Le poids du vide, par P.

9 février 2011

o-toi-lectrice

« Septembre 2006. J’ai 15 ans, je rentre au lycée.
Mai 2006. J’ai 15 ans, je finis prématurément mon année de 2nde.
La cause ? Une descente aux enfers qui m’a fait frôler la mort. Je m’explique : en septembre, je pesais dans les 56 kilos pour 1m68. En mai, je n’en pèse plus que 36. Je ne peux plus tenir le coup, je rentre chez moi en pleurs à deux doigts de m’écrouler. A tel point que j’ai peur d’y rester.

A l’origine, la volonté de perdre 2-3 kilos maximum. Comme toutes les nanas. Et puis, impossible de m’arrêter. Je voyais mes cuisses mincir, moi qui détestais les voir se toucher. Je voyais mon ventre s’aplatir, moi qui enviais ces nanas au ventre lisse. Je me sentais d’une puissance phénoménale. Je me trouvais bonne, ouais, disons les choses clairement.

Au début, la privation était naïve : ne manger qu’une tartine au Nutella au goûter plutôt que deux. Ne pas me resservir une deuxième fois en tartiflette. Petit à petit, je perdais du poids. Rien d’inquiétant, je rassure ma mère qui me dit, un peu anxieuse « fais attention, quand même. » « T’inquiètes, maman, je gère. » Tu parles.

En moins d’un an je perds 20 kilos (sans vomir, sans laxatifs. Juste beaucoup de sport et de plus en plus de privations). En moins d’un an, je perds tout. Oui, tout. Mes amis, car l’anorexie est une saloperie qui t’isoles des autres. Je perds ma bon humeur. Non, je ne sourirai plus. Je perds ma confiance en la vie. Et j’embarque ma famille dans mon cauchemar.

Aujourd’hui, 5 ans plus tard, je ne suis toujours pas guérie. Après des hauts et des bas, me revoilà tombée à 36 kilos. Je ne sais plus quoi faire. Ma mère ne sait plus quoi faire. Elle continue pourtant de vouloir m’aider, me remotivant quand elle sent que je flanche. Mais c’est plus fort que moi, je ne lâche rien. Et elle, a de moins en moins de force pour m’aider. Je contrôle tout autour de moi. Que ce soit la nourriture ou les personnes. Tout s’organise en fonction de moi. Et je n’en peux plus. Je suis fatiguée de cette bataille que j’essaie de mener contre cette horreur qui me bouffe.

J’ai 19 ans et ma vie d’adolescente est un néant. Je ne sors pas. Toujours pas d’amis. Ou plutôt, je m’interdis d’en avoir. Qui voudrait traîner avec une nana anorexique ? Franchement ? Les blagues ne me font plus rire, je réfléchis au ralenti parce que je n’ai pas assez de force, au point de ne pas être capable de supporter la compagnie de quelqu’un très longtemps. Et pourtant, j’envie ces filles un peu rondes que je croise dans la rue. Si vous saviez comme je les envie ! Qu’on me redonne mes kilos, là, tout de suite ! Tout serait plus facile.

Je suis au bord du gouffre, je ne sais vraiment plus quoi faire pour m’en sortir. Vraiment. Alors je m’adresse à vous. Un conseil, un mot, rien de plus, peu importe. Mais 5 ans, c’est beaucoup trop. 5 ans de perdus de ma jeune vie. Pathétique. Je me dégoûte. Je n’arrive plus à me concentrer. L’anorexie est en train de gagner une bataille, au moment où je vous écris ces mots.  Et malheureusement, la seule volonté de « vouloir » aller mieux, n’est pas suffisante. Je vois un psy, mais c’est long. Mais je m’accroche à ces rendez-vous. Mais c’est long… Je ne veux plus attendre. J’ai déjà attendu 5 ans.

Merci d’avoir lu ce message qui, je l’avoue, est un peu une bouteille jetée dans les remous blogosphériques en quête d’une solution (LA solution ?) qui m’aidera à remonter la pente des kilos perdus et désormais, tant désirés.

Signé : P. »

138 commentaires Laisser un commentaire
Ô toi, lectrice !

Vous aimerez aussi

138 commentaires

  • #1 kastalia le 9 février 2011 à 8 h 44 min

    Je te comprend bien…j’ai eu la même maladie, parce que l’anorexie est une maladie réelle….Pour moi, le cauchemar a duré «seulement» quatre ans, puis lentement, très lentement, ma vie est revenue à la normale.. Comme toi, j’ai enlevé tous, amis, parents ….pas de sourires, la colère continue et dévastatrice. Ma chance a été aller à l’hôpital et suivre le parcour dietetique … pour ne pas entendre ma mère pleurer plus, pour satisfaire une chère amie de la famille qui est diététiste … J’ai essayé, sans le vouloir …. mais à force de parler, regarder, comprendre ce qui se passait dans mon corps … lentement au cours des années, j’ai repris ma vie gramme par gramme.
    Ne perdez pas ta volonté dont tu as besoin pour renoncer à la nourriture et le monde, utilise ça pour trouver sortie sortie, si l’hôpital ou autrement. Et demande l’aide de tes anciens amis, qui étais plus près avant de le «cauchemar … et n’oubliez jamais que vous êtes plus fort que la maladie et il n’y a jamais aucune raison de se punir de cette manière.
    Bonne chance pour tout.
    Fra.

  • #2 elise le 9 février 2011 à 8 h 48 min

    désolée Hélène cela n’a rien à voir avec le sujet mais il fallait que je te le montre. Un make up assez pro selon le film qui sort maintenant Black Swan aouah je te laisse découvrir mais je suis sûr comme tu es une pro du make up tu en ass déjà entendu parler. bye bye
    http://www.youtube.com/watch?v=SZwaKDaSgqY

  • #3 anea le 9 février 2011 à 8 h 56 min

    Bonjour P.,
    Je ne sais si mon message va t’aider, mais je vais tenter de te le transmettre.
    Ton anorexie est l’effet d’une souffrance que tu maintiens par le contrôle de ta vie. C’est ce contrôle de ta vie qui à la fois est une barrière à ta souffrance mais aussi en crée une « autre » qui est l’anorexie et ton isolement… Il y a donc dans ton esprit une sorte de barrage qui est peut-être causé par la peur de laisser aux autres leur liberté de penser telle ou telle chose sur toi car cela te cause de la souffrance…?
    Tu te souviens, tu dis qu’au début tu voulais perdre 2-3 kg… Puis, tu en as perdu 20…C’est le début le plus difficile. Une fois le premier pas franchi, tu y arrives.
    C’est donc bien par le mental que tu peux inverser le sens de ta pensée « contrôlante », c’est-à-dire contrôle ton désir de contrôler! Tu le peux! Tu es très forte! Tu ne maîtrises juste pas cette force : une fois que tu es lancée, tu n’arrives pas à t’arrêter. Contrôle ton contrôle, apaises-toi, accordes-toi du répit, petit à petit… Essaie de ne pas aller dans les extrêmes, ce devrait être un grand défi pour ton besoin de contrôle que tu dois canaliser!
    Ca paraît très technique ce que je te dis, et je ne suis pas psy, ni quoi que ce soit d’autre, mais tu as conscience de ta souffrance, tu es toute jeune, et tu PEUX changer ta vie : va dans le sens de tes pensées, fais en sorte, lorsque tu as un désir, que tes actes CORRESPONDENT à ce désir! Fais-le! La force, elle est en toi (excuse cette phrase bateau, je ne suis pas fan plus que ça de Star Wars ;-) !), souris, tu le peux! Tu le peux! Les joueurs de compet’ ont un moral et un mental d’acier, pourquoi est-ce que tu ne le pourrais pas? Il n’y a aucune autre raison que les conflits qu’il y a dans ta tête pour changer! Tu peux! Je t’assure! Et bien sûr, je sais de quoi je parle, mais ça c’est une autre histoire ;-)

    Je t’embrasse, tu es comme la tête au fond de l’eau : sors-la et le ciel te paraîtra plus beau, plus grand, tu pourras respirer !

  • #4 Atchoum29 le 9 février 2011 à 8 h 58 min

    Le soutien des amis est important je pense. Tu veux guérir c’est la première étape, mais tu auras besoin d’épaule pour te soutenir et te pousser en avant lorsque la volonté sera dépassée par la difficulté. Surtout, ne t’interdit pas d’avoir des amis comme tu l’écris. Ensuite, il y a des centres spécialisés un peu partout en France pour les adolescents qui ont des troubles alimentaires, t’es-tu déjà renseigné ? As-tu consulté ? Cette saloperie de maladie est sournoise et il faut être entouré pour s’en sortir. Les médecins seront les mieux placés pour t’apporter de l’aide et des conseils pour revenir à un poids normal. Courage et bonne chance, tu n’es pas seule dans ton combat contre la maladie. Amicalement

  • #5 elise le 9 février 2011 à 9 h 07 min

    Une de mes nièces exerçait je le dis au passé car elle n’en fait plus, de la danse classique. Elle est tombée dans l’anorexie car dans cette voie artistique on ne peut se permettre d’être « grosse  » donc cela veut dire qu’il faut être maigre. Cela fait 5 ans maintenant elle a arrêté la danse mais elle n’est pas pour autant guérie. Je crois qu’il faut vivre avec ce qu’elle a fait. Elle a évité les miroir, les balances et donner d’autres priorité à sa vie essayé de reconstruire sa vie, son entourage et ne plus parler de manger grossir maigrir privation. Elle va mieux mais est toujours aussi maigre pas squelettique mais ça va . L’aide de la famille est primordiale et il faut aussi une séparation de la famille qui fut bénéfique pour elle. Eviter que les gens épient tous les gestes, ce que l’on mange et vivre un peu avec d’autres personnes qui ne savent pas forcément notre vécu et qui je l’espère t’aidera à aller de l’avant chère P. et il faut laisser du temps au temps Bonne suite

  • #6 Sorcha le 9 février 2011 à 9 h 19 min

    C’est une ronde qui t’écrit, pendant des années, mon corps à été mon souffre douleur. J’ai déversé sur lui mon mal de vivre, ma souffrance. Je l’ai détesté, je l’ai malmené avant de comprendre qu’il n’était qu’un rempart contre des douleurs enfouies depuis mon enfance.
    Pendant longtemps j’ai détesté mes rondeurs, difficile d’être nue, difficile de m’habiller, je ne sortais plus.
    Pendant longtemps j’ai voulu ressembler aux autres filles, avoir une belle silhouette et rentrer dans la norme. Enfin la norme que les magazines nous assènent à longueur de temps à coups de photos retouchées.
    Il m’a fallu du temps pour comprendre que jamais, je ne pourrais ressembler à une gravure de mode, jamais je ne serais grande est élancée (déjà parce que je ne mesure qu’un 1.60). Et c’est mon regard sur moi qui a changé : j’ai commencé un régime mais je me suis fixé un objectif : celui de m’arrêter dés que je me sentirais bien dans mon corps. J’ai perdu plus de 25 kg au total. Aujourd’hui je pèse 68 kg et je me sens belle et bien.
    Je peux m’habiller comme j’aime, et je mets en valeur ce que je considère comme des atouts (heu, mes nichons…).
    Je crois, que tu dois changer le regard que tu portes sur toi, et avant d’être mince, il faut surtout être bien !
    Ce n’est pas parce que tu as quelques kilos en trop que tu ne mérites pas d’être aimée ou appréciée. Ce n’est pas parce que toutes les filles que l’ont voit à la télé ou dans les magazines sont squelettiques que tu dois leur ressembler.
    Nous sommes dans une société ou le paraitre est sans doute important, mais pour qui au final ?
    Avant de chercher à plaire aux autres, c’est à toi que tu dois plaire en premier…
    Ton combat et difficile et sans doute long, mais tu ne pourras y arriver que si tu changes le regard que tu portes sur toi.
    Apprends à t’aimer, à aimer ton corps… C’est le plus important.
    (je laisse mon mail, tu peux m’écrire quand tu veux).

  • #7 Laurence le 9 février 2011 à 9 h 22 min

    Ta prise en charge par un psy n’est pas une mauvaise chose mais peut-être pas suffisante. D’ailleurs de quelle obédience est-il? Cognitif (= comportementaliste)?, Psychanalytique? Les méthodes ne sont d’une part pas les même et d’autres part ne s’adressent pas aux mêmes pathologies. Les thérapies familiales s’adressent aussi à ton cas. Mais le mieux serait une consultation spécialisée dans les Troubles du Comportement Alimentaire.
    Il existe des consultations spécialisées en hôpital, à Necker notamment, ton médecin traitant pourrait se renseigner pour en trouver plus près de chez toi si tu n’habites pas Paris, sinon, cela vaudrait le coup d’y aller, plutôt qu’un service lambda d’un hôpital général. La personne y est prise dans son intégralité physique et psychique, voire familiale. Tu peux aussi te renseigner toi même soit sur internet, soit en appelant les hôpitaux pour leur demander s’ils ont un service spécifique.
    Vu ton âge, je pense que tu peux te renseigner aussi auprès de la Maison de l’Adolescent, à Saint Vincent de Paul ou regarde sur internet, il s’en fait de plus en plus dans les villes, même moyennes. Enfin, je te souhaite bon courage dans ta recherche et si tu as besoin d’autres renseignements, Hélène pourra toujours te donner mon e-mail.

  • #8 dexash le 9 février 2011 à 9 h 23 min

    C’est nue maladie que je connais bien car une de mes meilleures amies en est victime. C’est toujours ironique, moi l’obèse et elle la trop maigre…
    Pour en arriver là, tu as du faire preuve d’une voonté assez forte pour te priver autant… Néanmoins, il doit être possible de transformer ce controle extrême, pour le remettre dans le bon sens, comme le dit anea.

    Tu es sur le bon chemin, vu que tu en es consciente, mais il ne faut surtout pas lâcher prise maintenant. Y a plein de petites choses qui font que la vie est belle, et même si le chemin est long, il faut que les personnes qui t’entourent, ou t’entouraient avant, te soutiennent un maximum. Même si tu t’en es éloignée, celles qui étaient le plus proche de toi en meurent d’envie, crois moi…

    Cette amie dont je parle refuse de se faire aider/soigner… et nous n’attendons qu’une chose, qu’elle prenne enfin conscience qu’elle met sa vie en danger pour l’aider au mieux.

    Je te ne peux que te souhaiter de la force et du courage, car tu en as besoin, mais récupérer ta vie en vaut la peine, pas vrai?

  • #9 saeko le 9 février 2011 à 9 h 26 min

    je ne pense pas pouvoir te dire une chose promordiale qui va changer ta vie, je ne connais pas l’anorexie mais je ne voulais pas passer par là sans te laisser de message d’encouragement, j’espère que tu iras mieux … j’aimerais pouvoir ajouter vite mais je crois que ce serait utopique. Quand on est au fond du trou (et peu importe l’âge) le poids de la vie nous donne toujours l’impression que c’est fini, qu’on ne s’en sortira plus, condamné à supporter tout celà mais c’est faux, tous les jours des gens sortent la tête de l’eau et toi et moi on sait bien que ça va t’arriver, courage et encore courage

  • #10 patounettechatte le 9 février 2011 à 9 h 37 min

    J’espère que tu va aller mieux trés trés vite ! Prendre conscience de la maladie c’est déjà bien, une thérapie aussi, un bon entourage également alors ne ferme pas ta porte à tes amis….. Ils ne sont sûrement pas aussi loin que tu le pense… Un suivi dans un établissement spécialisé à l’air de donner de bon résultat, pourquoi ne pas essayer ?

  • #11 Anka le 9 février 2011 à 9 h 41 min

    Je voudrais juste te dire que je pense a toi…

    Te dire « courage » ou « bonne chance » ne servira a rien… Alors sache qu’a partir de maintenant tu seras là, dans un coin de ma tête et de mon cœur.

    Ton message m’a sincèrement touchée.

  • #12 Lullaby Septante-Sept le 9 février 2011 à 9 h 42 min

    Je peux juste te souhaiter beaucoup de courage. Je crois que ton ras-le-bol signifie qu’au fond de toi il y a la volonté de s’en sortir. Mais c’est difficile parce que ton subconscient a décidé de gérer certaines choses en t’obligeant à contrôler un truc sur lequel tu pouvais vraiment avoir prise: la nourriture. Et c’est vraiment dur de passer au-delà d’un truc qui nous obsède, même si on en a vraiment envie, c’est une bataille perpétuelle dans la tête.
    C’est bien que tu voies un psy, mais peut-être qu’effectivement une consultation en hôpital spécialisé t’aiderait plus? ça vaudrait la peine d’aller voir… voire même une hospitalisation, afin d’être entourée tout le temps puisque tu es pas mal isolée apparemment?
    Ne baisse pas les bras. Tu es malade, ça n’est pas ta faute, il « n’y a pas qu’à » faire un effort pour s’en sortir, c’est beaucoup plus compliqué que ça. Mets toutes les chances de ton côté au niveau du traitement, c’est ça qui fera la différence, puisqu’on PEUT guérir de l’anorexie. Il n’y a pas de fatalité, tu as encore toutes tes chances!

    Vraiment, je te souhaite beaucoup de patience et de courage.

  • #13 Hélène le 9 février 2011 à 9 h 59 min

    elise: effectivement ça n’a rien à voir et ça n’est pas l’endroit.

    Sorcha: sois la bienvenue !

  • #14 P le 9 février 2011 à 10 h 05 min

    Merci pour vos messages.
    Anea, si seulement! Je sais que je le peux. Je sais que je le VEUX. Mais quelque chose m’en empêche et me verrouille. C’est ça le plus terrible.

    En ce qui concerne l’hôpital ou Maison de l’Adolescent comme vous me le suggérez tous, j’ai déjà essayé, mais l’ambiance qui règne est vraiment très glauque. Je pense que passer du temps entourée de filles aussi anorexiques que moi n’est pas une solution saine. Car même s’il y a un désir de s’en sortir certain, dans ces dispositifs, ça reste quand même un environnement qui n’est pas « normal ». Je préfère être motivée par le vue de gens au corps en formes plutôt que l’inverse.

    Concernant mon entourage, je ne suis pas seule en ce qui concerne ma famille. Ma mère est d’une aide incroyable et mon père me soutient tout autant. Sans compter mes oncles, tantes et cousins qui sont au courant de cette maladie et qui continuent de me traiter comme moi et non comme une anorexique.

    Je ne sais pas de quelle obédience est mon psychologue, mais il a déjà eu à faire à des anorexiques. Il est vraiment très bien et m’aide énormément. Je lui fais une confiance totale.

    Et comme le dit Elise, je pense qu’une séparation d’avec la famille ne peut pas être mauvaise. Seulement, si je suis livrée à moi-même, je ne sais même pas comment me comporter face à la nourriture, ayant peur de mal faire. Du coup je préfère ne pas manger. Et quant à aller chez des grands-parents ou oncles/tantes, j’y ai pensé, mais c’est impossible dans le sens où mes grands-parents sont décédés et où les autres membres de ma famille ont une vie bien remplie, entre travail et enfants.

