Bégaiement, par Mô

23 décembre 2009

o-toi-lectrice

« Après la journée mondiale du bégaiement le 22 octobre dernier, et la lecture d’un forum où chacun était libre de s’exprimer à ce sujet, je me suis rendue compte à quel point ce trouble du langage était méconnu. J’avoue avoir lu tout et n’importe quoi et ça m’a mis dans une profonde colère car j’ai alors imaginé tous ces gens, en souffrance, et en recherche de solutions. Penser qu’ils puissent tomber sur le genre de commentaire que j’ai vu m’a fait froid dans le dos. Notamment en ce qui concerne les méthodes « pseudo-magiques » qui pullulent dans ce domaine…

Je suis étudiante en dernière année d’orthophonie et je vais donc essayer de partager les quelques connaissances que j’ai sur le sujet afin de tordre le cou aux idées reçues les plus tenaces et les plus dommageables.

Pour commencer, le bégaiement est bien un trouble du langage et de la communication qui se traduit par une perturbation de la fluence normale et du rythme de la parole. Je dis que c’est un trouble de la communication parce qu’on bégaie rarement quand on est tout seul. On bégaie quand on est dans l’échange et dans l’interaction.
Il peut apparaître chez le petit enfant ou l’adolescent, de façon très brutale ou de façon plus insidieuse.

Le bégaiement ne s’explique pas par une cause unique. Il est multi-factoriel : c’est la présence d’une conjugaison de plusieurs facteurs qui va expliquer l’apparition de ce trouble.
Chez les enfants, en pleine acquisition du langage, plusieurs facteurs font que certains d’entre eux sont plus à risque de bégayer que d’autres. D’autres facteurs sont responsables de la précipitation de l’apparition du bégaiement. Enfin, d’autres encore vont provoquer sa chronicisation : on estime qu’après 6 mois de bégaiement, celui-ci est installé.

C’est pour cela qu’il faut réagir rapidement, malgré tout ce qu’on peut entendre (même de la part des médecins), sur le fait d’attendre que ça passe tout seul. En effet, ça pourra passer tout seul pour 3 enfants sur 4. Mais pour 1 enfant sur 4, ça ne sera pas le cas. Et je ne pense pas qu’il vaille la peine de prendre le risque que cet enfant là, que vous connaissez et qui bégaie, soit cet enfant sur 4 pour qui ça ne passera pas tout seul, et chez qui le bégaiement va se chroniciser.

L’objectif principal de ce texte, et j’espère y être parvenue, c’est d’une part de faire comprendre à quel point il y a urgence, à voir une/un orthophoniste quand un enfant bégaie, afin que celui-ci ne se construise pas comme «bègue», et qu’il reste dans le plaisir du langage et de la communication.
D’autre part, l’objectif est de montrer que les parents ne sont en aucun cas responsables du bégaiement de leur enfant (il s’explique de façon multi-factorielle, je le rappelle), par contre l’orthophoniste peut les aider à avoir toutes les cartes en main pour aider au mieux leur enfant.

Je tiens à ajouter que l’orthophoniste n’est pas réservé aux enfants, et qu’à tout âge une aide adaptée peut être apportée. Qu’on soit adolescent ou adulte.

Pour conclure (et merci aux courageux qui m’auront suivie jusqu’ici), ce que je retiens des différentes personnes que j’ai pu rencontrer dans ma vie grâce à mes études, c’est que ce n’est pas tant la façon dont on parle qui importe vraiment, même si bien sûr ça a de l’importance, mais c’est le plaisir qu’on a à parler, à communiquer, à échanger avec l’autre.

Signé : Mô »

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37 commentaires

  • #1 Fantomette le 23 décembre 2009 à 8 h 51 min

    Un proche est bègue, il refuse de se faire soigner, ce serait admettre qu’il y a un souci et c’est « sa marque de fabrique » comme il dit, à la trentaine, c’est pas évident pour lui je suppose et ça fait au moins une quinzaine d’années que ça dure. C’est vrai qu’il a un côté ermite et est pas très communiquant alors que c’est quelqu’un de passionnant. Est-ce que la réponse à ce trouble c’est réellement un orthophoniste et pas plutôt un psy (-chologue / -chiatre / …) qui pourra revenir à l’origine du trouble ? Un orthophoniste ne soigne-t-il pas plutôt la conséquence que la cause ? Tout dépend sans doute des causes, mais dans mon esprit, le bégaiement était lié à un choc ou un traumatisme, et l’orthophoniste un spécialiste des troubles physiques ou physiologique du langage (type cheveu sur la langue et autre), qu’en est-il vraiment ?
    Merci !

