En Sicile si à 20 ans tu n’était pas mariée, c’est que t’était de petite mœurs!!!
    Suis très heureuse de vivre à mon époque!!!
    Merci d’avoir partagé ton histoire…

  • #23 Coralie Marie le 21 mai 2008 à 10 h 26 min

    Bah où sont les interlignes :-) ?
    Trève de plaisanterie, je suis ravie de découvrir que c’est Sonia qui a écrit ce texte. Félicitations à toi !

  • #24 sophie202 le 21 mai 2008 à 10 h 26 min

    ce texte est fantastique et boulversant… Bravo Sonia, pour les émotions que tu as su nous transmettre. Merci de nous faire partager cette terrible histoire…

  • #25 La Cuiller En Bois le 21 mai 2008 à 10 h 36 min

    Quelque soient les histoires de nos aïeuls, elles ont contribuées à des degrés divers à ce que nous sommes.
    Et c’est sain d’assumer le passé.
    Je dis « assumer » mais non ! Nous n’avons pas à « assumer » les actes passés, qu’ils soient bons ou mauvais. Cela fait partie de notre histoire, de notre construction, de ce pourquoi nous sommes comme ceci ou comme cela.
    L’énoncer est sain.
    Nous ne portons pas la responsabilité des actes passés, nous n’en sommes que le fruit, que le relais.
    Des vies entières ont été détruites au nom du silence, du poids des « fautes » des ancêtres.

    Dans chaque histoire, si douloureuse soit-elle, on peut et on doit y trouver un éclairage, un enseignement, une explication. Une humanité.

    Gros bisous à ta grand-mère Sonia.
    Profites bien d’elle, les miennes me manquent terriblement.

  • #26 Hélène le 21 mai 2008 à 10 h 45 min

    Sonia je suis contente que tu aies levé le voile ;-)

    Gloria merci pour ton récit, c’es très émouvant.

  • #27 La Cuiller En Bois le 21 mai 2008 à 10 h 49 min

    Et encore j’ai fait court … tellement il y aurait à dire sur leurs vies ;-)

    Quand j’étais petite, un jour quelqu’un a dit que je ressemblais à ma grand-mère paternelle.
    Quelle honte ! Moi, à 10 ans, ressembler à une vieille dame.
    Depuis, je suis fière de lui ressembler :-)

  • #28 Karine d’Angleterre le 21 mai 2008 à 10 h 54 min

    Magnifique hommage a ta grand-mere… beaucoup oublient trop souvent que nos grands-parents ont ete jeunes aussi un jour !
    Et bravo a ta grand-mere pour avoir su te transmettre cette histoire… Il m’a fallu attendre 20 ans avant que ma mere me revele que ma grand-mere que je croyais si traditionnelle, etait en fait une rebelle qui se balladait a moto, a fait des etudes superieures envers et contre ses parents, et a demande mon grand-pere en mariage 2 semaines apres l’avoir rencontre !

  • #29 princessevarda le 21 mai 2008 à 11 h 06 min

    et c’est à ce moment là que je pleure aussi…..

  • #30 kisumarac le 21 mai 2008 à 11 h 14 min

    Très belle histoire; merci de nous l’avoir partagée…

  • #31 Stéphanie le 21 mai 2008 à 11 h 18 min

    Sans que cela minimise ce qu’on vécut nos grands-mères, il faut garder à l’esprit que c’est ce que vivent encore nombre de femmes aujourd’hui.
    Ma belle-soeur, berbère marocaine de 24 ans, n’a en effet jamais été à l’école parce que sa famille étant aisée, elle n’avait pas besoin de ça pour que quelqu’un la demande en mariage. Aujourd’hui, elle ne sait donc ni lire ni écrire, imaginez !

    Sa famille l’a laissée dire « oui » ou « non » à chaque demande en mariage, elle a donc quelque part « choisi » son mari, même si ce choix se borne en définitive à dire oui ou non à un homme dont elle ne connaissait que les valeurs : très religieux, 25 ans, et voulant vivre avec elle en France, mais qu’elle n’avait jamais vu ! Mais ce libre choix n’est pas non plus la norme…

    Malgré tout, pour avoir pas mal discuté avec elle, il est difficile de se mettre dans la peau de ces femmes et de calquer nos valeurs sur elles en imaginant la souffrance que nous ressentirions à leur place. En effet, elles n’ont jamais aspiré à l’AAAAmour tel que nous l’envisageons, mais à une union raisonnable avec quelqu’un qui ait les mêmes valeurs, où elles soient respectées. Et dans ces conditions là, elles sont heureuses et leur vie leur parait réussie.

  • #32 Miaou le 21 mai 2008 à 11 h 22 min

    Sonia, ta grand-mère et toi êtes de très belles conteuses. Et c’est très touchant et émouvant. Merci.

  • #33 Anne Cé le 21 mai 2008 à 11 h 25 min

    je suis très émue de lire les histoires de vos grand-mères. je vais justement voir la mienne ce week-end, on ne se voit pas souvent, je crois que je vais savourer encore plus ces moments passés avec elle !

  • #34 Mouniou le 21 mai 2008 à 11 h 27 min

    L’histoire de votre grand-mère,La demoiselle, est plus qu’émouvante !
    C’est fou des vie ainsi….

    Gloria, ta grand-mère et tes grands parents étaient fort courageux !

    Je n’en reviens pas de ces histoires ! Qui sont encore assez proches de nous. Et pourtant…..

    Ma 3° fille (maintenant 30ans), a eu dans sa classe une petite srilankaise qu’elle aimait bien.

    Son père,lorsque cette fille eut 15 ans a voulu qu’elle se marie à un homme dont elle ne voulait pas du tout.
    Car elle commençait d’être amoureuse d’un garçon à peine plus vieux qu’elle.
    Son père la forcée.

    Cette jeune fille s’est jetée par la fenêtre.

    Elle s’en est sortie, avec les jambes brisées : fauteuil roulant à vie.

    Quelques années après elle s’est mariée (en fauteuil roulant) avec ce premier amoureux qui ne l’avait jamais « lâchée ».

    Ma 3° fille, était avec d’autres anciennes de leur classe ; les festivités étaient magnifiques !

  • #35 Hélène le 21 mai 2008 à 11 h 32 min

    Mouniou je suis super émue par cette histoire !!

