Journée internationale des droits de la femme
Par Hélène • 8 mar, 2008 • Catégorie: Femmes du monde
Mon billet de l’année dernière est hélas d’actualité cette année encore, aussi le voilà, inchangé :
Bien sûr que non je ne peux pas me réjouir de cette journée.
Parce que si on a besoin d’une journée pour penser à la femme ou à l’enfant, au sida ou à la misère, c’est pour d’évidentes raisons négatives. Même si seul un coin paumé de la planète est concerné (ce qui bien entendu n’est pas le cas, en plus).
Tant que des femmes ne pourront vivre et circuler librement dans leur pays ou à l’extérieur,
Tant que des femmes mourront sous les coups de leur conjoint,
Tant que des femmes seront moins éduquées que leurs frères,
Tant que des femmes seront moins bien soignées que leurs compagnons,
Tant que des femmes ne pourront disposer d’elles-mêmes comme des adultes, juridiquement, socialement et psychologiquement,
Tant que des femmes seront voilées, excisées, infibulées, lapidées, brûlées, défigurées, battues, mises à mort, vendues, violées,
Tant que des femmes ne pourront voter, participer pleinement à la vie politique de leur pays, avoir accès à la parole et aux décisions,
Tant que des femmes n’auront d’existence qu’à travers un homme (père, frère, mari, fils),
Tant que des femmes seront considérées comme des sous-hommes, à quelque niveau de leur vie que ce soit, cette journée aura une triste raison d’être.
Et ben voilà, c’est pareil. C’est pas fête des mères, bordel.
Et parce que cette journée est tout de même l’occasion de célébrer les progrès accomplis, voici la liste des évènements par départements.
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Merci pour ce billet, et de rappeler que la “journée de la femme” est autre chose qu’une version “bobo” de la Saint Valentin.
Rien à ajouter. Je n’aurais pas dit mieux.
(c’était le commentaire le plus constructif de la semaine)
Il y a bien à dire sur les conditions de vie des femmes (et des hommes aussi), mais la fête de la femme, n’est pas uniquement une revendication d’amélioration de la condition féminine. C’est aussi l’occasion de fêter des femmes incroyables, de revendiquer le bonheur d’être une femme. Et pour reprendre ta comparaison avec le sida, je dirais que j’ai une fille qui a une maladie rare, et que le jour du téléthon c’est une fête pour elle. On pourrait pousser un coup de gueule ce jour là aussi en disant : “mais que font les autorités ? Pourquoi pas de traitement,etc…” Mais pour elle c’est une fête car c’est souvent des gens en moins qui la regarde de travers. Des gens nouveaux qui viennent vers elle. Et donc moins d’exclusion. Idem, je pense pour le cas des femmes. Ceux qui viennent nous souhaiter la fête des femmes, sont déjà bien éduqués pour pensez qu’on peut nous fêter juste parce qu’on a la chance d’être une femme. Pour les autres, il faut nous montrer sous notre meilleur jour, pour avoir une chance de changer les choses. Au village, on fête les femmes oui.
Je conseille la lecture de cet article du Monde, qui commence ainsi :
http://www.lemonde.fr/asie-pacif...
“Le gouvernement indien a annoncé, lundi 3 mars, qu’il versera 5 000 dollars aux mères qui donnent naissance à une fille, pour limiter le nombre d’infanticides et d’avortements sélectifs. Nommé “Déesse de la prospérité”, le programme prévoit d’étaler le versement de la subvention sur dix-huit années. Quatre cents dollars seront versés dès la naissance, et 2 500 dollars à la majorité, à condition que la fille ait été scolarisée et ne soit pas encore mariée.
“Il s’agit d’encourager les familles à mieux traiter leurs filles, à les éduquer, à les considérer comme un capital plutôt que comme une charge”, a expliqué la ministre pour le développement des femmes et des enfants, Renuka Chowdhury. Le gouvernement espère sauver 100 000 filles en 2009 grâce à ce programme” (…).
Les conséquences de la préférence pour les garçons sont dramatiques dans un pays qui manque déjà de femmes et où les petites filles n’ont pas le droit de naitre ou de vivre après la naissance. Je trouve ça très choquant, c’est difficile d’écrire quelque chose de pertinent sur le sujet.
Je suis d’accord avec Strange Lady. C’est le jour de la femme. Donc de toutes les femmes.
Bonne fête donc à tous les chromosomes XX .
A Lille, Martine Aubry a décalé la journée de la femme au mercredi 5 mars (passé) pour cause de week-end électoral. C’est fou, non ?