  • #2 le 23 décembre 2009 à 9 h 21 min

    Merci Hélène d’avoir publié mon texte !
    Fantomette: comme je l’ai écrit, il n’y a pas une cause unique au bégaiement, et un choc psychologique n’explique pas à lui seul, ou pas du tout (certaines personnes bégaie sans rien avoir vécu de traumatisant), la présence d’un bégaiement. Toutefois, un choc peut accélérer ou déclencher son apparition. Un soin psy est évidemment à envisager si la personne qui bégaie est en souffrance, je ne le remet pas du tout en question, et les orthophonistes ne sont pas des magiciens ! Mais le bégaiement reste un trouble de la communication. Et les orthophonistes agissent dans le domaine de la communication et du langage, qui est bien plus vaste que les troubles d’articulation. Chez les petits on peut essayer d’éviter que le bégaiement se chronicise avec l’aide des parents. Avec les adultes on peut essayer de trouver des moyens, pour être plus à l’aise dans sa communication. Le plus important est de pouvoir dire ce qu’on veut au moment qu’on veut, et ne pas se laisser mettre des bâtons dans les roues à cause de son bégaiement.
    J’espère avoir répondu…

  • #3 Luah le 23 décembre 2009 à 9 h 42 min

    En anglais, un beau petit documentaire sur le sujet
    http://www.youtube.com/watch?v=Y6bzpvjvy3k

  • #4 Fanchette le 23 décembre 2009 à 9 h 45 min

    C’est un texte très intéressant pour un problème qui touche tellement de gens. De mon côté j’ai vu un enfant d’une dizaine d’années devenir bègue. C’est aujourd’hui un jeune adulte très atteint par cette « maladie ».
    C’est un jeune homme adorable, brillant dans ses études, charmant, etc. Qui a été suivi par des orthophonistes pendant des années. Qui a aussi suivi une cure qui me semblait « pseudo-magique ». Bref il est toujours bègue. Et contrairement à l’ami de Fantomette il a eu du mal à admettre le problème et à l’accepter.
    Enfin, bref pour en venir à une question Mô : en tant que « amie » comment peut-on aider un ami bègue dans une conversation. Je pense à ces moments difficile ou rien ne sort. Il essaie de reformuler une phrase mais ça ne va toujours pas. Quelle attitude adopter : lui souffler les mots, voire les phrases et attendre qu’il acquiesce, le regarder dans les yeux et attendre avec lui (est-ce que cela ne rajoute pas de la pression inutile), laisser tomber pour un moment (est-ce que cela ne va-t-il pas le décourager ?) et y revenir plus tard ? Merci de m’aider.

  • #5 le 23 décembre 2009 à 9 h 46 min

    J’ai oublié de le dire, mais pour toute information, il y a le site de l’association parole-bégaiement : http://www.begaiement.org

  • #6 le 23 décembre 2009 à 10 h 05 min

    Fanchette: Tout dépend de ton ami et de ce qu’il accepte des autres, mais de manière générale, il faut faire passer la communication avant tout. Quand on parle avec quelqu’un qui ne bégaie pas, et qu’il cherche ses mots, si on a compris ce qu’il voulait dire on lui propose le mot pour que la communication soit rétablie et que le message avance. Là c’est pareil : s’il l’accepte (ce qui n’est pas forcément le cas), on va l’aider et ne pas le laisser se dépatouiller tout seul. On peut proposer le mot ou l’idée si on pense avoir trouver (attention : proposer, pas imposer). Il faut être bienveillant dans la communication, actif sans prendre le dessus et sans vouloir en faire trop. Mais comme je l’ai dit tout dépend de lui. On peut aussi en parler avec lui peut-être ?