  • #36 La Cuiller En Bois le 21 mai 2008 à 11 h 35 min

    Encore aujourd’hui professionnellement j’ai l’occasion de « sentir » des mariages arrangés par les familles de culture différente, mais vivant en France.
    Des jeunes filles nées et vivant en France qu’on marie « au pays » pendant des vacances, juste après leur avoir fait prendre la nationalité française.
    Ce n’est pas pour rien que l’âge légal du mariage a été reportée à 18 ans en France au lieu de 15 ans pour les filles. Et que tout mariage d’une jeune fille française à l’étranger, mineure, ne sera pas reconnu comme valable aux yeux de la loi française.
    On lutte comme on peut …

  • #37 @ual le 21 mai 2008 à 11 h 39 min

    Que c’est dur et que c’est émouvant !!!
    Ces femmes étaient des héroïnes, tellement touchées par le malheur et les drames.
    Je te remercie Sonia pour la beauté de ce texte, qui est tellement loin d’être mièvre ;-)
    Je t’embrasse et câline bien ta mamie.
    Biz

  • #38 Hélène le 21 mai 2008 à 11 h 46 min

    @ual sois la bienvenue !

    C’est intéressant ce que tu dis, Gloria, merci pour ces infos.

  • #39 Ln75 le 21 mai 2008 à 11 h 47 min

    Sonia, l’histoire de ta grand-mère est très touchante.
    Merci de l’avoir partagée avec nous

  • #40 mmarie le 21 mai 2008 à 11 h 54 min

    C’est mercredi : j’ai de la buée dans les yeux et le coeur serré.
    Cette histoire.. Pff je ne sais pas quoi dire.
    Ces histoires..
    Me font réaliser combien ma grand-mère a dû avoir de courage et de ténacité pour divorcer, dans les années 30, et se remarier en ayant choisi un homme plus jeune qu’elle.
    Merci Sonia, belle et tendre demoiselle.

  • #41 funambuline le 21 mai 2008 à 12 h 09 min

    J’en ai les larmes aux yeux. Merci de ton texte mademoiselle.

  • #42 La Cuiller En Bois le 21 mai 2008 à 12 h 20 min

    La loi est du 6 avril 2006.
    Elle porte l’âge légal du mariage à 18 ans pour l’homme et la femme.
    Auparavant il était de 18 ans pour l’homme et 15 ans pour la femme.

  • #43 Spike le 21 mai 2008 à 12 h 21 min

    Bouhh!!! moi aussi j’ai les larmes aux yeux… c’était un joli récit… et puis merci aussi à la Cuillère en bois pour ton récit, c’est bien de raconter tout ça et de ne pas oublier.

  • #44 isabastille le 21 mai 2008 à 12 h 28 min

    @ Sonia : Un beau texte, sur une triste histoire de filiation… Et pourtant, je ne suis pas fan en général des témoignages de lectrices,

    Stéphanie, je suis tout à fait d’accord : la souffrance passée de nos grands-mères ne doit pas nous faire oublier ce que vivent beaucoup de femmes aujourd’hui… Les mariages arrangés existent encore, et peuvent gâcher des vies, des vies de femmes, et sûrement aussi des vies d’hommes (ben oui, faut penser à eux aussi, ils sont aussi victimes d’une pression sociale, pas aussi forte que celle qui pèse sur les femmes, mais quand même, il ne faut pas la sous-estimer).

  • #45 sophie202 le 21 mai 2008 à 12 h 32 min

    merde 2006 Gloria!!! C’est super récent! Je suis scotchée, tendance dégouttée… Quelle raison socio-bidon pour justifier que les femmes avaient légalement le droit de se marier avant les hommes???
    Ces histoires boulversantes me rapellent un film que j’aime vraiment bcp, un de mes fils préféré même, c’est « Chaos ».

  • #46 mélusine le 21 mai 2008 à 12 h 42 min

    elle est triste ton histoire, mais belle aussi…
    bon anniversaire à ta grand mère, Sonia!

  • #47 La Cuiller En Bois le 21 mai 2008 à 12 h 42 min

    C’était tout simplement pour que les filles enceintes puissent se marier !

  • #48 La Cuiller En Bois le 21 mai 2008 à 12 h 43 min

    Pour les hommes, avant 18 ans, il me semble qu’ils pouvaient avoir une dispense du Président de la République (en cas de grossesse de leur fiancée notamment)

  • #49 funambuline le 21 mai 2008 à 12 h 54 min

    Bon, après lecture des commentaires… donc merci Sonia et non mademoiselle :-)

    Sinon, j’envie celles d’entre vous qui vivent ce lien avec leur grand-mère, ce lien qui les amène à comprendre intrinséquement l’Histoire de la femme et son évolution. Personnellement, je n’ai plus qu’une grand mère qui est une femme avec laquelle je n’ai aucun lien sentimental. ça arrive, rien de grave. Et mon autre grand mère (infirmière à l’époque) avait épousé un soldat blessé dont elle était tombée amoureuse à la guerre, La grande histoire romantique. Wahou. Mais c’est une histoire pour moi, que je ne l’ai jamais entendu raconter… en fait, c’était quelques mois dans sa vie, sa vie a vraiment commencé en « engendrant » son premier enfant, suivi de 5 autres.

    Ce qui est étrange avec les grands-mères, c’est la proximité temporelle que l’on ressent avec ces femmes, tout en faisant partie (ou en en ayant l’impression) d’une autre époque. Ce que l’on oublie souvent (sauf tes lectrices Hélène…) c’est que ces événements existent aujourd’hui, à nos côtés.

    Le principe du mariage « à la base » n’avait rien avoir avec l’amour. Rien. C’était un arrangement entre familles. Arrangement économique, social ou autre. Obligation de procréer aussi, rapidement, efficacement. L’homme avait une vie et une femme. La femme avait un mari et des enfants… avec un peu de bol un amant :-) Quel pied de faire partie de ce siècle, quelle terreur de savoir que de nombreuses contemporaines n’y vivent pas.

  • #50 Cagaroule le 21 mai 2008 à 13 h 16 min

    Je trouve que cette histoire est très belle et très touchante parce qu’elle montre une femme qui a su ou du faire au mieux de ce qu’elle pouvait avec ce qu’on lui accordait.
    Par contre, une question, à son tour quand ses enfants ont été en âge de se marier, les a-t-elle laissé faire leurs propres choix?
    Sonia, je savais que tu pouvais ne pas mettre d’interlignes partout! :-)))

    @ La cuiller: oui et même que si les filles tombaient enceinte, que le gars décédait il suffisait de démontrer qu’il avait eu la volonté de l’épouser et hop, le mariage pouvait être célébré…
    Pareil, s’il partait à la guerre, et que la fille était enceinte, le mariage « par contumace » (c’est pas le nom mais c’est l’idée) pouvait être célébré un témoin jouant le rôle du mari.