P.S. : Désolée pour le dernier commentaire…
hm, comme la St-Valentin et compagnie, je trouve que tous les jours devraient être la journée de la femme….regarder quels sont les problèmes, mais aussi, celles et ceux qui ont fait quelque chose pour y remédier et les féliciter ! D’ailleurs, en Suisse, un test a été fait….on demandait à des écoliers quel était le personnage le plus illustre pour tel domaine…9/10 fois, c’était des hommes….alors que mère Thérésa est aussi méritante que Ghandi (juste un exemple, hein).
Mah-Yu > je suis d’accord avec toi sur la version journée de la femme aujourd’hui qui se transforme parfois en st valentin ou presque. Mais heureusement c’est pas le cas pour tout le monde..
Je me rappelles qu’au début j’étais pas trop pour cette journée, surtout étant jeune je ne voyait pas trop toute cette différence homme/femme, toutes ces inégalités.
Jusqu’au jour où je tombe sur un reportage : un homme qui tente d’agresser sexuellement une femme afghane ou je ne sais plus. Celle-ci ,après avoir tué son agresseur, fut condamné à mort. pourquoi? beh parce que dans le pays où cette pauvre femme est née, la vie d’un homme vaut le double de celle d’une femme.
Voilà comment j’ai pris conscience de la condition de la femme dans certains pays et de la chance que j’avais de vivre en france (la vie se joue à peu de chose) meme si il y quand meme des inégalités.
PS: je voulais vous montrer un article illustrant ce que je vous ai dit mais en cherchant sur le net je me suis rendue compte que ce n’était malheureusement pas un cas isolé, triste monde….
PS-2: assez aéré mon com? :p
Je suis totalement d’accord avec toi Hélène.
Quand j’étais jeune (et que je parlais un peu vite donc) je trouvais que c’était vexatoire de faire une journée de la femme : genre journée d’une minorité, journée du chien….
Mais pour rappeler que malheureusement une moitié de l’humanité opprime l’autre oui c’est nécessaire.
Et que c’est une catastrophe pour la civilisation et pour l’avenir.
Y compris dans nos pays soit-disant “développés”
Voilà
Ce n’est pas la journée de la femme, mais la journée des femmes. On ne célèbre pas ce qui serait une vague entité, une abstraction de milliards de personnes. Comme Hélène l’a justement dit, c’est avant tout une journée de lutte et de solidarité pour des femmes, toutes différentes mais toutes réunies face au sexisme.
Le sexisme, c’est dans le Monde mais en France aussi, et tous les jours. Il n’est pas question de se “poser en victimes”, c’est malheureusement la simple réalité.
Bon 8 mars malgré tout !
Merci Hélène, c’est exactement ça.
Ce matin, municipales obligent, le maire de ma ville distribuait des fleurs à toutes les femmes qu’il croisait… quel symbole :(
Merci les filles pour vos commentaires super intéressants et éclairants.
Comme toujours j’ai tendance à être très tranchée dans ce que je pense et ressens, et vous venez nuancer ça de façon très délicate, c’est important (et ça me fait plaisir).
Bonjour Hélène,
Merci pour ce billet, merci pour ton blog.
Je me permets de toutes vous inviter à visionner cette vidéo sur Ang san su kyi par REM.
http://www.e-citizen.tv/wordpres...
C’est vraiment une grande dame que le monde va laisser mourir…
Sur le principe je trouve ça nul d’avoir une journée de la femme, comme les handicapés, les lépreux…M… on est pas une minorité mais la moitié de l’humanité. mais dans les faits les femmes sont une espèce menacée en Chine, en Indes, une marchandise, la part sacrifiée…
le monde me dégoute, l’exploitation des femmes est une injustice révulsant. J’aime pas la religion, la science, la publicité, quand elle fait une distinction de traitement entre les sexes. Nous sommes des hommes. et puis c’est tout.
Oui, il y a encore tant de progrès à faire.
J’ai une pensée toute particulière aussi pour Katoucha Niane et Waris Dirie qui se battaient activement contre l’excision…
Que c’est bien écrit, c’est succinct, réaliste et lucide.
Moi aussi j’accueille très mal ces gens ( hommes ) qui me souhaitent une bonne fête comme si j’étais encore qu’une simple pauvre petite chose qu’on regarde pendant une seule journée dans l’année.
Ca avance tout de même grace aux programmes aussi de l’UNIFEM. Lentement mais surement dirons nous. A nous aussi femmes de l’occident de nous pencher un peu sur le sort de nos consoeurs qui sont opprimées ( quand nous le pouvons ). A nous de continuer à éduquer nos hommes dans le progrès et le respect de la dignité humaine, hommes et femmes à égalité.
On devrait créer “la journée de l’homme”. Peut-être que des gens se poseraient des questions.
Sans parler de pays “civilisés” (ils le sont à demi souvent) - la surface de la terre où les femmes n’ont pas de droits, est plus grande que l’autre partie.