  • #7 kila le 23 décembre 2009 à 11 h 08 min

    Bonjour Mô, sujet très intéressant.
    ce que tu dis à propos du plaisir, de la non culpabilisation des parents etc… je suis entiérement d’accord. Et le côté multi factorielle aussi.

    mais à propos de cette phrase : « certaines personnes bégaient sans rien avoir vécu de traumatisant » je souhaitais rebondir.
    Il me semble que l’on ne peut jamais présumer de ce qu’une personne a pu vivre depuis sa naissance… voir avant. Qu’est-ce qui est traumatisant? Ce qui l’est pour un ne sera pas pour un autre.

    Je sais que, de par mon histoire et mon parcours, j’ai tendance à remettre facilement tout sur le compte du psy. J’en suis consciente. Et quand il s’agit de difficulté à communiquer, je pense que la part psy est bien moins négligeable que ce qu’on peu penser. Je ne dis pas qu’elle est la seule présente.

    J’ai lu dernièrement un livre qui parle du nouveau-né, c’est un colloque entre « grands » : Dolto, Bernard This, Danielle rappoport…. Il date un peu. Mais justement à un moment ils abordent le problème du bégaiement : une distortion précoce de la relation mère-enfant pourrait (je dis bien pourrait) être l’origine d’un bégaiment… Et en matière de relation précoce, y’a des traumatismes qui peuvent parfaitement passer inaperçu même aux personnes les plus avisées et professionnelles.

    Il me semble, et ceci est vrai pour toutes les disciplines et je sais parfaitement de quoi je cause pour le vivre quotidiennement dans mon métier, que nous vivons dans une société où les différentes disciplines qui travaillent autour de la personne (mon domaine à moi c’est la petite enfance et les parents) ont bien des difficultés à se mettre autour d’une table pour échanger, partager et voire comment ensemble nous pouvons croiser les professionnalismes pour proposer une aide, un semblant de solution, une amorce de réponse.

    Je dis cela, car de ton texte se dégage un je ne sais quoi de « ne touchez pas à ma profession », « nous on sait ». Je ne fais pas une accusation, faut pas mal le prendre, je suis aussi en fin de formation, et c’est un point sur lequel je tente de rester vigilante. Travailler tous ensemble et non pas chacun pour sa paroisse. Dans mon domaine aussi c’est très prégnant, et je lutte contre chaque jour et c’est pas facile du tout ;-))

    Je ne suis pas forcément super objective car je travaille actuellement avec des personnes qui ont des pathologies et problèmes sociaux tels que la dimensions psy et histoire familiale ne peut être ignorée.
    Mais là plus qu’ailleurs le multi factoriel aussi est à prendre en compte ;-) Tout ça me fait bien réfléchir en tous cas ;-)

    Donc merci à toi pour ce sujet abordé et bonne journée. Je pars travailler!!

  • #8 kila le 23 décembre 2009 à 11 h 15 min

    j’ajoute :
    1- je ne suis pas psy ;-)

    2- je suis entiérement d’accord avec toi quand tu dis qu’il ne faut jamais laisser traîner et se dire « ça va passer ». D’ailleurs dans d’autre pays (genre le Canada, pour ne pas le nommer!!! très fort en matière de petite enfance), la consultation d’un orthophoniste arrive bien plus précocement qu’en France. Ici avant 4 ou 5 ans, (c’est à dire à la consultation par la PMI dans les écoles) les pédiatres ne sont pas toujours chaud pour orienter.
    Moi je dis stop. Dés qu’on a un doute faut y aller. Je suis à fond pour la consultation ortho, que mon message précédent ne fasse pas entendre l’inverse hein! MAis pas l’ortho tout seul, associé à d’autres professionnelles. Cela s’appelle, me semble-t-il, (je fais un chouillat d’humour) le par-te-na-riat.

    Cette fois-ci, je pars!

  • #9 Sabrina le 23 décembre 2009 à 11 h 27 min

    Merci Mô pour cet article. Mon frère a connu des troubles du langage à l’âge de 2 ans lorsqu’il s’est cogné fortement ce fut un moment où il était en train de parler. Il a mis presque 3 mois pour reparler mais il a fait un blocage. A quatre ans il est allé voir une orthophoniste. Il n’arrivait pas à prononcer des sons et il bégayait aussi. Il a suivi des années des cours de dictions. Aujourd’hui, il bégaye encore un peu surtout en situation de stress mais sinon ça va. Le médecin avait dit à ma mère d’attendre que ça passerait à 4 ans il vivait un peu un enfer à l’école et voulait s’exprimer mais cela lui était difficile. J’avais 14 ans j’ai pris direct rendez-vous chez l’Ortho un soir où il est rentré en pleurant.
    Je ne pourrais jamais comprendre ce qu’il a vécu mais je sais que c’est réellement quelque chose de compliqué et je l’ai soutenu pendant toutes ces leçons. Les gens ne pensent pas que cela représente autant de travail.