    Aujourd’hui par exemple, une femme française ne peut pas demander à se marier (avec un français ou un étranger) dans un consulat français. Seuls les hommes français peuvent le faire.

  • #51 Hélène le 21 mai 2008 à 13 h 19 min

    C’est vrai Cagaroule, le coup du consulat ??? Sa race, j’hallucine !!!

  • #52 Cagaroule le 21 mai 2008 à 13 h 21 min

    Ben quand j’étais à la fac (c’est quand même pas si loin…) ça l’était. Bon j’imagine que si tu es française que tu viens faire les démarches toute seule et que ton copain est aussi français, ça leur pose pas de problème mais bon… on avait un peu halluciné quand même!

  • #53 Deilema le 21 mai 2008 à 13 h 22 min

    Sonia? je ne t’aurais jamais reconnue, ce texte est très différend de ce que tu écris habituellement. Merci de nous l’avoir fait partager, et bravo pour ton courage pour « lever le voile », ce n’est pas évident.
    Ton récit n’est absolument pas « mièvre », bien au contraire, je trouve ça fondamental de se souvenir de ce qu’a pu être la condition féminine par le passé, et de se rappeler que les mariages forcés ne sont pas si loin de nous.
    Comme le dit la Cuiller en bois, combien de jeunes filles sont mariées lors de leur retour au pays pendant les vacances d’été?
    Et puis, dans d’autres milieux, on organise bien des « rallyes » pour que les jeunes gens de bonne famille se fréquentent « entre gens de bonne compagnie »…
    La pression familiale concernant les choix de vie, ceux des femmes en particulier, est souvent perceptible.
    Les choses ont évolué, mais je pense qu’il faut rester conscientes que tout n’est pas gagné, en tout cas pas pour toutes nos contemporaines.
    des bises à ta mamie :)

  • #54 funambuline le 21 mai 2008 à 13 h 23 min

    Halllucinant le coup du consulat… faudrait lancer des mails groupés pour leur demander des explications…

  • #55 Deilema le 21 mai 2008 à 13 h 23 min

    @cagaroule : c’est le mariage « posthume » dont tu parles
    « par contumace » c’est pour les condamnations prononcées par les cours d’assises lorsque le condamné est en fuite… c’est un peu loin du mariage quand même ;)))

  • #56 Cagaroule le 21 mai 2008 à 13 h 24 min

    Je savais bien que ça n’était pas le bon nom! :-))

  • #57 Deilema le 21 mai 2008 à 13 h 24 min

    ah oui, et pour les mariages posthumes ca exite encore, j’ai un copain qui en prononce régulièrement (il est pas curé mais il bosse à la mairie)

  • #58 Turquoise le 21 mai 2008 à 13 h 25 min

    Merci, Sonia, pour ce très beau texte qui montre une fois de plus que l’intérêt de ce blog va bien plus loin que le choix d’un fard à paupières …
    Je me souviens d’une élève de seize ans qui m’a fait ses adieux, les larmes aux yeux, à la fin de l’année scolaire, parce qu’elle interrompait ses études et quittait définitivement la France pour aller épouser un homme qu’elle n’avait jamais vu …

  • #59 Dorothée le 21 mai 2008 à 13 h 30 min

    Wow, ça me fait bizarre parce que pour moi c’est quasiment de la mythologie, dans ma famille il n’y a eu que des mariages d’amour (au moins sur 5 générations, voire plus), et toutes les femmes de la famille ont fait des études, parfois brillantes…. (Sup’Aéro-Sciences-Po, ENS….rien que dans la génération de ma grand-mère).
    Ca me fait super bizarre de voir que c’est aussi proche, pour certaines…

  • #60 camille strass le 21 mai 2008 à 13 h 31 min

    Bonjour à toutes

    Comme cela a été dit plus haut, il faut se remettre dans le contexte. Sonia souligne que le mari lui aussi se marie par convenance, et que ça n’est pas un mauvais bougre dans le fond. il s’agit d’un temps où l’on ne se mariait pas par amour, sauf cas isolés (mais pas si rares que ça).
    La grand-mère, Marie, a eu de la chance dans son histoire, elle est tombée sur un type pas trop mal. Dans le cadre de ma thèse (sur l’aristocratie du XVIIe siècle), je tombe sur de sordides affaires de maris qui battent leur femme (et inversement… il y a des femmes qui font les pires coups à leurs maris).
    Si on remet cette histoire dans son contexte, on comprend le désarroi de la Marie de 15 ans à qui on « propose » le mariage : pourquoi est-elle si triste ? précisément parce qu’on est à l’époque où, justement, l’amour commence à rentrer en ligne de compte dans la question du mariage. Avant, il ne se posait pas, tout simplement. Ce qui n’empêchait pas les gens de vivre normalement. ça n’est pas parce que c’est « les temps anciens » que c’était forcément l’horreur au quotidien ! De toute façon, et c’est cruel à dire, les mariages ne duraient pas longtemps, au vu de l’espérance de vie. En gros, la mort jouait le rôle du divorce aujourd’hui. Quand les couples ne s’entendaient pas… eh bien ils se disputaient l’argent du ménage, comme aujourd’hui on voit nombre de couples en instance de divorce se déchirer pour savoir comment on partagera le service en argent.

    J’ai trouvé l’histoire de Sonia très belle, alors merci à elle de nous la raconter.

  • #61 Stéphanie le 21 mai 2008 à 13 h 32 min

    Pour vous rassurer, une femme française peut désormais se marier au consulat français lorsqu’elle vit à l’étranger !

  • #62 Cagaroule le 21 mai 2008 à 13 h 32 min

    @ Dorothée: C’est parce qu’elles sont eu de la chance! Et elles ont eu raison d’en profiter! Mes grand mères ont commencé à bosser rémunéré toutes les deux vers leurs 12 ou 13 ans… Donc l’école…

  • #63 Deilema le 21 mai 2008 à 13 h 33 min

    c’est terrible ce quue tu racontes Turquoise !!!
    Et ca doit être affreux de se dire qu’on ne peut rien faire face à la détresse de son élève !