Merci Jenesaispasmemaqiller pour la vidéo !
Bien dit !!
Et Comment!!!
Merci Hélène, ton billet était si juste, c’est une excellente chose que de le republier. Surtout la fin, sur le sida et la fête des mères. Non, ce n’est pas la fête des mères, BORDEL.
Oui, l’égalité des sexes, c’est un combat de toujours, comme l’accès aux soins pour tous, la protection de l’enfance, la démocratie, la liberté…
Non, le féminisme n’est pas un combat d’arrière-garde, loin de là.
Autre événement: souper (c’est comme ça qu’on dit “dîner” en Suisse) femmes chez funambuline et globulita
:-) (un peu de joie dans cette journée)
J’allais oublier. Sur la table, il y aura un bouquet de roses, pour Ingrid B. Qu’elle soit un peu avec nous.
Merci, Hélène, pour ce billet, qui nous rappelle à toutes que nous devons rester mobilisées,et que les progrès qui ont été fais sont infimes, mais cependant très importants. Je suis issue de la génération qui a tenté de faire avancer les choses en 68, et qui a remercié à genoux Simone Weil, quand elle a tout fait pour que nous ne soyons plus massacrées dans des officines douteuses ( je fais partie de celles là).
Une des choses qui m’ont semblée essencielles à l’époque, c’est que c’était à nous, femmes, d’éduquer nos fils pour que leurs valeurs ne soient pas les mêmes que celes de leurs pères.
Je ne suis pas sure d’y être arrivée, mais j’ai tout fait dans ce sens. Je n’ai qu’un enfant, un fils, et je le crois assez respectueux du monde féminin. Mais jusquà quel point ? Je ne le sais pas encore.
Désolée, mon com. (24), est plein de fautes !
Tu as raison, Funambuline, dédions cette journée à Ingrid et à toutes ses soeurs de misère, nous serions bien heureuses de leur souhaiter une bonne fête…
C’est très important ce que tu dis à propos de l’éducation des garçons, asiachat : c’est pour cette raison qu’il faut éduquer les femmes, parce que ce sont elles qui, en éduquant ensuite les enfants, font la société future.
C’est pour ça que je parraine une petite fille pour qu’elle aille à l’école au lieu de trimer dans les champs. J’espère être là pour qu’elle y reste jusqu’à sa majorité, et j’espère que ses parents ne la retireront pas de l’école.
En ce sens l’article indiqué par Micheline est extrêmement intéressant.
Espérons que ça motivera les indiens pour éduquer leurs filles au lieu de les tuer avant la naissance ou d’en faire des servantes…
(je généralise et je force le trait, évidemment ça ne concerne pas toute l’Inde, mais vue la taille du pays et de sa population, même si le pourcetange est faible ça fait énormément de monde impliqué).
Salut Hélène, et salut à toutes les filles,
Un peu dur de comparer la journée de la femme à la journée contre le Sida. D’ailleurs, la différence est dans l’intitulé “Journée POUR le droit des femmes” et non contre quoique ce soit.
Pour ma part, quand je souhaite une belle journée à toutes les femmes, (puisque j’ai eu le malheur de la souhaiter à Hélène) ce n’est pas pour les flatter d’être ceci ou cela, ce n’est pas dans mon esprit une fête livrée à tous les pros du marketing.
Quand je souhaite une belle journée de la femme à toutes les femmes, je leur souhaite une belle journée de mobilisation, de prise de conscience, une journée où on relève la tête en pensant à celles qui n’ont pas l’opportunité de le faire. Je leur souhaite d’être aimée, adorée, chérie, choyée dans leur foyer, respectée sur leur lieu de travail, heureuse dans leur vie, bien dans leur baskets et dans leur tête.
Et le 8 mars, je suis désolée, mais c’est une façon de dire tout ça, c’est l’occasion de s’en souvenir, on n’y pense pas toujours. Bon j’exagère, c’est pas vrai qu’on n’y pense pas tous les jours. Et puis, ce n’est pas vrai non plus qu’on doit attendre le 8 mars pour parler du droit des femmes, et heureusement d’ailleurs.
C’est sûr que le jour où on n’aura plus besoin de se mobiliser, de se battre, ce jour n’aura plus raison d’être. C’est regrettable que les femmes soient encore considérée comme une sous-catégorie du genre humain. ça fait du bien d’être plusieur(e)s pour le crier en même temps.
Sur ce, merci Hélène, pour ce billet militant.
Bonjour,
J’aime beaucoup tous les commentaires de ce billet et j’ai appris plein de choses : merci !
Je remarque qu’aucune de vous ne fait allusion à des propos ou comportements sexistes qu’elle aurait subi.