    Vraiment merci pour cet article cela me touche particulièrement.

  • #10 Maxine le 23 décembre 2009 à 11 h 39 min

    cette phrase me fait réagir « une distortion précoce de la relation mère-enfant pourrait (je dis bien pourrait)  » mais bon sang de bonsoir pourquoi chez les psys c’est toujours un pbme mère/enfant et jamais père enfant ???? Toujours de la faute des mères…

    Sinon, Mo merci pour ce texte qui nous éclaire, peut encourager à consulter. En effet on entend trop souvent pour les petits « ca va s’arranger » et beaucoup de choses prises à temps se traitent très bien.

    A ce sujet, je tiens à signaler, pour l’avoir vécu, que l’audition et tous les pbmes liés (perte d’audition, sifflements brutaux…) sont de véritables urgences et qu’une prise en charge dans les 24 h peut être décisive pour ne pas devenir chronique. Je souffre d’acouphènes et l’ORL m’a dit que pris dans les 48h il y aurait eu de fortes chances que l’on ai pu me soigner, mais mes parents ont un peu attendu une semaine par ignorance

    Sinon, j’apprécie beaucoup l’accent que tu mets sur la notion de plaisir

  • #11 Stéphanie (mais une autre) le 23 décembre 2009 à 11 h 45 min

    Ma petite maman est gauchère, comme la plupart des gens de son âge on a essayé de la faire écrire de la « bonne » main (…). Avec les méthodes super choupinettes de l’époque : on lui a attaché la main gauche dans le dos pour ne plus qu’elle s’en serve de cette vile main. Ben elle s’est mise à bégayer atrocement, ses parents s’en sont heureusement inquiété et ayant appris ce qu’on lui faisait on exigé qu’on la laisse écrire à la main gauce, adieu bégaiement !
    Je suis sûre que la plupart des bégaiements ne sont pas liés à des gauchers brimés mais bon, c’est quand même impressionnant comme on peut « détraquer » les gens quand on veut les forcer à rentrer dans un moule pas adapté du tout.

  • #12 kila le 23 décembre 2009 à 11 h 54 min

    Maxine: Où est-il dit que c’était la faute des mères? S’il suffisait que cela soit volontaire ou en tous cas controlable et conscient ça serait tellement plus simple. Mais justement ça ne l’est pas, simple.
    Ce n’est pas sa faute, pas du tout, aucune mère n’a JAMAIS l’envie de faire mal à son enfant. Même les plus maltraitantes. (là encore je sais de quoi je cause sinon je ne me permettrait pas d’en rajouter)

    Loin de moi l’idée de fâcher les mamans. Désolée. Je sais que c’est un sujet sensible pourtant.

    Et pourquoi les mamans : on se demande hein? moi la première, parfois je me demande.
    Mais pourtant, faut bien se rendre à l’évidence : qui porte? qui accouche? qui soigne, chéri, console, se lève la nuit ? (dans la majeure partie des cas) qui allaite? les premiers mois, soyons honnête avec nous-même : c’est la mère qui s’occupe principalement des nourrissons, et cela depuis la nuit des temps. Et le congés maternité de 16 semaines, ben c’est encore la mère me semble-t-il vu que c’est elle qui accouche.
    C’est comme ça, ça évolue, mais c’est lent (pour l’accouchement, ça changera jamais, faites vous une raison les filles lol).

    Désolée Mô, y’a digression par rapport au sujet. Vais finit par être en retard à mon boulot moi ;-)
    Mais ce sujet m’intéresse au plus haut point, je suis en plein dedans.

  • #13 Deilema le 23 décembre 2009 à 11 h 57 min

    Stéphanie (mais une autre): mon père fait aussi partie de ces « gauchers contrariés »… mais je ne savais pas à quel point les méthodes utilisées étaient dures. Quelle horreur !