    Tenez, ça me rappelle une histoire que m’a racontée une de mes copines dentistes et qui m’avait absolument épouvantée (je crois même que je lui avais recommandé de signaler le cas au Procureur tellement ça me paraissait invraisemblable de rester sans rien faire).

    bon, donc ma copine est dentiste, et elle reçoit dans son cabinet un type accompagné d’une gamine d’environ 8 ans.
    On lui tend la carte vitale de la gamine, et, au vu des informations qui sont dessus (l’année de naissance notamment), elle se rend compte que ce n’est pas le bon enfant qu’on lui présente.
    Elle demandes des explications au type, qui formule une ou deux phrases un peu confuses.
    Puis voyant qu’on ne le croit pas, le type attrappe la gamine, lui ouvre grand la bouche, montre ses dents comme on ferait pour du bétail et demande en criant : « elle a de bonnes dents? pour la marier, il faut des bonnes dents « .
    Oui, oui, cela s’est passé en France, au 21 siècle…

  • #64 Cagaroule le 21 mai 2008 à 13 h 34 min

    @ Stéphanie: ah ce que j’aime dans le droit c’est que ça change! :-))

  • #65 lixuan le 21 mai 2008 à 13 h 34 min

    Je n’avais pas du tout reconnu le style de Sonia, je me suis juste dit que cette personne avait une très jolie plume, très fine, mélancolique, d’émotion pure sans mièvrerie justement.
    Ta façon de raconter cette douloureuse histoire est un magnifique hommage à ta grand-mère…
    J’ai le coeur tout serré tiens ;)

  • #66 annelise le 21 mai 2008 à 13 h 36 min

    très joli texte Sonia, et émouvant. Le bonheur était bien souvent interdit aux femmes autrefois, et encore de nos jours.

  • #67 lullaby77 le 21 mai 2008 à 13 h 36 min

    Pas si loin de nous, et pas du tout dans une famille allochtone mais bien dans une famille bourgeoise très comme il faut, une amie à moi s’est retrouvée enceinte à 16 ans. Ses parents ont exigé qu’elle se marie, il a fallu une dérogation du juge (qui a fait la leçon aux parents mais qui a donné l’autorisation). Elle a fait une fausse couche avant le jour du mariage, mais on ne pouvait plus reculer après avoir envoyé les invitations, n’est-ce pas?
    Résultat: divorce à 19 ans. Tu parles d’un départ dans la vie d’adulte.
    Comme quoi il y a encore des pressions sociales débiles chez nous aussi, dans notre culture.

  • #68 Deilema le 21 mai 2008 à 13 h 41 min

    je connais aussi une fille dans ce cas Lullaby
    c’est d’ailleurs troublant de constater que ça arrive souvent dans des familles dans lesquelles on ne parle pas de contraception puisqu’on n’est pas supposée coucher avant le mariage…

  • #69 La Cuiller En Bois le 21 mai 2008 à 13 h 42 min

    Se marier au Consulat ou à l’étranger est souvent un chemin semé d’embûche, mais il faut savoir qu’ils doivent veiller à vérifier tant que faire se peut, s’il n’y a pas mariage forcé, de complaisance, abus de confiance …

    Je comprends que pour les personnes « de bonne foi » cela est très lourd mais il faut avoir une vision plus générale des fraudes nombreuses, sans compter le fait que les français/es ou autres occidentaux sont souvent bernés par de belles/fausses histoire d’amour.

    D’ailleurs c’est la raison pour laquelle le délai pour le conjoint étranger pour pouvoir demander la nationalité française comme étant marié avec un conjoint français a été porté à 4 ans de mariage (s’ils vivent en France, sinon 5 ans s’ils vivent à l’étranger).

    En 1973 il était de 6 mois de mariage, en 1993 il a été porté à 1 ans, en 1998 à 2 ans et en 2006 à 4 ans.

  • #70 Ségolène le 21 mai 2008 à 13 h 42 min

    Je réagis sur le commentaire de Caragoule, étant moi-même expat et m’étant mariée à l’étranger (Allemagne). En Allemagne en tout cas (je ne me permettrais pas de parler en général car je ne connais pas assez bien les différentes lois), ce n’est pas le consulat qui célèbre le mariage mais les autorités étrangères: la mairie allemande, le mariage est ensuite retranscrit par l’ambassade afin qu’il soit reconnu aussi en France (livret de famille…). La loi est la même qu’on soit un homme ou une femme!

  • #71 Coraline le 21 mai 2008 à 13 h 49 min

    Bravo Sonia pour ce récit.. très beau et très touchant…

    Mes grands parents, je regrette de ne pas avoir pu parler de leur vie avec eux. Une décédée avant ma naissance. Deux alors que j’étais encore jeune. Le dernier il y a peu de temps, mais plus taiseux que bavard…

    Une seule histoire de famille est ressortie, après le décès de mes grands-parents. Mon arrière grand-mère a accouché de ma grand-mère en 1917. En étant fille-mère. Ce qui devait être plus que délicat à l’époque. D’après ce qu’on a appris très récemment, mon arrière grand-père était alsacien (donc en cette période guerre : allemand). Certainement la raison pour laquelle personne n’en a jamais rien dit (même mon père et mes oncles n’en savaient absolument rien)
    Cette histoire qui m’intrigue, je n’en saurais certainement jamais plus.

    Je trouve que c’est une chance de pouvoir connaître l’histoire de sa famille. Peut-être car dans la mienne, elles ne sont pas racontées justement !

  • #72 Cagaroule le 21 mai 2008 à 13 h 54 min

    Ca m’a intrigué je suis allée vérifier.

    Article 170 du code civil
    alinéa 1: Le mariage contracté en pays étranger entre français et entre français et étranger sera valable, s’il a été célébré dans les formes usitées dans le pays, […].
    alinéa 2: Il en sera de même du mariage contracté en pays étranger entre un français et une étrangère, s’il a été célébré par les agents diplomatiques, ou par les consuls de France, conformément aux lois françaises.
    alinéa 3: Toutefois, les agents diplomatiques ou les consuls ne pourront procéder à la célébration du mariage entre un français et une étrangère que dans les pays qui seront désignés par décrets du Président de la République.

  • #73 Ségolène le 21 mai 2008 à 14 h 01 min

    Merci Cagaroule, j’y vois plus clair!

  • #74 Cagaroule le 21 mai 2008 à 14 h 06 min

    Abrogation en … mars 2007.