  • #15 Naomi le 9 février 2011 à 10 h 07 min

    Bonjour,

    Je suis très touchée par ce message car j’ai moi-même vécu l’anorexie, et je me suis parfaitement reconnue dans tes mots.
    Cette jeune fille qui voulait perdre deux, trois kilos, juste être un peu plus mince, plus fine, plus gracieuse, se sentir légère, c’était moi. Cette jeune fille qui s’est laissée embarquer dans une spirale infernale sans savoir ce qui l’attendait, ni pouvoir le stopper, c’était moi.
    J’avais 16 ans. Aujourd’hui je viens d’en avoir 20, et je suis « guérie ».
    Il est très difficile de trouver les mots pour parler à une malade. Il est également très difficile parfois pour la malade d’entendre toujours les mêmes choses.
    Tout ce que je peux dire, c’est que la guérison viendra de toi. Et uniquement de toi. Bien sûr, des amis peuvent t’aider, un médecin, ta famille. Mais le déclic qui fera changer les choses, toi seule peut le provoquer.
    Je ne me souviens plus du jour où j’en ai eu assez. Assez d’être constamment fatiguée, assez d’être si profondément seule, assez de ces jeans taille 32 et de ces os saillants, assez des dures remarques que j’entendais de temps en temps, « on dirait qu’elle sort d’Auschwitz », assez des privations, assez des trop longues marches éreintantes, 2h30 seule dans Paris pour « éliminer », mais éliminer quoi au juste ?…
    Assez de ce que je représentais pour les autres, pour moi, assez d’être cette jeune fille éthérée aux airs fragiles.
    J’ai tout remis en question, j’ai regardé comment faisait les autres, je me suis souvenue de moi, avant, étais-je si laide, si grosse ? Non.
    Je me suis fait violence. Car je ne vais pas mentir, oui, ce fut difficile. Se remettre à manger, accepter en soi la nourriture tant haïe, accepter un nouveau corps de femme, se remettre à l’aimer, à l’apprécier, tenter de l’apprivoiser. Le caresser, le regarder, dans le miroir, se dire que l’on va prendre soin de lui.
    Il faut une détermination énorme, il faut que le désir de la vie prenne le dessus sur les vieux réflexes et les mauvaises habitudes.
    Comme toi, j’étais arrivée à un point où l’épuisement était tel que JE N’AVAIS PLUS LE CHOIX.
    Tout cela était incompatible avec mes profonds désirs : être heureuse, tout d’abord, construire ma vie, plus tard avoir des enfants.
    Je suis sûre que tu es intelligente. Il faut beaucoup d’intelligence et de force pour s’en sortir.
    Pose toi la question. Qui es-tu réellement ? Es-tu ce fantôme que tu t’obstines à entretenir malgré toi ?
    Aie le courage de changer. La force, et le courage.
    C’est long, très long, il m’a fallu du temps pour réapprendre à manger correctement, du temps ainsi que de l’aide, et un amoureux dévoué qui, même s’il ne m’a pas connue maigre et au fond du trou, m’a redonné l’envie d’aimer mon corps et ses petites formes.
    Tu y as droit, toi aussi.

    Courage.

    Naomi

  • #16 NONO le 9 février 2011 à 10 h 09 min

    Tu écris très bien, bon courage..

  • #17 tatani51 le 9 février 2011 à 10 h 11 min

    Lullaby a tout dit.
    L’anorexie, c’est une maladie qui se soigne. Mais il faut trouver l’endroit qui te convienne, n’hésite pas à consulter dans des endroits spécialisés.
    Bon courage à toi, je t’embrasse.

  • #18 Hélène le 9 février 2011 à 10 h 12 min

    Naomi: sois la bienvenue !

  • #19 l. le 9 février 2011 à 10 h 40 min

    Chère P.,

    Je ne suis pas anorexique mais, d’une certaine façon, je comprends ce que tu vis. J’ai ce qu’on appelle un « très haut QI » (ça me fait mal de l’écrire, tellement je me trouve bête et inintéressante, et en plus je crains qu’on ne pense que j’ai la grosse tête) et cela fait que suis pathologiquement, irrémédiablement et cérébralement perfectionniste. Je ne vais pas rentrer dans les détails de tous ce que cette histoire de QI m’a coûté (dépression, découverte tardive, tentative de suicide, mariage qui a failli ne pas y survivre…). Il y a une chose qui m’a permis de remonter la pente et peut-être que cela peut t’aider.

    En 2006, je traversais une mauvaise phase et j’ai décidé d’aller faire une retraite au Village des pruniers. C’est un monastère bouddhiste fondé par Thich Nhat Hanh, moine vietnamien exilé en France depuis la guerre. Cela faisait au moins 5 ans que je parlais d’y aller, il m’a fallu du temps. Mais cette retraite a changé ma vie. J’ai découvert le lâcher prise (et c’est pour ça que je pense que cela peut t’aider). J’ai passé une semaine à pleurer toutes les larmes de mon corps. J’ai découvert les bienfaits et la puissance de la méditation, des enseignements simples qui nous étaient dispensés. La puissance, aussi, de l’énergie collective qui se dégageait de tous les retraitants et qui m’a portée pendant une semaine. Tu peux lire ses livres, le site web du monastère, mais faire l’expérience de cette énergie, c’est ça qui m’a vraiment transformée : parce que dans ce moment là, tu te sens capable de tout. Après ce séjour, j’ai réussi à prendre une décision qui mettait fin à 10 ans de souffrances et de regrets. Et j’ai aussi réussi à arrêter de me ronger les ongles, ce que je faisais depuis l’âge de 3 ans, c’est-à-dire depuis plus de 25 ans…

    Je ne cherche pas à faire du prosélytisme religieux ici : tout le monde est bienvenu au monastère, chrétiens, musulmans, sikhs. Personne n’est obligé de se convertir.

    Fin 2010, j’ai eu à nouveau de grosses difficultés, liées au « diagnostic » que j’ai enfin reçu, à mon mariage qui foutait le camp, à des problèmes de santé aussi. J’avais perdu de vue ces enseignements, cette énergie. Je m’y suis remise, tous les matins, en lisant des textes et en méditant. Cela m’a permis de garder la tête hors de l’eau.

    Tu as une force incroyable en toi, mais pour le moment elle est focalisée sur ta colère et ta souffrance. Ce n’est pas évident d’avoir le déclic pour décider de la focaliser sur des choses positives, mais tu es déjà sur la voie puisque tu veux aller mieux. Je ne prétends pas que « ma » solution soit la réponse absolue à tous les problèmes, mais peut-être qu’elle peut t’inspirer à trouver ta propre solution.

    Si tu veux en discuter, n’hésite pas à demander mon mail à Hélène. Je n’ai pas de réponse à tout, mais je sais écouter.

    PS : désolée, Hélène, de m’anonymiser comme ça sur ton blog mais pour cette occasion, je pense que c’est préférable…

  • #20 reglisse29 le 9 février 2011 à 10 h 41 min

    bonjour,
    je voulais te dire d’être forte, de te faire aider par l’hospitalisation peut être.
    Ma cousine est décédée l’année dernière en janvier, elle était anorexique depuis 17 ans. Son coeur s’est arrêté de battre pendant son sommeil tellement elle était faible. Elle avait commencé comme toi un petit régime pour perdre 2-3 kilos, puis cela s’est enchainé. Entre temps elle a chopé une maladie qui lui a détruit les reins encore parce qu’elle était faible, elle allait donc en dialyse 3 fois par semaine pour nettoyer son sang.
    C’est une vrai saloperie cette maladie. essaye de t’en sortir, toi seule peut le faire. Toi seule peut accepter de reprendre du poids.
    en tout cas je te souhaite bon courage
    je t’embrasse

  • #21 Isabelle (mais l’autre) le 9 février 2011 à 10 h 55 min

    Bonjour P.,
    Si j’avais un conseil à te donner, je te dirais d’essayer de ne plus être obsédée par cette nécessité et cette envie de grossir.
    Revois tes amis, fais d’autres activités, que tu aimes, et qui t’apprendront à t’aimer toi-même. Autorise-toi de temps en temps à souffler, à penser à autre chose qu’à ta maladie, à te faire plaisir.
    Mon conseil est basée sur mon expérience, tu en feras bien ce que tu en voudras !
    En tout cas, je te souhaite que tu guérisses, ne baisse pas les bras, c’est possible, regarde autour de toi le nombre d’anciennes anorexiques qui sont aujourd’hui bien dans leur peau…

  • #22 Tigresse folle le 9 février 2011 à 10 h 57 min

    Bonjour,

    Ton histoire me touche beaucoup, notamment parce que j’ai eu une copine qui avait été anorexique mais qui avait encore du mal à s’en sortir ; et j’espère vraiment que tu trouveras vite comment te sortir de là !

    J’aimerais bien avoir des conseils à te donner mais comme les autres l’ont dit ça doit sûrement être surtout un travail sur toi qu’il faut faire. Peut-être que si tu avais une approche « scientifique » de la nourriture genre « il me faut tant de vitamines par jour, tant de calcium… » ça te permettrait de te nourrir mieux tout en « gardant un sentiment de contrôle » dans un premier temps?
    Enfin j’en sais rien, mais je te souhaite bon courage

  • #23 Eleanor Rigby le 9 février 2011 à 11 h 35 min

    Chère P,

    ton message de détresse m’a beaucoup touché. Je n’ai pas vécu l’anorexie comme toi, mais d’autres troubles alimentaires. Je sais comme c’est compliqué cette relation à son corps et à sa nourriture, comme est euphorisante cette impression de contrôle que l’on a pendant un temps avant de réaliser que justement, on ne contrôle plus rien du tout.
    Voir une psy c’est très bien, surtout si tu lui fais confiance. Perdre la confiance en l’autre vient avec la perte de confiance en soi, et je crois que pour guérir de cette horreur, il faut réussir à nouer de nouveau liens de confiance.
    Une chose m’a beaucoup aidé quand j’étais au plus mal. Je me forçais à écrire dans un carnet chaque chose, aussi insignifiante qu’elle paraisse qui me fasse du bien : un rayon de soleil, un joli matin, une belle fleur, un bon moment passé avec une amie, un beau film… Ces carnets de petits riens m’ont beaucoup aidé à tenir le coup contre l’angoisse.
    Je suis certaine que tu as en toi la force de surmonter tout cela. Accroche toi de toutes tes forces. Certes tu as passé 5 années dans cette bataille, mais ta vie est loin d’être terminée. Accroche toi pour toutes les années qui te restent à vivre pleinement.
    Je t’embrasse affectueusement.

  • #24 Sorcha le 9 février 2011 à 11 h 36 min

    Chère P,

    Je crois qu’il faut avoir un rapport à la nourriture décomplexé. Ne pas avoir peur de grossir et ne pas compter impérativement les calories.
    J’ai perdu du poids en sortant au restaurant et en mangeant du chocolat (oui parce que celui qui me supprime le chocolat, ben je le mords !).
    Tu peux manger de tout, sans forcément beaucoup grossir… Il faut trouver le bon équilibre. J’ai appris à manger en apprenant à cuisiner ! Et ce sont parfois les produits les plus simples qui sont les meilleurs. J’ai appris à faire des choses saines et en quantité raisonnable (au lieu de mettre une louche de crème sur mes brocolis, je mets une cuillère à soupe).
    J’ai eu la chance de rencontrer un homme formidable, le Dr Apfeldorfer et je te conseille de lire son livre « Maigrir c’est dans la tête ».
    Courage,

  • #25 74Odile le 9 février 2011 à 11 h 53 min

    Acceptes toi …… tu n’as plus de force, ok……….mais tu as de la force pour te punir !! Pourquoi tant de haine envers ton corps, pourquoi cet acharnement à te détruire, comme si une voix en toi te disait en permanence : non tu ne mérites pas de vivre, tu ne mérites pas d’être heureuse, le bonheur c’est pas pour toi, va y détruit toi………..tu n’as le droit qu’à la déchéance tu n’es rien du tout !!!!
    Arrêtes d’écouter cette voix maléfique, envoie la paitre, chasse la de tes pensées, n’écoutes que ton cœur, et ton cœur te dit que tu t’aimes, que tu as envie de vivre, parce qu’une vie on en a qu’une et que c’est diabolique de se laisser emprisonner dans ses viscères, ton corps est devenu ta prison dorée et là tu t’acharnes à construire ton tombeau !!!

  • #26 VesperLynd le 9 février 2011 à 11 h 54 min

    Chère P,

    je connais quelqu’un qui a traversé la même chose, pour des raisons différentes (à la suite du décès de sa maman) et ça va faire 4 ans maintenant, elle va mieux. Elle a aujourd’hui 16 ans. Son poids a augmenté de nouveau petit à petit et elle semble stagner pour le moment. Elle a été hospitalisée de nbreuses fois, continue à voir un psychologue et elle participe également à des groupes de paroles. Je pense que ça l’aide. Elle tient aussi un blog qui lui permet d’exprimer son goût pour la mode, la photo. Pour rebondir sur le commentaire de Eleanor Rigby, je pense que ce genre de « thérapie » peut aider à aller mieux…
    Je te souhaite beaucoup de courage. Sois forte et sache que tu n’es pas seule…

  • #27 Cissouille le 9 février 2011 à 12 h 23 min

    Chère P.,

    Je ne te souhaiterai pas du courage, tu es manifestement courageuse. Je ne te souhaiterai pas de la volonté, cela n’a rien à voir avec la volonté. Je suis à l’opposé de toi, au niveau poids j’entends, et ça me saoule prodigieusement qu’on me dise que maigrir est une question de volonté! Je suis convaincue que l’inverse est également vrai : sortir de l’anorexie n’est pas une simple question de volonté. Il n’y aurait ni gros, ni maigres, ni dépressifs, etc. si tout n’était qu’une question de volonté!

    Je te souhaite de trouver le moyen de lâcher prise. Je pense comme l. que c’est ce dont tu as besoin, quelle que soit la méthode que tu utiliseras pour y parvenir. Te débarrasser de ton fantasme de maîtrise sur ton corps (tu maîtrise ton poids mais tu ne maîtrises pas les conséquences de ton extrême minceur sur ta santé notamment), te débarrasser de la culpabilité que tu sembles éprouver, je pense que cela passera par un franc et massif lâcher-prise. Peut-être (sûrement), ton psy t’y aidera.

    Moi, j’y travaille un peu tous les jours. je ne maigris pas, mais j’ai arrêté de grossir, et je me débarrasse peu à peu du fantasme hyper-culpabilisant de la minceur et de la perfection (c’est déjà pas mal, non?).

    Reste courageuse et volontaire, et/mais lâche prise! ;-)

  • #28 Pauline le 9 février 2011 à 12 h 36 min

    Chère P,
    Ton texte me touche énormément, j’ai moi-même eu des troubles alimentaires, la boulimie, pendant plusieurs années. J’ai réussi à m’en sortir mais ça a pris beaucoup de temps.
    Sache que tu as le droit d’être heureuse, d’avoir une vie sociale épanouie, des amis,…
    Un jour, je me suis dit « pourquoi m’infliger autant de souffrances? A quoi ça me sert? Pourquoi? » Je n’ai jamais vraiment trouvé la réponse du mal-être mais je m’en suis sortie.
    Et je suis certaine que tu peux y arriver aussi.
    L’écriture peut en effet être un bon remède, je suis d’accord avec Eleanor Rigby et VesperLynd, ça peut soulager de mettre ses maux par écrit.
    Pourquoi ne pas commencer un blog?
    Je pense à toi!

  • #29 P le 9 février 2011 à 13 h 17 min

    Merci énormément pour vos conseils, petits mots d’encouragement.
    Naomi: ton témoignage est très troublant, tellement similaire à ce que je vis.
    l.: effectivement, ton idée de se concentrer sur soi, prendre du temps à penser profondément ses émotions, se ressentir, déplacer cette volonté de contrôle là où elle devrait être… Oui, c’est très important et je pense que c’est vraiment une des clés pour se sortir de l’anorexie. Je vais essayer d’en apprendre plus.
    reglisse29: Je suis vraiment désolée et triste pour ta cousine. Mais parfois, j’ai l’impression qu’il faudrait que je sois en face de la mort pour me faire réagir. C’est terrible à dire, je sais, seulement, le déclic ne vient pas. Il me faut un électrochoc.
    Isabelle (mais l’autre): faire d’autres activités, oui! Je veux. Mais comme je le dis, mon cerveau tourne au ralenti et j’ai vraiment du mal à trouver de l’intérêt pour l’instant, dans la vie en général.74Odile: Tiens c’est vrai ça. J’ai la force de me punir… Merci de me dire ça, ça m’aide.
    VesperLynd: Je suis contente que cette personne aille mieux surtout à son âge. J’ai également un blog dans lequel je prends beaucoup de plaisir. Mais ce plaisir n’est pour l’instant pas assez puissant face à cette voix qui me hante. Cependant, je découvre que j’aime donner du plaisir à mes lecteurs, qui me le rendent bien et ça, c’est déjà un sacré truc :)

  • #30 P le 9 février 2011 à 13 h 28 min

    Cissouille: C’est vrai que la lâcher prise est vraiment ce qui me manque. Pour autant, je ne suis pas une fana de la minceur. J’aime voir des filles plus du côté des formes que filiformes. Bon, je ne vais pas dire qu’il n’y a quand même pas un petite part d’influence des magazines. Mais si je n’arrive pas à reprendre de poids, c’est plus parce que j’ai trop bien verrouillé mon corps et ma pensée. J’avoue que j’ai aussi un peu peur de reprendre trop. Genre tout d’un coup. Parce que, mon corps ayant été privé d’une manière incroyable, ne serait-il pas normal de penser qu’il reprenne un peu plus, pour être « sûr », au cas où…? Voilà ce qui me fait peur. Et je sais aussi que j’exagère les choses. Mais c’est plus fort que moi.

    Pauline: comme toi, j’essaye de trouver LA cause de tout ça. Mais est-ce que je vais vraiment y arriver? Alors, peut être qu’il faut juste que j’accepte qu’il n’y ait pas vraiment de cause. Et dans ce cas, pourquoi continuer? Moi non plus je n’arrive pas à trouver un argument acceptable qui réponde à cette question. Et effectivement, l’écriture est un remède. Pas suffisant encore, mais c’est un remède quand même.

  • #31 Alex le 9 février 2011 à 14 h 11 min

    Je t’apporte tout mon soutien. Comme l’a dit quelqu’un, peut-être qu’un suivi psychologique n’est pas suffisant. As-tu songé à une hospitalisation ?
    Je te souhaite de remonter la pente et le plus vite. C’est une entreprise difficile, mais tu as visiblement la volonté, tu reconnais que l’anorexie de bouffe la vie, qu’elle te coupe du monde… et c’est plutôt bon signe, ça veut dire que tu as conscience du problème et que tu veux t’en sortir.
    Je n’ai pas de connaissance ayant été touchée par cette maladie… alors mon message sera juste là pour t’encourager et t’apporter toutes les ondes positives dont tu as besoin.
    Courage, et tiens-nous au courant.