    Sinon, merci Mô pour nous éclairer sur ce trouble, et à toutes les autres de nous apporter votre expérience et vos témoignages !

  • #14 le 23 décembre 2009 à 13 h 05 min

    Je suis vraiment désolée si de mon texte ressort un côté « nous on sait ». Ce n’était absolument pas mon intention… On ne connaît fondamentalement pas la cause du bégaiement. Et pour chaque cas, une histoire différente engendrera un parcours de soin différent. Je voulais juste essayer de montrer que le bégaiement est un trouble de la parole, dont on ne connaît pas vraiment l’origine, qui apparaît pour de multiples raisons, et qu’il faut essayer d’enrayer rapidement et précocement. Je suis tout à fait d’accord sur le fait que la collaboration entre les différents professionnels est l’avenir du bien-être des patients. C’est juste qu’un soin psy n’est pas, je pense, obligatoire et justifié pour tous les cas de bégaiement…

  • #15 isa33 le 23 décembre 2009 à 18 h 11 min

    je témoigne en tant que mère d’une petite fille qui bégaie
    c’est très très dur quand effectivement on a le fameux enfant sur 4 pour qui « ça ne passe pas »
    c’est plus que très dur, c’est une descente aux enfers
    surtout quand on a déjà un mari qui en a souffert toute sa vie et qui vous dit que vivre ça, il n’y a pas pire (enfin sûrement si, mais bon c’est pour dire, vécu de l’intérieur)

    j’ai été voir une ortho et malheureusement les exercices qu’elle faisait faire accentuait le problème

    le problème est que tous les exercices qui visent à exercer un « contrôle » sur la parole renforce le trouble au lieu de lui donner une chance de passer

    j’ai dû bcp, bcp m’investir, dans la communication quotidienne, insister pour qu’on ne lui coupe plus la parole (seule enfant dans un monde d’adultes), qu’on lui laisse le temps, etc
    et j’ai souvent eu l’impression d’être seule dans ce combat, même mon mari, qui en a pourtant souffert, ne fait pas la moitié de mes efforts pour faciliter sa communication, il faut dire que pour lui qui souffre déjà de ce trouble de la communication c’est sans doute plus dur

    pour l’instant je suis sur de la kinésiologie pour l’aider essentiellement à réduire son anxiété omniprésente
    j’ai abandonné l’orhophonie « classique », alors que je suis sûre qu’il y a plein de bons orthophonistes qui sont dans des méthodes nouvelles et efficaces, mais comment les trouver?

    j’ai lu le bouquin de Le Huche : le bégaiement option guérison et j’ai appliqué tout ce que j’ai pu, j’ai remanié ma façon d’être, ma façon de commiquer, les règles de la maison, etc….

    en vertu de quoi ma fille a régressé dans son bégaiement puisqu’il n’y a plus les blocages et les poussées qu’elle s’infligeait il y a quelques mois, cependant le bégaiement est toujours là, à un niveau bas, du moins plus bas qu’avant

    j’ai aussi beaucoup travaillé au niveau psy, eh bien ce truc est un sac de noeuds qui n’est pas simple du tout!!!!

    quand a cette histoire de distorsion précoce de la relation ou je ne sais pas quoi, je n’ai pas bien tout suivi, mais franchement c’est n’importe quoi!!!!

    Avoir un enfant qui bégaie est un drame que je ne souhaite à personne, et les « raisons » à l’emporte pièce sont complètement stupides
    tout s’entremele et c’est extrement complexe, entre les habitudes de communication de la famille, la personnalité de l’enfant, sa relation au corps, la gestion des émotions dans la famille, la génétique aussi, la relation entre les deux hémisphères du cerveau……
    ça m’a au moins fait comprendre qu’il existait pas mal de « problèmes » de l’enfant qui étaient extremement, extremement complexes

    et ce n’est pas de la faute des mères, c’est la faute à personne en fait, c’est un tout

    merci pour ce texte, oui il faut faire qqchse très vite mais attention à ce qu’on vous propose : pas de contrôle ou de conscience du bégaiement
    si j’avais lu le bouquin de Le Huche quand elle avait trois ans, on l’aurait peut-être « sauvée », je l’ai lu quand elle en avait 5 et demi, soit presque trop tard, mais on a pu éviter le pire à mon avis, elle n’a plus de mimiques, de rictus, de blocaqes