  • #75 @ual le 21 mai 2008 à 14 h 10 min

    Merci Hélène ;-) Ton blog est très sympa et je ne quitte plus ma crème Nok, grâce à toi ;-)

    Je rejoins plusieurs d’entre vous et je trouve ça vraiment bien de pouvoir partager ça avec ses aïeuls. Pour ma part, j’ai appris après le décés de ma grand-mère l’été dernier, quand je faisais les cartons avec ma mère en triant le photos, que mon grand-père, décédé il y a 20 ans (qui avait un jumeau) n’avait jamais connu son vrai père. Les jumeaux sont nés en décembre 1918. Le mari de leur mère était prisonnier à la guerre. A l’époque, parti depuis 4 ans, on ne savait rien : était-il mort ou pas ? Bref, il est revenu, sa femme avait des jumeaux de 3 mois. Il les a adopté comme les siens et pour mon grand-père son père, c’était sacré !
    Un sacré bonhomme … la bonté incarnée !

    Pourquoi ne l’ai-je appris qu’à 30 ans passés une fois que tous les protagonistes n’étaient plus de ce monde ? tabou de l’époque, discrétion …

  • #76 Cissou le 21 mai 2008 à 14 h 12 min

    C’est un récit superbe, qui me touche particulièreent parce que je viens juste de finir de lire coup sur coup « Persepolis » et « Broderies » de Marjane Satrapi et qui m’ont boulversée… j’ai l’impression de lire l’écho de ces lectures…

    Nos familles son pleines des histoires de ces femmes admirables, anonymes, mais dont le destin nous paraît tellement extraordinaire, en bien ou en mal… mais quand on réfléchit, finalement, c’était des destins somme toute très communs….

    Souvent je me dis que j’ai bien de la chance d’être née là où je suis né et à l’époque à laquelle je suis née, même si encore aujourd’hui il y a surement des destins similaires pas loin de ma maison.

    Ma grand-mère maternelle a fuit l’Espagne avec sa famille, à la fin de la guerre civile, en traversant les Pyrénées à pied (et à une période enneigée) avec un reste d’argenterie pour seule fortune qu’elle a dû se résigner à laisser sur le chemin tellement ils n’en pouvaient plus de porter leur affaires.
    A l’arrivée, mon grand-père est parti enrolé dans l’armée française d’office pour combattre sur le front allemand, ils avaient déjà 4 enfants.
    Après avoir été envoyée dans des camps avec les enfants, elle est revenue s’installer au pied des pyrénées françaises, là par où ils sont arrivés, n’ayant que cela comme repère. Quelques années après, mon grand-père a été libéré, lui aussi est revenu au même endroit et ils ont pû tous se retrouver… et faire 2 enfants de plus, dont mon papa.
    Alors qu’ils avaient enfin retrouvé le bonheur et enfin reconstruit quelque chose, ma grand-mère est décédée de maladie à la fin des année 50, je ne l’ai donc pas connue.
    Presque toute ma famille paternelle habite encore dans ce village.

    Ma grand-mère maternelle quant à elle était issue d’ne famille de paysans. Elle s’est mariée une première fois, mais son mari est mort très vite, ils n’avaient même pas eu le temps d’avoir un enfant.
    Quelques années après, elle s’est remariée, une beau mariage d’amour avec un homme un peu plus jeune qu’elle (ceci dit, je ne sais pas pour le premier mais je crois, qu’elle l’avait choisi). Ils ont eu 4 enfants mais un est mort quasiment à la naissance et un autre est décédé à moins de 18 mois. Ma mère, la dernière n’a donc connu qu’une de ses soeurs, ni son grand frère.
    Comme c’était l’usage, ma grand-mère ne travaillait pas, s’occupait des ses 2 filles et du foyer, mais mon grand-père est mort accidentellement alors que ma mère n’avit pas 4 ans.
    Elle a donc poursuivi sa vie en effectuant des menus travaux chez les uns et chez les autres pour compléter la misérable pension qu’elle touchait suite au décès de mon grand-père. Des jeunes biens nés l’avaient renversé en voiture, et c’est tout juste ils ont été un peu inquiétés, les pères, personnalités locales, ayant vite fait cesser les poursuites, ma grand-mère avait conservé une opinion très tranchée sur la « bourgeoisie » suite à cela, et on la comprend.
    Ma grand-mère gardait toujours avec elle des souvenirs de ses disparus (mèche de cheveux, bouton etc…), continuant sa vie, tant bien que mal mais toujours accompagnée de ses fantômes…

    2 exemples et tant d’autres remplissent nos albums de photos de famille. On se dit que jamais on aurait réussi à assumer tant et tant de choses… mais elles étaient des femmes, comme nous aujourd’hui, ça leur tombait dessus comme ça, elles n’avaient rien demandé et surement pas ce qu’elles sont devenues à mes yeux, la grand-mère de Sonia, les miennes, toutes les autres : des Héroines.

  • #77 LA DEMOISELLE / SONIA, MISS BLOG 2008 le 21 mai 2008 à 14 h 14 min

    Merci les filles d’avoir apprécié ce texte.
    Je suis très émue de l’avoir mis en ligne ici chez Hélène, et c’est pour cela que je souhaitais conserver l’anonymat au départ.
    C’est une histoire tellement personnelle…
    Je suis heureuse de l’avoir partagée avec vous.
    Je pense même la faire lire à ma grand-mère tiens !

  • #78 Hélène le 21 mai 2008 à 14 h 21 min

    Ce serait très beau Sonia, et tu devrais lui fair lire aussi les commentaires, je suis sûre que ça l’intéresserait, la toucherait, lui ferait du bien de voir que d’autres ont partagé ça, et que ça émeut leurs petites filles aujourd’hui.

  • #79 La Cuiller En Bois le 21 mai 2008 à 14 h 34 min

    De mémoire, pour être célébré AU CONSULAT le mariage doit intervenir entre deux français.
    Si l’un des conjoints est étranger, il faut faire transcrire l’acte de mariage auprès de Consulat qui déterminera si il est valable au regard de la loi française.
    Car il ne faut pas oublier que tout français à des droits, en France et à l’étranger mais également des DEVOIRS et se conformer à la loi française en est un, quelque soit le lieu ou l’on se trouve.
    Trop souvent ce volet est occulté …

  • #80 alexiane le 21 mai 2008 à 14 h 49 min

    C’est très beau en effet.

    J’aime beaucoup ce ton qui n’est pourtant pas ton ton habituel.

    Comme quoi, tu me surprendras toujours ;)

  • #81 Yin&Yang le 21 mai 2008 à 15 h 24 min

    Je découvre une nouvelle facette de Sonia, bien loin de miss blog 2008.