  • #32 Luciie le 9 février 2011 à 14 h 12 min

    Bonjour P,

    Il est difficile pour moi de te parler d’une chose que je ne connais pas c’est à dire ton rapport problématique avec la nourriture, mais je peux néanmoins t’apporter mon soutien plus axé sur ton mal être intérieur. Comme dit plusieurs fois plus haut la solution pour anorexique n’est pas une autre, pour certaine l’hôpital peux aider, pour d’autre pas. Je te conseille en tout cas de ne pas te bloquer par des contraintes futiles comparées à ta santé, si pour te sentir mieux tu rêves de découvrir d’autres civilisations, de voyager, de rencontrer d’autres anorexiques, d’aller dans un hôpital différent et plus éloignés et plus cher essaye de ne pas te dire  » pas le temps, pas le courage, pas l’argent, trop loin », bon c’est vrai que, si c’est le cas je t’en prie partage, aucun arbre de ton jardin ne fais pousser les billets ;) je ne veux pas dire non plus tente l’impossible, mais essaye simplement de ne pas d’arrêter à certaines contraintes pour n’embêter personne ( ton manque de confiance en toi se traduit surement pas ce genre de pensées ).

    Je trouve que demander de l’aide ici est déjà une réelle preuve de ton envie de guérir et l’envie de guérir est la première étape vers la guérison ! Si ton blocage social t’empêche de te refaire des amis pourquoi ne pas trouver du soutien par des gens que tu ne vois pas mais qui pourraient te comprendre. Personnellement ça me ferait très plaisir que nous nous échangions quelques email si tu as besoin de soutien au jour le jour, peut être serait-il plus facile de t’ouvrir à quelqu’un qui ne te voit pas. N’hésite pas à demander mon email à Hélène. En attendant je t’envoie tout mon soutien et espère te lire bientôt sur ce blog pour nous annoncer des kgs, des (cyber)amis à et des sourires à foison ;))))

    Lucie.

  • #33 Valérie le 9 février 2011 à 15 h 48 min

    La Maladie car l’anorexie en est une est toujours très longue à combattre. Mais j’ai le sentiment que ton envie de t’en sortir est bien là : en témoigne cet appel à l’aide. Qui plus est sur un blog qui parle de maquillage donc quelque part d’un certain amour de soi, non ? Cultive cette part de vie qui refuse de baisser les bras. Apprends à t’aimer. Et pourquoi pas en mettant un peu de couleur sur ton visage : sur ce blog , tu serais à la bonne école. Courage, ma Belle. Je t’envoie plein de bonnes ondes et te souhaite le meilleur.

  • #34 Louise d’Ottawa le 9 février 2011 à 16 h 00 min

    Répétez après moi: « gros c’est beau, gros c’est beau, gros c’est beau, gros c’est beau » Je peux même te l’écrire en américain: « BIG is Beautiful!  »
    Si tu avais à te battre pour survivre, disons, dans un camp de la mort, est-ce que tu te laisserais mourir de faim si on te présentait un bout de pain rancis, parce que tu veux garder la ligne? Ta vie est probablement trop facile et ta mère te soutient dans ta compulsion à vouloir être maigre et à tout contrôler. Toutes ces maladies de gens riches, de pays riches, on ne les voit pas dans les bidonvilles de Calcutta ou dans d’autres pays en « voie de développement ».
    Voilà, c’est mon opinion. Pour la pitié, il faudra allez chercher dans le dictionnaire, sous la lettre « P ».

  • #35 Hélène le 9 février 2011 à 16 h 26 min

    Louise d’Ottawa: je suis horriblement choquée par ton commentaire et par ta vision stupide des choses (appelons un chat un chat).
    Si ce n’était pas toi qui es d’habitude une lectrice agréable et aimable avec les autres, je l’aurais supprimé pour éviter à P d’avoir à lire des imbécilités pareilles.

  • #36 Marianne le 9 février 2011 à 16 h 57 min

    J’ai lu attentivement ton témoignage. Je connais un peu cette maladie, de par mon travail, parce que je bosse en psy, un peu dans ses mécanisme de manière personnelle si ce n’est que je suis dans un autre processus par rapport à l’alimentation.
    Depuis quelques temps je m’intéresse à ce qu’on appelle communément et mal « la douance ». Je pense de plus en plus que les troubles alimentaires (pas tous) peuvent être en lien avec cela. Voici un lien qui peut peut être t’interesser. http://utopia.forum-motion.com/t104-douance-tca

    Bon à approfondir tout ça évidemment, il faut aller chercher un peu plus loin mais on ne sait jamais.

    Je constate par contre que les troubles alimentaires suscitent toujours beaucoup d’émotion chez les autres, cf le commentaire juste au dessus. Quand on voit autant de colère, je me dis que ça doit toucher quelque chose debien douloureux….

    Malheureusement on sous estime encore la profondeur de la souffrance chez les personnes atteintes d’anorexie ou de boulimie…

  • #37 Hélène le 9 février 2011 à 17 h 12 min

    Marianne: c’est de mon commentaire que tu parles ? ;-)
    En tout cas sois la bienvenue.

  • #38 S. le 9 février 2011 à 17 h 14 min

    Je suis assez choquée par le commentaire de Louise d’Ottawa… Je suis très préoccupée par les soucis du Tiers-Monde, mais là je ne vois vraiment pas le rapport. L’anorexie est une vraie maladie (est-il nécessaire de rappeler l’histoire trop triste d’Isabelle Caro?), et le lieu où l’on vit ou comment on vit n’a vraiment aucun rapport…Je ne suis pas anorexique, loin de là, même plutôt tout le contraire puisque je souffre depuis plus de 10 ans de troubles compulsifs de l’alimentation. En 3 ans j’ai pris près de 30 kg, j’en souffre plus que tout, j’ai honte, je ne sais pas quoi faire pour m’en sortir alors que j’ai conscience de mon problème… Je viens d’un milieu pauvre, une mère peu présente, un père décédé…Donc ta « théorie » Louise ne tient déjà plus…
    Je n’ai pas de conseil à te donner chère P. (ce serait d’ailleurs mal venu de ma part) mais accroche-toi, tente toutes les thérapies, les lieux qui pourraient t’aider, qu’as-tu à perdre?Ce village dont a parlé I. semble être à tenter… Sache que tu n’es pas seule dans ta souffrance, je te souhaite vraiment de tout cœur de trouver la voie de la guérison, la vie est tellement belle il faut se battre….

  • #39 Momo le 9 février 2011 à 17 h 18 min

    Louise d’Ottawa: Je ne vois pas en quoi la difficulté de se nourrir est moins grave si elle vient de soi-même plutôt que de la rudesse d’un quotidien sans ressource. Les conséquences sur le corps sont les mêmes.

    Personnellement, je n’ai pas été atteinte d' »anorexie longue durée », la mienne n’a duré que trois semaines, mais c’est assez long pour se rendre compte à quelle vitesse les rapports à la nourriture peuvent se compliquer. Et ce n’était pas par volonté de maigrir, j’étais très mince et j’ai perdu 5 kg d’un coup sans m’en rendre compte (jusqu’à ce que je me pèse). Deux semaines à ne pas vouloir se lever parce que l’anxiété est trop forte pour avoir faim, parce que ce coup de fil ne vient pas, parce que les nouvelles ne présagent rien de bon. À essayer de se rassurer en rêvant, d’oublier en dormant. Passer les journées ainsi au lit. Et puis le coup fatal. Et puis découvrir avec horreur qu’après avoir habitué son corps à ne recevoir qu’une banane et un verre d’eau par jour (sans exagérer, j’avais à peine la force d’aller jusqu’à la cuisine si bien que je restais debout le moins longtemps possible), ce corps n’accepte plus d’être nourri. Il rejette. Crever de faim et ne pas pouvoir manger. La faim était devenue une sensation habituelle, je vivais avec, je savais qu’il fallait que je mange, mais je n’arrivais pas à avaler.
    Alors ça n’a pas pris la même ampleur que toi, P, et je m’en suis sortie vite car, par chance, une vague connaissance m’a invitée et m’a fait du riz (et d’autres plats plus sophistiqués mais je n’ai pu y toucher) et j’ai pu manger ce riz. Il m’a cuisiné du riz du riz pendant une semaine, jusqu’à que j’arrive à avaler autre chose et à rester debout pour cuisiner moi-même. J’ai eu tellement peur de ne plus jamais avoir un rapport normal avec la nourriture.

    Le changement de cadre m’a beaucoup aidée, à la fois parce que j’étais occupée à être agréable et souriante avec une personne que je découvrais, et parce que je digérais en y pensant moins la nouvelle qui m’avait fait sombrer. Mais cela a peut-être marché parce que tout s’est enchaîné assez vite, je ne sais pas.

    Je te souhaite de trouver le courage pour continuer à lutter, et surtout un déclic qui déclenchera une remontée rapide.

  • #40 Luciie le 9 février 2011 à 17 h 20 min

    Louise d’Ottawa: Moué en fait toutes les filles qui souffrent d’anorexie le font exprès, elles ont que ça à faire ! Super chouette d’endommager sa santé et passer son temps dans des hôpitaux, je pense vraiment à essayé cet été, je ne pars pas en vacances: je risque de m’ennuyer :D

    C’est ton opinion je suis d’accord et tout le monde à le droit d’en avoir une mais pourquoi ne pas la garder pour soit quand on sait qu’on risque de blesser quelqu’un ?

    Les personnes victimes d’anorexie, à force de ne pas se nourrir, sécrètent des endorphines, en gros le processus est exactement le même ( mais en inversé ) que pour les personnes obèses qui ne peuvent s’arrêter de manger, pour les unes le plaisir physique vient du fait d’être rassasié, pour les autres il vient du fait d’avoir l’estomac vide, et oui le corps humain s’adapte au mieux à nos comportements parfois irrationnels. Tout ça pour te dire que ce qui est au départ psychologique devient bien plus complexe ensuite et la il ne suffit pas de fermer les yeux et de penser que d’autres meurent de faim pour guérir… Dommage …

  • #41 Louise d’Ottawa le 9 février 2011 à 17 h 23 min

    JMarianne: je n’éprouve pas de colère. Bonne journée ;)

  • #42 Hélène le 9 février 2011 à 17 h 27 min

    S.: sois la bienvenue !

  • #43 P le 9 février 2011 à 17 h 43 min

    Luciie: merci pour ta proposition. Je sais qu’il faut arrêter de se trouver des excuses, surtout quand ça touche à la santé. Parfois, j’ai l’impression de ne faire que ça. Mais je persiste à penser que l’hôpital n’est pas une solution saine. Pour l’avoir testé, je sais que ça ne me convient pas.

    Valérie: C’est vrai ça! Je n’y avais pas pensé. Le fait de laisser un message ici, plutôt que sur un énième forum perdu… Oui, ça doit vouloir dire quelque chose. Merci de l’avoir souligné :)

    Louise d’Ottawa: Effectivement, on caractérise souvent l’anorexie de « maladie de riches » parce qu’on se prive de nourriture. Seulement, c’est loin d’être aussi simple. Tu penses ce que tu veux, mais en aucun cas ma mère m’a encouragé à faire attention à mon alimentation. Au contraire. Pour elle, un enfant sain est un enfant en bonne santé et qui mange bien. Dieu merci, c’est la première à s’autoriser des plaisirs dans son assiette. Et si tu savais comme elle m’aide… Un dévouement comme ça, c’est tout sauf le comportement d’une mère qui me conforte dans cette maladie.

    Marianne: wah! Merci pour le lien! C’est très complet et effectivement, je me retrouve un peu. Avoir des responsabilités jeunes, ne pas se retrouver dans la vie d’adolescente et refuser de la vivre, la peur de l’avenir… Oui. J’en parle à mon psy de ça. Peut-être qu’on devrait creuser plus.

    Momo: Ton témoignage me conforte dans l’idée de m’éloigner un peu de ma famille. Aller chez une personne chez qui je ne pourrais pas dire « non » quand elle me cuisine tel ou tel plat. Ne pas pouvoir contrôler ce qu’elle achète. Oui, c’est une chose à laquelle j’ai beaucoup songé. Reste à trouver cette personne qui accepte un challenge comme celui-ci.

    Luciie: C’est vrai. Des fois, notre corps est trop bien fait, pour nous éviter la douleur. De ne plus ressentir la faim, ici.

  • #44 Elise16 le 9 février 2011 à 17 h 44 min

    Bonjour,

    Je suis moi aussi touchée par ton histoire… Et je voulais surtout te dire que l’on s’en sort !
    J’ai été anorexique pendant 6 ans, cela fait cinq ans maintenant que je suis guérie.

    J’ai été hospitalisée mais je suis d’accord avec toi, se retrouver entre anorexiques n’est pas sain. Pour moi c’était un peu une course à qui mangera le moins… Toutefois cela m’a permis de reprendre un peu de poids ( le fameux contrat de poids: quand tu auras repris 1 kg, tu auras droit de téléphoner à ta famille, quand tu auras repris 2 kgs.. etc) et donc de continuer à vivre.

    La famille est évidemment touchée par la maladie: ce qui m’a permis de m’en sortir c’est aussi que ma famille s’est beaucoup impliquée. Nous avons fait une thérapie familiale avec mes parents et cela a permis d’exprimer un malaise dont je n’avais même pas conscience. Cela a permis a chacun de se re-situer et de prendre conscience de ses failles. Nous en sommes sortis très soudés.

    J’ai également vu un psychiatre seule, mais honnêtement cela ne m’apporter rien. A un moment, à force de voir de nombreux psy ou médecins, je savais ce qu’ils attendaient de moi.. et je leur donner. Toujours le même blabla.

    Cela m’a pris du temps mais je pense que c’est surtout la volonté qui aide à guérir. Je sais que, à un moment donné, j’en ai eu assez de me faire souffrir et de faire souffrir mes proches.

    Je n’ai pas de conseils à t’apporter P. , juste tout mon soutien…
    C’est un long chemin mais en sortir fut pour moi une véritable renaissance…

    Bises à toutes

  • #45 priscilla le 9 février 2011 à 18 h 30 min

    Bonjour P,

    Ton message m’a touchée, je te trouve très courageuse ! Tu as pris conscience que tu étais malade et tu fais tout pour te sortir de ce mal qui te ronge… Je peux pas pas te donner de conseils, je ne connais pas grand chose sur l’anorexie alors je préfère te souhaiter de tout mon coeur plein de courage et te donner tout mon soutient…

  • #46 Nono from SF le 9 février 2011 à 18 h 56 min

    Très chère P,
    Je suis très touchée par ton message. Je ne connais cette maladie que de très loin. Et le seul conseil que je puisse te donner c’est de te faire entourer par des gens qui t’aiment, ce que tu fais déjà, mais aussi par des professionnelles. J’entends par là des médecins. Existe t-il des hopitaux ou tu peux être suivi et même séjourné ? Je pense que ça ne peut te faire que du bien d’être suivi au jour le jour, d’avoir des médecins nutritionnistes qui préparent tes repas et d’être encadrée.
    Bon courage et plein de bonnes ondes rondes.

    Juste pour rebondire sur le commentaire de Louise d’Ottawa, je trouve que tes mots sont durs. Tu as le droit de ne pas être d’accord et de ne pas comprendre cette maladie, mais tu peux quand même être plus douce. Certes tu ne comprends pas qu’elle en soit là, mais le fait est qu’elle en est là, qu’elle est en détresse et c’est tout ce qui compte. Pas besoin de sarcasme.
    Par contre effectivement dans les pays en voie de dev, on ne voit pas cette maladie, du moins on en parle pas. Je suis congolaise et j’y ai vécu et je n’en ai jamais entendu parlé. De la même manière que j’avais jamais entendu parlé ni vu d’homosexuels là-bas. Pourtant il y en a. Je ne compare pas l’homosexualité à l’anorexie, non rien à voir du tout. Mais c’est juste pour dire que c’est pas parce qu’on ne parle pas des choses qu’elles n’existent pas. Et je mets ma main à couper que dans ces même pays en voie de développement, il y a de nombreuses personnes qui connaissent des troubles alimentaires du même genre. On ne devient pas anorexique seulement à partir du moment ou on atteint un poids très très bas. C’est aussi mental.

  • #47 Amd le 9 février 2011 à 18 h 56 min

    Je ne sais pas si mon commentaire peut aider je ne vis pas ce que tu vis, mais j’ai ton âge et je ne cesse de me dire que c’est très certainement les plus beaux souvenirs que nous sommes en train de construire en ce moment, à 19 ans. Il serai dommage que tu passes à côté. J’ai conscience que ta maladie c’est bien plus compliqué que 3 mots dans un commentaire, mais je te supplie de ne pas passer à côté de ces moments. Que tu viennes en parler ici c’est déjà faire un pas en avant selon moi, il faut se battre, il faut avancer doucement mais surement. Ne passe pas à côté de ta jeunesse, de tes amis, de sorties, d’excès, de projets déjantés et de folies. On se construit grâce aux autres et à l’échange et au partage. J’espère vraiment qu’un jour tout cela ne sera pour toi qu’un mauvais souvenir, je me sens vraiment maladroite dans mes propos, mais je te souhaite de ressortir de tout ça la tête haute et des projets plein la tête !

  • #48 Hélène le 9 février 2011 à 19 h 14 min

    Amd: sois la bienvenue !

  • #49 Sophie (yeux bleus) le 9 février 2011 à 19 h 29 min

    Je vois que tu n’es pas dans le déni de la maladie ce qui est un très bon point, une avancée dans la guérison.
    Tu dis que tu vois un psychologue mais est-ce que c’est accompagné d’un suivi diététique.
    Je sais que tu ne pourras pas manger du jour au lendemain un vrai repas mais tu dois aussi te faire accompagner (dans une clinique ou un centre spécialisé) pour recommencer à donner des forces à ton corps, et faire accepter de plus grosses proportions à ton estomac.
    En tout cas je te souhaite beaucoup de courage vers la guérison.

  • #50 MaWie le 9 février 2011 à 19 h 33 min

    Pour commencer je souhaite adresser à P tout mon soutient et ma compassion.
    Ce commentaire pourrait paraître niais, naïf et ridicule, tant pis, je prends le risque.
    Chère P, (pardon Hélène pour la grossièreté qui va suivre), ma supérieure m’a dit un jour: « la vie est une grosse tartine de merde et on en mange tous les jours un bout ».
    A prima bord on peut penser que ceci n’est pas faut. C’est vrai, entre l’environnement qui part en steak, l’économie, n’en parlons pas et tous les fléaux humains qui nous assaillent, oui, la vie est merdique parfois et même carrément souvent.
    Mais ma bien chère P, si l’on réfléchis et qu’on prend du recul on se rend compte que même au bout du tunnel le plus long il y a un peu de lumière. Le chemin peut être long, on peut ne plus avoir envie de marcher pour en atteindre l’autre bout, c’est humain, c’est normal. C’est normal de ne pas y arriver du premier coup, c’est normal de se reposer.
    Mais sache que tu y arrivera. En nous faisait partager ton problème, ce fléaux de ta vie, tu as déjà fait tellement. En t’exposant au monde (car oui tu t’es exposée) tu as reconnu ton problème ouvertement. Tu as déjà fait la moitié du chemin.
    Pense à nous toutes (et peut-être même tous), qui sommes derrière toi, à te soutenir!
    La vie n’est pas tout le temps merdique, parce qu’il y aura un jour ou tout s’arrangera. D’ailleurs, le changement prendra surement plus qu’un jour. Comme pour les gens qui veulent perdre du poids, ceux qui veulent en reprendre ne doivent pas se fixer des objectifs inatteignables. Inverse la tendance, fais comme au début mais à l’envers. Mange aujourd’hui une bouchée de pain de plus. Une et une seule. Puis quand tu sentira que tu pourra en manger une seule de plus, fais-le. Vas-y progressivement, tu vas y arriver! La vie t’as construite forte, cela se voit, cela se lit ;).
    Tiens-nous au courant chère P. J’ai foi en toi, je sais que tu vas y arriver, courage! Je t’embrasse!