    ce com est très décousu car cela réveille d’importantes émotions

  • #16 le 23 décembre 2009 à 18 h 29 min

    Merci beaucoup isa33 pour ce commentaire, qui montre le bégaiement sous un jour « vécu ». Cela montre tout à fait tout ce qui peut se jouer dans le bégaiement… Je trouve cela formidable que tu te sois investie de cette façon, pour aider ton enfant, au delà des professionnels plus ou moins compétents que tu as rencontré… Car malheureusement les professionnels ont leurs limites…
    Et je suis d’accord avec toi : non ce n’est pas la faute des mères. Les parents, ont par contre la possibilité d’aider leur enfant ! Et ça, ton commentaire le montre bien, c’est vraiment fort et beau.

  • #17 Fantomette le 23 décembre 2009 à 18 h 53 min

    : Merci pour ta réponse, pour le proche dont je parle, c’est en effet suite à un évènement important qu’il a sans doute mal vécu que ce trouble est apparu, à l’adolescence donc, je le le connaissais pas avant (enfin si, c’est un membre de ma famille, mais au vu de notre différence d’âge je ne m’intéressais pas à lui) et je ne sais pas s’il était quelqu’un d’ouvert et de sociable, c’est un véritable ours aujourd’hui, je suppose que son bégaiement ne l’aide pas à s’ouvrir (mais bon, moi je ne suis pas bègue et pas vraiment sociable donc de là à faire une relation de cause à effet…).Fanchette : En fait je n’ai pas l’impression qu’il admet ou n’accepte son bégaiement (d’après ce que j’en ai parlé avec lui mais j’ai évoqué le sujet une seule et unique fois) mais j’ai plus eu l’impression que dire qu’il ne cherchera pas à changer les choses et que c’est sa marque de fabrique c’est pour balayer d’un revers de manche le sujet, pour l’ignorer comme si il n’existait pas, mais encore une fois, j’interprète ses propos.

  • #18 kila le 23 décembre 2009 à 22 h 08 min

    je le redis je n’ai jamais voulu mettre en cause les mères excusez-moi encore si j’ai fait du mal, là n’était pas mon souhait. Bien au contraire.

    Merci Isa pour ton com’, c’est fort intéressant tout ça. Et je trouve que tu expliques parfaitement avec des mots de maman ce que j’ai dit tout vite sans refléchir et ce que Mô appelle le multi factoriel.
    La distortion du lien : c’est un jargon de pros, et jamais je n’aurais dû l’utiliser ici. Veuillez VRAIMENT m’excuser.

    Ralàlà, je suis trop cruche par moment.

    Bon courage à toi Isa et à ta fille.

  • #19 Cécile de Brest le 23 décembre 2009 à 22 h 42 min

    Ton texte tombe très bien, Mô.
    Parce que mon fils, qui a 3 ans passés, a visiblement des problèmes de langage (il parle très très mal malgré son âge) et depuis 1 an, je cherche désespérément à le faire suivre par une orthophoniste… Mais en Guyane, c’est mission impossible. Personne n’accepte de le recevoir en consultation sous prétexte que ce n’est pas une urgence (je ne sais pas comment elles peuvent juger sans l’avoir vu mais bon, passons).
    Et ça me rend malade parce que je me dis que nous rentrons en métropole dans 6 mois, mais que ce sera peut-être trop tard pour le corriger…

  • #20 le 24 décembre 2009 à 8 h 13 min

    Cécile de Brest: Cela conforte mon souhait d’aller travailler dans un département d’outre-mer, où les besoins se font peut-être encore plus sentir qu’en métropole ! Je ne connais pas les problèmes de langage de ton fils, mais en effet ce genre de situation ne devrait pas arriver…

  • #21 Hélène le 24 décembre 2009 à 11 h 39 min

    Merci Mô d’avoir écrit ce billet, je trouve ça super important de parler aussi de ça, sujet assez marginal, finalement, mais qui pourrit la vie de tellement de gens.

    Je suis moi aussi contre le « tout psy », évidemment, c’est simpliste et fatigant.