A ces individus qui ne vous serrent pas la main parce qu’ils ne digèrent pas que leur métier se soit féminisé.
A ceux qui répondent quand vous suggérez de confier telle ou telle tache à une collègue : “je voudrais quelqu’un qui a un peu plus d’expérience” alors qu’elle travaille depuix 10 ans.
Sans compter ceux qui n’imaginent même plus de faire appel à une collègue enceinte : “oui, mais dans son état, elle ne peut pas…” (Euh, elle est enceinte, elle n’a pas abdiqué toute intelligence et toute capacité de travail)
Etc.
Petits exemples perso choisis dans des univers a priori favorisés et éduqués.
Tout ça pour dire que cette journée de la femme, pour moi, c’est l’occasion de regarder le chemin qui reste encore à parcourir ! Dans les pays du nord aussi.
C’est pour cette raison que je trouve le billet d’Hélène très important : parler, c’est le premier mouvement. C’est ne plus subir.
Delphinoid, pour te rassurer : Waris Dirie va très bien, elle est saine et sauve :)
Hellolie tu as raison de le rappeler : le sexisme et l’inégalité commencent à notre porte, pas besoin d’aller au bout du monde pour ça…
J’aime beaucoup ce genre de billets. Je l’avais déjà beaucoup aimé l’an dernier (mon dieu, ça fait déjà un an que je te lis !), et je trouve triste qu’il soit toujours au goût du jour…
Ce que dit Hellolie est vrai : pas besoin d’aller très loin pour noter du sexisme.
Ce que je fais au quotidien : je ne ris jamais aux blagues sexistes, et je ne fais pas de blagues contre les hommes non plus parce que je ne peux pas raler si je fais la même chose.
Pfff, je ressens une certaine tristesse en regardant d’une manière globale notre monde…
Merci de l’info Bing! :))
Effectivement, j’avais pas encore lu le journal hi hi, faut dire que c’est les élections en France ce weekend et que je suis retournée voter dans la circonscription de mes parents donc je surfe beaucoup moins sur le web (raaah le bas-débitland) et je lis le journal papier ;o)
Tout comme Hellolie, j’ai appris des choses en vous lisant.
J’avoue, à ma grande honte, n’avoir jamais prêté une grande attention à cette journée,ce qui est d’autant plus regrettable que j’ai infiniment de respect pour mes consoeurs qui font avancer les mentalités, ou du moins tentent de les adoucir…Je me souviendrais toujours de cette rage que j’ai ressentie, il y a quelques années, quand Simone Weil devait participer à un débat dans notre fac, et qu’un groupe d’extrémistes l’avait empêchée de venir en s’agglutinant massivement aux portes et en hurlant des insanités sur l’avortement, qui n’était pas, me semble t’il, le sujet du débat en question.
A propos de nos pays éduqués (hum…), à titre indicatif, c’était la journée des Masters 2 mercredi (toujours dans ma bien aimée fac où je passe ma vie), et je me suis renseignée sur les métiers sanitaires et sociaux du droit: est ce que l’une de vous sera surprise si j’énonce que 80% des personnes qui y officient sont des femmes?
De là je ferais deux remarques: il me semble que les femmes sont bien plus réceptives à tout ce qui touche à l’être humain. Mieux encore, ces femmes, que les hommes prétendent souvent bien faibles, sont les premières à exercer des professions qui les mettent en contact direct avec la tristesse, le désarroi et la misère humaine…Ce n’est pas une question d’instinct maternel mal géré.
Il s’agit pour moi d’une question de dignité.
Pour ce qui est du sexisme ordinaire au travail, je me souviens une fois (et je ne travaille que depuis un peu moins de 10 ans…) d’une “anecdote” :
je travaille dans un domaine industriel très masculin (à peu près 10% de femmes encore à l’heure actuelle) et je devais faire une intervention sur un poste de travail où les ouvriers sont tous des hommes (travail mécanique assez physique il faut reconnaitre) et à l’époque les responsables et chefs d’équipe exclusivement masculin aussi.
j’avais besoin qu’un des ouvriers pour qu’il pilote l’engin qui devait permettre d’accéder à une zone en hauteur (il n’y a qu’eux qui ont ce genre d’habilitation).
je demande au chef d’équipe, lui précise que j’en aurais pour un moment, il me répond sans problème, me dit qu’il va s’arranger pour la disponibilité etc… tout ce passe bien, l’ouvrier me rejoint, très sympa lui aussi, on discute pendant la manip etc… impéc !
Quand c’est fini, je reviens au bureau notifier la fin de l’intervention et les remercier de leur aide.