  • #51 choupinette7 le 9 février 2011 à 19 h 40 min

    Bonjour P,

    Voilà 3-4 jours que je connais ce Blog, pensant une fois à mettre un commentaire, ben le voilà.. Parce-que je suis extrêmement sensible à ce sujet, je m’explique..
    Depuis que je suis toute petite je suis ronde, je regarde tout les albums photos, je ne vois qu’une chose, mes « bourrelets ».
    A l’école bien sûr ce n’était pas du tout évide, je n’avais pas d’amis et quand tout le monde avait un copain moi bien sûr j’en avait pas, trop grosse, du coup je me renfermais sur moi-même, et du coup mon seul réconfort était d’être la meilleure de la classe…
    Après plusieurs tentatives de nutritionnistes, diététicienne, médecins de tout genre « imposés » par ma maman, elle s’est découragée et à juste laissée tombée l’affaire et en même temps m’a laissée tombée… Quand je regardais dans ses yeux, je voyais le dégout qu’elle avait en regardant « sa » fille.
    ça à continué jusqu’à la puberté, qui est arrivée vers mes 12 ans, j’ai commencé à prendre conscience des choses, mes anches se transformaient et tout…
    Un jour je suis tombée sur une émission de boulimiques et anorexiques.. Et inconsciemment je me suis dit, et si je le faisait je pourrais manger tout ce que je voudrait sans prendre de kilogs.. Et voici comment je suis tombée dans cette maladie (donc la boulimie)..
    En l’avouant il y a une année à ma maman, elle n’a pas voulu me croire et continue à faire comme si j’étais sénile, c’est vraiment très dur…

    Si j’ai 2-3 « trucs » à te conseiller, c’est de ne jamais lacher l’affaire, je te garantie que t’as une maman en or, qui tient à toi, qui te le prouve chaque fois que tu flanches, t’as de la chance.
    Et le 2ème truc c’est de suivre tes rêves, par ex. moi j’avais envie d’aller en Allemagne, mon médecin m’a dit que c’était qu’à une seule condition, en une année être « guérie », c’était vraiment dur seule de suivre ce combat, mais j’ai réussi, je ne sais pas par que miracle de la vie mais maintenant voilà 5mois que je suis en Allemagne et j’ai beaucoup de tentations je l’avoue mais je tiens, car je n’ai pas envie de retourner à la case départ..
    Voilà pour le petit roman, je t’envoi tout mon courage et même si tu peux croire qu’on ne peux pas s’en sortir, j’en suis la preuve vivante ;)

  • #52 Belldandy le 9 février 2011 à 19 h 41 min

    Bonjour P.
    L’anorexie est en effet un ennemi bien difficile à combattre car il utilise tes propres armes contre toi-même (ta volonté, ton besoin de contrôle etc…), cela a déjà été dit plusieurs fois dans les autres commentaires, mais cela veut aussi dire, paradoxalement, que tu as une grande force, ne te décourage pas, la lutte est longue, mais tu vas finir par trouver cette clé qui te manques encore pour déverrouiller ton esprit et ton corps…
    Je pense, comme d’autres, que le fait d’écrire ici, sur ce blog, n’est pas anodin… De même que le fait que tu exprimes si clairement ton envie de guérir est très encourageant…
    Je regrette de ne pouvoir t’aider, mais je voulais juste te manifester tout mon soutien.
    Tiens bon ! Je pense bien à toi.

  • #53 Hélène le 9 février 2011 à 19 h 44 min

    choupinette7: sois la bienvenue !

  • #54 xoxo le 9 février 2011 à 19 h 51 min

    P. je tiens juste à te dire combien je te trouve courageuse d’exposer comme çà tes difficultés à de « parfaites inconnues », même si le chemin est sans doute encore long, il est clair que le 1er pas vers la guérison est fait : la prise de conscience.
    Tout ce que je peux te conseiller est de refuser toute culpabilité : ce n’est pas ta faute. Pense à toi et projette toi dans un avenir plus doux, il viendra sans nul doute.
    Toutes mes pensées et mon courage…

  • #55 Louise d’Ottawa le 9 février 2011 à 20 h 03 min

    Nono from SF:
    http://sante-medecine.commentcamarche.net/contents/pathologies/prise-en-charge-de-l-anorexie-mentale-sftg

    Épidémiologie:
    Ce document de la SFTG précise que :
    L’anorexie mentale est une maladie caractéristique des pays riches et occidentaux (à l’abri du besoin alimentaire).
    1) Je crois dans le pouvoir des affirmations positives: Gros c’est beau! Je crois vraiment qu’on peut être gros et beau, y’a rien de méchant ici.
    2) Vous déduisez à partir d’écriture, sans le langage corporel, que j’ai écris avec colère ou par sarcasme. C’est faux.
    3) Certaines recherches montrent que les parents, époux, famille soutiennent souvent – inconsciemment et par amour – l’anorexique en obéissant à ses directives (ex.: ne pas jeter la nourriture avarié parce que la personne souffrant d’anorexie aime savoir qu’elle est là même s’il ne la mange pas et qu’elle est maintenant pourri. – Ou encore, acheter 4 bouteilles de ketchup parce que c’est tout ce que le malade consomme, – Ou encore, ne pas se lever la nuit, parce que la personne souffrante ne mange que la nuit et ne veut pas qu’on la voit manger son ketchup, ne pas faire de voyage parce qu’il faut vivre pour la malade, négliger les autres enfants de la famille …).

  • #56 La Petite Lulu le 9 février 2011 à 20 h 08 min

    Chère P.
    Je ne peux te donner de conseils, seulement te donner mes encouragements pour t’en sortir et recommencer à vivre avec plaisir.
    Tu as la volonté et tu fais ce que tu peux pour guérir. Tu appelles à l’aide et c’est très courageux de ta part de t’ouvrir à nous.
    N’abandonne pas…

  • #57 Hélène le 9 février 2011 à 20 h 19 min

    Louise d’Ottawa: il n’empêche que ton premier commentaire était odieux (genre « va voir chez les pauvres comment ça se passe et tu verras que tu finiras ton assiette »), et ça, je ne l’oublierai pas.

  • #58 Belldandy le 9 février 2011 à 20 h 19 min

    Louise d’Ottawa: Excuse-moi de me mêler de ce qui ne me regarde pas Louise, je comprends bien que tu as dû te sentir un peu heurtée par les réactions que ton commentaire a suscitées et que tu n’avais sans doute pas l’intention d’être blessante, mais reconnais que « pour la pitié, il faudra aller chercher dans le dictionnaire à lettre P. », c’est tout de même assez agressif à lire pour une jeune fille qui a besoin de soutien face à sa maladie…
    Les faits géographiques que tu énonces ne supplantent pas la compassion, ni la réalité de la souffrance de P.
    Je n’ai aucune intention d’être virulente à ton égard, je voulais juste essayer de t’expliquer ce qui, à mon humble avis, pouvait choquer dans tes propos…

  • #59 Joyeuseluronne le 9 février 2011 à 20 h 27 min

    P., je ne connais que trop bien ta souffrance – même si chaque histoire est unique – pour l’avoir vécue moi-même. Et j’en suis sortie, j’en suis sortie indemne, je te jure qu’on peut s’en sortir. Ca semble tellement impossible quand on y est, je sais. Mais la guérison n’est pas si loin que tu le crois, elle est en toi, et tu peux un jour avoir ce déclic, voir le bout du tunnel, ne plus penser à la bouffe (je t’assure ; je sais que là tu te demandes probablement comment c’est possible de vivre sans y penser une seconde…). Je n’ai pas de recette miracle à te donner, juste un très fort et très sincère message d’espoir. Je ne veux pas exposer mon histoire dans les commentaires, mais je peux échanger avec toi si tu veux. Hélène a mon mail, demande-lui et elle te le donnera je pense sans souci (hein Hélène ? :-) coucou au fait, ça fait un bail…)

  • #60 Make Up le 9 février 2011 à 20 h 34 min

    Bonjour à tous et toutes,
    Saches P. que je connais très bien cette maladie, ma soeur étant anorexique depuis plusieurs années et n’en est pas encore guérie. Déjà tu reconnais ta maladie et c’est un grand point positif dans la guérisson. Le chemin sera long mais tu as la victoire qui t’attend au bout ! Il te faut être courageuse.
    Par contre je suis extrêmement choquée des propos de Louise d’Ottawa qui peuvent pousser à décourager les personnes malades ! Je lui propose donc de garder pour elle « ses » pensées ! Et pourquoi pas lui souhaiter cette maladie « de riche », comme ça elle découvrira la maladie et pourra se permettre de juger après !
    Sur ce merci Hélène pour ce super blog que je viens de découvrir, je sens que je vais vite devenir « addict »
    Bonne soirée et tous mes encouragements à P.

  • #61 Carolyna le 9 février 2011 à 21 h 02 min

    Chère P,
    Ton message est poignant. Merci de nous faire partager cette souffrance, j’espère que le fait d’écrire t’as un peu soulagé. Je n’ai pas de conseil a te donner. Simplement, courage bella, courage. Ne baisse pas les bras. Continue d’y croire, profondément, même si c’est difficile.
    A Louise d’Ottawa : Je pense que tu aurais pu t’abstenir de ce genre de commentaire, méchant et sans intérêt.

  • #62 Louise d’Ottawa le 9 février 2011 à 21 h 04 min

    Hélène: ok, je présente mes excuses à toi et à P ainsi qu’à toutes les personnes qui ont été outrées par mon commentaire. Je me suis mal exprimée.

    Louise

  • #63 Chantal le 9 février 2011 à 21 h 13 min

    P, ton appel est très émouvant et même si je ne connais pas cette saloperie de maladie qui t’a pourri 5 ans de ta vie, je veux te dire tout mon soutien et mon amitié .

    Je veux te dire aussi « aie confiance, fais-toi confiance, fais confiance à la vie, tu le peux! » Toute l’énergie que tu as en toi, il faut qu’elle se transforme en énergie positive, le déclic ne peut venir que de toi et c’est pourquoi je crois moi aussi beaucoup au lâchez prise, dont parlait I. plus haut. Ce n’est pas de volonté qu’il s’agit, ce serait trop simple et tu en as à revendre! Non, il faut que tu t’apprivoises lentement en douceur, que tu t’échappes et te recules pour mieux voir le chemin à suivre et ta lumière au bout….
    Il y a plein de pistes intéressantes proposées par celles qui sont passées par là et t’ont adressé un message d’espoir: elles en sont sorties, oui, toi aussi tu peux et tu vas t’en sortir! Ne te dévalue pas, tu nous montres que tu es une fille bien, pleine de courage et forte, tu mérites de t’aimer et d’être aimée!
    Si tu peux t’éloigner de ton environnement habituel (pas à cause de ta famille qui est adorable) mais juste pour te transplanter ailleurs et peut-être te prendre en main d’une autre façon, vivre avec des gens qui ne te connaissent pas, ce serait peut-être une expérience à tenter?
    J’aimerais avoir davantage de solutions à te proposer…mais ce dont je peux t’assurer c’est du soutien des filles du blog, tu peux compter sur nous et si tu veux échanger, te changer les idées, parler de choses et d’autres, n’hésite pas à demander mon mail à Hélène!
    Tiens bon, P. tu es sur la voie, courage, tu vas t’en sortir! Je t’embrasse.

  • #64 marie le 9 février 2011 à 21 h 17 min

    Tiens, hier j’ai pris une décision après avoir vu un enième reportage sur une jeune fille comme toi mademoiselle P. Une jeune fille à la machoire déformée à force de se faire vomir, une frêle jeune femme paumée qui ne vie que pour ces deux crises pendant lesquelles elle peut perdre tout contrôle d’elle même.

    Mon histoire est un peu différente. Les vingt kilos, moi je les ai en trop, je les traine, ils sont là, bien installés, et je les rends responsables de tout un tas de trucs, y compris, je me dis que ptetre que mon collègue, sans eux, ça serait un peu plus qu’un collègue. Je fais de la boulimie. Je ne vomie pas tout ce que je mange, mais parfois j’ai des épisodes comme ça, comme si le fauve était déchainé au fond de moi même et tout y passe, le pot de nutella, le pain, les biscuits, la liste est longue.

    Et puis hier, cette fille, peut-être un peu comme toi, et j’en ai eu marre. Ouai, j’en ai eu marre de me dire que je n’avais pas le choix, que j’allais continuer à subir tout ça. J’en ai plus envie, j’ai décidé de changer. Je sais pas trop comment, je sais qu’as un moment je vais me taper une fringale, avec une envie de vider le placard, mais j’en ai marre. Ouai, j’ai envie de me battre comme ma flemme, contre tout ça, reprendre une sorte de contrôle de moi même qui passe autant par ce que je ne mange pas que par ce que je mange.

    Je ne veux plus vivre pour ça. Voilà. Alors je souhaite que toi aussi, tu arrive a vivre pour autre chose, pour tes études, pour ta famille, pour tes loisirs, pour suivre le monde. Je ne sais pas si je vais y arriver, mais je vais essayer, pour moi même. J’espère que tu essaye de faire les choses un peu pour toi même, pour être bien.

    Je ne sais pas vraiment si je vais être lue, mais cela m’a fait du bien de dire tout ça, merci à toi mademoiselle P.

  • #65 Linou-en-visite le 9 février 2011 à 21 h 40 min

    Je suis passée par là aussi mais mon anorexie a duré moins longtemps que la tienne (environ 1 an et demi). J’avais 18 ans, j’en ai 32. Je me trouvais trop ronde (j’étais un peu boulotte, comme pas mal de filles au sortir de l’adolescence) et j’ai eu envie de perdre quelques kilos…Grisée par la perte de poids, le contrôle que j’avais pris sur mon corps, j’en ai perdu 20. Et avec ces kilos, j’ai aussi perdu mon sourire, ma joie (et mon envie) de vivre, ma gourmandise, mon énergie…Moi qui adorais lire, je n’avais plus la force de le faire, plus la concentration :( Je ne m’étendrai pas davantage sur les symptômes de l’anorexie que tu connais bien mais sur la suite des évènements. Déjà, il faut la prise de conscience de la maladie…Chez moi, elle est passée par l’arrêt de mes règles (oui, moi, c’est qui m’a fait un choc!). Toi, tu l’as eue cette prise de conscience donc tu as déjà fait une partie du chemin. Ensuite, j’ai été aidée par une psy qui m’écoutait toutes les semaines parler de ma vie…On m’a souvent dit que les femmes qui souffrent d’anorexie ont un problème avec leur mère (en gros, inconsciemment, on en fait baver à sa mère en refusant de se nourrir ce qui est pour une maman le comble de la souffrance…). Pour ma part, j’ai compris au fil de ma psychothérapie, qu’effectivement, ma mère m’avait pas mal ‘abîmée’ (elle n’a pourtant rien d’une tortionnaire) mais j’étais également mal dans ma peau, tout simplement…J’avais le sentiment de ne pas être comme les autres. Je n’avais jamais eu de petit copain, j’étais très ‘cérébrale’, hyper sensible, j’étais brillante dans les études mais ce n’est pas ce qui te rend populaire au lycée ;)…Bref. Ma famille m’a beaucoup entourée et ma meilleure amie ne m’a jamais lâchée et pourtant j’étais infernale à vivre…
    J’ai commencé à aller un peu mieux tout doucement, au bout de quelques mois de psychothérapie et quand j’ai quitté le lycée…Tu appréhendes la (re)prise du poids sans laquelle tu ne guériras pas…C’est le plus dur, je te l’accorde. Voir la balance grimper, perdre le contrôle. Je ne te mentirai pas: j’ai repris plus de kilos que je n’en avais perdu car mon corps, habitué à ‘tourner’ avec une pomme par jour a stocké en cas de nouvelle disette…mais j’ai repris malgré tout goût à la vie. J’ai aussi remarqué que les hommes se retournaient plus sur moi ronde que maigre. Bien plus ;) :) On ne guérit pas du jour au lendemain quand on est anorexique, ça prend du temps. Il faut se réapproprier son corps, cesser de le voir comme un ennemi, cesser de lui faire du mal…Parfois, on replonge un peu, on garde un rapport un peu problématique avec la nourriture…
    Tomber amoureuse, ça aide ;) porter et mettre au monde un enfant aussi (j’étais tellement heureuse que mon corps me fasse ce cadeau malgré les tortures que je lui avais infligées!) Je me suis récemment mise au Qi Gong (yoga chinois pour simplifier) qui travaille sur les énergies qui circulent dans le corps et aide à rétablir une harmonie corps/esprit. ça permet d’évacuer pas mal de choses et je n’ai jamais eu une aussi jolie ligne que depuis que je prends soin de mon corps de cette façon là (bon, pas en ce moment parce que j’attends un deuxième bébé ;))

    Courage, P et fais-toi aider/entourer surtout. Il faut que tu reprennes du poids, tu le sais et ça va t’être un peu difficile alors il faut que tu aies quelqu’un qui t’épaule dans cette ‘épreuve’. Prends soin de toi!

  • #66 P le 9 février 2011 à 21 h 42 min

    Elise16: une renaissance. Je te crois à fond. J’espère vraiment.

    Nono from SF: j’ai été suivie pas une diététicienne pendant un certain temps. Et puis j’ai arrêté, parce que je sais ce que je dois manger. Quels aliments privilégier en fonction de ce qu’ils apportent à mon organisme. Je n’y retourne pas parce que je sais très bien ce qu’elle va me dire : féculent, protéines, légumes etc. Se faire plaisir avec une pâtisserie, oui. Et d’ailleurs, c’est bien le problème de l’anorexique : tout savoir sur les aliments. Alors, peut-être que je veux en savoir un peu moins. Tenter de retrouver cet état de quand je ne savais même pas ce que tu mettais dans les pâtes carbonara.

    Amd: j’ai des projets plein la tête. C’est déjà bon signe, non? ;)

    MaWie: Oui, on a toujours tendance à croire qu’on va reprendre tout le poids d’un coup. Et même si je sais que c’est impossible à moins d’être gavée comme une oie, j’ai toujours cette petite peur. Alors, oui, je fais petit bout par petit bout. Et ça va.

    choupinette7: Mince, je suis bouleversée par le comportement de ta mère et le mot « dégoût » employé… Tu a dû faire preuve d’énormément de courage. Oui, croire en ses rêves. Encore faut il avoir la confiance… Un vaste sujet, ça encore.

    Louise d’Ottawa: je dois dire que oui, les anorexiques effectivement profitent de leurs parents. Dans le sens où ces derniers n’osent pas trop contredire. Mais ça reste quand même hyper complexe.