    Ce texte est très touchant, émouvant, saisissant.

    Très bien écrit. C’est vrai qu’il est très loin de ta ligne éditoriale. Tu as un réel talent pour l’écriture et pour faire passer des émotions quel que soit le style.

    Quant au femme en général, et ta grand-mère en particulier, j’admire leur courage et leur force de caractère pour faire face à toutes les situations.

  • #82 Delphinoid le 21 mai 2008 à 15 h 31 min

    Quel texte magnifique!

    Merci d’avoir partagé avec nous l’histoire de ta grand-mère Sonia et merci à vous d’avoir parlé de vos grands-mères dans les commentaires!

  • #83 dola le 21 mai 2008 à 15 h 43 min

    2 petites années séparent ma grand-mère maternelle de la tienne, et pourtant des vies si différentes presque un décalage d’une génération ..
    Ma grand-mère est fille et petite fille d’instituteurs dans la France rurale, pour ces 2 hommes l’éducation est une chance pour tous et toutes, et ils tirent de la fierté de la réussite scolaire des petits , quelque soit leur sexe) .
    Elle a fait des études et est devenue elle-même institutrice. De sa jeunesse, elle me parle de ses études, de la pension ( qui a peu duré, sa mère jeune veuve s’est installé en ville pour que ses 3 enfants puissent facilement faire des études), du vélo ( 120 km seule pour aller à Epinal voir ses cousines) , de son équipe de basket, des virées en moto avec ses cousins puis plus tard de ses début d’institutrice, de la guerre, de la résistance, de la rencontre avec son mari , mariage d’amour ( qui ne l’a pas forcément rendu heureuse mais c’est un autre problème auquel les jeunes générations sont confrontées, on attend tellement plus d’un mariage d’amour que de raison …) de son métier, avec 3 enfants elle n’a jamais eu envie d’arrêter de travailler et puis elle voulait être indépendante gagner « ses » sous aussi.
    Ma grand-mère m’élevée car j’ai perdu mes parents petite, à l’école quand je comparais avec les mères de copines qui avait facilement 30 ans de moins , il y avait finalement peu de décalage ( dans les idées…).
    Elle a eu de la chance et le sait, elle m’a transmis le goût de l’indépendance.. ;Et aussi une certaine proximité avec son époque .
    Merci beaucoup Sonia pour ce texte touchant qui a tant de résonances.

  • #84 Turquoise le 21 mai 2008 à 15 h 57 min

    … une autre de mes petites élèves, jolie gazelle de 15-16 ans, m’a dit il y a une dizaine d’années ;  » moi, Madame, je vaux au moins quatre chameaux !  » Et devant ma perplexité, elle m’a expliqué que c’était le prix qu’aurait à payer à son père l’homme qui voudrait l’épouser …

  • #85 Laurence Singapour le 21 mai 2008 à 16 h 02 min

    Merci Sonia d’avoir partagé avec nous l’histoire de ta grand-mère.

    J’essaie toujours de faire la différence entre mariage arrangé et mariage forcé.
    Quand (par exemple) des Indiens trentenaires, éduqués et vivant à l’étranger font passer des petites annonces pour trouver un conjoint (de la « bonne » caste, « bonne » religion, « bonne » famille avec la peau « blanche » etc), je me dis « c’est leur culture après tout…ils sont majeurs et vaccinés et après tout il y a sûrement moins de divorces dans ces mariages « arrangés » que dans des mariages d’amour ».

    Par contre, les histoires où l’on marie une gamine de 15 ans, contre son gré, avec qqun de beaucoup plus âgé me révoltent. On a beau me dire « mais il faut replacer les choses dans leur contexte, c’était l’époque, c’est leur culture… » (ma belle-mère a été fiancée à 15 ans avec qqun qu’elle n’avait jamais vu auparavant, elle a été mariée à 16 et a eu son premier enfant à 17…)…Cela n’empêche que toutes ces femmes sont des victimes avant d’être – pour certaines – ce que vous appelez des héroïnes. Cela me révolte et je ne comprends pas les parents qui, par pression sociale, ont fait (ou font encore aujourd’hui) ce choix pour leur fille.

    Je trouve ton texte magnifique Sonia…et ce qui m’a encore plus touchée je crois, c’est ce « pardon » murmuré par ton grand-père à la fin de sa vie….Cela veut bien dire que malgré le contexte social, les personnes peuvent se rendre compte que ces mariages forcés sont profondément INJUSTES pour les femmes qui les subissent si jeunes.

  • #86 Fantomette le 21 mai 2008 à 16 h 37 min

    J’en ai eu des frissons de te lire. Que de grand-mère, de Maries se sont sacrifiées pour l’honneur de la famille…
    Ma grand-mère maternelle, née en 1931 dans une famille d’agriculteurs de 10 enfants se destinait à être religieuse, et à 23 ans (déjà plus toute jeune à l’époque) elle a rencontré mon grand-père in extremis  » Je suis sortie de l’église et je l’ai vu et je suis aussitôt tombée amoureuse de lui, tu te rends compte, pour un peu j’allais finir bonne soeur… » un vrai mariage d’amour, il est mort en 1992, aujourd’hui encore elle en parle avec des étoiles dans les yeux, elle ne me dit jamais « ton grand-père » mais « Mon Jean »…
    Ma grand-mère paternelle elle, a fricoté avec un garçon et est tombée enceinte… Il a fallu vite la marier à ce garçon (mon grand-père, donc) dans une robe un peu ample et… Le bébé était un peu prématuré, bien sûr… Ce n’était pas celui qu’elle voulait mais elle en était enceinte alors elle n’avait plus le choix. Malheureusement pour elle, mon grand-père venait d’une lignée de colons et avait des terres en Algérie où il a grandi et a voulu retourner y vivre, elle ne voulait pas mais sans rien lui dire il s’y est fait muter (il était fonctionnaire). Et en 1950, une femme suit son mari, quoi qu’elle en pense. Elle a eu quatre enfants à Alger dont mon père en 1956, sa seule rébellion était de faire la tronche à tout le monde, elle ne voulait pas vivre ici, avec cet homme, dans ces conditions, la France lui manquait. Puis les bombardements d’Algérie ont commencé, elle est tombée enceinte de son cinquième enfant et a accouché prématurément à 6 mois de grossesse dans un pays en guerre, pas de couveuse, pas de médicaments, retour chez elle avec son bébé « grand comme une bouteille d’eau » au bout de trois jours qui dormait dans une boîte à chaussures avec du coton… Et elle a craqué, pris ses 5 enfants sous le bras et est repartie, le temps que mon grand-père obtienne sa mutation retour vers la France elle l’a attendu 6 mois, seule avec 5 enfants en bas-âge dans une ferme sans électricité à Marseille avant de s’installer au Mans avec mari et enfants, jusqu’à ce qu’ils divorcent à la fin des années 70. Ils sont tous deux morts d’un cancer avant 55 ans et je n’ai pas eu le temps de les connaître, étant née quelques années après…
    Que de grand-mères, que de Maries, mais surtout, que de femmes se sont sacrifiées…
    Merci pour cette histoire poignante, Sonia.