Là dessus, arrive un type (un peu plus âgé, ce qui explique peut-être cela), apparament un chef au-dessus du chef d’équipe. Sans bonjour, ni rien me dis tout de go : “vous, la prochaine fois que je vous vois, je ne vous donne plus le l’accès”, me parle de ses gars payés à l’heure, que j’empêche de travailler et que je distrais etc….”
Moi je lui dis que je ne comprends pas trop, je viens sur les ordres d’un donneur d’ordre qui est sensé être son interlocuteur, s’il y a un problème, le mieux c’est de voir avec lui, je reste polie.
Bref, on parlemente un peu, à l’époque, je travaillais depuis peu, sous-traitante d’une grande société, après tout, peut-être n’étais-je pas au courant de toutes les procédures, ce que je lui précise.
et là, voyant que je continuais toujours à justifier ma présence, et qu’en plus je lui faisais comprendre que j’allais surement revenir dans le futur, il me sort :
“de toute façon, j’ai bien compris pourquoi on vous a fait venir vous, vous êtes jeune et charmante, comme ça, sûr qu’on allait accepter n’importe quoi que vous demandiez !”
J’en revenais pas d’entendre ça en 1999/2000.
Je lui ai répondu que j’étais là parce que j’avais un travail à faire, que j’étais là à cause de ma fonction, et que j’avais un donneur d’ordre qu’il était libre de contacter si il avait un problème avec ça.
et au final, je crois qu’il a dû le contacter le donneur d’ordre, mais il a du s’en prendre une car à chaque fois que j’y suis retournée par la suite j’ai été très bien reçue quand je l’ai revu !
Voilà Cissou, c’est exactement le genre de raison pour laquelle cette journée est aussi importante en France qu’ailleurs.
Ca me chose, ce que tu racontes, Cissou…
L’été dernier, je bossais pour deux mois dans une grosse compagnie. La plupart des employés des services de l’étage était des femmes, mais tous les chefs de services des hommes…
Oh que oui Hélène,
et en plus, des fois le sexisme ne vient pas forcément que des hommes !
L’année dernière je me suis prise la tête (quand on commence à me brancher féminisme, moi aussi on peut vite me chauffer…) qui ne comprenait pas comment M6 osait mettre une femme pour commenter du foot (en parlant d’Estelle Denis et de son émission).
Moi je lui réponds que cela n’a aucun rapport, d’ailleurs ma sœur à moi, c’est une acharnée du foot et que pour en parler, que ce soit des compétences des joueurs ou des règles, il n’y a aucun problème.
oui, mais elle maintien, une femme c’est pas fait pour commenter du foot !
moi je lui ai répliqué, puisque on a le même boulot “et que répondrais-tu si on te disais qu’une femme n’a pas à être technicienne aéronautique ? tu démisionnes en t’excusant d’ête venue ?”
J’en revenais pas ! non seulement d’entendre ça mais en plus de la bouche d’une femme qui a dans les 25 ans !
“Vous souhaitez une bonne fête à vos amis qui ont le sida, le 1er décembre ?
Et ben voilà, c’est pareil. C’est pas fête des mères, bordel.”
J’adore cette touche d’humour noir… C’est si désabusé mais malheureusement si vrai……
Si je m’écoutais j’userais bien plus souvent de cet humour noir Diripouf, j’adore aussi, mais c’est très difficile à manier, surtout par écrit ;-)
merci Hélène pour ce billet, j’en ai des frissons et les larmes aux yeux.
Que de travail encore il reste à faire. Je me dit souvent que nous avons une chance de changer le monde, en mettant au monde nos enfants et en leur inculquant des valeurs qui feront qu’un jour cette journée n’aura plus lieu d’être…A nous d’introduire le vers dans la pomme..
Merci, Hélène, de rappeler de temps en temps ces vérités qui ne sont pas toujours bonnes à dire, hélas !
Prof dans un lycée professionnel à population, disons, “difficile” , je ne laisse pas passer l’occasion d’enfoncer le clou … et c’est souvent qu’un élève me dit ” ouèche, les femmes, c’est moins ( au choix ) fort/intelligent/scientifique/logique que les hommes - sans vouloir vous vexer, M’dame ! vous, cépapareil … ” Ca me donne l’occasion de leur parler de Marie Curie, de Simone Weill, de Louise Michel, d’Olympe de Gouges, d’Ingrid bien sûr, et de plein d’autres femmes qui ont lutté, inventé, créé, innové … Au moins, cette date du 8 mars donne une bonne raison d’aborder le sujet et de les faire un peu réfléchir !
Le “Bonne fête” me révulse. Ca me donne l’impression que l’on sous estime la violence sexiste et le sexisme tout court, qu’on détourne cette journée pour minimiser le problème.