    Joyeuseluronne: Merci de me dire qu’on peut effectivement s’en sortir VRAIMENT. C’est rassurant et encourageant! :)

    Chantal: aahh merci! Vous êtes toutes top! ;)

    marie: Oui, ras-le-bol! C’est ça. Ras-le-bol d’être passive. Je vais essayer de le faire surgir, ce pétage de plombs. Parce que je l’ai, oh oui! Mais il est encore un peu trop faible pour s’imposer.

    En tout cas, merci à toutes, vous êtes terribles! :D

  • #67 Teu le 9 février 2011 à 21 h 48 min

    Bonjour P.,
    Est ce qu’insidieusement la maladie ne devient comme un rempart, une protection pour ne pas avoir à affronter le monde extérieur, prendre un essor ? Ça n’est pas un jugement, je ressens souvent cette peur qui empêche d’avancer. C’est peut être pour ça qu’il faut un déclic, pour se lancer dans la vie, oser sans avoir peur ou honte du regard extérieur qui ne sera jamais plus dur que celui qu’on pose sur soi même. Il y a tellement de belles choses à regarder, à faire, à partager. Comme le disaient certains commentaires : le lâcher prise… parce qu’en fin de compte, de quoi a t on peur ?!
    Je te souhaite de tout cœur de trouver la force d’affronter ces barrières et te libérer, tu le mérites, tu as le droit d’être heureuse.

  • #68 Luciie le 9 février 2011 à 21 h 50 min

    Louise d’Ottawa:  » pour la pitié, il faudra aller chercher dans le dictionnaire à lettre P.  » Si ça n’est pas du sarcasme qu’est ce qu’est le sarcasme ?

    Et  » Vous déduisez à partir d’écriture, sans le langage corporel, que… » quand je lis plus « Ta vie est probablement trop facile et ta mère te soutient dans ta compulsion à vouloir être maigre et à tout contrôler. » que en matière de déduction mal placée tu as été plus loin que nous alors pardonne notre jugement hâtif à partir de ton écriture MAIS je suis tjs aussi choquée du tien.

    Sur ce, j’espère sincèrement que personne autour de toi ne souffriras jamais d’une telle maladie, parce que pas besoin d’étude pour savoir que ton incompréhension ne sera pas d’une grande aide.

    J’espère simplement que tu as compris avoir été un peu trop loin dans tes propos ;)

  • #69 Chloé le 9 février 2011 à 21 h 57 min

    Bonjour,

    Je rebondis sur ce post car ce sujet m’interpelle vraiment. Quelque part je ne comprends pas cette maladie, même si je me dis que c’est mental et sérieux, au fond je n’arrive pas a vraiment le penser et j’aimerais mieux comprendre.

    Que se passe t il? On se dit quoi? Pourquoi ce refus?

    Personnellement, je pense un peu comme Louise, pour moi ce n’est pas vraiment une « maladie », comme le cancer ou même la grippe, c’est plus quelque chose que l’on s’inflige a soi même pour signaler notre mal être. Je ne sais pas, ca me donne la vision de quelqu’un qui s’arrache les cheveux soi même et s’en plaint. Tout autant ce n’est pas une maladie qui me semble avoir existé a travers les époques ou même les pays, elle semble toucher une cible très précise : les femmes, jeunes, occidentales … ect.

    De plus l’augmentation de ce phénomène correspond a la mode de la taille 0, les corps parfaits des magazines, la pression sur les femmes… Du coup oui, j’ai tendance a penser cette maladie comme une superficialité exacerbée et d’autres problèmes personnels s’exprimant par la. De même pour les sites de pro-ana que j’ai pus voir qui exaltaient l’extrême maigreur .

    Et quand P nous confie ses problèmes, tu dis toi même avoir peur de reprendre beaucoup de poids d’un coup … Je t’avoue que ce raisonnement me laisse un peu perplexe alors qu’on parle d’une question de vie ou de mort.

    Je sais que ce message est très polémique mais vraiment le but n’est pas de provoquer, j’aimerais juste mieux comprendre comment cette maladie s’installe car je sais que j’ai des préjugés, et j’aimerais les dépasser.

  • #70 PrincessedeRien le 9 février 2011 à 22 h 13 min

    Nous sommes le 09 février il est 21h42, je rentre du travail et pour me détendre « je surfe » … Et je trébuche sur ta bouteille dans l’océan du web.
    Je trébuche parce que je ne connais que trop les TCA: tous ne sont que les pétales d’une même fleur nauséabonde.

    Il n’y a pas de formules magiques, pas de miracles; mais beaucoup de boulot et je sais déjà que cette idée t’épuise; prendre une fourchette la porter à la bouche et mâcher puis déglutir c’est épuisant et parait sans fin dans ton état.

    Il y a un site fait par une psychologue de l’Est de la France spécialisée dans les TCA ( http://www.boulimie.fr/ )
    Prends contact avec elle, appelle la ou vas y !
    Prends tout le temps qu’il te faudra va voir qui il faudra mais guéris tu es jeune et la vie n’attend que toi ! J’ai 30 ans (aïe) et j’ai essuyé pas mal de galères mais je te promets ça vaut la peine de la peine qu’on se donne .

    Au risque de passer pour une tarée illuminée (mais je me fous bien de ça si ça t’aide au moins un peu) Le yoga peut t’aider .
    Notamment, il y a un mantra ou plutôt 2 mantra qui (peut être) t’aideront Om Namah Shivaya (j’honore la divinité en moi) et Ham Sa (Je suis cela)
    répète les jusqu’à les vivre et les croire.
    Aime toi, moi je t’aime et je t’envoie tout cet amour etson pouvoir de guérison!
    Aime toi le monde entier t’aime et appelle ta guérison !
    Inspire et sent le monde, expire et deviens le monde !

    Voilà P. une fois encore toute la force de mon amour t’accompagne dans ta quête de guérison sache qu’on y arrive qu’on s’en remet et qu’un jour on se retourne, étonnée d’avoir gravit seule ( car toi seule peut le faire) une si haute montagne.

    Je sais que tu peux le faire et je souhaite que tu le fasses, je crois en toi !

  • #71 Aurora le 9 février 2011 à 22 h 32 min

    Chère P. je te souhaite beaucoup de courage ! La soeur de mon copain a été dans ce cas, et je sais que ne pas être dans le déni constitue déjà une grande victoire et une avancée vers la guérison.

    Pour répondre à certains commentaires, je suis étudiante en sociologie et je pense que certains facteurs extérieurs peuvent effectivement susciter certains comportements comme l’anorexie. Effectivement il peut s’agir d’une maladie qui se développe dans certains contextes et pas dans d’autres. Mais constater certaines choses ne doit pas revenir à les juger.

  • #72 fab le 9 février 2011 à 22 h 32 min

    Un commentaire absolument inutile puisque je connais mal cette maladie, mais j’ai été sincèrement été touchée par ton texte.

    Je te souhaite beaucoup de courage pour la suite, et suis sûre que tu vas t’en sortir !

  • #73 Mimosa le 9 février 2011 à 22 h 49 min

    Bonsoir P.

    D’abord je te félicite pour ta démarche, qui montre que tu es consciente qu’il y a un problème, et cette étape est nécessaire pour s’en sortir.
    Je pense que l’anorexie est une vraie maladie et qu’on n’en guérit pas juste par la volonté. Est-ce qu’on dirait à quelqu’un qui a un cancer de faire un effort pour s’en sortir, tout seul, par sa seule volonté ?…
    Mais je suis aussi convaincue que c’est le symptôme d’un autre mal, et que c’est ta manière de manifester ce mal. Et que du coup c’est ça qu’il faut chercher à guérir, et pas uniquement le symptôme. Sinon même si tu arrives à modifier ton comportement alimentaire, tu risques de déplacer le problème sur un autre symptôme.

    Par contre, même si toutes les personnes qui interviennent ici le font pour te soutenir (ou presque…), nous ne sommes pas compétentes sur le sujet : prends les encouragements que tu y trouves, mais ne prends pas trop au sérieux les « conseils », y compris les miens ;-)

    Je te souhaite de progresser rapidement (et au passage je trouve ton titre très beau).

    Pour répondre à Chloé juste au-dessus, ces comportements ne sont évidemment pas « raisonnés ». On peut peut-être rapprocher ça d’une phobie : un claustrophobe qui ne peut pas prendre un ascenseur doit bien savoir au fond s’il y réfléchit qu’il ne risque rien, et pourtant il n’est pas capable de le prendre cet ascenseur…

  • #74 Dinette le 9 février 2011 à 22 h 49 min

    Bonsoir P.

    Je te donne mon petit témoignage, si ça peut ne serait-ce qu’un tout petit peu t’aider…

    Vers 16-17 ans, j’ai été malade de dépression et d’anorexie, toutes les deux pas très graves (je n’ai jamais cessé le lycée ou mon activité préférée du moment à cause de cela). Il y a deux choses qui m’ont permis de m’en sortir tout à fait : je ne suis plus du tout dépressive et j’ai un rapport à la nourriture très apaisé, j’ai désormais compris que mon corps – pas tout déréglé désormais – réclame ce dont il a besoin quand il en a besoin…

    La première étape, à 18 ans, j’ai fait un stage d’été de 5 semaines, loin de chez moi, dans la discipline qui était alors une vraie passion (je n’étais pas si malade, j’avais encore une activité qui était une vraie passion), qui fonctionne en groupe. L’organisation du stage faisait qu’on était tous logés et nourris ensemble. Je ne contrôlais donc pas ce qu’il y avait au menu. Et je mangeais bien, en pensant : on fait un truc de groupe, il me faut des forces pour remplir mon rôle. Et l’expérience humaine était si forte que j’avais totalement lâché prise face à la nourriture… J’ai repris pas mal de poids à cette occasion.

    Mais mon rapport à la nourriture n’était pas apaisé pour autant et la dépression était encore sous-jacente… Les 3 années qui ont suivi n’ont pas été très faciles même si ça allait un peu mieux (légèrement) qu’avant. Puis tout doucement, ça a commencé à aller mieux, j’ai repris des études qui me branchaient et que je réussissais bien, je me suis retrouvée entourée de trois amis géniaux, dévoués et sincères… Ca allait sur une pente doucement montante.

    Puis le deuxième déclic.

    Un accident de la circulation. J’ai cru pendant quelques minutes que j’allais mourir… Finalement, rien de grave et j’ai été remise en quelques mois. Mais dès les heures qui ont suivi, durant lesquelles j’ai su que je ne garderai aucune séquelle grave, je me suis dit : quelle chance d’être en vie!! Et par la suite, dans les mois qui ont suivi, quelque chose a réellement changé en moi; je me disais tout le temps « quelle chance d’être en vie et d’être en bonne santé ». Tous les petits soucis et toutes les angoisses existentielles me passaient au-dessus.

    Evidemment, je ne te souhaite surtout pas de vivre cela. Mais peut-être qu’un jour un autre événement te fera ressentir des sentiments similaires…

    Je te souhaite de trouver les choses, les gens qui te permettront de guérir.

  • #75 l. le 9 février 2011 à 23 h 01 min

    Chloé: « pour moi ce n’est pas vraiment une « maladie », comme le cancer ou même la grippe, c’est plus quelque chose que l’on s’inflige a soi même pour signaler notre mal être. »

    L’anorexie est une expression d’un état dépressif. Et l’état dépressif résulte d’une conjugaison de facteurs génétiques, psychologiques, environnementaux et… physiologiques. Notamment des problèmes de taux de neurotransmetteurs, qui affectent donc le fonctionnement du cerveau. En schématisant, il peut suffire d’une phrase entendue, d’un truc vu ou vécu, à un moment où tu as un déséquilibre dans ces taux dans le cerveau, pour que tout bascule. Pour reprendre un exemple que je connais bien : je suis tombée tardivement dans l’auto-mutilation suite à des problèmes d’enfance non résolus (environnemental), qui ont provoqué beaucoup de détresse chez moi (psychologique) mais qui n’ont vraiment déclenché de réaction qu’à cause de problèmes de thyroïde (dérèglement hormonal => physiologique). Le corps humain, et plus particulièrement le cerveau, est extrêmement complexe et l’explication « c’est dans la tête » est rarement suffisante pour tout expliquer. Les maladies mentales sont des maladies, au même titre que les autres. Et il n’y a pas de hiérarchie dans la souffrance…

    P. as-tu tenté des cuisines exotiques (japonais, indien, brésilien…) pour sortir de ce que tu connais ? Ou, au contraire, des aliments très simples (du riz vapeur, un fruit, du chocolat) en te focalisant sur les goûts, les sensations (ce qu’on appelle « manger en pleine conscience » dans mon école bouddhiste) ? Bon courage en tout cas !

  • #76 Zabellou le 9 février 2011 à 23 h 05 min

    Sois assurée de mon soutien et des pensées positives qui l’accompagnent.
    Je trouve que tu as fait une grande partie du chemin : tu as peut-être l’impression d’être au même point depuis 5 ans, mais tu portes un regard lucide sur ta maladie, sans déni ni fausses excuses, et ton ras-le-bol de la situation actuelle n’a sans doute jamais été aussi grand. C’est déjà beaucoup ! Aujourd’hui est le premier jour du reste de ta vie…tu trouveras la force d’en faire ce que tu veux.
    J’ai plusieurs amies qui ont été confrontées à cette pathologie, certaines s’en sont sorties, d’autres sont encore en train de se battre. Toutes sont passées par des phases extrêmement difficiles, mais ces moments ont souvent été à l’origine d’un tournant dans l’évolution de leur maladie. Tu es proche du déclic !
    Prends soin de toi.

    Chloé: c’est tout le problème du regard porté sur les maladies mentales, qu’on voudrait parfois opposer aux « vraies » maladies physiques, mais l’esprit peut être aussi souffrant que le corps…

  • #77 Anne-Sophie le 9 février 2011 à 23 h 07 min

    Bonjour P.

    Je n’ai pas lu tous les commentaires, il y en a beaucoup et je ne sais pas si tu liras le mien.
    Je voulais te donner une note d’espoir. J’ai vécu la même adolescence que la tienne, en fin de 1ere je faisais 1,68 – 52 kg, j’étais bien dans ma peau, joyeuse et en quelques mois je suis descendue comme toi à 36 kg, j’avais perdu ma joie de vivre, mon humour, j’avais froid en permanence, je ne pensais qu’à la nourriture, qu’à vouloir tout contrôler (j’étais rassurée quand mes proches mangeaient bien, je les inciter à manger…).
    Ca a duré plusieurs années avec des hauts et des bas. J’ai guéri progressivement, j’ai d’abord retrouvé un poids normal et stable mais sans être pour autant guérie, je le savais car la nourriture et mon poids continuait à m’obséder. J’ai retrouvé progressivement ma joie de vivre, après plusieurs années à sortir très peu, j’ai trouvé un bon groupe d’amis, je me sentais revivre. Puis j’ai rencontré mon homme et je crois que c’est là que j’ai véritablement guéri.
    Aujourd’hui j’ai 33 ans et j’attends mon 3e enfant (une 3e petite fille !) et je suis pleinement heureuse. Moi qui n’ai pas eu mes règles pdt plusieurs années, je suis tombée enceinte les 3 fois très rapidement.
    Non enceinte je pèse 50kg, je mange équilibré, mais je ne suis plus du tout obsédée par la nourriture. Le fait de grossir pour chacune de mes grossesses ne m’a pas fait paniquer.
    Voilà c’est mon histoire. Tu vas t’en sortir toi aussi P., j’en suis convaincue, on le sent, tu en as la volonté. Sache seulement que cela risque d’être long alors ne te décourage surtout pas dans les moment de creux, dis toi que cela fait partie du chemin vers la guérison. Cette maladie est terrible car on y plonge en qq mois juste pour qq kg à perdre et on met plusieurs années à s’en sortir. Mais une chose est sûre, on peut s’en sortir sans séquelle.
    Quel conseil te donner ? Moi dans les moments les plus durs, j’étais suivie par mon médecin de famille, qui a tenu à me voir toutes les semaines pendant des mois pour parler, contrôler mon poids, il m’avait prévenue : si je passais sous les 36 kg c’était l’hospitalisation. Cela m’a aidée à retrouver un poids correct. Pour ce qui est du reste, ce qui t’aiderait c’est de retrouver une vie sociale, sortir, voir des amis, au début tu devras te forcer mais vraiment c’est important.
    Du fond du coeur, bon courage à toi, mais surtout ne perds pas espoir, tu vas t’en sortir !

  • #78 LilialiceK le 9 février 2011 à 23 h 07 min

    Ton récit est très émouvant, tu souhaites t’en sortir, je te soutiens dans cette volonté. Surtout ne le fais pas pour quelqu’un d’autre ça ne marche pas, le déclic va arriver, crois en toi.
    Je suis comme tout le monde choquée par les propos de Louise d’Ottawa, je souhaiterais donc lui dire que les parents face à cette maladie rentrent dans une co-dépendance. J’entends par là que le malade est obsédé par la nourriture mais le proche co-dépendant lui est obsédé par le comportement du malade, ça se rapporte de ce point de vue, à la maladie de l’entourage dans la maladie alcoolique. Dans la maladie alcoolique le malade est obsédé par l’alcool et le proche co-dépendant lui est obsédé par le comportement du malade alcoolique. Tout cela pour dire qu’il y a une réelle souffrance des proches que ça soit pour l’une ou pour l’autre des maladies, et que ce n’est pas une volonté de céder aux  »caprices » de leurs proches. C’est assez décevant d’entendre des opinions si tranchées, sans aucune volonté de recul sur le fond du problème… Ne tiens pas compte de ces propos P. .Prends soin de toi. Je te souhaite plein de courage.

  • #79 aumayera le 9 février 2011 à 23 h 18 min

    salut P,

    ça fait deux ans que je suis Héléne sur son blog et c’est pourtant la premiére fois
    que je me motive à écrire un msg, pour te dire à quel point ton msg m’interpelle (et pourtant dieu sait que ce blog me passione).
    j’ai une licence en psychologie et pourtant je n’arrive toujours pas à comprendre cette maladie… sans doute parce que j’ai connu une fille qui nous a quitté à cause de cette maladie.
    car malheureusement c’est une maladie qui méne parfois à la mort, mais je ne t’apprends rien les psys, ta mère, tes amis ont du te le répeter des milliers de fois.
    je sais que tu en es consciente, mais rien y fait…

    comme tu l’as si bien dit, c’est toi qui controle, tu controle la nourriture ton entourage…
    c’est donc toi qui controle ta guérisson, mais encore faut il que tu cible le mal qui est à l’origine de ta souffrance.
    cette maladie est autodestructice!! il faut que tu guérisse parce que putain la vie elle est parfois sacrement belle surtout à 19 ans…
    bats toi, j’espere du fond du coeur que tu vas retrouver gout à la vie…

    j’espere ne pas avoir été trop brutale.
    je te souhaite un bon retablissement.