  • #87 Hélène le 21 mai 2008 à 16 h 49 min

    Ah ! Merci Laurence SIngapour, je voulais justement évoquer les mariages arrangés indiens, qui n’ont rien à voir avec des mariages forcés et se passent généralement très bien.

  • #88 magalie18 le 21 mai 2008 à 16 h 54 min

    très belle histoire.. comme quoi on peut parler de choses futiles mais parfois faire partager les histoires profondes qui nous touchent.

    c’est aussi « marrant » de voir que suivant les sociétés un fait peut être vu bien différemment .
    dans ce texte la différence d’age des mariés ne pose pas de problème aux yeux des gens alors qu’il s’agit d’un mariage forcé, on parle même d’honneur, alors que dans un pays comme le notre la différence d’age est bien souvent montrée du doigt même s’il s’agit d’un amour véritable (on appellera une jeune femme épousant un vieil homme une croqueuse de diamants par exemple)

    aurait- on oublier l’essentiel dans le mariage? qu’il n’a pas d’age, pas de sexe, pas de couleur mais qu’il repose uniquement sur l’amour !!
    (c’est ce qui m’a le plus frappé dans ton texte)

    Je vais pas jouer les grandes féministes mais beaucoup de femmes se sont battues e se battent encore pour faire valoir nos droits et il est triste qu’aujourd’hui certaines femmes se voient elles même comme des objet servant uniquement pour le désir des hommes, il est encore plus triste que les femmes de tous les pays ne profitent pas de ses droits.

    Mon arrière grand mère (98 ans) a été mariée à un homme violent, autoritaire, elle servait de « poule pondeuse » et puis son mari est décédé, et comme le dit son fils ainé (mon grand pere) « elle l’a aimé mais depuis qu’il est mort elle s’est fait une nouvelle santé ».

    je me pose aussi la question de savoir comment un père ou une mère peuvent « donner » leur fimle de 15 ans de la sorte…

    encore très beau texte.

  • #89 paulinepolorayé le 21 mai 2008 à 17 h 06 min

    Très joli texte Sonia, je n aurais jamais cru être émue en te lisant, j ai plutot tendance à rire généralement ! Profite de ta grand mère… Ma grand mère maternelle était issue d une riche famille d Epinal, avec un père heureusement assez ouvert, qui a accepté que ses filles fassent des études… Elle a été une des premières femmes à passer le Bac. Puis son père est mort, et la fortune est partie avec lui : elle a du renoncer à faire des études pour faire vivre sa mère et ses petites soeurs, et ne s en est jamais remise. Puis la guerre a éclaté, elle s est engagée comme ambulancière; c est là qu elle a rencontré mon grand père, résistant. Ils ont reporté leur mariage une dizaine de fois, il y en avait toujours un qui manquait ! Puis ils ont finalement réussi, la guerre a cessé, et elle s est retrouvée au fin fond de la campagne vosgienne, à vivre chez ses beaux parents, dont une belle mère odieuse prenant un malin plaisir à donner des ordres, et analphabète (dur pour une femme éduquée et cherchant a s instruire…). Elle avait heureusement un mari qu elle aimait, mais toujours parti, dommage ! Elle lui a donné 6 enfants, et il s est lancé dans la politique : il a commencé en étant maire, puis sénateur, puis questeur au sénat ; et elle a recommencé à mener la grande vie, avec appartement parisien magnifique… Ce qui n a pas arrangé son snobisme ! Aujourdhui elle est veuve, elle tombe un peu en ruine, mais elle fait le bonheur de ses petits enfants avec sa « langue de pute » qui nous fait mourir de rire…

  • #90 paulinepolorayé le 21 mai 2008 à 17 h 09 min

    (et une grand mère qui raconte des histoires cochonnes et ne croit plus en Dieu depuis qu elle a lu dans la bible qu il ne fallait faire l amour que pour enfanter et pas pour le plaisir… moi j adore)

  • #91 Deilema le 21 mai 2008 à 17 h 15 min

    Pauline au polo : c’est marrant, tiens, ma grand mère a également été une des premières bachelières vosgiennes… si ca tombe elles se connaissaient ;)

  • #92 Diripouf le 21 mai 2008 à 17 h 43 min

    Faut pas oublier quand meme que les mariages etaient arranges des deux cotes hein – pour les hommes c’etait pareil ! Les femmes ne sont pas seules victimes dans ces histoires.

  • #93 glamazone le 21 mai 2008 à 18 h 02 min

    Merci à toutes pour vos histoires et surtout à Sonia pour avoir lancé le pas.
    Tu sais ce que j’en pense je te l’ai dis mais je le répète, l’histoire m’a tirée une larme.
    Tu es exceptionnelle et sans nul doute ta grand mère l’est aussi.
    Voila mille baisers et merci de t’être dévoilée pour le plaisir de tous.
    Merci également à Hélène pour avoir publier ce texte, très très bien écris au passage ;-)

  • #94 Hélène le 21 mai 2008 à 18 h 03 min

    C’est sûr Diripouf, mais eux avaient une vie à l’extérieur, alors qu’une femme n’avait que son foyer et sa famille.

  • #95 lili le 21 mai 2008 à 18 h 35 min

    @Sonia, je ne change rien à ce que j’ai dit au n° 7 avant ton coming out et je lève mon gloss à ta santé ;o)

  • #96 cami le 21 mai 2008 à 19 h 21 min

    je sais pas quoi écrire; c’est…beaucoup d’émotion! ce texte est vraiment touchant, émouvant.

  • #97 Elte le 21 mai 2008 à 21 h 20 min

    Sonia cette histoire est magnifique! Ca nous interroge toutes j’ai l’impression, nos grand-mères après tout, c’est l’histoire d’hier. Pourtant je n’arrive pas à me mettre à la place de la tienne: c’est trop horrible, 15 ans!!!