Alors oui, cette journée est une honte. Elle ne devrait pas exister. On est au 21eme et pourtant…
Pas besoin d’aller à l’autre bout du monde. On a notre lot en France aussi. Femmes battues dont les publicitaires usent pour faire vendre sous prétexte d’humour, allusion aux viols. 1 viols sur 5 n’est pas rapporté à la police et ceux qui le sont, combien passent aux Assises? “Vous n’allez pas allez aux Assises pour ça! Les Assises c’est lourd, c’est pour les crimes.Faut le transformer en délit.” Ou même “quoi? vous voulez vraiment porter plainte pour ça?” quand encore on ne vous sors pas une blague sur les blondes qui s’assoient sur des tabourets.
Je ne parlerai pas de la prostitution parce que je n’en finirai pas.
Et le quotidien. Peur de passer à coté d’un groupe de jeunes, peur de sortir seule, peur des insultes en pleine rue, peur de ne pas trouver du travail parce que les femmes ça fait des gosses et ça laisse le poste vacant trop longtemps, La liste est longue. Et dire qu’en effet on est dans un des meilleurs pays pour les femmes, c’est terrifiant.
Heureusement, certains et certaines se battent pour que ça changent.
Merci, Hélène, pour ce billet.
re-bonjour,
puique la discussion à pris la direction du sexisme sous nos latitudes, je reviens sur un de mes chevaux de bataille récurrents, pardon si j’ai déjà tenu ce discours sur ce blog (mais je ne crois pas) .
J’ai la conviction profonde que NOUS, femmes de plus de 15 ans (il y a peutêtre des lectrices plus jeunes, mais bon, je place la limite au niveau de la majorité sexuelle) sommes les mieux placées pour pouvoir changer les choses.
Parce que , dans mon passé d’enseignante, j’ai vu tant de mères (20, 30, 40 ans, même combat) pourtant modernes, libérées, maîtresses de leurs choix, élever de façon radicalement différente leurs enfants, selon leur sexe, en adoptant, souvent sans même s’en rendre compte, une attitude surprotectrice envers leurs fils, et très responsabilisante envers leurs filles
Tant que les mères (qui insufflent le plus souvent la dynamique éducative du couple parental) ne parviendront pas à se détacher de l’emprise de traditions obsolètes et des pressions d’une société faussement progressiste, pour appliquer enfin dans leur vie familiale les principes qu’elles considèrent primordiaux dans leur vie sociale, professionnelle et amoureuse, il n’y aura pas d’évolution significative.
La plupart des mamans qui lisent ces lignes ne se sentiront pas concernées par ce que j’écris, convaincues qu’elles sont d’élever leurs enfants de façon non discriminante, il n’empêche que ce sont les mêmes qui, pendant leur deuxième grossesse, venaient voir la maîtresse (moi) en lui disant, selon le sexe de l’aîné:
“- elle est très contente d’être bientôt grande soeur, c’est déjà une petite maman, je crois que ça va la rendre plus sérieuse et responsable”
ou
“-il est très content d’être bientôt grand frère, mais j’ai peur qu’il se sente menacé et qu’il régresse”
Je n’ai pas compté combien de fois j’ai entendu ces deux discours- mais je n’ai jamais entendu le discours inverse.
Je ne leur jette pas la pierre… élevée dans une famille atypique, j’ai appris très tardivement ce que pouvait être le sexisme, et j’ai la chance d’avoir un homme qui malgré une éducation plus classique, s’est adapté à mes attentes. Pourtant, même si je me sens à l’abri du danger d’offrir à mes enfants un modèle stéréotypé de répartition sexuelle des rôles sociaux, je ne suis pas certaine de parvenir, malgré ma motivation, à faire abstraction des clichés que ma culture, ma société, mon histoire professionnelle véhiculent.
Je pense que pour toute femme soucieuse de ses droits, avoir un fils est un défi. J’ai un peu peur de ce qui m’attend, mais j’espère être à la hauteur.
Pour celles qui ne veulent pas d’enfants, c’est pareil, c’est en éduquant (sinon sa progéniture, sa société) qu’on fait évoluer.
En ce sens, Hélène, ton texte touche au plus juste, je trouve, mais aussi l’ensemble de ton blog, qui propose une image de la femme complexe mais cohérente, intègre mais réaliste, refusant de faire des concessions pour mieux cadrer avec ce qu’on attend d’elle.
J’arrête là, je crois que j’en ai écrit des tonnes.
Bonne nuit… dans dix minutes, c’en sera fini de la journée de la femme.