  • #80 Quatrine le 9 février 2011 à 23 h 23 min

    Ah, il y a des maladies de « perfection » qui tuent: l’anorexie, le burn out, certains mariages (mais je m’égare…). Je me demande toujours ce qui nous pousse à faire des choix qui nous nuisent. Un poids que nous impose la société? L’idée qu’on serait plus aimé si on était plus parfait? Un ancêtre qui continuerait à perturber sa descendance par un comportement tyranique? Je ne sais pas.
    Tout ce que je sais c’est que la perfection n’est pas de ce monde et tant mieux! Tant mieux parce que si je suis imparfaite, je laisse les autres l’être aussi. Et ils me le rendent bien: ils m’aiment avec tous mes défauts, ceux qui font aussi ma personnalité. Il y a des tas de facettes dans une personnalité, de beaux et grands sentiments et aussi des envies triviales, mauvaises, saugrenues. C’est tout cela qui fait un être. Et c’est tout le contraire d’une image figée (celle que véhiculent les magazines notamment). Il faut donc savoir choisir le mouvement. Tout bouge et change, aussi changeons à notre rythme selon nos propres valeurs, on a le temps pour nous (autant le prendre).
    Ne soit pas ta propre ennemie, devient plutôt ta meilleure amie. Tu as du courage, de la force, autant que tes qualités te servent! Je ne sais pas si mon message t’aidera à choisir de vivre à ton rythme, en paix, en laissant tomber ton obsession (dans tous les sens de ce terme). Mais si ça peut t’aider…
    Prends soin de toi!

  • #81 P le 9 février 2011 à 23 h 35 min

    Chloé: contrairement à ce que l’on croit, l’anorexie n’est pas une maladie actuelle. Dès le Moyen-Âge ‘et eut être même avant), l’anorexie existait. Mais elle était vraiment pris comme une maladie et non comme un effet de mode qui aurait pu être causée par l’image de mannequins, par exemple. C’est vrai que c’est compliqué à saisir, et moi-même, je ne comprends pas trop. Je précise que je n’ia jamais été pro-ana. Je me trouve extrêmement laide et j’envie ces personnes à un poids normal.

    l.: oui, pour les cuisines exotiques. J’adore. Mais je suis trop préoccupée par ce qui est dans mon assiette pour goûter pleinement les saveurs et me laisser emporter. Le lâcher prise, on y revient toujours…

    Anne-Sophie: Bon sûr que je lis ton commentaire! ;) trouver son homme… Je me sens trop laide pour imaginer que quelqu’un veuille de moi. Amis ou amoureux. Mais je suis vraiment contente de voir que tu t’en ai sorti, dans un état si similaire au mien (pour les kilos et la taille. Après, chacune a son histoire différente.)

    Mimosa: Je fais la part des choses ;) je sais qu’effectivement, les témoignages sont pleins de conseils, mais qu’au final, chacun a SA solution pour s’en sortir et qu’il faut que je trouve celle qui me corresponde. Alors, je m’inspire :)

  • #82 Dadaria le 9 février 2011 à 23 h 45 min

    Malheureusement, je n’ai pas eu le temps (et le courage) de lire les nombreux posts précédant le mien et je crains de faire de la redite.

    La première chose que j’ai envie de te transmettre, c’est qu’on s’en sort !! C’est une idée qui ne doit jamais te quitter, malgré les difficultés, les « rechutes », la souffrance !

    J’ai moi-même vécu une longue période d’anorexie, suivi d’une période de boulimie. Je suis descendue à un poids qui mettait ma vie en danger, et l’idée de prendre ne serait-ce que 200grammes me mettait dans un état de détresse intense. Je pense que tout le monde t’a déjà donné de formidables conseils sur comment, petit à petit, essayer de t’en sortir.

    Je pourrais en ajouter un dernier, car je suis maintenant devenue psychologue et je sais que certaines psychothérapies peuvent vraiment aider. Je ne connais pas l’obédience de ta psychologue et je suis certaine qu’elle est très compétente. Je peux juste glisser à travers ce commentaire que les thérapies comportementales et cognitives (TCC) ont des programmes très efficaces et très adaptés aux problématiques spécifiques de l’anorexie mentale (enfin, à mon sens, pour moi qui ait souffert de cette maladie).

    Pour conclure, et pour revenir sur cette idée que l’on peut en sortir et retrouver le bonheur, sache que je suis maintenant pleinement heureuse, que j’ai regrossi et même pris certaines rondeurs, que j’assume pleinement (je suis bien plus belle aujourd’hui qu’il y a quelques années !!), et qui n’empêchent pas mon mari de me trouver belle et les personnes autour de moi de m’aimer !

    Courage ! Tu n’es pas seule à souffrir de cette maladie ! N’hésite pas à chercher des groupes de parole dans ta région, avec des personnes qui souffrent du même trouble que toi. Ne t’isole surtout pas, car je sais que dans mon cas, c’est d’avoir des amis et des gens autour de moi qui a aussi pu m’aider à m’en sortir.

  • #83 mimicrobe le 10 février 2011 à 0 h 15 min

    Bonsoir P.,

    Je voulais t’écrire ces quelques mots pour te témoigner tout mon soutien. J’espère que tout les commentaires ci dessus te redonnent un peu de force pour continuer ton combat et réintroduire le plaisir dans ton quotidien.

    Je pense que la méditation (évoqué dans un commentaires plus haut) peut vraiment t’aider et peut être aussi l’art thérapie?Tu y as songé? Tu sembles être à l’aise dans l’écriture… (tu écris vraiment bien tu le sais? Ecrit plus! ;D)

    Tu dis à la fin de ton texte qu’il est une sorte de bouteille à la mer, et bien vois tu j’y ai vu autre choses, le départ de quelque chose de nouveau et pourquoi pas de meilleur? Je te le souhaite!

    Take care !
    xx

  • #84 ninoune le 10 février 2011 à 0 h 15 min

    Je me reconnais que trop bien dans ton histoire … etant aussi passé par cette saloperie de maladie, j ai pas la solution miracle malheureusement !!!!!! j en suis  » sorti » mais la maladie est tjs la, elle guette, le moindre relâchement, et u retombes dans ses travers !!! je suis de tout coeur avec toi !!

  • #85 stella le 10 février 2011 à 2 h 45 min

    Bonsoir P,

    Ton témoignage est très touchant. L’anorexie est une maladie dévastatrice. J’ai une collègue qui l’année dernière a décidé de perdre 3/4 kg juste comme ça…. elle me raconte qu’elle a déjà fait un régime mais qu’elle était devenue anorexique avec ce régime. Et elle a recommencé avec le même régime, persuadée de ne pas retomber dans l’anorexie, qu’elle saurait s’arrêter…
    Malheureusement elle n’a pas su s’arrêter, elle a perdu plus de 20kg alors qu’à la base elle n’avait déjà pas à perdre ces 3/4 kg…
    Mais comment l’aider, quels mots lui dire pour ne pas la blesser?
    mes autres collègues n’y ont pas été de main morte, entre autre le « sorti d’un camp d’aushwitz » auquel elle répond qu’elle s’aime comme ça…
    Je sens bien que ce n’est que façade, elle sourit, parle, mais je vois qu’elle fait semblant, sa famille s’inquiète, son petit ami aussi… mais elle nous dit que sa famille la trouve bien comme ça et elle raconte à sa famille que ses collègues lui disent qu’elle est belle comme ça…
    Plus on lui en parle, plus elle nous dit qu’elle est bien. Elle a quand même été consulter un docteur qui l’a mis en arrêt avec ordre de reprendre au moins 3kg. Elle est resté une semaine en arrêt et est revenue en ayant bien sûr pas repris de poids.
    Je trouve qu’elle a encore maigri, son teint est plus que jaune, elle me soutient que non et qu’elle fait du sport, oui mais voilà elle en fait à outrance aussi…
    bref, je ne sais comment l’aider et en même temps, venant de moi (surpoids de 25kg) elle doit se dire, « mais elle me veut quoi la grosse là, elle est jalouse ou quoi? » alors que non….
    désolée je viens chercher aussi des réponses pour cette collègue….

    Tu as conscience que tu dois t’en sortir, et déjà c’est un grand pas. Comment lui faire comprendre ça??
    Je te souhaite bien du courage, le chemin sera long mais je sens que tu y arrivera. Inverse la machine, tu as réussi à contrôler ton corps, si tu ne veux pas qu’il t’échappe avec tout les soucis que l’anorexie t’amène, reprend le en main. Tu y es déjà arrivé en descendant, tu peux le faire en remontant. Bien sûr pas tout, mais à un poids où ton corps sera en accord avec toi et où tu te sentira mieux.
    Prends des petits repas, mais plusieurs fois par jour car ton corps de toute façon ne voudra pas de grosses quantités… pas la peine de te gaver… juste réapprendre à ton corps à assimiler des aliments, petits à petits, ça prendra du temps mais tu y arrivera.
    Bon courage à toi, garde espoir surtout et quand tu te sens flancher, reviens lire les commentaires ici ;-)

  • #86 Francoise le 10 février 2011 à 8 h 20 min

    Bonjour,

    Je tape avec un clavier US, alors pas d’accents. J’ai ete anorexique pendant 18 ans. Je m’en suis sortie, mais parfois la voix interieure negative me parle. C’est une lutte de chaque jour, mais j’ai appris beaucoup de choses a mon sujet, et je veux juste te dire de t’accrocher a ton desir de guerison. Cela t’aidera a surmonter cette maladie.

    Bisous!
    Francoise

  • #87 mathildededijon le 10 février 2011 à 8 h 24 min

    Hello perso je ne connais pas vraiment cette maladie (juste les dovs à la TV…) en plus j’ai le problème inverse du tiens : je mange, je mange, je n’ai pas assez de volonté pour me freiner à long terme.
    Du coup je me sent moche, j’ai l’impression de ne plaire à personne, de dégouté tous le monde heureusement j’ai ma famille qui m’aimera tjs quelque soit mon poids.
    J’ai des périodes ou je ne veux même pas sortir pour ne pas être vu, ce que je fais je vais au ciné au début j’ai pas envie, et puis à la sortie du film finalement je suis heureuse d’y etre allé.
    Je te conseille de trouver des petits plaisirs, pour reprendre gout à la vie, pourquoi ne pas assez de faire à manger à ta famille tu pourrais ensuite te dire que tu partage le repas avec eux ce n’est pas seulement un repas ordinaire.
    Je suis de tout coeur avec toi.
    Bises

  • #88 P le 10 février 2011 à 9 h 20 min

    Dadaria: c’est vrai qu’on m’a souvent dit qu’on ne guérissait pas à 100% de l’anorexie. Mais avec ton témoignage et ceux d’autres persones qui s’en sont sorties et qui vivent bien maintenant, ça redonne de l’espoir!

    mimicrobe: oui, la méditation serait peut être une bonne chose. J’y songe. Et effectivement, l’écriture est très importante pour moi, alors, il faut que j’en fasse quelque chose :)

    Merci à tous, vous êtes adorables!

  • #89 Hélène le 10 février 2011 à 9 h 45 min

    Make Up: Carolyna: PrincessedeRien: LilialiceK: aumayera: ninoune: stella: Francoise: merci à toutes pour vos commentaires, et soyez les bienvenues !

    Louise d’Ottawa: trop facile, de venir dire après qu’on s’est mal exprimée. I fallait y penser avant.

  • #90 Naomi le 10 février 2011 à 9 h 49 min

    P: Eh oui, je sais… J’ai beaucoup de choses à dire sur le sujet mais la pudeur me retient. C’est une maladie tellement complexe, tellement différente et à la fois similaire pour chacun(e)… Qui entraîne d’autres troubles, boulimie et compagnie, que je connais bien aussi… J’ai lu presque tous les commentaires et la plupart sont tellement encourageants !… Il faut que ça te donne la force de t’en sortir ! Quoiqu’il arrive si jamais tu veux en parler n’hésite pas à demander mon adresse e-mail… Une fois de plus, tiens bon. Courage !

  • #91 Naomi le 10 février 2011 à 9 h 55 min

    Hélène: Et merci Hélène pour ce petit mot de bienvenue !

  • #92 Laurence le 10 février 2011 à 9 h 58 min

    Je me permets de revenir à la charge car ton témoignage est certes touchant, mais c’est tout de même un appel à l’aide que tu lances à cette communauté et après tout, tu feras ton choix parmi les différentes solutions que les lectrices d’Hélène t’ont adressées.
    J’ai travaillé moi aussi sur l’anorexie et je viens de retrouver un lien qui, bien que s’adressant à des professionnels, te montrera l’urgence de ta situation sur le plan de ta vie elle-même, et l’intérêt des pluri-thérapies. Des adresses de services spécialisés figurent en bas du document. Je sais qu’il n’est pas très facile de cohabiter avec des personnes souffrant de la même pathologie que toi, notamment à cause de l’image qu’ils te renvoient de ta propre silhouette, mais c’est encore ce qui a fait le plus ses preuves dans le traitement. L’accent est mis également sur la longueur des traitements mais surtout dans l’attention que ces services portent à maintenir la « mécanique » en vie, en plus de traiter la maladie sur un plan plus psychique.
    Voilà le lien, fais en ce que tu veux mais ton cri est synonyme de désir de vivre, c’est déjà ça de gagné.http://www.esculape.com/psychiatrie/anorexiementale.html
    Je te souhaite courage, et surtout patience.

  • #93 anea le 10 février 2011 à 10 h 03 min

    Re coucou P.,
    Je n’ai pas lu tous les commentaires, mais juste un petit mot pour te dire plus que tu peux : « tu dois le pouvoir », c’est une obligation!!
    J’espère vraiment que tu comprendras ce que j’essaie de te transmettre!
    Biz et passe une bonne journée!
    Et au fait, qu’est-ce que tu aimes dans la vie? Le maquillage peut-être entre autres…;-) ? Et puis… FAIS-TOI PLAISIR!!!

  • #94 isa-monblogdemaman le 10 février 2011 à 10 h 09 min

    J’ai envie de te donner un message d’espoir. Dans ma classe de seconde, deux amies n’avaient pu finir l’année à cause d’une hospitalisation pour anorexie. C’est le mauvais âge. On se cherche, on nous en demande beaucoup, on voudrait tout. Je me demandais souvent ce qu’elles sont devenues et puis il y a deux ans, cette jolie fille radieuse avec son bébé sur le quai de la gare, c’était l’une d’elle. Espoir je disais et courage aussi !

  • #95 P le 10 février 2011 à 11 h 02 min

    stella: heureusement pour moi, je ne me trouve pas du tout bien comme je suis là, contrairement à ta collègue! Je dois dire que je ne comprends pas que l’on puisse se sentir à l’aise et belle en étant squelettique.

    Laurence: merci pour ton lien, je vais voir ça :)

    isa-monblogdemaman: alalala… oui, c’est chouette toutes ces histoires de naissances qui arrivent quand même! :D

  • #96 K le 10 février 2011 à 11 h 14 min

    Bonjour P,
    J’ai lu ton témoignage avec attention. Ce petit mot donc pour t’envoyer tout mon soutien.
    J’ai moi même été anorexique pendant 4 ans (de 10 à 14 ans). Pas pour perdre du poids (je suis déjà très mince de nature) mais suite à une agression. J’étais une enfant et je ne savais comment réagir face à cette situation, du coup, j’ai arrêté de manger (pour me laver ou me purifier j’imagine), je privilégiais les aliments blancs et transparents (type yaourts). Puis cette petite cure de « nettoyage intensif » a duré, mon corps s’est habitué et à la fin, je ne pouvais plus rien ingérer (un sentiment d’oppression à chaque bouchée, ma gorge qui se rétrécie et les aliments qui ne passent pas).
    Mes parents n’ont jamais été très compréhensifs, pas portés sur la psychologie non plus.
    Bref, tout ça pour dire que j’ai tout supporté seule, sans soutien, pas d’amis, l’obligation d’aller au collège et aucune alerte des médecins scolaires non plus (je pesais pourtant à peine 35 kilos à l’époque).
    Je ne sais pas vraiment à quel moment j’ai décidé de me sortir de ça. Je crois que ce qui m’a sauvé, c’est que je n’étais pas obsédée par les kilos, j’étais mal et il fallait que je travaille là dessus mais prendre des kilos ne me faisait pas peur (je ne savais juste pas comment m’y prendre).
    Je me suis donc lancée un défi, l’été du passage en seconde, en me disant, nouveau lycée, nouveaux amis potentiels, il faut que je sois normale! On est partis à la mer avec mes parents, le changement de cadre m’a énormément aidé, j’étais détendue, presque heureuse, mon père m’emmenait voir les fanfares du coin, j’avais l’impression de revivre un peu. Et surtout on mangeait des choses différentes (fruits de mer etc.). Un jour lors de ce même été, sans raison, je me suis mise à finir mon plat, pour la première fois, j’avais réussi à tout finir sans me poser un millier de question, le plat était beau, les aliments faisaient envie, j’ai mangé. A partir de là, le défi à commencé, je me suis dit, si j’ai réussi une fois, je dois pouvoir recommencer. Et j’ai tout fini la semaine qui a suivi, j’étais tellement heureuse de reprendre enfin des kilos !
    Aujourd’hui, je pense en être sortie, mais il y a toujours des réflexes qui restent, je ne mange plus si je suis déprimée, je stresse dès que je dois dîner chez des gens que je ne connais pas, je déteste être dans un endroit confiné pour manger (j’ouvre toujours une fenêtre avant de dîner), faire à manger me coupe l’appétit (heureusement mon amoureux adore cuisiner!), je déteste les plats en sauce, l’huile, les trucs trop gras… La liste est longue, mais globalement, j’ai retrouvé une vie normale. J’ai découvert le bonheur d’avoir des amis, un amoureux, de vivre tout simplement !
    Mon conseil, essaie de dédramatiser un maximum ton rapport à la nourriture, mange à l’extérieur (un pique nique au bord de l’eau dans un endroit agréable) et surtout privilégie des aliments qui te font envie, qui font du bien au corps aussi. Je n’ai jamais été fan de la crème et de l’huile en général, mais j’adore les légumes, le poisson car j’ai l’impression que ça fait du bien à mon corps, ça le renforce. Je ne suis pas en train de t’encourager à devenir végétarienne hein!, mais je pense quand même que c’est plus simple d’y aller petit à petit, de commencer par des choses qui ne font pas peur (type légume, fruit, un bon pain aux céréales etc.) et d’intégrer petit à petit les autres aliments (je découvre le saucisson en ce moment et j’adore !), ne pas se mettre la pression, y aller à ton rythme.
    Je te souhaite de tout coeur de t’en sortir, je suis sûre que tu en es capable. Courage, tu es si jeune, tu as toute la vie devant toi, profite de ta jeunesse. Si tu veux me contacter, n’hésite surtout pas, tu n’es plus seule désormais.

  • #97 Hélène le 10 février 2011 à 11 h 20 min

    K: sois la bienvenue ;-)

  • #98 Ahava le 10 février 2011 à 11 h 29 min

    J’ai une maladie qui n’a rien à voir avec la tienne, je ne sais pas si ça peut t’aider, mais je vais essayer. :)

    J’ai été virée d’une grande école-ou plutôt poussée vers la sortie, je suis partie de moi-même- car l’école refusait les gens qui sortaient du moule et de faire des aménagement nécessaires. (rendre de temps en temps un travail en retard par exemple). On m’a suggéré « d’aller me faire opérer et de revenir quand tout sera fini », comme si se faire opérer était aussi simple que d’acheter un pantalon à la boutique d’en face.