    Cécile de Brest: je suis désolée de lire ça, ça me navre que ton fils ne puisse être soigné en Guyane !

  • #22 le 24 décembre 2009 à 11 h 48 min

    Merci à toi Hélène surtout, d’offrir cet espace de partage et de discussion !

  • #23 Cécile de Brest le 24 décembre 2009 à 13 h 02 min

    ,Hélène:
    je ne connais pas la situation des autres DOM mais pour la Guyane, au niveau médical, c’est assez terrible !
    Il n’y a pas de pédiatre (à part à l’hôpital), pas de neurologue, pas de service de cardiologie, au moindre souci, c’est évacuation vers les Antilles.
    En ce qui concerne l’orthophoniste, il y a en général une liste d’attente d’un an. Je les rappelle régulièrement mais c’est toujours la même réponse, pas de place !
    Mon fils a fait tous les autres examens possibles, on sait qu’il na aucun problème d’audition et qu’il faut qu’il consulte une orthophoniste.
    Et ça me rend dingue de ne pas pouvoir le faire soigner corrctement.

  • #24 Hélène le 24 décembre 2009 à 13 h 26 min

    Cécile de Brest: je vais dire une énormité, je te demande d’avance de bien vouloir me pardonner : rentrer ne France pour le faire soigner n’est pas envisageable ? (avec ta fille aussi, bien sûr, ce qui voudrait dire laisser ton mari là-bas, mais ce serait pour la bonne cause).

    * part en courant très vite tellement elle a peur d’avoir doit une connerie plus grosse qu’elle, mais ne pouvait pas non plus ne pas le dire *

  • #25 Cécile de Brest le 24 décembre 2009 à 14 h 18 min

    Hélène: en fait, le « problème » c’est que pour les problèmes orthophoniques, c’est sur du long terme, avec des séances toutes les semaines. Donc cela voudrait dire quitter la Guyane définitivement avec toutes les complications que cela implique (logement en métropole, école pour les enfants…).
    Je ne pense pas que le problème de Victor soit si important que ça. L’instit me dit qu’il fait des progrès. Moi aussi, je constate les progrès, qui sont indéniables depuis qu’il est scolarisé.
    Et puis je ne désespère pas de trouver une orthophoniste, il y en a une dernièrement qui m’a laissé entendre que ce serait peut-être possible de le recevoir. Le seul problème, c’est que son cabinet est à 2 heures de route de Cayenne donc pour le côté pratique, on repassera !!

    Et reviens, ce n’était pas une bêtise !

  • #26 Hélène le 24 décembre 2009 à 14 h 53 min

    Cécile de Brest: c’était bien à un retour définitif que je pensais, je sais que les traitements ortho prennent souvent des mois. c’est pour ça que je suggérais que c’était énorme, ce que je disais, parce que je me doutais bien de la logistique que ça entraînait.
    Mais si Victor progresse, tu ne seras pas obligée d’en arriver à cette extrémité, ouf !

  • #27 Cécile de Brest le 24 décembre 2009 à 15 h 21 min

    Hélène: ou bien alors, il y a bien une solution, je pense qu’il y a plus d’orthophonistes à Paris que dans toute la Guyane, tu m’héberges avec mes enfants ?

    Hélène, reviens, tu verras, ils sont très sages !!
    ;-))

  • #28 Hélène le 24 décembre 2009 à 15 h 22 min

    Cécile de Brest: aucun problème, je vais faire des provisions de Ritaline et tu peux venir ;-))))))))

  • #29 Cécile de Brest le 24 décembre 2009 à 15 h 30 min

    ;-))