Waouh, aussi terrible que soit la réalité (et dieu sait qu’elle l’est), ça fait trop du bien de lire tous ses commentaires, enfin des femmes qui ont conscience que non, le sexisme ce n’est pas ailleurs ou hier, le sexisme c’est ici et maintenant. Que ça fait du bien de ne pas entendre “les féministes veulent dominer les hommes”, “les différences sont naturelles”, “les femmes sont faites pour élever les enfants”, “moi j’aime que mon homme soit macho”. Rien que d’avoir permis ça rend le 8 mars plus que jamais utile !!
Courage, la lutte est longue et difficile…
Tiens, ça tombe bien.
Il y a deux jours, je me suis embrouillée avec mon frère, qui trouvait ça logique qu’à travail égal les femmes soient moins payées que les hommes (arguments: les femmes prennent des congés maternité, donc sont freinées dans leur progression professionnelle, se mettent en 4/5, etc, etc). J’ai failli commettre un fratricide.
Et aujourdh’ui même, une amie me racontait qu’au boulot, un de ses supérieurs l’appelle “ma belle”, avec familiarité. Elle l’a remis à sa place, en lui disant “j’ai un prénom, je m’appelle Sophie”.
Le sexisme prend vraiment des formes variées, voire subtiles parfois.
C’est vrai que les femmes ont besoin de congé mat, mais sans enfantement point de renouvellement des générations, plus de retraités que d’actifs, pas de croissance, la fin des dinosaures.
En plus si la France veut garder son bon taux de natalité il faut permettre aux femmes de ne pas être freiner dans leur vie professionnelle pour raison de déterminisme génétique, biologique. En Italie les femmes font plus d’enfants (d’où les faits de régularisation d’étrangers surement, rien n’est gratuitement donné dans ce monde), en Allemagne idem, ils parlent de “mères corbeau” je crois pour les vilaines femmes qui abandonnent leurs gosses pour aller bosser.
Il parait que l’adn des hommes est plus près de celui des grands singes que celui des femmes. Je sais pas si c’est vrai c’est mais de bonne guerre..
sans femme pas d’Homme, sans homme des Hommes (le clonage se passe de reproduction sexuée mais pas d’utérus, un seul homme suffira donc pour faire des petits garçons) et toc, ils feraient bien de faire gaffe.
@ Isabastille : ton amie pourrait essayer d’appeler son collègue “mon beau” … en général, ça porte . C’est ce que je fais au marché, quand on me dit ” et qu’est-ce qu’elle veut, la p’tite dame? ” je réponds suavement ” il va me donner une livre de litchis, le p’tit monsieur” . Y a pas de raison !
Je découvre ton blog aujourd’hui et je trouve ton article prenant !
Que de vérités tu dis dans chaque phrase !
Heureusement qu’à nous femmes, nous avons la maternité : ça personne ne peut nous la prendre !
alice45 exactement, en disant “bonen fête” et en offrant des fleurs, on minimise et on détourne la gravité du sujet.
Et c’est vrai que savoir qu’on vit dans un des pays les moins violents et inégalitaires du monde envers le femmes, quand on voit le quotidien, c’est terrifiant.
Mah-yu mille mercis pour ce commentaire, j’adhère évidemment à 200%.
Bien sûr, lse femmes sont les premièers responsables du machisme et du sexisme, car ce sont elles qui élèvent les garçons…
Coralie Marie le féminisme est moins obsolète que jamais, il faut être très vigilantes, sur bien des points on a plutôt tendance à régresser qu’autre chose, ces derniers temps (avortement etc, notamment).
isabastille c’est sûr, le sexisme peut presque être sympathique parfois, parce que protecteur, rassurant… mais il ne faut pas se laisser piéger.
lizou tu fais bien de rappeler que si la femme prend des congés mat, c’est par pour emmerder le monde mais pour des raisons de déterminisme génétique.
turquoise bien vu le coup du p’tit monsieur ;-))
petabeliou05 sois la bienvenue ;-)
Effectivement ce sont dans les pays les plus machistes (je pense à l’Afrique du nord, mais il y en a d’autres), que les petit garçons, pour leur mères, sont des petits dieux !
Cela les rend odieux dans leur vie. Pourtant il y a un curieux “retour” des choses ; les hommes de n’importe quel âge sont gentils avec les vieilles dames ; attentifs, passant du temps avec elles, leur faisant encore une sorte de cours.
Dans ces pays du sud, le père dit aussi : j’ai 3 enfants, et 2 filles. (Et non pas j’ai 5 enfants).
Et pourtant…..(le sexe faible : tu parles !), les femmes sont plus résistantes que les hommes moralement et physiquement. d’accord les musculatures ne sont pas les même.
Les uns étaient bâtis pour aller à la chasse, les autres pour avoir des enfants.
En tout cas, il est sûre, qu’il ne faut jamais baisser la garde à propos du féminisme.