    Ça m’a révoltée. J’ai passé un an à déprimer et ce qui m’a sauvé c’est de continuer à faire fonctionner ma tête: j’ai pris des cours de langue(c’était seulement deux heures par semaine) pour ne pas sombrer et j’ai cherché très activement une autre école. J’y suis cette année. J’ai dissimulé mon problème pendant tout le premier semestre mais pour le deuxième ce n’était plus possible, j’ai dû en parler au directeur car j’étais très fatiguée et la peur constante de se faire virer de nouveau était difficile à vivre. Il a fait les aménagements nécessaires.

    Je dis peut-être des bêtises mais je pense que se fixer un projet, quel qu’il soit, même un petit, à court ou long terme, un but, peut t’aider. « si je vais mieux, je vais pouvoir faire cette chose qui me tient tellement à coeur et sortir du cercle infernal, rentrer dans une vie active de nouveau ».

    Essaie de faire une liste de choses que tu aimerais le plus au monde: guérir bien sûr, en premier lieu, car c’est la condition pour pouvoir faire tout ce que tu veux, mais aussi tout ce qui n’a rien à voir avec la maladie. Même si tu es allongée, prends un stylo, écris, que le projet soit « aller acheter des oranges ou du chocolat, du riz », « aller voir tel film », que sais-je…une petite liste.
    Et appliquer si possible ce que tu as écrit. Passer un contrat avec toi-même et respecter l’emploi du temps que tu t’es fixé, petit à petit, tu penseras à faire des choses de plus en plus grandes.

    Et dis toi que si tu as été heureuse un jour, tu peux encore l’être de nouveau.

    Voilà, je ne sais pas si c’est bien, ce que je dis, mais ça peut peut-être t’aider.

  • #99 Marianne le 10 février 2011 à 11 h 57 min

    Merci pour ton message de bienvenue Hélène! :) Et non je ne parlais pas de ton commentaire mais celui de Louise.

  • #100 Marianne le 10 février 2011 à 12 h 00 min

    C’est la sensation que j’ai ressenti en te lisant. Peut être la formulation de ton message qui m’a laissé entendre cela? :)

  • #101 P le 10 février 2011 à 12 h 07 min

    K: je suis assez admirative de voir que tu t’en es sortie toute seule, sans soutient. Mais c’est vrai que le fait de ne pas être obsédée par les kilos t’a sans doute aidé. Je suis comme toi, quand je mange à l’extérieur, ça me fait du bien. Dans le sens où je ne contrôle pas ce que j’ai dans l’assiette. Enfin, ça vaut surtout pour le resto. Tout comme toi, aller chez des gens (de la famille, par exemple, ou des amis), ça me paraît impossible et je décline toujours. Pourtant, je pense que justement, manger avec des personnes qui ont un rapport normal à la nourriture ne peut qu’être bénéfique.

  • #102 K le 10 février 2011 à 12 h 16 min

    Merci Hélène pour ton message de bienvenue. Et merci aussi pour ton blog que je suis régulièrement et qui m’aide aussi énormément à m’accepter telle que je suis. La rémission passe aussi par là, prendre soin de soi, s’accepter comme on est, petite, grande, ronde ou menue, le tout est de savoir sublimer nos atouts. Et heureusement Hélène est là pour nous aider !

  • #103 K le 10 février 2011 à 12 h 41 min

    P, c’est sur que ta crainte de prendre « trop » de kilos ne rend pas les choses simples. Tout ce que je peux te dire pour te rassurer, c’est que je ne suis jamais devenue ronde après m’en être sortie (j’ai lu plus haut que cela t’inquiétait). Tout simplement parce que je n’ai jamais eu énormément d’appétit (les grosses platrée de pates, très peu pour moi!)) et aussi parce que même inconsciemment, je privilégie tjs les aliments « sains ». Je ne fais aucun sport, mais je pense que mon tempérament inquiet doit me faire bruler les graisses plus vite que les autres. Quoi qu’il en soit, ça me peine encore énormément quand les collègues me font des réflexions (car je suis et serai tjs plus mince qu’elles, c’est ma nature) et j’avoue que je donnerai tout pour prendre 5 petits kilos de plus. Mais bon, je sais que c’est impossible, c’est ma nature, il faut s’accepter comme on est, faire avec. le maquillage aide beaucoup, les fringues aussi (je me suis concoctée un petit style spécial « minces » à base de blouses toutes douces, pantalons karott et derbies, le genre de truc fait pour ma morphologie…), et puis surtout, le regard de gens qui tu aimes et qui t’aiment. Mon amoureux aime les filles menues et ben mine de rien, ça diminue sacrément les complexes!
    En ce qui concerne la confrontation aux autres (dîners etc.), je te comprends à fond, comme je le disais, je suis toujours très angoissée dès que je dois me rendre chez des amis. Mais quand on y arrive, quel bonheur ! Encore une fois, il faut y aller par étape, commencer avec des gens que tu connais vraiment bien, ne pas leur cacher ta situation. Les miens ont été exemplaires, ils adaptaient les quantités pour moi (en gros chacun avait une assiette et moi un petit bol), les plats étaient posés sur la table et chacun pouvait se servir (encore une astuce qui marche bien). De cette façon, je me servais les quantités que je voulais et au final j’ai mangé autant que tout le monde. Essayer de se fondre dans la conversation, parler d’autres chose que de bouffe, faire des pauses pendant les repas, boire un peu de vin (ça aiguise l’appétit), et profiter de la soirée ! Et plus tard, on remplace le bol par une vraie assiette !
    Bon, j’arrête ici mon roman, je suis décidément peu douée pour synthétiser (c’est pour ça que ne poste jamais !)
    Plein de bises et de courage, tu vas y arriver !

  • #104 Yazaie le 10 février 2011 à 13 h 00 min

    Bonjour à toutes,

    Chère P.,
    Je trouve ta démarche remarquable… réussir à en parler, à vider ton sac, à appeler à l’aide comme tu l’as fait, c’est déjà un grand pas ! Et pour cela je t’en félicite.
    Je te souhaite tout le courage du monde pour affronter cette horrible maladie … Je pense que tu peux te sentir soutenue et « écoutée » sur ce blog, et je trouve aussi charmant de la part d’Hélène de t’avoir permis de « crier » à l’aide sur ce blog.
    J’espère vivement que tu parviendras à combattre l’anorexie. Il faut continuer à en parler !!! Ne perds pas espoir !! Garde confiance et surtout du courage :-)
    Bises à vous et bonne journée !

  • #105 Hélène le 10 février 2011 à 13 h 58 min

    Yazaie: sois la bienvenue ;-)

  • #106 ritournella le 10 février 2011 à 15 h 17 min

    Ne désespère pas, ne mets pas la barre trop haut.
    La guérison sera longue mais ça vaut le coup !
    Ce matin j’ai rencontré une femme qui a eu 2 ans d’arrêt maladie à cause d’une anorexie, une femme entre 30 et 40 ans mère de famille, je l’ai vu rayonnnante alors qu’avant elle semblait recroquevillée dans son monde.Comme quoi on peut s’ en sortir mais il faut du temps. A 19 ans on veut aller vite, c’est normal.
    J’ai vecu aussi l’anorexie mais juste entre 11 et 15 ans. Ce qui m’a sauvé c’est que je voulais avoir mes règles (je ne les avais jamais eus), je voulais reprendre une vie normale, ne plus être tout le temps fatiguée. Ce fut très dur de regrossir, j’avais peur que l’on me traite de grosse, alors que dans mon entourage je n’ai vu que des encouragements. Puis le soulagement, enfin mes règles, je n’aurai plus honte devant les copines :)
    Me vient une idée : apprends aussi à te faire plaisir, les massages, les soins du corps, tout ça pourrait t’aider à te reconnecter à ton corps !

  • #107 P le 10 février 2011 à 15 h 30 min

    Ahava: pour ma part, quand j’étais au lycée, les professeurs ont bien compris que suivre l’emploi du temps chargé n’était pas possible dans ma condition. Alors je l’ai aménagé et ça m’a pas mal aidé. Je trouve ça assez terrible d’être viré sur une explication comme ça. Si les gens sont un minimum humains, ils devraient au moins tenter l’expérience dans ton intérêt. Et si malgré tout ça ne fonctionne pas, le désir d’aider aura tout de même été là ce qui traumatise quand même moins.

  • #108 Julie le 10 février 2011 à 16 h 16 min

    Bonjour P.

    comme beaucoup de lectrices, ton témoignage m’apporte un émoi particulier, car j’ai vécu ce que tu décris si bien il y a quelques années. J’ai aujourd’hui 27 ans, et il y a environ 6 ans, la même crise est survenue chez moi, sans crier gare, sans que je ne m’aperçoive de ce que cela impliquait.
    Je terminais mes études supérieures et je commençais une histoire d’amour (ma première véritable). Je projetais à la rentrée suivante de m’exiler de ma région d’origine pour passer des concours nationaux à Paris : je crois que cette perspective m’angoissait; mais je me suis battue contre ma famille qui ne désirait pas me voir partir et en dépit de ma relation amoureuse (naissante au moment de mes démarches de déménagement) malgré des scrupules que j’enfouissais en moi. Quelque chose me disait qu’il fallait que je passe le cap de la peur et que je concrétise cette nécessité de me donner toutes les chances de réussite pour m’envoler vers une vie plus autonome, et faire front à ma vie d’adulte. Tu es à la fin de ton adolescence, au commencement de ta vie d’adulte, P., et l’anorexie intervient justement souvent au moment de ces passages symboliques, qui sont sources d’angoisse car ils nous font basculer dans l’inconnu. On se demande si on va y arriver, si on est capable de se gérer seule : je pense que tout comme moi, tu as reporté ton besoin de contrôle sur ta vie, de quelque chose d’insaisissable (l’avenir incertain, inconnu), à quelque chose de concret, visible (la nourriture, tes formes, ton poids).
    De quelle manière m’en suis-je sortie : à la fin de mon année universitaire, j’avais perdu plus de 17 kilos (en un peu plus de 8 mois), j’étais faible. Fatiguée aussi de me punir pour ce que je prenais pour un écart (la barre était haute…), épuisée d’avoir sans cesse faim, par conséquent de ne pas dormir bien car un ventre vide crie famine en pleine nuit et nous empêche de nous reposer… Le cercle vicieux était enclenché : surtout, les tensions aux moments des repas avec mes parents, les questions, les remarques de mes amis (je n’ai pas connu l’isolement, par contre), qui fait que ce sujet de fierté au départ (chouette, je résiste, j’ai un pouvoir insensé sur mon corps, j’arrive à maigrir, MOI) devient un tabou dont il ne faut pas évoquer l’existence à moins de commencer à se bagarrer avec son entourage… Même mes profs m’en parlait, remarquaient, j’en avais un peu honte…
    Et puis, le déclic : mes parents ont fini par me dire que plutôt que de financer mon année de prépa à Paris, ils m’hospitaliseraient plus volontiers si je ne changeais pas d’attitude. Ils étaient morts d’inquiétude, et en plus de leur réticence à me voir partir, ils ne s’imaginaient pas me laisser sans surveillance loin de la maison…
    A cela s’ajoute la rédaction d’un mémoire universitaire que je devais absolument terminer pendant l’été pour la rentrée, et qui était le sésame de la possibilité du commencement d’un nouveau chapitre dans ma vie : Paris. Je voulais partir, je voulais réussir ces concours, même si j’en crevais de peur. Les raisons de mon anorexie sont dans cette clef : les études, ce mémoire que je voulais parfait, mais qui m’a tétanisée jusqu’à la fin.
    Dans ces conditions, mon état physique, ma faiblesse mentale, je n’étais pas au meilleur de ma forme pour cette conclusion de mes études. Je me souviens seulement qu’un jour de juillet, début juillet, j’en avais marre de travailler, j’avais faim (l’éternelle faim): je me suis préparé un sandwich, et puis, je me suis dit que je rattraperai le coup plus tard (la punition, l' »équilibrage des calories » qui n’existait que dans ma tête), mais que là vraiment, c’était nécessaire de manger pour être plus efficace au travail. J’ai cru que cela serait difficile : mais non. Au repas suivant, je me suis dit qu’il fallait que je mange suffisamment pour faire une bonne nuit et bosser de manière productive le lendemain. Et ainsi de suite : ce qui paraissait être le plus important dans ma vie (mon poids, le contrôle constant) s’est évaporé en quelques jours pour quelque chose de plus concret, et que je voulais plus fort encore : terminer mon mémoire, passer ma soutenance.
    C’est la même raison qui m’a poussé dans l’anorexie et m’en a fait sortir, je crois : la volonté de réussir. Pour moi il était inenvisageable de « rater » ma vie, de manquer des occasions de découvertes, pour une raison que je trouvais déjà à l’époque superficielle (oui, j’avais conscience que mes raisons au départ étaient purement esthétiques, et futiles (volonté de plaire encore plus à mon nouveau copain, de correspondre à l’image que j’avais de moi dans ma tête…), même si on s’accorde toutes à dire ici que les véritables causes de l’anorexie sont en réalité souvent bien plus profondes). Pour être honnête, je me suis dit aussi que je pourrais reprendre le contrôle sur mon poids aussi facilement plus tard, si l’envie m’en prenait. Mais l’envie ne m’a jamais repris, et je suis bien plus raisonnable sur mes critères physiques aujourd’hui que je ne l’étais il y a six ans (c’était un extrême que tu connais, P.).
    Je pense que ta démarche du psy, bien que nécessaire, est une excellente chose, P. (c’est un pas difficile à franchir, et tu l’as fait, c’est très bien). Je m’en suis sortie seule (un peu sous la pression familiale et environnementale) je ne sais par quel miracle, et je crois que j’ai eu de la chance.
    Il me semble primordial de reporter tes efforts de contrôle sur quelque chose de concret : tes études, un projet professionnel, une passion. Rapport à mon « expérience » en la matière, c’est ce qui m’a motivée à passer à autre chose; maintenant peut être que mon degré d’anorexie n’était pas le même que celui que tu vis : mais je suis intimement persuadée, P., que si j’y suis arrivée, tu le peux aussi, c’est sûr !!! concentre toi sur une passion, essaie de te forcer à t’occuper l’esprit par des projets qui te tiennent vraiment à coeur, et petit à petit, la nécessité de forme physique pour tout cela te poussera, j’en suis convaincue, à dépasser cette maladie. Tu en es capable, très bon courage à toi ^^
    Si tu as des questions, n’hésite pas à t’adresser à moi personnellement, je veux être là pour toi
    Julie

  • #109 Hélène le 10 février 2011 à 17 h 16 min

    ritournella: sois la bienvenue !

  • #110 saori le 10 février 2011 à 19 h 48 min

    ton message ma touché , j ai une amie qui est tombé dans l enfer de cette maladi durant plus de 4 ans , aujourd hui elle a reussi en s en sortir . je te trouve tres courageuse et je te souhaite sincerement de sortir de cette enfer , tu y arrivera car tu a la volonté et c le plus important … bon courage a toi

  • #111 Lil le 10 février 2011 à 20 h 51 min

    Bonsoir,

    j’ai essayé de lire rapidement les témoignages des autres filles qui ont vécu la même maladie que la tienne, et on peut remarquer que pratiquement à chaque fois le début de la maladie est marquée par un évènement particulier.

    Alors je n’aurai qu’une seule chose à dire, mais je pense que tu y travailles, enfin je l’espère pour toi ,avec ton psychologue : ce qui t’aidera à guérir ne tient pas de l’ordre de la nourriture réellement, de ton entourage ( pas entièrement du moins ) ,de ta peur de regrossir ou je ne sais quoi d’autre, mais ce qui t’aidera réellement c’est ta propre tête. A partir du moment où tu libéreras ta tête, ton esprit, tu réussiras réellement à libérer ton corps !
    Il y a une phrase toute bête que je me répète quand j’ai l’impression d’aller mal :  » free your mind from worry  » ! LIBERE TON ESPRIT DE TOUTE CRAINTE !
    Et parler parler parler et encore parler est la clé de la libération de ton esprit !

    Alors le courage oui tu l’as , mais le courage qu’il faut que tu aies ce n’est pas celui de manger une bouchée de plus, mais c’est celui d’affronter tes angoisses, et surtout celui de t’aimer !

    Lil

  • #112 Tchaotcha le 10 février 2011 à 20 h 53 min

    J’ai trouvé ton témoignage touchant et courageux, j’espère que iras mieux, même si je sais que c’est dur car une de mes amies souffre d’anorexie depuis maintenant 3 ans, et même si il y a des hauts et des bas, elle sait qu’il y a des personnes sur qui elle pourra toujours compter comme ses amis (enfin, ceux qui lui sont restés fidèles) et sa famille. Alors accroche toi à la vie, comme la vie s’accroche à toi. Courage ! :)

  • #113 Ahava le 10 février 2011 à 21 h 05 min

    P:
    J’ai ressenti un immense soulagement quand on m’a virée, puis quelques jours après une sensation de vide, car c’est toujours mieux d’avoir un truc intéressant à faire. C’est sûr que ce n’était pas humain mais ça m’a permis de dépasser la maladie et d’avoir beaucoup beaucoup moins de symptômes car j’étais obligée de me centrer sur la recherche d’une école et j’apprenais une langue en même temps. Les malaises sont passés au second plan et j’en fais moins.
    Comme on te l’a dit plus haut, te trouver dans une passion quelle qu’elle soit, ça aide beaucoup, ça te centre sur autre chose que toi même et pourtant ta passion, tes études, ton boulot, c’est aussi toi.

  • #114 P le 10 février 2011 à 21 h 11 min

    ritournella: En effet, j’ai pensé aux massages et tout. Sauf que je suis tellement maigre, qui voudrait toucher un corps comme ça? Plus tard, oui, dès que je serai plus remplumée. Mais là… Disons les choses clairement, il n’y a pas grand chose à masser.

    Julie: Oui, un projet, une passion, se focaliser dessus, c’est très certainement une solution comme d’autres l’ont souligné. J’y travaille, mais je n’arrive pas à faire passer mes passions au premier plan, devant la nourriture. Mais je pense très sincèrement que ça va venir. Je ne peux pas vivre en me focalisant sur des aliments, mais je peux vivre (pécuniairement parlant) de ma passion. Il faut que je réussisse à remettre les choses à leur place et revoir mes priorités. Merci en tout cas, ton témoignage me touche beaucoup :)

    saori: Vraiment, d’entendre que des gens s’en sortent, c’est ce qu’il me faut :)

  • #115 Valérie le 10 février 2011 à 21 h 32 min

    Et pourquoi pas la réflexologie ? C ‘est un massage des pieds. Une sorte d’accupuncture des pieds( avec les doigts, sans aiguille), avec des histoires de méridiens et tout le Toutim. Ce n’est ni maigre, ni gros un pied.C’est un pied. Tu restes habillée, juste les pieds nus et tu savoures :-)
    Et comme ça tu fais amie/ami avec ton corps, c’est divin. Courage.