  • #30 emma le 25 décembre 2009 à 14 h 43 min

    merci milles fois Mô de parler du bégaiement, sujet qui me touche de très près car tout come isa33, je suis maman d’un petit garçon de 8 ans qui souffre de bégaiement. oui l’ortho il connait, oui le psy il a vu et le résultat est toujours le même, arthur bégait et pour lui c’est pas facile.
    Oui j’ai tout entendu sur les origines du bégaiment, la distortion précose… je préfère en rire maintenant après en avoir tellement pleuré, alors pitié, STOP sur un sujet comme celui-ci, c’est fini le psychotage à « 2 balles », même l’autisme est reconnu comme un dysfonctionnement neurologique, alors arrêtez de culpabiliser les mères, et pourtant j’ai une formation de psy!!! et souvent dans le partenariat, la personnalité globale est souvent oublié!!!
    pour en revenir à mon petit bonhomme, c’est un élève brillant, qui aime jouer, chanter, faire du théâtre, mais oui c’est parfois difficile pour lui mais rien ne l’arrête de parler. Parfois il y a des moments plus forts et des périodes plus fluides. Il revoit une orthophoniste aucun résultat depuis des années, cela se travaille au quotidien à la maison, avec sa maîtresse. le bégaiement est peu connu et les fausses idées toukours présente alors MERCI, MERCI. et oui sur le net je trouve des info bien plus ce que l’ortho peut m’apporter.

  • #31 Hélène le 25 décembre 2009 à 15 h 00 min

    emma: sois la bienvenue !

  • #32 emma le 25 décembre 2009 à 17 h 38 min

    euh c’st quoi ce lien qui vous amène pas vers mon blog!!! waouh la honte!!! tiens voilà pourquoi mon fils bégaie!!!! euh la honte!!!

  • #33 Cédric le 28 décembre 2009 à 23 h 21 min

    Bon, vu qu’il n’y a que des filles ici, je ne vais pas faire long. Désolé si Google ne filtre pas par sèxe :)

    Juste pour les mamans déçues des orthophonistes de leurs petits et petites, Mô vous a donné le lien du site de l’Association Parole Bégaiement, qui comporte une liste de contacts par régions, lesquels pourront vous aiguiller vers un(e) orthophoniste qui a suivi la spécialisation adéquate. A la maman qui culpabilise de ne pas avoir lu un livre plus tôt : à 5 ans et demi, tous les espoirs restent permis. De plus, il n’existe aucune sainte bible du bégaiement car ce trouble ne répond à rien d’universel dans l’état actuel des connaissances. Par conséquent rien, mais absolument rien ne dit qu’a 3 ans, votre enfant aurait connu la diminution qu’elle connait actuellement ou une disparition.

    Merci Mô et Hélène d’avoir ouvert cette discussion. Finalement j’ai fait plus long que prévu, mais je vous laisse tout de suite entre filles. Je reviendrai si vous posez des questions par rapport à mon commentaire.

  • #34 Hélène le 29 décembre 2009 à 10 h 33 min

    Cédric: merci à toi, et sois le bienvenu !

  • #35 Cédric le 19 octobre 2010 à 0 h 37 min

    La Journée Mondiale du Bégaiement, c’est ce vendredi, le 22 octobre.

    Diverses manifestations, diverses rencontres, diverses réunions sont organisées un peu partout aux 4 coins de la France : de Paris à la Côte d’Azur (Hyères, Nice) en passant par Lyon, la façade atlantique (Nantes, Bordeaux), Strasbourg…

    Détails et dates ici : http://www.begaiement.org/IMG/pdf/Dates_JMB2010_10_10_17.pdf.

    Voir aussi le Forum du Bégaiement :
    http://paroledebegues.free.fr

  • #36 Hélène le 19 octobre 2010 à 9 h 54 min

    Merci Cédric, pour ces infos.

  • #37 chabert le 8 novembre 2011 à 12 h 10 min

    Bonjour,

    je suis maman d’un petit garçon de 6ans 1/2 qui consulte pour la troisième année un orthophoniste, chaque année différent malgré nous (déménagement pour le premier et problème de planning pour le second). La première année consistait à travailler un retard de langage et un léger bégaiement (syllabes qui traînent), la deuxième année les sons CR, DR, TR etc, confusion p/q et b/d et un cheveux sur la langue. Ces problèmes sont encore présents. Cette 3ème année, priorité au bégaiement. c’est la maîtresse qui me l’a signalé car, nous, parents, on n’y faisait plus attention. Syllabes qui traînent, répétition mais, sans crispation, ni timidité ou refus de communiquer, pas d’impact sur la prise de parole en classe. Ma question: pensez-vous que mon fils peut guérir définitivement de son bégaiement? en combien d’année en moyenne?
    C’est un enfant très (mais pas hyper) actif, toujours excité dans le sens positif du terme. Il croque la vie à pleines dents. Merci pour votre réponse car, je suis inquiète.

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