(Les hommes s’étant acquis plus d’avantages, ils ne veulent pas les lâcher, évidemment).
hier, journée de la femme…
hier soir, 22 heures, ma mère reçoit un coup de téléphone
hier soir 22 heures 15, une de ses amies débarque chez elle avec sa fille de 14 ans et une amie de sa fille
hier, à 21 heures, son mari ivre a dépassé les bornes et a frappé sa fille
aujourd’hui, l’amie de maman a passé sa matinée chez le médecin, puis les gendarmes, pour porter plainte au nom de sa fille
pour la gamine: 10 jours d’ITT mais un traumatisme sans doute à vie
quelques lignes pour plus entendre qu’en France on est préservées…
PS : Hélène, je t’envoie un mail à ce sujet, j’ai un petit service à te demander
Bonjour Hélène, depuis quelques semaines je lis ton blog.
Parfois j’aime beaucoup et d’autres fois tes sujets et interventions me touchent peu. Je trouve que les com suscités par ton billet, sont intéressants et parfois même touchants, et je t’en remercie. J’ai juste envie de partager avec vous un sentiment que je ne parviens pas encore à identifier: ou alors oui; le sentiment que cela suscite en moi est très clair, mais c’est la raison qui m’échappe. C’est à propos du commentaire 23, de Funambuline je crois: pourquoi vouloir absolument étaler au grand jour sa bonne conscience, son émotion vis à vis de quelque chose, d’un geste qui pourrait trouver absolument toute sa beauté s’il était vécu ou partagé entre 4 murs? j’y vois quelques chose de motivé par certes de très bon sentiments mais très maladroit…comme si cette personne (funambuline) avait besoin de d’attirer l’attention sur elle tout en profitant des autres, ou du malheur des autres. J’espère que en ayant “étalé” ainsi mon mal être je n’aurai pas blessé inutilement la médiatrice ni les participants à ce blog.
J’espère aussi que mon com te parviendra, je suis entrain d’ouvrir un nouveau compte mail que je te communique si besoin est. A bientôt
pour Mouniou
Je suis d’origine italienne, et je peux te dire que tu n’as pas besoin d’aller très loin pour trouver des cultures auprès desquelles l’homme petit ou grand est considéré comme un prince…
Je voudrais juste qu’on n’oublie pas deux hommes qui se sont battus aux côtés des femmes pour la contraception : le docteur Pierre Simon, fondateur du planning familial avec Mme Lagroua Weil-Hallé et Evelyne Sullerot , et le député Lucien Neuwirth, qui a enfin permis la légalisation de la contraception en faisant abolir la loi hyper répressive de 1920 …
@ Salima : est-ce le fait que Funambuline dise qu’il y a vait sur la table un bouquet de roses en hommage à Ingrid Betancourt qui te gêne ? je n’appellerais pas cela ” étaler au grand jour sa bonne conscience “, mais plutôt partager avec nous son émotion et son inquiétude quant au sort de cette femme . Un blog comme celui-ci est aussi fait pour échanger, partager ; je ne vois aucun côté ” m’as-tu-vu ” là-dedans .
oui une journée pour toutes les femmes
une journée symbol pour tous les combats dans tous les domaines ou la femme est !
Avec sincérité je ne sais pas identifier clairement ce qui m’a brusqué…
je vais y réfléchir et je vais te répondre.
au journal, je viens d’entendre que pour travail égal, une femme est payé 20% en moins qu’un homme…et pour que l’étude sois vraiment objective, le calcul a été fait sur le 1er salaire, dans une même boîte….rappelez-moi d’être mon propre patron :/
salima sois la bienvenue. Je pense que tu n’as pas saisi compètement l’esprit de ce blog, communautaire et convivial, ce qui est bien normal si tu ne le connais pas depuis longtemps.
Prends le temps de le découvrir un peu plus, c’est plus facile pour comprendre les réactions des unes et des autres ;-)
Le 8 mars c’est mon anni! J’aime la journée internationale des femmes et ce jour-là particulièrement, je me sens solidaire de toutes les femmes du monde. Je suis toujours euphorique ce jour-là et pourtant c’est le jour où j’ai enterré ma mère. Je crois qu’elle revient sur terre! Bon j’arrête vous allez croire que je suis folle dingue.
Dis donc en effet, c’est un jour hyper chargé de symboles et de souvenirs pour toi, rumeur !
@ salima: tu ne sais absolument pas ce que je fais ni qui je suis dans la vie. Mon comm sur le bouquet de fleur n’était pas un “alibi de bonne conscience”, bien que je comprenne qu’il puisse passer comme tel.
Si je peut me permettre, j’ajouterais : Tant que pour les memes agissements, un homme sera respecté et une femme insultée !
Gros biz à toutes, et vive nous !!
WednesdayA. c’est très juste ce que tu dis.