« J’ai 30 ans. Et deux enfants. Trois ans et demi pour mon aînée et dix-huit mois pour mon second.
Quand mon fils est né, mon mari a été muté en région parisienne et je l’ai suivi (évidemment, je ne me voyais pas rester seule en Bretagne avec mes deux p’tits bouts. Pour quoi faire ??)
Et j’ai « abandonné » mon travail, j’ai pris un congé parental.
J’étais prof de français dans un institut de préparation aux concours sociaux et paramédicaux. Mes élèves étaient de futurs infirmiers, orthophonistes, éducateurs, assistantes sociales. Autant dire des d’jeunes toniques, motivés (enfin pour la plupart). C’était un travail très prenant (un peu pénible par certains côtés genre la correction des copies) mais très motivant et intéressant.
Les premiers temps à la maison ont été difficiles : nouvelle ville, nouvelle vie. Puis on a fini par s’y faire. Enfin, c’est ce que je croyais…
Parce que j’ai définitivement compris une chose : rester à la maison pour m’occuper de mes enfants, ce n’est pas pour moi !
Ma vie se limite aux couches, au ménage, à la cuisine (ça c’est la côté positif !), aux courses. Mes sorties : pour amener ma grande à l’école, le petit à la garderie une fois par semaine.
Vie sociale : néant. Ramollissement du cerveau : en bonne voie !
Je ne conçois pas ma vie sans le travail. Je pense que cela peut sembler incongru pour certains, mais c’est une réalité.
Evidemment il y a des côtés positifs : je vois mes enfants grandir, je suis là pour eux quand ils ont besoin de moi. Bien sûr je les adore et passer la journée avec eux est formidable.
Mais je ne me sens pas épanouie. Loin de là. Je me sens cantonnée à mon rôle de maman qui n’est pas tout dans ma vie. Pour moi, la vie est composée de multiples facettes qui, juxtaposées, forment la personnalité. Travail et famille sont les deux principales pour moi, mais aucune ne doit prendre l’ascendant sur l’autre sous peine de dangereux déséquilibre !
Je rêve de me lever le matin, de faire la course pour amener qui chez la nounou, qui à l’école, puis de courir au travail et rebelote le soir mais en sens inverse !
J’évite d’en parler aux gens que je rencontre, j’ai peur qu’ils me prennent pour une folle qui n’a pas conscience de sa chance.
A mon avis, une maman épanouie est le meilleur atout pour des enfants. Si une mère ne se sent pas pleinement satisfaite, les enfants le ressentent, j’en suis persuadée. Je pense qu’il vaut mieux être moins présente mais « bien » présente que là mais en rêvant à autre chose.
Et pourtant, l’envie d’un troisième me taraude de temps en temps, va comprendre, Charles !
Signé : Cécile de Brest »