    Ma grand-mère a fait un premier mariage d’amour (d’ailleurs elle arrête pas d’en parler ce qui soûle bien son second mari, bref). Et pourtant, elle m’a raconté récemment que son premier mari l’a considérablement gâtée puisque les trois premières années de leur mariage il l’a emmenée faire un tour de l’Europe (pour l’instant tout va bien). Et qu’il l’a laissée vivre tranquillement SANS LUI DEMANDER D’ENFANTS pendant 3 ans, ôô quelle chance!!!
    Ce rapport mari / pondeuse m’a sciée :-/

  • #98 Elte le 21 mai 2008 à 21 h 28 min

    Au fait, j’ai pas compris, elle est devenue quoi la petite fille??

  • #99 Syd le 21 mai 2008 à 22 h 12 min

    C’est une histoire bien triste, Sonia, tu la racontes très bien
    Je vois que vous êtes nombreuses à avoir beaucoup à raconter sur vos grand-mères (La cuiller en bois, très belles histoires aussi), mes grand-mères à moi m’ont peu raconté de leur passé, sauf une fois, ma grand-mère paternelle a commencé a raconter l’histoire de sa vie à moi, mon frère et ma cousine lors d’une visite anodine, on était dans le jardin, elle est restée debout pendant une heure ou deux à nous parler, nous on était assis dans l’herbe… mais ce n’est pas par elle que je sais qu’elle s’est mariée « parce qu’il fallait » au lieu de « par amour » même si mon grand-père l’aimait. Elle est morte au mois de mars et mes parents ont retrouvé sa photo de mariage dans son placard à chiffons…

  • #100 UNE DEMOISELLE / Sonia, MISS BLOG 2008 le 21 mai 2008 à 22 h 23 min

    @ ELTE : malheureusement la petite fille n’a pas pu vivre car née beaucoup trop tôt à cause des médicaments ingérés par ma grand-mère…

  • #101 valerie le 22 mai 2008 à 0 h 31 min

    Je découvre ce texte un peu en retard. Merci beaucoup Sonia ainsi qu’à toutes celles qui ont souhaité partager leur histoire :)

  • #102 Maya le 22 mai 2008 à 8 h 31 min

    Cette histoire est vraiment belle, et si triste ! Nos grand-mère sont définitivement des femmes admirables et courageuses, desquelles on a beaucoup à apprendre …
    Ma grand-mère a été résistante durant la 2nde GM, pendant que mon grand-père était en camp (seulement sur la fin, il a pu en sortir, et du coup mon père est né quelques années plus tard ^.^)

  • #103 veronica le 22 mai 2008 à 10 h 22 min

    ce n’est pas une histoire seulement triste mais c’est surtout une horrible histoire..combien de femmes se sont et surtout se sacrifient encore de nos jours au nom d’un « soit-disant » honneur de la famille …

  • #104 leolu le 22 mai 2008 à 10 h 23 min

    Un peu en retard, j’ai lu ce texte très beau et rempli d’émotion.
    Bravo Sonia !
    Les autres histoires de grands parents sont très belles également.

    De mon côté, je connais peu la vie de mes grands parents, qui sont morts il y a pas mal d’années déjà, mais je sais que pendant la 2ème guerre, mon grand-père maternel était en camp de travail (il réparait les moteurs d’avions allemands) et ma grand-mère en France a fait faire de faux papier de déclaration de décés afin qu’il puisse être aux côtés de ma grand-mère à la naissance de son fils. J’ai toujours trouvé ça admirable et tellement courageux.

  • #105 isabella le 22 mai 2008 à 12 h 54 min

    C’est vraiment une histoire très touchante qui m’a fait beaucoup pleurer!!

  • #106 Hélène le 22 mai 2008 à 13 h 25 min

    isabella sois la bienvenue ! (et ne pleure plus ;-)

  • #107 Elte le 22 mai 2008 à 19 h 09 min

    @Sonia : mais c’est terrible! Cette explication rend l’histoire de ta grand-mère encore plus douloureuse…
    J’ai du mal à réaliser qu’un être humain puisse supporter tout cela. Chouchoute la bien!

  • #108 Emmanuel le 22 mai 2008 à 23 h 49 min

    Le premier mot qui vient au bout de l’histoire c’est, ouch, Superbe, Sonia.

    Déjà je suis écroulé de rire en te lisant ordinairement (bon, sauf les glosseries, évidemment) et c’est vrai que je suis spécialement fan de tes histoires en Afrique ou du cousin mimine. Mais, p@***, continue. Aussi bien dans tes chroniques ordinaires que sur des « choses » comme celle-ci. Tu as un talent en or sous les doigts. L’as-tu fais lire à ta grand-mère ?

    Mais franchement, lance-toi Sonia. Prends du temps et écris. A fond. Et envoie ça à des éditeurs. T’es à Paname, t’as quand même l’air assez douée pour les public relations, zyva, fais-toi éditer.

    F***, ce que t’écris ça une autre force, un autre style, une autre subtile-brutalité de plume que toutes les bios façon Cosette de commande aux petites descendantes des colonies.

  • #109 milla le 23 mai 2008 à 0 h 34 min

    Merci de partager cette histoire et ce bout de toi Sonia.
    Très beau récit. Un parcours de vie très émouvant.

  • #110 Hélène le 23 mai 2008 à 12 h 09 min

    Emmanuel, milla, soyez les bienvenus !

  • #111 Cyanure le 23 mai 2008 à 21 h 35 min

    C’est une histoire à la fois triste et belle. Et très très bien narrée. C’est pas juste une histoire, c’est un morceau d’Histoire. L’histoire des femmes d’avant, celles que nous aurions pu être aussi. Merci de l’avoir racontée, et d’aussi belle façon. (c’est malin maintenant j’pense à l’histoire de ma grand-maman ^^ si je la raconte ça va faire *bouh la copieuse* ;-) )

  • #112 Hélène le 23 mai 2008 à 21 h 45 min

    Cyanure sois la bienvenue ;-)

  • #113 Cyanure le 23 mai 2008 à 21 h 49 min

    merci ^^

    (voui j’avoue je ne connaissais pas ce site avant d’y être catapultée avec grâce par Sonia. et maintenant il est dans mes favoris. c’est malin ^^ )

  • #114 Hélène le 23 mai 2008 à 21 h 54 min

    Hi hi, merci Sonia ;-))

  • #115 mamzellemucha le 6 août 2008 à 15 h 33 min

    émue aux larmes…. completement.

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