  • #116 P le 10 février 2011 à 22 h 12 min

    Valérie: ah oui! Pas mal cette idée de réflexologie plantaire. Bon sang, heureusement que vous êtes là pour me montrer autre chose que la nourriture. Mes pieds, en l’occurrence ;)

  • #117 anonyme le 10 février 2011 à 23 h 04 min

    Chère Pauline
    Moi aussi je viens apporter mon petit grain de sel, parce que moi aussi j’en ai bavé. Je refuse de dire que j’ai été anorexique, j’ai juste été malade, pendant 1 an, mais juste malade. Comparé à certaines, 1 an c’est rien, et pourtant… Ca m’a suffit pour ne plus avoir mes règles, perdre presque tous mes cheveux et avoir le droit de rentrer chez moi dans le camion des pompiers 2 ou 3 fois.
    Mais comme tu le dis, j’ai eu la chance d’avoir un electrochoc: ma mère est tombée malade et c’était implicitement de ma faute.
    Et à ce moment là je me suis sentie tellement égoïste, à un tel point que ça m’a retourné. Tout le monde ne tournait plus qu’autour de moi, j’étais méchante, invivable, de mauvaise humeur (trop faible pour supporter la compagnie des autres, je devenais agressive) et j’ai eu honte.
    Je n’ai pas guéri comme ça du jour au lendemain, il n’y a pas de miracle, mais la volonté de guérir a déjà été un très grand pas en avant.
    Aujourd’hui j’ai retrouvé un poids normal mais il me reste des séquelles car oui, l’anorexie on ne s’en sort pas complètement. Je ne me ressert jamais, pas de vinaigrette dans la salade, comptage des calories… Bref
    Si je peux te donner une petite astuce (un truc que j’ai remarqué), lorsque j’ai voulu m’en sortir, je me suis massé. Ca peut paraître stupide mais le contact avec mon corps me dégoûtait tellement que j’ai ré-appris à le toucher, ré-appris à me voir telle que je suis au travers de mes mains. Et j’ai senti mes os, j’ai senti mon ventre creux, mes joues saillantes, alors que pourtant quand je me regardais dans la glace je me voyais toujours comme une fille grosse, avec des bourelets etc. Je n’arrivais pas à me voir en fait.
    Je te souhaite plein de courage, j’espère que ça pourra t’aider. Dans tous les cas je suis d’accord, un changement de cadre et d’habitudes sont très bénéfiques pour la guérison. En ce moment je tente aussi d’aider une amie qui souffre de la même maladie, mais chacune est différente et c’est vraiment pas évident.
    A bientôt

  • #118 Louise d’Ottawa le 11 février 2011 à 1 h 36 min

    Hélène: J’ai le droit d’exprimer ce que je ressens par rapport à l’anorexie, ne vous en déplaise. Je pense que la pitié et l’apitoiement sont les pires ennemies de l’anorexique et qu’il faut parfois être dur pour aider. Vous avez lu à tord du sarcasme, de la colère et de l’agressivité dans mon écrit et m’avez tiré dessus. Je n’éprouvais pas ses sentiments quand j’ai écrit. Au contraire. C’est plutôt certaines lectrices et toi-même qui m’avez apostrophé de façon agressive. C’est trop facile : Abattons le monstre. Le monde n’est pas que noir et blanc, il y a tous les tons de gris entre les deux. On a le droit de dire les choses de façon différentes, je n’ai pas agressé personne. Il faut parfois se secouer quand les mots doucereux, les encouragements, les séances chez le psy à 120 euros l’heure, les massages et la réflexologie à 90 euros la séances ne fonctionnent pas. Qu’est-ce qu’il reste à faire? L’hospitalisation? La vérité est toute simple: on meurt si on ne se nourri pas. Si on ne mange pas, on va mourir.

  • #119 stella le 11 février 2011 à 3 h 10 min

    Merci Hélène pour ton message de bienvenue.

    P. je ne sais pas pour ma collègue si c’est une façade ou si elle le pense réellement…
    Elle est peut être encore dans une phase euphorique, contente d’avoir perdu tout ce poids, contente de voir qu’on se fait du soucis pour elle…
    En discutant avec elle, elle est consciente des problèmes, consciente d’être anorexique, d’ailleurs elle a consulté le médecin car elle n’avait plus ses règles… mais à côté de ça elle fait « semblant » d’aller bien je pense, en étant « que » sa collègue, je me sens assez impuissante, sa famille, son ami sont plus proche d’elle pour lui venir en aide… mais si ils ne l’aidaient pas??
    Que penserais- tu si je la prenais à part pour lui parler? comment trouverais-tu trouverais cette démarche? j’ai peur de passer à côté et en même temps pas envie de lui en rajouter une couche si dans sa famille, amis on lui parle déjà assez de ça….
    On a déjà parlé des repas, elle ne peut plus que manger de petites quantités, elle ne veut absolument pas reprendre, même un tout petit peu, elle fait du sport mais à ce rythme + le boulot épuisant que l’on a…. son corps ne tiendra pas le coup.. j’ai l’impression qu’elle attend que son corps lui dise « stop »…
    Pour les massages, je l’ai déjà masser (c’est notre boulot), et même si il n’y a que des os, de savoir que l’on fait du bien est plus important, et sincèrement des corps on en voit de toutes les tailles, largeurs ect… on y prête pas attention.
    Tu devrais essayer, pourquoi pas commencer par un soin du visage, puis réflexologie, si tu peux trouver au même endroit, tu arriveras peut être à te sentir moins mal à l’aise face aux praticien(nnes) et pourquoi pas demander la même personne si tu te sens mieux avec un ou une…
    désolée de faire un hors sujet avec ma collègue….

    courage et tiens bon, tu es sur la bonne voie!

  • #120 anonyme le 11 février 2011 à 7 h 22 min

    Louise d’Ottawa: je voulais réagir par rapport à ton dernier commentaire, j’ai fait l’expérience d’une réaction « dure » comme tu dis. Mon père n’étant pas très porté sur la psychologie, il m’engueulait quand je rentrais le soir, avec une amie « Non mais tu t’es vu à coté de C.? Tu es moche regarde là elle elle ressemble à quelque chose au moins » ou encore un dimanche à table « tu vas te maquiller aujourd’hui? Parce que tu ressemble à rien comme ça on dirait un cadavre »
    Et c’était encore pire que tout le reste, comment veux tu mener un combat contre toi même si les personnes les plus proches ne te soutiennent pas un minimum?
    Après je ne parle pas des parents qui cèdent à tous les caprices, c’est autre chose…
    A cause de cela je perdais encore plus de poids et encore plus rapidement!

  • #121 Hélène le 11 février 2011 à 9 h 46 min

    Lil: Tchaotcha: soyez les bienvenues !

    Louise d’Ottawa: tu n’as certainement pas le droit d’être mal élevée et méchante quand tu es invitée chez qqn (genre tu ne vas pas cracher sur le tapis chez tes amis, et bien chez moi non plus – et grâce au ciel je ne suis pas ton amie), et encore moins d’être méchante et moqueuse avec qqn qui est dans la souffrance et dans la peine. Tu n’es plus la bienvenue chez moi, va-t-en.

  • #122 alois le 11 février 2011 à 10 h 49 min

    bonjour a toutes
    je tenais a régir sur ce post.
    P si tu cherche bien au fond de toi et que tu appercois cette force qui te permettras de t’en sortir alors ne passes pas a coté. Je suis persuadée que c’est une maladie tres dure a gerer et que ca bouffe aussi bien physiquement que moralement. cependant il faut que tu te secoue je sais c’est facile a dire mais il faut que tu dises stop a ce mal qui te ronge je suis bien placée pour le savoir.
    je suis un peu de l’avis de miss d’ottawa parfois il faut etre dure pour faire prendre conscience aux gens qu’ils vont droit dans le mur. mais je suis aussi convaincue aussi que ca ne marche pas avec tout le moonde.
    alors P il faut que tu trouve la voix de la guérison TA VOIE et malheureusement tu es la seule a la connaitre quand tu l’auras trouvé il suffira de dire aux gens comment t’aider
    voila
    courage
    tendrement

  • #123 Julie le 11 février 2011 à 11 h 13 min

    Quelques messages me font réagir et me reconnectent à mes souvenirs de cette période : c’est vrai qu’on ne sait plus être objective avec soi-même lorsqu’on est atteint de cette maladie. Je me souviens ainsi de ma focalisation obsessionnelle sur mes défauts (notamment ma volonté de « vaincre » une culotte de cheval pourtant largement atténuée…) alors que tout le monde autour de moi ne pouvait que remarquer à quel point j’étais devenue maigre (évidemment, le reste du corps maigrit aussi…)!!! mais non, je me fixais des objectifs irraisonnés, je niais ma fragilité physique et j’étais aveuglée par ce complexe qui me paraît aujourd’hui si dérisoire… Et ce qui m’a fait réagir, je crois aussi, c’est une photo de moi, en pied, où je ne pose pas, prise malgré moi, et où j’ai redécouvert ma morphologie à cette période comme s’il ne s’agissait pas de moi ! j’ai eu un recul de surprise, de me voir si exagérément minuscule, je me suis reconnectée à la réalité. C’était si étrange ! Peut être que ce serait bénéfique pour le déclenchement de ta volonté de guérir, que de demander à quelqu’un de te prendre en photo à un moment où tu ne t’y attends pas, où tu ne te caches pas sous des vêtements amples, car ça a été véritablement un électrochoc pour moi. Je crois que de te découvrir en photo est une démarche différente que l’épreuve du miroir. Qu’en dis-tu ?

  • #124 P le 14 février 2011 à 12 h 09 min

    alois: Je suis effectivement convaincue qu’il faut que je trouve MA solution pour guérir. Les personnes qui s’en sortent ont toutes eu une réaction différente qui les ont font réagir. Et j’avoue que je suis très en colère contre moi-même, de ne pas trouver cette solution! J’essaye toute sorte de persuasion, de constat accablant de mon apparence, mais ça ne fonctionne pas. Et pour cela, je sais que le travail avec mon psy est déterminant.

    Julie: la photo est un très bon moyen de me rendre compte de mon état. Quelques une ont été prises à mon insu, mais malheureusement (?) ce jour là, j’étais habillée de telle façon que le résultat n’était pas probant. Et sans compter que je me vois mal demander à ma mère, un de mes frères ou une amie de se balader avec un appareil photo dans les mains histoire de faire des clichés « spécial maigreur »… Mais je serais ravie (si on peut l’être…) de me voir de l’extérieur, telle que je suis vraiment. Mes parents ont beau me dire que je suis squelettique et j’ai beau en avoir conscience, ça ne m’alarme pas plus que ça.

    En tout cas, si ça a fonctionné pour toi, c’est bien :)

  • #125 PJ le 14 février 2011 à 23 h 43 min

    Chère P,

    Je viens de lire ton message et la plupart des témoignages de lectrices avec une attention très particulière du fait de mon expérience personnelle. J’ai été confrontée à l’anorexie mais d’une manière différente, et pour cela, c’est aussi vers tes parents et tes proches que vont mes pensées. En effet, j’ai été mariée à un homme qui souffrait d’anorexie. Ce n’est pas très commun et c’est un sujet dont on ne parle pas, mais l’anorexie touche aussi les hommes.

    Cela a commencé par quelques kilos à perdre, mais ca ne s’est jamais arrêté pendant nos 8 années de vie commune… et à la fin de notre relation, il ne pesait plus que 54 kilos pour 1m80.

    J’ai été le témoin privilégié de la longue descente aux enfers qui entraine le malade et ses proches… les privations qui prennent petit à petit toute la place, la perte du plaisir de manger, d’être en communauté ou entre amis, le contrôle de la moindre trace de matière grasse dans la nourriture, le sentiment de toute-puissance à chaque kilo perdu, le soupçon continu de lui envers moi des que je cuisinais pour nous deux… peut-être en profiterais-je pour lui faire avaler des substances interdites par son régime absolu… le sentiment d’être repoussée à chaque fois que j’essayais de l’aider et que je me heurtais à un mur, son repli dans le sport à outrance ( 2 séances intensives par jour pour éliminer toute calorie, alors qu’il ne mangeait presque rien), son refus de toute aide extérieure… Bref, j’y ai pour ma part laissé pas mal de forces, sans jamais avoir l’impression de réussir à l’aider, et c’est une blessure qui aujourd’hui est encore très douloureuse, même 2 ans après un divorce. C’était devenu la seule solution pour sauver ma peau, car l’autodestruction de mon ex-mari était tellement forte qu’elle avait porté atteinte non seulement à notre mariage, mais également à mon état mental et psychologique. Je me sentais glisser vers un état de désespoir destructeur, sans qu’il s’en aperçoive… trop obnubilé par sa propre souffrance pour comprendre la mienne. Il y a une partie de moi qui s’en veut encore d’avoir « abandonné » le combat, mais je suis bien consciente que c’était devenu une question de survie pour moi aussi.

    Je n’ai pas de conseil à te donner, mais je pense véritablement que la solution à tes souffrances est en toi. Avec l’aide de ton psy, j’espère que tu réussiras à traquer la source de tout cela pour trouver la force de reprendre gout à la vie. Pense également à tes parents, et remercie-les d’être à tes cotés et de te soutenir… je pense qu’ils doivent se sentir bien impuissants face à ta maladie, et je leur adresse mes pensées les plus amicales.

    PJ.

    PS : Comme pour Julie, j’avais également utilisé la technique de la photo de lui torse nu… squelettique, décharné… j’ai vu le choc dans son regard, et ça a bousculé pendant un temps ses certitudes, mais cela n’a malheureusement pas été assez fort pour changer les choses à long terme. Si cela peut t’aider à prendre conscience que ton regard sur ton corps est déformé, alors, ce sera un grand pas en avant.

  • #126 Hélène le 15 février 2011 à 11 h 39 min

    PJ: bienvenue à toi.

  • #127 Olivia le 16 février 2011 à 12 h 14 min

    Moi , personnellement je te conseille pas d’aller dans un hopital ou un centre pour anorexique tout simplement parce que la bas tu ne verras que ca , tu entendras parler que de ca , ils te diront :  » Mange ! Mange ! Mange !  »
    Je pense qu’il faut y aller a ton rythme , reprendre confiance en toi et profité de la vie , petit a petit t’y arriveras meme si ca prend du temps . Je sais pas si mon commentaire peut t’aider mais en tout cas je te soutient !

  • #128 Hélène le 16 février 2011 à 12 h 33 min

    Olivia: bienvenue à toi !

  • #129 moncointranquille le 17 février 2011 à 15 h 05 min

    Chère P.
    Peut-être que te trouver une autre activité extrêmement prenante, où tu retrouverai cette sensation de puissance, et de courage, t’aiderait? Une activité qui te montre que tu gères, et que tu arrives à ce que tu veux? Une activité qui te donnerait cette sensation de maîtrise de toi que tu as eu quand tu as commencé à perdre du poids, avant de perdre les rênes?
    Courage en tout cas, et je pense qu’il faut t’accrocher dans ta vie sociale, parce que « traîner avec une personne anorexique » ne pose vraiment pas problème!!

  • #130 Hélène le 17 février 2011 à 15 h 19 min

    moncointranquille: bienvenue à toi !

  • #131 P le 18 février 2011 à 12 h 19 min

    PJ: merci pour ce témoignage! C’est vrai que la vie avec une personne anorexique est éreintante! Tout se fait en fonction d’elle, aucun faux pas n’est pardonné… Je suis triste de voir ce à quoi tu as dû en arriver pour te préserver.

    Olivia: Exactement! La vie à l’hôpital est nulle et d’une tristesse affligeante. Y retourner serait effectivement une erreur, selon moi. Certes, je serais obligée de manger avec leurs plateaux repas, mais manger sans être psychologiquement en phase avec son corps, ça ne sert à rien et dégoûte encore plus de la nourriture.

    moncointranquille: je pense surtout que ce qu’il me faut, c’est du calme. Je pense partir une semaine à la campagne, pour me ressourcer et me reconnecter avec moi-même. Un peu comme la démarche de méditation évoquée par I., mais dans le soucis de me retrouver seule face à moi-même et réapprivoiser mes sensations tant bien corporelles que psychologiques. Je crois que détourner l’esprit du problème par une activité n’est pas une solution qui se vérifie sur le long terme. Il faut réussir à appréhender le problème en face, tenter de comprendre.

  • #132 moncointranquille le 18 février 2011 à 17 h 09 min

    Merci Hélène, et bravo pour ce blog vraiment très fourni! Et puis courage à P. je pense que tu as des soutiens ici!

  • #133 Hélène le 1 mars 2011 à 11 h 02 min

    Rebecca: bienvenue à toi ;-)

  • #134 joelle le 20 mars 2011 à 12 h 41 min

    Alors j’ai vu ce post que maintenant – suis une nouvelle dans la « maison » d’ Héléne !
    L’anorexie est une grande souffrance psychique et physique – ce n’est pas un choix , c’est une maladie !

    je voulais juste te dire que j’espère que tu vas mieux et te donner le nom de la Fondation des étudiants de France ou tu peux être scolarisé et être soignée !
    http://www.fsef.net/delia-CMS/etablissements/topic_id-24/liste-des-etablissements.html

    je t’en parle en connaissance de cause , mon fils y a été soigné, aidé ! et aujourd’hui il va bien ! long et différent parcours que toi , mais les problèmes psy sont souvent très mal considérés par l’entourage, les amis !

  • #135 Rosalie le 26 mars 2011 à 17 h 32 min

    Juste une présence de plus pour t’aider à tenir le coup, à relever la tête quand ça ne va pas et à regarder vers le futur, que je te souhaite le meilleur possible.

    Courage, bises.

    Rosalie.

  • #136 P le 27 mars 2011 à 18 h 37 min

    joelle: Rosalie: merci :)

  • #137 Lola le 19 août 2011 à 20 h 50 min

    Je rebondis très tard car c’est en traînant sur le blog d’Héléne que je suis tombée sur ton histoire qui m’a énormément touchée et retournée. En fait, je suis ce qu’on appelle une fille mince (48kg pour 1m64) et récemment, je me suis mis en tête que je grossissais, que je devenais grasse, etc.. Et ton histoire me fait me rendre compte de ma superficialité. Grâce à toi, j’ai ouvert les yeux. Et je t’en remercie profondément. J’éspère que depuis ces quelques mois tu vas mieux, que tu as trouvé une solution. Si tu as besoin de parler, de quoi que ce soit, que ce soit de ta maladie ou d’autres choses, de fringues, de la nature, qu’importe, tu peux te tourner vers moi, c’est avec plaisir que je serai là. Je te souhaite énormément de courage et je t’envoie tout l’amour possible pour que tu t’en sortes.

    Lola

  • #138 clementine le 30 septembre 2012 à 19 h 42 min

    Je viens de tomber sur ce texte émouvant et sur tous ces commentaires, et plusieurs questions me viennent :Comment va P. ? A t-elle réussi a vaincre cette maladie ? J’aimerai savoir ou elle en est au jour d’aujourd’hui ?
    Cela fait plus d’un an …

  • Laisser un Commentaire

    Les commentaires de ce blog sont modérés.